‹ HomilétiqueChapitre 19 sur 98 · SENS INTERIEUR DU TEXTE · texte numérisé non relu

SENS INTERIEUR DU TEXTE

Les textes temporels doivent donc, à moins d'indication précise, rester dans le sens temporel. L'allégorisme livre tout au hasard, et ceux qui en font usage au profit d'une tendance, favorisent sans le savoir la tendance contraire.

Passons maintenant aux choses de l'ordre spirituel et aux textes qui s^y rapportent. — Il y en a de deux sortes : les unes purement spirituelles, dont la réalité est tout entière dans le monde invisible ; les autres mixtes, qui sont spirituelles aussi, mais qui, combinées avec des faits de l'ordre temporel, prennent place dans le temps et dans l'espace.

Les secondes ne sont pas spirituelles par allégorie ; elles le sont essentiellement, ou en elles-mêmes ; elles renferment , elles expriment les mêmes vérités que les premières ; mais enfin elles ne sont spirituelles que par un côté, dont il faut se contenter. Tout ce que la matière et le temps joignent d'accidentel au fait spirituel, demeure matériel et temporel. Il ne faut pas vouloir spiritualiser cet élément. Ce serait vouloir enchâsser le diamant dans le diamant : — sans profit; car il n'en est pas du diamant de la vérité comme des autres; son prix ne dépend point de son volume, mais de sa pureté et de son feu. [C^est donc à tort que] Ton a dit que Jacob croisant ses bras sur deux de ses enfants signifie qu'il n'y a point de bénédiction que sous la croix ; — il s'ensuivrait que les autres enfants de Jacob n'ont point été bénis. On a dit [à tort aussi,] que « quand il n'y a qu'une victime, c'est pour rap- « peler que Christ est la victime unique, et que quand

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