‹ HomilétiqueChapitre 58 sur 98 · DECLARATION DU DESSEIN · texte numérisé non relu

DECLARATION DU DESSEIN

« sans qu'il s'en aperçoive. Il dit même en termes fora mels, car je m'en souviens, qu'il doit cacher jusqu'au « nombre de ses preuves, en sorte qu'on ne puisse les « compter , quoiqu'elles soient distinctes par elles- « mêmes, et qu'il ne doit point y avoir de division du « discours clairement marquée. Mais la grossièreté des « derniers temps est allée jusqu'à ne point connaître « l'ordre d'un discours, à moins que celui qui le fait « n'en avertisse dès le commencement, et qu'il ne « s'arrête à chaque point (1). »

[ « Les harangues de ces grands hommes (Démosce thène et Cicéron), dit le même auteur, ne sont pas #t divisées comme les sermons d'à présent... Les Pères a de l'Église n'ont point connu cette règle... Les pré- « dications ont été encore longtemps après sans être c< divisées, et c'est une invention très moderne qui « nous vient de la scolastique (2) . »

[Gaichiès, sans être aussi absolu, incline vers la même opinion. « Le prédicateur, dit-il, ne pourrait-il c< pas quelquefois s'affranchir de la servitude des divi- « sions? Faut-il qu'il promette toujours tout ce qu'il « veut donner î Les Pères ne s'y sont pas assujettis. « Ils proposaient leurs sujets et conduisaient leurs « discours jusqu'à la fin, sans en distinguer les parce ties(3). »

[Mais la plupart des maîtres , dont plusieurs sont aussi des modèles et avaient pour eux l'expérience.

(1) FÉiŒLO!!, Dialogues sur l'Éloquence, deuxième dialogue.

(2) Ibid.

(3) GAicniÉs, Maximes sur le ministère de la chaire, Uy. H, chap. V.

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