De franchir de trop grands intermédiaires
3. Les rapports de mots équivoques, [alors même que cela n'induirait pas en erreur. En tout cas, cela est désagréable et distrait.]
4. Les tours pénibles ou embarrassés. [Il faut beaucoup de travail à un esprit non exercé pour démêler dans une phrase un peu chargée la ligne principale. Cela n'exclut point toutefois le style périodique.]
5. Le manque d'unité de la phrase. [Rien ne détermine la longueur d'une période, mais il faut qu'elle soit une pour la pensée, la grammaire et l'oreille. L'unité de pensée existe quand toutes les idées sont des parties intégrantes de l'idée principale. La période doit faire l'effet de cercles concentriques, tous tracée autocor du même centre.]
*. De faire entrer dans une même phrase trop d'idées accessoires ou des idées trop fines.
7 . Le manque d'ordre dans les tableaux, la narra- Jbioii, etc., [de sorte que les parties ne jettent pas les uues sur les autres le jour convenable.]
.fôâ PURBTÉ.
§ II. — Pureté, correction^ propriété f précision.
Ces différentes qualités, et plus évidemment les deux dernières que les deux premières, sont les succursales de la clarté. C'est par leur rapport à la clarté du style que la pureté et la correction sont surtout recommandables .
La correction n'est qu'une branche de la pureté. Toutes deux consistent dans un respect rigoureux pour les conventions du langage, [l'une en ce qui concerne les mots, l'autre en ce qui concerne les formes.]
« La langue est une convention qui, pareille en cela « à la société dont elle est l'instrument et la base, lie a tout le monde à la fois, consentant ou non-consen- « tant. La langue est sacrée comme la société. Elle « n'est pas immuable, elle ne peut pas l'être, mais c( elle ne souffre aucun changement arbitraire et caa pricieux, aucune violence gratuite, aucune modifica- « tion purement individuelle(l). » Il n'est pas de convention plus respectée, quoique le législateur n'ait pas dit : « Tel mot signifiera telle chose, ou telle chose sera désignée par tel mot. » Cependant les actes mêmes des tribunaux sont basés sur cette convention qui n'est écrite nulle part. — Les mots sont les signes représentatifs des valeurs intellectuelles. Les écrivains sans pureté ou sans correction sont comme des faux monnayeurs qui introduisent de la perturbation dans les transactions intellectuelles et diminuent le crédit de la parole. *- Le respect de la langue est presque de la morale. [Il y aurait sans doute exagération et in-
(i) Le Semeur. — M. Vinct se cite ici lui-môme: