‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 20 sur 110 · CONTEHPLATION DE LA NATURE · texte numérisé non relu

CONTEHPLATION DE LA NATURE

ici son application ; car ceci n'est pas autre chose. J^a grâce n'a pas mis au rebu|, la riatijre; et parce que les cieu^ ne racontent pas toijite la gloire de Dieu, il ne s'ensuit pas que^ sur ce sujçt impprt^nt^ les cieux soient devenus muets. Dira-t-on que ce qu'ils disent n'a plus de prix depuis cjue l'Évangile a p^rlé? On ne saurait le crpijre : npn^ ils parlent : il faut récueillir leur voix. — Il est vrai fjue la nature parle aus§i de ia chute et du péché, et nous forcp à désirer une nouvelle terre et de pouyeaux cieux j Jpsiîs, encore sous ce rapport, il est utile 4ç P^rlÇT de qe monde-pi, et de montrer comment tout est calculé pour l'éducation religieuse de l'homme.

D'ailleurs, la correspondance du paonde physique et du monde moral est frappante : la nature est une immense parabole.

Remar(j[UQns reniement que c^ qui^ d^ins ce genre, est permis à la chaire, ce n'est ni de la science, ni de la poésie, quoicjue la science^ 4^ns ses résultats généraux, et 1^ poésie, par une conséquence nécessaire, y prennent une place. Cette contemplation de la nature doit être essentiellement refigieuse. Elle s'aide de la science, elle abonde natnrellement eh poésie ; mais la science n'en est que le paoyen et la poésie que l'accident. Il est à désirer que le prédicateur n'en parle pas d'une manière vague et au hasard, m^is avec la précision que doiine la science. Les merveilles capjiéeg ne sont pas Jeç moindres (1).

(i)'Noa9 piterons^ edmmè exempleB de ce gewe de sujets, cjprtains germonB d<

SUIETS PSYCHOLOGIQUES. 95

§ V. — Sujets psychologiques.

Que la psychologie, ou la connaissance des éléments, des ressorts et des mobiles de Thomme psychique [soit nécessaire;] que, pour tout dirfe en un mot, FAdmme doive être connu du prédicateur, nul doute. Quelques-uns méprisent cette étude, et disent que la ftible suffit ; oubliant que la psychologie qu'elle renferme nous itiyite à étudier la psychologie, qu'elle est un flambeau pour regarder daiis l'homme, et qtie c'est j'hpmme qu'il faut regarder. Sur les mystères de Tâme humaine combien de choses dans Job et dans rEcclésiaste ! que de points de vue^ indiqués! Celui qui répétera d'autorité : « L'homme est ceci, l'homme est cela, » sans l'avoir vu sôi-mêpae, fera peu d'effet; il pourrait, par la même raison, n'alléguer (l'autre inptif du devoir que le commandei^ent biblique : personne ne se croit réduit à cela. Il ne faut pas que personne puisse dire : « Si le prédicateur nous connaissait mieux, il ne parlerait pas ainsi. » Le prédicateur qui parle de l'homme sans l'avoir bien étudié, tombera dans des erreurs graves et manquera d'autorité. Il doit montrer qu'il sait, autant qu^homme peut le savoir, « de quoi nous sommes « f^ts. » (Psaume CIII, 14.) Mais en général, la psychologie est plus propre à fournir à nos sermons dei la substance que des sujets proprement dits; et dans l'un et raujife cas , elle ne doit être ni de la science, ni de la iûaenue observation : il faut que la psy-

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chologie du prédicateur soit pratique et populaire. Une psychologie purement spéculative, ou trop raffinée, distrait l'auditeur de ce qui doit le préoccuper avant tout ; elle donne à son amour-propre un aliment dangereux (1); elle lui crée des impressions imaginaires; en outre, elle est un élément peu oratoire.

La psychologie, telle que nous TenteAdons ici, ne considère pas seulement l'honapae individuel, mais aussi l'homme social ; il y a une psychologie comme il y a une physiologie de la société. Elle fait partie du domaine que nous venons d'ouvrir au prédicateur. Rien de plus naturel et de plus facile que de rattacher à l'idée de Dieu celle de toutes les institutions providentielles ; de montrer, par exemple, dès le début de la Bible et du monde. Dieu fondateur de la société et de la civilisation par l'institution presque simultanée de la familky de la parole, de la loi et du travail. [Ces sujets, beaucoup trop négligés, et qui produisent cependant une sorte de saisissement religieux chez tes

(i) « Psychologie très délieate, qui s'en va épiant toutes les émotions de Tâme, tt surprenant tous ses seCTets, lui dérobant des aveux, furetant, si Ton peut parte 1er ainsi, dans ses recoins les plus obscurs, et, par-dessus tout, lui donnant con- « science de tout son mal, et lui multipliant ses douleurs en les lui nommant... Je « crois entrevoir ce qu'elle a de nuisible aux grands intérêts de Tâme. Autant la « connaissance de soi-même est le point d'appui nécessaire de toute régénération, « autant peut-être cette minutieuse observation rend cette même œuvre difficile. « Elle tourne en étude, en curiosité les grandes impressions qui inclinent Tàme du «1 côté de la lumière. Elle transforme furtivement les douleurs du repentir en joies M de Tamour-propre ; des reproches de la conscience deviennent des découvartes <i de l'esprit. On ne rentre pas en soi-même, on en sort plutôt. Spectateur amusé « d'un mal sérieux, on cesse d'y être identifié, on s'en isolé, on ^en distrait en s^en u occupant. » (Yinet, Études sur Ut IMtérature framçaise am JJXf siècle. Tome in, pages 91-990

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