DE L'EXORDE
On ne trouve chez les prédicateurs exercés que peu d'exemples d'exordes absolument défectueux; on entrouve peu de bons chez les prédicateurs qui commen-* cent. Il est naturel d'en conclure que cette partie du discours a quelque chose de plus délicat que les autres, mais rien qui réclame des facultés particulières. Il en est de Texorde comme de ces opérations fines et précises de la mécanique, dans lesquelles tout ouvrier finit par réussir, mais après avoir brisé plus d'une • fois les instruments qu'on y emploie. On en pourra juger par ce que nous avons à dire du but et de la nature de l'exorde.
L'exorde est-il nécessaire, naturel? Ou bien est-ce un ornement factice et de convention?
Je remarque que la nature nous enseigne elle-même Fart des préparations et des gradations. Nous les aimons en tout , et nous y attachons l'idée de beauté.
[L'absence du crépuscule et de l'aurore ôterait à la
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beauté des cieux.] — Sic otnnia quœ fiunt, quelque aguniur acerrime , lenioribus principii$ natura ip$a proh iexuU (1).
Je remarque, en second lieu, que personne ne commence ex abrupto, étant libre de faire autrement, même dans la convsrsatitn accidentelle. Si Ton commence ex abrupto , si Ton nous emporte au beau milieu des choses {rapit in médias res), si Ton nous fait entrer dans l'appartement par la fenêtre , c'est que quelque circonstance, ou quelque parole prononcée par un autre, a placé îanditoire au point de vue où on le veut : cela même est un exorde, et l'exception ocmfirme la règle. Mais, hors de ce cas, oii la préparation est dcHinée, chacun, fians «'«en rendre ooHif^te, ^prouve le besoin de préparer l'auditoire.
Il est un cas où l'on se rend bien compte de ce beaoin : c'est lorsque quelque éclaircissement «st né* oessaireà l'intelligence du sujet; lorsque les paroles bîUiques, {>ar exemple, sur lesquelles on veut parler, tU^nt leur clarté de leur liaison avec les paroles qui précèdenL
Mais indépendamment ou dans l'absence de ce motif, il y en a d'autres.
D'abord, il y a un certain degré de gravité dans le 0eul fait de placer un exorde «n tête dn discours. On paraît davantage respecter son sujet quand ^n ne l'aborde pas incontinent, brusquement*
Il est utile de recueillir un moment d'auditeur, afin qu'il n'entre pas distrait dans le fond du sujet; or,
(0 €iqao, De Oratore. Ub. II, cap. LXXVUL
DE l'ekoade. 3&S
Ofa ne peut le recueillir que dans des idées voisines da sujet; autrement, ce serait le distraire.
Mais on a besoin ordinairement de quelque chose de pins. On veut mettre Tauditeur, par rapport au 80^, dans une disposition semblable à celle où Ton est soi-même. Il en est de l'orateur et de l'auditeur oofmme des instruments qui s'accordent avant un con-
" ^ L'exorde, dit Quintilien, n'a pas d'autre but que « de disposer l'esprit de l'auditeur à bien écouter la
< suite de notre discours. On est généralement d'accord
< qu'il faut, pour cela, le rendre bienveillanty attentif,
< décile ; non que nous devions négliger ces moyens c pendant aucune partie du plaidoyer, mais parce ft qu'ils nous sont surtout nécessaires en commen- « çant, pour nous introduire dans l'esprit du juge, et, « une fois admis, pénétrer plus avant (1).
L'exorde est donc un discours avant le discours principal, un discours dont le but est, dans tous les C58, d'obtenir des auditeurs bienveillants, attentifs, dociles, par où j'entends disposés à se laisser instruire, et, dans certains cas, de les préparer à bien comprendre ce qu'on a ultérieurement à leur dire.
Remarquons qu'il ne s'agit pas ici de Tintérêt personnel de l'orateur, mais bien plutôt -de celui de l'au- «fîteur. Et sous ce rapport, le mot bienveillant pourrait être remplacé par quelque autre.
Mais, dans aucun cas , le choix de l'idée d'exorde n'est arbitraire , moins encore qu'un prélude ou
(i) QuiNTiLiEN, liv. IV, chap. I.
3S6 DE l'exorde.
une ouverture en musique, pas plus qu'une préface à la tête d'un livre. Ce qu'on veut, sous le nom d'exorde, ce n'est pas un délai ou un intervalle plus ou moins bien rempli, mais une introduction, une préparation, l'excitation d'une attente aussi distincte et aussi vive que possible. A notre avis, l'exorde le plus vrai est celui qui a conduit l'orateur Luimême à son sujet, ou bien aussi la hauteur sur laquelle l'orateur, le sujet étant traité, monte pour le contempler dans son ensemble.
Après ce que nous avons dit , les règles de l'exorde ne sont pas difficiles à trouver. Si nous nous arrêtons longtemps sur une partie matériellement aussi peu considérable, c'est qu'aucune n'est plus difficile ni plus périlleuse.
I. La première [règle de l'exorde] se confond, tant elle en est proche, avec la définition elle-même.
Quand l'exorde n'est pas fourni ou remplacé par une explication du texte ou du contexte, il doit être tiré d'une idée qui touche immédiatement au sujet, sans faire partie du sujet.
Ces deux choses s'entendent d'elles-mêmes. Si l'idée fait partie du sujet, ce n'est plus une introduction ou un exorde. Si l'idée est sans rapport au sujet, ce n'est plus un exorde, c'est un hors-d' œuvre ridicule. — Mais si la première partie de la règle se passe de toute explication, il n'en est pas de même de la seconde. Il ne s'agit pas d'une idée voisine de celle du discours, mais d'une idée qui y touche immédiatement, entre laquelle et celle du
DE l'exorde* 357
discours il n'y a place pour aucune autre idée, en telle sorte que le premier pas quç nous faisons hors de cette idée nous transporte dans notre sujet. Se relâcher de cette condition, c'est permettre sous le nom d'exorde toutes les divagations, et se donner le droit de débuter par une digression. On peut compter que l'exorde n'est pas bon s'il ne paraît pas nécessaire, s'il ne paraît pas faire corps avec le discours, s'il donne l'idée d'un discours étranger cousu plus ou moins ingénieusement au discours principal, s'il laisse à l'auditeur la liberté d'imaginer quelque autre exorde, ou préférable ou aussi bon. L'exorde n'est bon qu'autant qu'il a tté suggéré par le sujet, qu'il en est né, qu'il y est uni aussi intimement qu'une fleur est unie à sa tige : Penitus ex ea causa, quœ tum agatur, effloruisse (1)« Gaichiès dit: «L'exorde serait hors d'œuvre si l'on « pouvait le retrancher sans faire tort au discours (2).» La règle, dans toute sa rigueur, ce serait que l'exorde fût incommuable, c'est-à-dire qu'il ne convînt qu'à un seul sujet ; car toutes les fois qu'il n'est pas incommuable, il semble qu'il y ait place entre cet exorde et le discours pour une idée intermédiaire. Il faut du moins l'observer aussi constamment et s'en tenir aussi près que possible. Mais il est certain qu'elle n'est pas absolue, et si votre exorde résiste à l'épreuve que j'ai indiquée, s'il paraît nécessaire, si l'idée d'un autre exorde ne vient pas, non plus que celle d'un autre discours à la suite de cet exorde^ on ne doit point avoir
. (1) CiCERO, De Oratore. Lib. II, cap. LXXVIII.
(2) GAicniÉs, Maximes sur le ministère, dcuiième partie, III, «.
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de scrupules ni craindre de reprodie. Qui Tonifeaîl condamner Texorde que ^urin a mis en tète de s/cm sermon sur fa DévouemmU amx lois dhmes (I)? Mai» il est très utile sans doute de ne se permettre qu'à fître d'exceptions de pareils exordes. Autrement on ae jette dans lé wBgae et le trivial , et l'on fsdt des mtrodsotion& qui n'mtrodaisent point.
Les orateurs de l'antiquité, préoccupés sortoiit d« point de vue de l'intérêt personnel dans l'exorde^ et pour qui, par conséquent, il était moins uni au sujet et faisait moins partie intégrante du discours, craignaient peu les exordes commuables. Cicéron, Démosthène kiîmême avaient des exordes de rechange. Nous vouIûbs^ en général, des exordes plus étroitement unis à notre sujet et à notre dessein.
Quand la règle que nous avons donnée réduirait Te nombre des sujets ou motifs d'exorde, elle n'en serait pas moins bonne ; mais bien loin d'en réduire le nombre, elle les multiplie. En la négligeant, on croit se mettre au large; mais, au contraire, on se met à l'étroit. On trouve plus aisément une introduction peut-être, mais le choix en est peu ^^arié. C'est le plus près du sujet que les sujets sont le plus nombreux.
On pourra juger, par l'indication suivante de quelques-uns des motifs d'exorde, que la matière de Texorde ne manque pas facilement à un esprit attentif (2). Mais remarquons bien qu'en indiquant ici quel-
(0 Sacrix, lome 111, page iî5, nom-elle édition.
^2) a. Hî-FFELL, Der evangeliscJU GyisiUdie, Ume I, page 2».— Axbjsi, jânieituHg zur J^amsclbcrtdsmmkeit, page ^i.
DC l'eXORDE.
^esHtnes des sources principales d'exordes, noisr ne prétendons pas donner une Uste de lieux comminis dans laquelle on puisse prendre au hasard, n y a too^ jours un exorde qur vaut mieux qu'un autre, et à ïordinaire c'est sur celui-là que le véritable orateur tombe d'abord. — H y a donc :
a) Lldée du genre dont le sujet est une espèces C'est en quelque sorte ptetcer le sujet en son Ken, on marquer le lieu du sujet. — Cette espèce est la plus €onmiune (1). — Souvent le texte peut nous fournir un exorde dans lequel nous procédons de l'idée de l'espèce à celle du genre.
6) Le rapprochement entre le sujet [traité] et un autre, [pour indiquer] la ressemblance ou la difliirence (2).
c) Opposition entre Fidée du sujet et quelque ojmnion ou maxime répandue dans le monde (3).
d) Recommandation du sujet, c'est-à-dire en montrer l'importance et la beauté, les raisons pour lesqueH on Ta choisi, quelquefois même [faire] l'apologie du jet: Veslïbula nimirum honesta, aditusque ad cansam faciet illtistres (4).
(i) Voyez Reinhard, Sermons pour Van 1797, sermon XVII sur U proposUon : « Que rien ne se corrompt plus aisément dons les mains des hommes que la n- « ligion. > Voyez aussi r exorde de mon sermon sur ta Sanctification. (Médita' t ions ÉvangéUques.)
(2) Voyez Sàuium» sur le Cantique de Siméon. (Tome I?, page 39, noufrffe édition.)
(3) Voyez Massillon, premier de ses sermons, sur le Bonheur des juste»; — BoDRDALOUS, SUT la Réturrectioti de Jésus-Christ. (Tome II, page Siâ» édili >n LefèTre.)
(4) Cjcero, Orator, cap. XV. — Voyez Cu&ysostomb, Première homélie tm peuple d'Aîitioche.
•360 DE l'exorde.
e) Remémoration d'un fait où l'idée du sujet est individualisée, ou duquel cette idée ressort (1). C'est une méthode favorite de Saurin (2).
f) Rapport du sujet avec les circonstances du temps et du lieu.
g) [Rapport avec] les circonstances de l'orateur luimême. — [Ceci est plus délicat; c'est une exception. Dans ces sortes de hardiesses l'exécution est la solution du nœud (3).]
h) On a quelquefois donné à l'exorde la forme d'une prière ; mais c'est une forme et non un motif ou une idée d'exorde ; par le fond des idées, cette prière rentrera dans quelqu'une des catégories que nous venons d'indiquer.
t) Enfin, il y a le texte et le contexte; c'est-à-dire l'explication ou des paroles mêmes du texte, ou de la liaison de ces paroles avec celles qui précèdent. Théremin estime que le texte offre une matière d'exorde toute trouvée et toujours convenable; il ne s'agit que de tirer du texte l'idée du sujet, en y rattachant l'explication courte des circonstances dans lesquelles les paroles du texte ont été prononcées, et qui lui donnent une intention particulière (4).
Sans vouloir réduire le prédicateur à cette seule es-
(i) Voyez TnÉREMiN, Sermon sur la prédication (Das Kreuz Christ i), traduit dans la Feuille religieuse du canton de Faud, année 1847, page 193.
(2) Voyez le Sermon sur la campagne de 1706. (Tome Vlll, page 93, nouvolle édition.)
(3) Voyez Claus Harms, (Predigten ûher das heilige Ahendmahl ), premier sermon sur la Sainte-Cène, et Saurhv, sur les Derniers discours de Jésus-Christ, (Tome IV, page 55, nouvelle édition.)
(4) TuÉREMiN, Die Beredsamkeit eine Tugend, page 77.
DE l'exorde. 36i
pèce d'exorde, nous croyons aussi que le texte et le contexte (autrement le nexe) offrent toujours la matière d'un bon exorde, d'un exorde dont on pourra toujours se contenter. — Il nous reste à dire seulement qu'il ne faut pas créer le nexe, qu'il ne faut pas s'attacher à un nexe problématique , ni remonter trop haut , ou trop laborieusement, ou à trop petits pas les bords de ce fleuve du discours, dont notre texte forme, pour ainsi dire, un des flots.
II. Notre seconde règle était déjà comprise dans la première, puisque nous avons dit que l'exorde devait être tiré d'une idée voisine du sujet. Il faut, en effet ^ que ce soit une idée, une seule idée. Il y a deux manières de manquera cette règle : l'une, en descendant d'une idée plus éloignée vers celle qui est en contact immédiat avec celle du sujet ; — l'autre, de faire deux exordes en quelque sorte parallèles, c'est-à-dire un exorde composé de deux idées, dont l'une ne dérive pas de l'autre.
n y a eu un temps où l'exorde était constamment double. « On faisait autrefois, dit Gaichiès, deux exerce des, l'un pour conduire à l'invocation, l'autre pour « préparer à la division. » J'ajoute que le premier ne semblait guère destiné qu'à se débarrasser du texte (1).
III. L'exorde pourrait avoir de l'unité et n'être pas simple. Il faut qu'il soit simple; qu'il ne raisonne et ne prouve pas trop ; qu'il se borne à rappeler une véritc» connue ; qu'il se réfère à ce que l'auditeur sait déjà ou
(l) Voyez BOCKDALOUB.
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« moi-môme en prononçant mon exorde. Je sens que « je palis, mes idées se confondent , et je tremble de c< tous mes membres. Un jour même que je m'étais « porté pour accusateur dans ma première jeunesse, « je fus si interdit en commençant mon discours, que c< Q. Maximus, s'apercevant de mon désordre, ren- « voya la cause à un autre jour, et c'est un service que « je n'oublierai jamais (1). »
Nous imposons bien la même règle , mais non comme règle d'art. Enchérissant sur Cicéron , qui conseillerait sans doute d'être modeste dans tout le discours {Quœ enim prœcepta principiorum esse'voluerunt, ea in totis orationïbm sunt conservanda (2),) nous voulons, non que l'exorde, mais que l'orateur soit modeste ; nous trouvons môme bon qu'il soit timide ; mais avec cette distinction de Marmontel, qu'il faut être timido pour soi et hardi pour sa cause (3). La première sorte de timidité a bonne grâce, la seconde déconsidère l'orateur et détruit d'avance l'effet de ses arguments. Or, comme on ne peut pas être à la fois timide et hardi, il faut que la hardiesse du chrétien convaincu finisse par l'emporter sur la timidité de l'homme.
m. Enfin, je demande pour l'exorde, clarté, justesse, correction, pureté de langage et de style. Je pourrais dire, en un seul mot, perfection. L'exorde, en effet, ne saurait être trop irréprochable sous le rapport des idées et du style. C'est un moment péril-
(i) CiCERO, De Oratore. Lib. 1, cap, XXM. (2) CiCERO, De Oratore. Lib. 11, cap. XIX. (S) Marmontel, Éléments de littérature, lomc 111, page 323.
DE l'exorde. 365 '
leux pour l'orateur que celui où l'auditeur, n'étant pas encore vivement intéressé, est maître de toute son attention pour les détails, oii l'orateur n'a rien pu faire encore pour se faire pardonner des défauts même légers. « Nul endroit du discours, dit Gaichiès, ne dece mande tant d'exactitude ni tant de politesse que « l'exorde, nul n'étant écouté d'un plus grand sangce froid ni plus examiné. » Soyez bien persuadés quel'auditeur attentif ne vous pardonnera, dans l'exorde, rien de ce qu'il vous pardonnera dans le corps du discours, quand une fois vous lui aurez commimiqué votre propre chaleur. Incorrection, redondance, exagération, inexactitude, obscurité, il remarquera tout et ne pardonnera rien. Or, cette première impression est souvent décisive et toujours importante. « Le suc- « ces d'un discours, dit encore Gaichiès, dépend sou- « vent du début ; on ne revient pas aisément des pre- « mières impressions, soit bonnes, soit mauvaises. » Il est bien plus important de le purger de défauts que de l'orner de beautés.
Boileau a dit, « qu'un sonnet sans défaut vaut seul « un long poëme (1).» On serait tenté d'en dire autant d'un exorde sans défaut. Mais pourtant on n'ajouterait pas que « cet heureux phénix est encore à trouci ver. » Il y a des exordes qui sont tout à la fois beaux et irréprochables.
L'importance et la difficulté de l'exorde ont fait penser à quelques personnes, qu'il serait bon de ne s'oc-
(0 BoiL£àc, VJrt Poétique, chant U.
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Guper 4e oette pairtie de la composition i^u'après avoir écrit toit le reste. Ce ne serait pas notre avis. Ce jpnocédé est peujnaturei. Unl)oâ «sarde piépare l'orateur Gûmme l'auditeur. U n'^i esA pas comme d'une préfaice ^ qui tient bien moins ûttimement tu livre, qui peut très bien exister sans piéfaœ. Nous adopterions plutôt l'idée de Cioéron : ^ Quand j'ai bien pris ainsi « toutes mes mesuras, dil>-il, je me mets à chercher en « dernier lieu ce qui doit pourtant oommeneer mon « discours, c'^st-à-dire mon exorde ; car toutes les fois a que j'ai voulu oommencer par m'en occuper, je n'jd « rien trouvé que de faible, d'insignifiant, de oom- « num et de vulgaire, d Et voici sur quoi Cicéitm fonde son procédé : « Il ne fout point chercher l'exorde « dans des circonstances étrangères ou éloignées, mais <x le tirer des entrailles mèm^ de la cause. Que Ton « commence donc par sonder la cause, par l'examiner a dans toute son étendue, par trouver et préparer tous « les lieux qu'on veut mettre en œuvre : on songera « alors au choix d'un exorde, et il viendra s'c^frir de « lui-même (1). »
(0 CiCERO, De Oratore. Lib. II, cap. LXXVII cl LXXVIIL