‹ HomilétiqueChapitre 20 sur 98 · NS INTÉRIEUR DU TSTHS · texte numérisé non relu

NS INTÉRIEUR DU TSTHS

« il y en a deux, c'est pour indiquer que Christ de- « vait souffrir à deux reprises, en Gethsémané la nuit, « et sur Golgotha le jour (1). »

Le régime, Téducation du peuple juif sont choses spirituelles. Dans Tensemble de son histoire, il est l'image la plus parfaite de l'individu et du chrétien sous la direction de Dieu. Ce que nous disons de l'ensemble, nous pouvons le dire des grands traits. L'entrée d'Israël dans Canaan à force armée, n'est pas seulement l'image, mais l'exemple de l'obéissance et de la résolution du chrétien, appelé comme le Juif à combattre et à souffrir. La foi est l'âme de l'un et de l'autre. (Voir Hébreux, XI.) — La manne du septième jour est un exercice de foi et de confiance. Mais si l'on veut voir dans la manne la distribution de l'Esprit de Dieu aux fidèles, dans chacun des ennemis rencontrés par les Juifs la figure de chaque obstacle que rencontre l'âme dans le chemin de la vie, on dépasse arbitrairement la limite, on donne lieu à une sorte d'amusement sur les matières les plus graves, on rend tout problématique en voulant rendre tout certain.

Il ne faut pas objecter les figures et les types indiqués dans la Bible. Ils m'indiquent, entre autres choses, que tout n'est pas type et figure ; si tout l'était, rien ne le serait.

Quant aux textes qui sont purement spirituels, qui expriment quelque idée ou quelque fait du monde moral, nous comprenons dans leur nombre ceux qui sont

(l) G. MONOD, ExpUcatUm de l'Écriture, page 118.

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compliqués d'une circonstance temporelle trop insignifiante pour être prise en considération .

Dans ces textes, il faut distinguer différents ordres ou degrés de spiritualité. Le texte est plus ou moins spirituel selon que l'idée est plus ou moins distincte, l'objet plus ou moins élevé, le sentiment plus ou moins profond.

[La foi des aveugles (Matthieu, XX, 29-34), qui crient : « Seigneur, fils de David, aie pitié de a nous, » etc., quoique réelle, es1>^lle un modèle de la foi chrétienne dans son idéal? Il y a donc là spiritualité, mais spiritualité inférieure. Tout ce que sentirait un chrétien par rapport à Jésus-Christ ne s'y trouve pas. — Dans les hosanna de la multitude, (Luc, XIX, 37-38.) il y a tout le système chrétien, si Ton veut. Cette multitude avait le sentiment confus que le Christ était un roi béni, et que dans sa venue il y avait paix pour les hommes et gloire à Dieu. Mais il est plus que douteux que ces sentiments fussent clairs, distincts et complets. Il y aurait abus à entendre ces paroles comme on les prendrait si elles étaient prononcées par un Paul, un Pierre, un Jean, après l'envoi du Saint-Esprit (1).]

Cette différence de degré peut se trouver entre des passages du môme livre ; elle se trouve nécessairement entre l'Ancien et le Nouveau Testament; car si l'œuvre que ces deux livres ensemble nous retracent est une œuvre unique, c'est aussi une œuvre progressive.

(i) Voyez, comme exemples du m^mc genre dans l'Ancien Testament, Jérémie, XUI, te et XX, 7.

âHcnm iT NOuyKAU tbstabdit. 435

Elle est unique, puisque Dieu n'a jamais voulu qu'une chose, le rétablissement de son image dans l'homme, la formation d'un peuple qui fut à lui; unique, puisque les mêmes principes pénètrent toutes les parties de la Bible : en Dieu, comme fait, la sainteté et l'amour; en l'homme, comme loi de sa vie, l'obéissance et la foi.

Sous le premier rapport, vous voyez, dès la chute, tout préparé, tout concerté pour la réhabilitation.

Sous le second rapport, vous voyez inculquer avec force et perpétuellement les principes sur lesquels s'édifie toute la doctrine évangélique. [Le christianisme est plus ancien que le judaïsme, la foi en principe plus ancienne que la loi. Paul fait retourner les Hébreux tout au travers de la loi jusqu'à la foi d'Abraham.] La loi n'a fait que « survenir.» (Romains, V, 20.) Survenir n'est pas irUerrompre, mais n'est pas non plus commemer.

Mais cette unité, [ai-je dit,] a la forme du progrès. On va du moins au plus, soit dans l'œuvre, soit dans le principe. Cette progression est celle d'un germe, qui ne s'accroît pas par superposition du dehors, mais qui produit du dedans même tout son développement successif.

n y a, dans l'Ancien Testament, des principes posés, une attente excitée, un besoin créé : principes auxquels l'Évangile a donné un corps, attente qu'il a réalisée, besoin qu'il a satisfait. C'est dire d'avance que de l'Ancien Testament au Nouveau, on va du moins au plus. Si on ne va pas en effet du moins au plus, on ne comprend pas la nécQSsité d'un temps d'arrêt, ni la raison

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de deux économies. A quoi bon la seconde^ si tout se tmuve dans la première ?

Ou peut dire que tous les éléments du Nouveau Testiiment se trouvent dans l'Ancien , mais enveloppés, manquant de précision, de perfection, et enfin n'étant pas consacrés par les faits avec autant de puissance que dans le Nouveau Testament.

Mais enfin (1) ils sont consacrés dans les faits: ils se présentent d'entrée sous cette forme.

Dieu consacre par un fait l'idée de son unité, en localisant sa présence, quoique son action soit représentée comme universelle, et sa nature comme spirituelle.

11 consacre sa providence par le fait de l'adoption, protection et direction d'un peuple particulier.

Il consacre sa souveraineté en faisant tout converger à lui, jusqu'au moindre détail, dans le gouvernement des choses extérieures. (Théocratie, Dieu jaloux.)

Il consacre sa justice par les peines et les récompenses.

Il consacre le principe d'obéissance spirituelle, ou du « culte en esprit et en vérité, » (Jean, IV.) en repoussant le service purement extérieur, fût-il même parfaitement exact, (Caïn.)

(\)\*v^ murceau «lui commence ici et qui se termine, à la page 138, par les mots: ... i^ iUkuUnir vti U> relief manquent, » est noté, dans le manuscrit principal du Çuui'n ai* Humllé tique, d'un signe qui n'est pas expliqué, mais qui semble indiquer q^\ M. \iw\ ftvalt rilUenlion de le revoir. Voici d'ailleurs comment il Ta résumé ^VNi WU wï^nuicrlt plus récent, mais fort abrégé : u Tout ce qui est élémentaire « ^U4 U Y<^rUi^ eil ei primé do la même manière et avec la même force dans les vv ^\Uvr«^i n\9\* au delà, la différence commence, et elle est considérable. Il V M\\ (^v^ \^i (m^ier À des textes de l'Ancien Testament un degré de spiritualité v^ Wi^ H^^l ^« t^l quMli ne peuvent avoir. » (Éditeurs.)

MtaSN ET NOUVEAU TESTAKENT* 137

II consacre le principe de la foi justifiante, en y attachant la bénédiction, et faisant du héros de la foi le chef et la personnification du peuple élu. « Toutes les « nations de la terre seront bénies en lui (1). »

Il consacre, par le sacrifice perpétuel, notre déchéance et la nécessité d'une réparation, — Il fait annoncer un Réparateur.

Enfin, au sein du peuple légal, il crée un peuple spirituel, soumis à la loi parfaite qui est la loi de la liberté !

Toutes ces idées sont réalisées dans TAncien Testament; mais il fallait qu'elles fussent personnalisées. Second degré : la personne après les faits.

Quand l'Évangile dit : « La loi a été donnée par « Moïse, mais la grâce et la vérité sont venues par Jé- « sus-Christ,» (Jean, I, 17.) il n'établit pas une oppo^ sition entre la vérité et la loi ; mais il veut dire que la vérité n'a été connue tout entière, vue distinctement, que par le moyen de la grâce, qui la renferme toute. (Baptême d'eau, baptême de feu ; — voix de la terre, voix du ciel; — l'eau et l'esprit.)

Or, cette grâce n'avait pas été révélée au peuple de l'Ancien Testament aussi distinctement qu'en Jésus- Christ à celui du Nouveau. La loi ne contient que l'ombre des biens à venir ; (Hébreux, X, i ; VIII, 5.) la loi est l'ombre que la grâce jette en arrière de soi ; toute

(i) Genèse, XYIII, 18. •— Les choses les plus spirituelles sont plus anciennes; eDes précèdent la loi, et Ton ne saurait trop se rappeler que la loi n'a fait que turvenir, (Romains, V, 20.) « pour faire abonder le péché. » — La fin et le com mencement se rejoignent par-dessus Téconomie mosaïque, ce grand épisode.

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ombre suppose, annonce, fait prévoir un corps; elle en rend les contours, la forme générale, la silhouette, mais la couleur et le relief manquent. On peut dire d'elle, comme il a été dit de la prophétie, qu'elle est une lampe qui luit dans un lieu obscur, (2 Pierre, I, 19.) comparée au soleil de justice qui porte la santé dans ses rayons. (Malachie, IV, 2 .)

Aussi les membres spirituels de ce peuple, pénétrés de tous les principes que nous avons indiqués, sont virtuellement chrétiens ; je veux dire que chacun d'eux est tel que. Christ survenant et se manifestant, il n'aurait pas eu à changer de principes pour être chrétien actuel. Il est chrétien parce qu'il le serait. — Il est chrétien généralement , non spécialement ; — implicitement, non explicitement ; — virtuellement, non actuellement. — Il est chrétien élémentairement.

Toutes les fois qu'il exprime de ces convictions élémentaires, qui ont pu avoir pour lui toute leur clarté et leur signification hors de la connaissance immédiate de Jésus-Christ, ce chrétien de l'Ancien Testament dit une chose identique à celle qu'exprimeraient les mêmes termes dans la bouche d'un « Israélite » du Nouveau Testament (1) ; et nous pouvons sans restriction ni modification nous approprier ses paroles, bien qu'il n'y ait pas attaché toutes les idées, ni une idée aussi précise, aussi distincte, aussi concrète, qu'un chrétien venu après Jésus-Christ y attacherait. — Chose remarquable : un Israélite, même spirituel, n'est pas iden-

(1) M Ulfra^l de Dieu. » (Galates, VI, la)

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tique à un chrétien spirituel ; mais le peuple spirituel de l'Ancien Testament est l'image parfaite du chrétien. Rien de plus spirituel que ce qui est dit à ce peuple ou de ce peuple dans l'Ancien Testament. — (Ésaïe, LXIII, 14 ; — LXVI, 12 ; — Jérémie, XXXI.)

Mais il y a aussi des passages qui semblent destinés à montrer l'avantage du Nouveau Testament sur l'Ancien ; des passages où l'idée, non-seulement est moins précise, mais moins parfaite ; des passages oii la défectuosité relative de l'Ancien Testament paraît ; des idées qui demandent à être complétées, purifiées par l'esprit du Nouveau Testament.

A ne considérer que la spiritualité, ou l'obligation pour le prédicateur de se maintenir au niveau de la spiritualité de l'Évangile, et la partie élémentaire, un prédicateur chrétien pourrait prêcher très longtemps sur des textes tirés de l'Ancien Testament, ou du moins il pourrait, sans en altérer le sens, et sans rester au-dessous de l'esprit du christianisme, prêcher fort souvent sur des textes pris dans cette portion des Écritures, Essayons d'en donner la preuve.

Condition de l'homme. — Psaume XXXIX, 7-43 : « L'homme se promène parmi ce qui n'a que l'appa-

« rence Je suis voyageur devant toi et étranger

« comme tous mes pères. »

Condition morale. — Jérémie, XVII, 9 : « Le cœur est « trompeur, et désespérément malin par-dessus toutes a choses. »

Besoins moraux de V homme. — Psaume LXIII, 2 : « Mon âme a soif de toi ; ma chair te souhaite en cette

440 TBXTBS TIRÉS DR l'aNCIRN TRSTAHRRT.

« terre déserte. » — Psaume U, 12 : « Crée en moi « un cœur net, et renouvelle au dedans de moi un a esprit droit. »

Caractère de Dieu. — Ésaïe, LXIII, 9, 10, 14. — LXVI, 15 : « Voici, FÉternel viendra avec le feu, et c( ses chariots seront comme une tempête, pour toura ner sa colère en fureur, et sa menace en flamme de c( feu. » — Michée, VII, 18 : « Qui est le Dieu fort « semblable à toi, qui ôte l'iniquité, et qui passe parce dessus les péchés du reste de son héritage? Il ne tient « pas toujours sa colère, parce qu'il se plaît à faire mice séricorde. » — Job, XV, 15 : «Lescieuxne se trouccvent pas purs devant lui. » — Habacuc, I, 13: c< Tu as les yeux trop purs pour voir le mal. » — Psaume CIII, 12 : c< Il a éloigné de nous nos iniquités « autant que l'Orient est éloigné de l'Occident ; » (et tout le Psaume.) — Lamentations, III, 33 : c< Ce n'est c< pas volontiers qu'il afflige etqu'il contriste les enfants <c des hommes. » — Nombres, XIV, 18 : ce II pardonne a l'iniquité et le forfait, et il ne tient nullement le couce pable pour innocent. » — Exode, XX, 5,6: « Le c< Dieu fort et jaloux, qui punit l'iniquité des pères «sur les enfants jusqu'à la troisième et quatrième c< génération de ceux qui le haïssent, et qui fait miséc< ricorde en mille générations à ceux qui l'aiment et « qui gardent ses commandements. » — Jérémie , III, 44 : c< Enfants rebelles, convertissez-vous, dit FÉc< ternel. » (C'est lui qui nous a aimés le premier.) — Ézéchiel, XXXIII, 1 1 : « Je ne prends point plaisir à la « mort du méchant, mais à ce qu'il se convertisse

TEXTES TIRÉS DE l'aNGIEN TESTAMENT. 441

a et qu'il vive. » — Ésaïe, XLVIII, 9 : A cause de « mon nom je différerai ma colère. » (Dieu est amour.) — Ézéchiel, XX, 22 : « Je retins ma main pour l'a- « mour de mon nom. » — Psaume CVIII, 5 : <c Ta « bonté atteint jusqu'aux cieux et ta vérité jusqu'aux « nues. »

Loi de Dieu. — Genèse, XVII, 1 : « Marche devant « ma face. » — Deutéronome, XXVII, 26 : « Maudit « est quiconque ne persévère pas à faire les paroles de «cette loi. » — Cf. 1 Samuel, II, 30 : « ... J'hono- « rerai ceux qui m'honorent, mais ceux qui me mé* « prisent seront dans le dernier mépris. » — 1 Sa- « muel, II, 25 : « Si un homme a péché contre un autre « homme, le juge en jugera ; mais si quelqu'un pèche « contre l'Éternel, qui priera pour lui ? »

Conditions de V alliance. I. — Psaume CXV, 1 : « Non point à nous. Éternel, non point à nous, mais « donne gloire à ton nom, pour l'amour de ta bonté, « pour l'amour de ta vérité. » — Psaume XUV, 27 : « Délivre-nous pour l'amour de ta bonté. » — Jérémie, XrV, 7 : « Éternel, si nos iniquités rendent té- « moignage contre nous, agis à cause de ton nom. »

II. — Deutéronome, X, 16 : « Circoncisez le pré- « puce de votre cœur. » — Deutéronome, XXX, 6 : « L'Éternel ton Dieu circoncira ton cœur. » — 1 Samuel, XV, 22, 23 : « L'Éternel prend-il plaisir aux « holocaustes et aux sacrifices comme à ce qu'on « obéisse à sa voix? Voici, obéir vaut mieux que sa- « crifice, être attentif vaut mieux que la graisse des a moutons. Car la rébellion est autant que la divina-

lis ÉGONOmE PREPARATOIRE.

« tion, et la résistance autant que les idoles et les mara mousets. »

Voilà quelques éléments évangéliques. Voilà des textes qu'on peut mettre à la tête d'un sermon^ sans être obligé de les y approprier par quelque tour de force, sans les étendre sur le lit de Procuste. Mais heureux de trouver cette unité ou. cette identité, il ne faut pas la chercher oii elle n'est pas, et méconnaître la différence qui subsiste entre les deux économies, différence qui est un sujet d'édification plutôt que de scandale.

Il ne faudra pas forcer les textes à être plus chrétiens qu'ils ne le sont ; il ne faudra pas obliger les personnages de l'ancienne alliance à entrer dans les termes exacts de l'Évangile. Voici quelques traits qui sont propres à une économie préparatoire :

Sentiment de propre justice. — 2 Samuel, XXII, 21- 23 (c'est David qui parle) : « L'Éternel m'a rendu se- « Ion ma justice ; il m'a rendu selon la pureté de mes « mains. Car j'ai suivi les voies de l'Éternel, et je n'ai « point commis d'infidélité contre mon Dieu. J'ai eu c( devant les yeux tous ses statuts, et je ne me suis « détourné d'aucune de ses ordonnances. » — D'oii vient qu'il n'y a point de passage semblable dans le Nouveau Testament? Car ce que dit Paul : « Je ne me « sens coupable de rien, » (1 Corinthiens, IV, 4.) est autre chose.

Traces de dureU. — Psaume CXXXIX , 21-22 : « Étemel, ne haïrais-je pas ceux qui te haïssent? Je « lésai haïs d'une parfaite haine. » -^ Néhémie, IV,

BQONOHIB PRBPARATOIRB* f 43

5 : « Ne couvre point leur iniquité, et que leur péché « ne soit point effacé en ta présence, » — Jérémie, XVni, 23 : « Ne sois point apaisé sur leur iniquité, et € n'efface point leur péché de devant ta face. » — Deutéronome, XXIII, 6 : « Tu ne chercheras jamais, « tant que tu vivras, leur paix ni leur bien. » (Il s'agit de rAmmonite et du Moabite.)

n faut remarquer certains termes dont le retour est fréquent et la signification capitale {Sauveur, rédempteur ^ rachetés^ justes, âme, morty sagesse, parole)^ et reconnaître ce qui, dans chacun de ces mots, se rencontre avec l'idée chrétienne, mais ne pas contraindre le reste {compelk intrare) à entrer dans le système chrétien (1).

Nous lisons dans Proverbes, VIII, 34-35 : <c Heu- « reux l'homme qui m'écoute, qui veille à ma porte « tous les jours, qui garde les poteaux de l'entrée de « ma maison ; car celui qui me trouve, trouve la vie, a et attire la faveur de l'Éternel. » — C'est la sagesse qui parle. C'est un chrétien virtuel qui la fait parler ; c'est, sous une notion plus vague, ce qu'aime un chrétien actuel, ce qu'il adore en Jésus-Christ et sous le nom de Jésus-Christ ; les deux adorent le même objet ; et il y a la différence que l'un, et non pas l'autre, connaît parfaitement ce qu'il adore. (Jean, IV, 22.)

En traitant ce texte, je ne dirai pas que l'auteur a vu, sous ce nom de sagesse, celui que saint Jean a désigné sous le nom de parole ou de raison. Mais cette

(1) N'a-t-oii pal traduit le mot Rassemblée (eœtus) par Église P

144 ÉCONOMIE PREPARATOIRE.

sagesse du chrétien virtuel renferme des éléments que le chrétien actuel ne répudie pas. Nous avons distingué, énuméré ces éléments ; il ne s'agit que de traduire ce passage dans la langue de l'Évangile, après avoir bien reconnu son sens primitif, qui difière du nôtre, non par une autre substance, mais par moins de précision.

Mais, dira-t-on, pourquoi ne pas puiser uniquement et directement dans TÉvangile? Pour manifester l'unité de l'œuvre de Dieu et de sa pensée, l'unité des deux économies, la perpétuité du christianisme en deux sens (à remonter vers le passé comme à descendre vers l'avenir), la fraternité des membres vivants de l'Église, à la distance des siècles. — Il est également intéressant de faire ressortir les rapports et les différences entre l'Ancien et le Nouveau Testament. [Il y a de nos jours beaucoup de gens qui ne savent que faire de l'Ancien Testament, qui y voient tios origines et rien de plus; c^est une lacune dans notre vie religieuse. On ne sera réconcilié avec l'Ancien Testament que lorsqu'on y aura trouvé le Nouveau. Il faut que les prédicateurs le rendent nécessaire, le fassent goûter, et montrent que les prophètes étaient « une lampe qui « éclairait dans un lieu obscur. » (2 Pierre, ï, 19.)]

Quand vous avez, vous, prédicateur chrétien, un texte juif, sortez-en, mais en montrant que vous en sortez, et, en même temps, que l'Ancien Testament communique avec le Nouveau. Prenons un exemple, entre beaucoup de passages relatifs au juste et au méchant : « Celui qui marche en intégrité marche en as-

EXTENSION nu TEXTE. iAli

« surance. » (Proverbes, X, 9.) [On pourrait dire que Vinverse est vrai d'après le sens de l'Évangile. Mais pourquoi toutefois renverser les termes? Celui qui a bonne conscience, c'est-à-dire qui a la conscience de suivre les principes évangéliques, marche en assurance, alors même qu'il ne voit pas le but de sa marche. Il faut donc traiter ce passage dans le sens qu'on lui trouve, et non dans celui qu'on lui donne.]

En observant toutes ces précautions, on pourrait cependant manquer à la règle en faisant une fausse application du texte ; par exemple, en prenant pour texte d'un sermon sur l'infaillible correspondance du péché et de la peine, le passage de Matthieu, VII, 16 : « Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues « sur des chardons? »

Quant à l'extension ou catachrèse du texte, c'est autre chose : rien, dans certaines conditions, n'est plus légitime ni plus nécessaire.

Tout ce que nous avons dit revient à ceci : qu'il ne faut pas, en fait de spiritualité, s'élever au-dessus du texte. Il va sans dire qu'il ne faut pas non plus rester au-dessous. Mais si nous ne voulons d'extension ascendante ni descendante, nous admettons une extension latérale ou horizontale.

Nous avons parlé du sens intérieur des textes. Ce sens intérieur comprend non-seulement l'idée qui ressort immédiatement des paroles du texte, mais telle idée qui s'y trouve impliquée, telle et telle conséquence ou application qui n'a pas été présente à l'esprit de l'écrivain, et qui peut-être même, à cause du

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