DÉCLARATION DU DESSEIN
8° Ce qui donne lieu de le penser, c'est l'argument même de Huffell en faveur de la partition. Il parle de la façon étrange dont les sermons sont compris, à la campagne surtout; mais il oublie que ces sermons si mal compris sont des sermons bien et dûment divisés; car on n'en fait pas d'autres,
9° On voudrait se borner à annoncer la division générale du discours (1); mais, dans le point de vue de Huffell, ce n'est pas assez ; il faut diviser aussi- chacune des grandes parties. Et c'est en effet ce que demande Ammon (2).
Il me semble qu'en accordant à ces considérations tout ce qu'on peut leur accorder, elles ne vont pas à commander absolument de supprimer la partition. La partition ne saurait suppléer l'ordre intérieur et l'exact enchaînement des parties ; mais elle peut, en certains cas, aider à l'effet qu'on attend d'une bonne construction du discours oratoire. Je crois cette pratique moins préjudiciable à l'auditeur directement qu'elle n'est dangereuse à l'orateur lui-même. Je voudrais qu'en la conservant, il fît tout pour pouvoir s'en passer, et que la construction de ses discours la fît juger inutile. Du reste, quant à l'emploi de la partition, qu'on distingue entre les différents sujets et entre les différents auditoires. — Et peut-être qu'on attende, pour s'affranchir de cette forme, l'âge de la maturité et de la force.
« a été plus souvent répétée. Généralement parlant, les choses sensibles et de pra- *• tique sont celles qu'il retient le mieux. » (Dialogues sur l'Éloquence, deuxième dialogue.)
(i) Voyez Huffell, tome I, p. 296.
(2) Voyez le passage cité page 370.