‹ HomilétiqueChapitre 22 sur 98 · EXTENSION DU TEXTE · texte numérisé non relu

EXTENSION DU TEXTE

« de jours, parce qu'il l'aimait. » Ici nous avons l'expression de l'idée générale que, quand on aime, fes sacrifices paraissent légers et le temps court ; cependant cette idée générale fait moins d'impression que ridée particulière du texte. — Actes, XIII, 46 : « Alors Paul et Barnabas leur dirent hardiment : C'é- « taiit bien à vous les premiers qu'il fallait annoncer a là parole de Dieu; mais puisque vous la rejetez, et « que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie « éternelle, voici, nous nous tournons vers les Gen- 4 tîïé. )î — Si l'on voulait développer l'idée, qui d'aifleurs ne pourrait se traiter partout, qu'il y a, à côté de l'Évangile, quelque Évangile apocryphe, quelque faux Messie , on pourrait prendre pour texte le passage : « Es-tù celui qui devait venir? » (Luc, VII, 20.) Ou bien celui-ci du livre des Actes, oii le malin esprit dit aux fils de Scéva : « ie connais Jésus, et je sais qui « elst Paul ; mais vous, qui êtes-vous ? » (Actes, XIX, 15.) Tous les faiseurs d'évangiles nouveaux, tous les soi-disant réformateurs de la nature humaine, sont terrassés par ces paroles particulières.]

En résumé, traiter un texte, ce n'est pas seulement eh tirer une vérité substantiellement ou formellement renfermée dans les expressions dont le texte se compose : c'est aussi en déduire telle vérité que le texte supipbsè, dorix il offre le point de départ, ou la réalisation dans un exemple, ou une conséquence, ou telle autre appartenance naturelle (1).

(i) Cependant la doctrine de Maury est relâchée, lorsquMI permet (fafoii se ébd-

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Procéder avec cette largeur, c'est la seule manière de pouvoir traiter tous les sujets qui le méritent; car, en suivant une méthode plus étroite, on se verrait réduit à Talternative, ou d'en sacrifier plusieurs, ou, si l'on veut absolument les traiter, de faire aux textes une violence cruelle. On peut excuser Tillotson d'avoir trouvé dans 1 Corinthiens, XI, 26 à 28, le sujet de la fréquente communion ; mais comment excuserailH)n le prédicateur qui trouva un sermon sur les devoirs réciproques des propriétaires et des locataires dans Actes, XXVni, 30 : « Paul demeura deux ans entiers dans « une maison qu'il avait louée (1). »

II. Le contexte. — On ne peut obtenir le vrai sens d'un texte, si l'on n'a pas égard au nexe ou contexte, c'est-à-dire à ce qui précède ou suit le texte quand il fait partie d'un discours suivi, au lieu du passage.

Il y a un contexte des actions comme des paroles ; la vie est un livre dont chaque jour est une page et chaque heure une ligne. [Nous ne pouvons pas juger chacune de ces pages ou de ces lignes isolément. Cette règle de morale, à laquelle nous sommes tenus de nous conformer dans notre appréciation de la conduite des autres hommes, devient ici une règle d'interprétation.]

Il y a un contexte général, un lieu de tous les textes,

tente d'une analogie entre le texte et le si^jet. (Essai sur Véloquence de la chaire. VII.)

(i) Ce sont ces impertinences qui ont donné lieu il y a longtemps au mot [du cardinal Hyppolite d'Esté] cité par Balzac : Buonper la preâica ! Riservate questo per lapredica!

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