RÉSUMÉ
' itÉ LA PREMIÈRE PAhTIE.
Arrivé à la fin de la première pstrtie de ce eoiiri^ je voudrais, Messieurs, mesurer avec vous l'espace que nous avons parcouru, faire la somme des connaissant ces que nous avons rassemblées et des convictions que nous avons acquises. Nous aurons un peu plus tard, dans la suite même de ce cours, l'occasion d'apprendre qu'un résumé exact et concis est du même secours à l'esprit, que l'est au moissonneur, pour emporter sa gerbe, le lien d'osier qui l'environne et la serre. Applt* quons, par avance, ce que nous enseignerons plus tard. Nous avons aussi, je l'espère, une gerbe à emporter : serrons-la de notre mieux.
La religion chrétienne a la forme d'une parole. L'dtre divin qui a fondé cette religion sur la terre et dans noff cœurs, est la Parole même, et ici le mot Parole signifie pensée, raison, la vérité conçue, aussi bien que la vérité exprimée. C'est par la Parole qu'a été fait le monde visible ; c'est la Parole qui crée le monde spirituel, avec cette différence que la Parole agit de dehors sur le monde visible, et que c'est du dedans qu'elle travaille le monde spirituel. Pour ce qui est du monde visible. Dieu parle
féaaa db la pmxièrk paitie. 29T
*h\i; mais il pa-le au monde spirituel ; il y a plus: la irole crée le monde visible qui ne parle point ; la Pale crée le monde spirituel en le faisant parler; je ic{)arler int Tieurement, c'est-à-dire penser, et penser léneurement, c'estnà-dire parler. Le christianisme t une religion qui se parle et qu'on doit penser. Penser y et non pas rêver ; penser avec le cœtf ^ la nscience et l'entendement; penser, c'est-à-dire savoir r oPQire; penser, c'est-à-dire agir et vivre, par conséœ&t parier et non pas balbutier, ainsi qu'ont fait toutes m i^ligious humaines, voilà un des caractères et un os titres d'honneur du christianisme. Le ministre de eHe, religion est doncie cemmunicateur et l'interprète [nm. pensée ; quelle que soit la spécialité et la forme l»fl«i)t ministère, il est le ministre d'une parole. Ce miliste parte, c'est-à-dire qu'il pense* Le ministre ^ un tM)mme qui pense le christianisme, et qui ^'^pfltique à le faire penser; cai^ encore une fois, le )hii#imsme veut être pensé. Et c'est pour cela, entre iltfjtw raisons, qney seule parmi toutes les religions, d^de Jésua-Christ a fondé une Église : l'idée d'Église s(,^Q de parple sont corrélatives.
C^te parole dont le point de départ est divin, dont Qt-WAtéri^ux 9ont. divins, est une parole humaine. Elle l(98|9\^ettie aux mêmes lois que toute autre parole. 916:60, ifeçpit, il est vrai, de particulières de son but ^KS^Gulier ;, ijaais en cela même elle obéit aux r^^ iâSt^ies, dit l'éliKiuçnce. Ces règles particulières ne VWmntpasplius la sortir dit domaine commun dé l'ék)- [ueoce que la tribune et le barreau n'en sont exclus
par la ûatufeapâeiale^d^ leur objet. L!b8imlétiqfieiii!ièÉ que la rhâtarîq^e appliquée auirdiseoup» sacré.
Dans Uhomiktique V Gomaie dftn» la ràétoriqM^ri faut partif d'uae lu^oa jiisCe deTétoquaficew €fitl»nii tioa noiiôar paru renfermer deux ^m^ot»: Ifmnd^' jectif^ H\jà ac'est dute& que la puiaeance du» psrswdBr^ rautM €èî«tî^ quiiest la vérité inorale^ eu te Imb. Ce n'est pa» noua^ au. fi>ad^ qui soeaaftss éloquentoy €r^«Bt' la vérité:; et» ékHfuent^ ce n'est pas ajoukir^ qwlf» chose à b Téiî% q est lui rendcece^cpi lui vippmçlmâf la; iiiett9^€arpo8sas8ioB datons se» avaiitage» iiiitaieli^ c'est iaim tûoiher leS' voilesi qui la ceitYi^iit^ c^esl mpkjkS^rieaktisser entre l'homme et 1» vénftéi <fe»'pewi êtro âloqueni dac^ une mauvaise cau9e| naiftiwie sera JMQim cpn'ea deniADA au^ mai^ tes: appât ftnci»4li bieii^* Ju!âioquienfi» mounfe dan» un: atr kifeot^
ibm l'âûGpieace kûsse la spéoulatîoa pure àk* 1» eontoiaplatiQO pwe à la poésie;f,ellie' el s'ottdieUîl daaa tenr ipmMêkÀe omamam^ nwMUt letâ k YmAcm. ^ adioii estson esacfneeiolMi IjélftfiitPtti m'imite pas^ eUe^ agit hëà;ma»4&efi0» n'est que la représeniwtioB à» mîilè^dÀeMi dénVUrri^ estiftrpaieir leediscoQv» pisMio^ ^t^im émsa» râel qui a swi^ft cmidi^ aes pétipélie» et scm iKnoâlomAi 6b'# noâtoMt^c^wt kl détwpiiaÉiaii eq» te eeigvawieii^ ^ votabtâ^Iiftpeésie^. mêsie aiosS'qu'eHi&'siviuto^Faialîài^; 6% aMat^éBmaik''ré^ii;<lefr icMs9 y l^éteqvesoe-i^pitf'î motiàKiki viè^.el l»i» penir obje*; ERe^mewIry qwé^ nom da^ dawfci upet atmeiphèpe'^aeifaBafpwi, 'mairil^* meœt auBtttdsBs un «ir tro]^ subtill
nésonS di la phshière partis. S9§
â> caractère toutefois, et par conséquent réiëment ratoire, est moins saillant dans la chaire, où Fensetnt prend plus de place qu'ailleurs. Uenseigneest même le premier but du discours ecclésiasti-
L'éloquence de la chaire s'appelle j^réitcation, c'estmuêignemeni public. Forcer la prédication à être iatOiFe^au même degré et de la même manière que la ribuoe, ce serait en altérer le caractère et cféiiaturer &• aeûfiion du pasteur. Mais cet enseignement y sans hMrtt^^ peut ètane éloquent, et doit Têtre.
Get' art' lui-même, d'enseigner éloquemment, est-ce iar<dio0& qui s-'enseigne? On oppose à cette idée des^ tirées de la religion, liigiis si l'éloquence con-
esaentidlement à mettre la vérité dans tout son i««f , maîs' si Tàrt et l'artifice ne sont pas une mêjaie Aomy si l'art' est à la nature dans le même rapport qw -Ift civilîsstion, si dans l'instinct même> auqœ onr maÉradt se réduire, il y a un commencement d'art, sr l'art n'est -qm cet instinct lui-même perfectioni^ et dAnkippé par la réflexion , enfin , s'il est aussi l^itime, ou plutôt aussi obligatoire, de surveiller et d6 ré^ fllÉi MH paroles (qui sont des actions) que de surveilla ett â»- régler nos actions proprement dites, notre diMBir m 'tlDUvO' plioînement justifié, et une seule <itoo Ae;pM(^ pas l'être, c'est de donner à la véHtë Ttetagr coiBsml de* désarmer quand rerreureile pé^ clifcmBtetitsur pied de guerre. Or, les^armes^quenous^ aMHrcm ^ue, il ibut les feire connaître, il faut en em mgumïXBmffi^ il y fiant aoooutumer celui qui lespor^ iBW^ ofaatV^riijetde Hionrilétique. nmionsgftildëtluer
300^ RfiSUMB DE LA PREMIERS PARTIB.
lea scrupules de la conscience ne deviennent les. prétextes de la paresse et l'excuse de la légèreté. ,
Mais, sans doute, si riiomilétique est quelque chiMQ, rhomilétique n'est pas tout; elle ne remplace m: k convictipn, ni Tenthousiasoie^ ni le taleoftt^ ni lescoor naissances, et ne dispense pas de Tétude des modèles. Ëntei;^dreL lui cours d'homilétique n'est pas non plus avoir fait de l'iiomilétique ; chacun doit, jvLsqu'àon certain point, se renseigner ; on ne sait bien que ca qu'on a appris par soi-même. Un cours donné n'est paa nécessairement un cours reçu ; apprendre, est un fait^de 1^ volonté : apprendre, c'est pfendr^, c'est même créer.
Inventer, disposer, exprimer, c'est tout l'art, disent les anciens rhéteurs; c'est tout l'art, ont répété kl modernes. Nous ne prétendons pas dire mieux. Ces trois opératiotis comprennent tout l'art, et ce sont bieik< trois opérations. En empruntant nos expressions à l'aïf de Tarchitecture, et disant : la matière , la structme^ le style, nous ne serions pas mieux compris.
L'invention est l'unique objet de cette première
L'acte de l'invention, commun à tous les momenif . do l'art (car on invente son plan, on invente son style) esf^f dans le fond, un grand paystère; riqvention eit le talent même. On n'enseigne pas }e talent; on ae donne pas à celui qui n'a pas, mais on peiit donnecicelui qu| a. Pour l'esprit inventif (et (]uel est l'espot' atf^lum^nt dénué d'invention?)^ il y a des moyesi' d^inventef davantage et d'inventer mjei^x. Le. preawK j^t^ est de connaiire, Si la scîpnpe ne donne pas Vx»
RVSUxé'DE LA PRKMlàaE PARTIR. d(H
^gftà^l^y elle Taugmente et Tentretient. Connaiésez ^c l'homme^ la vie^ la parole divine , connaisse»* .^fBQS vous-même ; connaissez tout^ si vous le pouvez ; toQte vérité tend vers la vérité suprême ; toute vérité joA lui servir de preuve ou d'éclaircisseo^ent. Ensuite, unissez-vous à votre sujet par une méditation intime ; réchauffez-le de votre chaleur, réchauffez-vous de la sienne ; que votre sujet vous soit une réalité, et la préparation de ce discours une époque de votre his- Iwre; ne pensez pas seulement^ vivez; essayez à votre âme ces mêmes idées par lesquelles vous voulez agir m rame des autres. Faites autre chose encore : anà- Ijaez, selon les lois d'une saine logique, la matière qui lOUB est offerte. Après vous être mis, par la méditatioùj en contact avec les ehoses mêmes, mettez-vous, jwr l'analyse, en contact avec leur idée ; après avoir ^q^qué à cette étude la logique de Tâme, appliquez^y celle de Fesprit. Inventer, c'est trouver; cette même bcnlté de raisonnement que plus tard vous emploierez à i»miver,' employez-la d'abord à trouvjer. Tels sont les instruments de l'invention ; faites-en un fréiquent oage; étudiez, méditez, analysez beaucoup; affilez perdes exercices répétés ce tranchant de l'invention fie bientôt, sans cela, la rouille amortirait : ne vous h(Éezpas de recourir à cette espèce de banque des es^ frits superficiels, à cette topique banale dont las lieiix QWununs ne sont pas méprïsables, ont rendu derviee 9^t(mtle monde, : mais dont l'usage indiscret fait mégli* 8Br au talent ses ressources propres. Ayez de lamétiMepliytôt qu'une méthode.
302 RÉSCXÉ DE LA rfiSMliUE FARTIK.
^Sottô la rbbrique de Vinvmii<m, ce que mous ata 4rouvé dans la première partie de notre cours^ eeiÉt essentiellement des directions sur le choix ées aMé* Tîaux. Mais ici apparaissent deux caractères de l'I^ quence des temples. *— Le premier, le voici : qçioîqpe, dans son ensemble^^a prédication soit une affirift^ «haque sermon n'en est pas une ; la prédicatien^tôttt pas aduelle au même sens que le discours du barreMrïKi delà tribune ; elle ne suivit pas d'un fait accidentel; ^elle est toute spontanée : c'est dire, Messieurs, qu'elle éhririt ses sujets. L'autre caractère, le voici : non-secdemenl la prédication se rattadie à un document, (ce que lût aussi Téloquenx» judiciaire en invoquant la hx ,iet*^ quence politique en se référant à la conôtkutioflf^ pays,) mais elle consiste essentiellement à "dévèloppr ce ijbcument, elle en découte comme de ea isoiittr, «ie\ document est son objet : de là est résuité, «MfiB néoessairement, mais naturellement, l'usage - âe*^ ther sur un texte. Avant donc d'aboftier te mâiltre même ou la substance du dîscMfs, l%emilétiq«&^ iera du choix <tes sujets et du t^ix des textes.
Faudrait-tl 'Opter exdusivemBnt entre 4te siijtBK* tes /textes 1 Barce que te sermon se ratta(^ à un Mk, iMtr seirédoir8f4-il, pour le prédicateur, à àistôOÊélf^ «ttjét enfermé dans le texte? et n^ ^ura^-t-â, pourVii^ {Auside tswjn^ê pr^premetlt ditst Ceci cenduimt^Nài* iMsiv de d'usage, devenu loi, quiveutque tôttt 8élMllto^ rdiufetsiipun pasBi^'l^Uque.'En maifitÈnia(ilt,'^sHlei flÉGtffot dMMftsment disoutés, l'usage «u la^fei, tiM n'avons, pas jugé que son maintien emfiorttt ^FeMli-
ftéMniJ DE LA mSAlÈRE PARTIE. 303
80& dMSeltie des sujets comme sujets. (Test pourquoi^
fiftsaiit 'â'ïabord ^aibstraction au texte, nous srvons parlé
éi sujet, dont nous avons soumis le éhoix à deux rè-
ijkê : celle de l'unité et celle de l'intérêt. Après avoir
dBieniimé fidée et relevé l'importance de l'unité ,
a{vès'«voir Tamené tout discours aux termes d'une
piiQfK)sitiim impârsrtive simple, nous arvons énuméré
hi-difféirGnites Icniiies «dus lesquelles oeMe unrté se pro-
étHj ou «ous lesquelles parfois elle -se déguise. <^ant
àl%i1ér6t "des sujets, nous avoim vot^ «qu'il fût tout à
k Sois humain «t chrétien, et nous a!tôns cru don*
icr ime direotian sûre à la préijfoation en laisanl ®en-
tihqiieèe fait pro^e de l'Évangile, te faât que "la ipré*
flnktieri reproduit et cherche à réirlis^, -eirt de gfisffisr
en Beaitiments divims sur utie ndfturt^ taimaine. Nous
MB 9u que, dans oette spèère comme dans celle de
It 'râMaâme, la hberté se proportkume à 4a sdUmis-
M^ «et <}ue c'^t au prédicstteur vraiment ohrâtien ,
mme «a dirétien vraiment spirituel, (|u'it a été dit :
« Toutes choses sont à vous en tant que v^nis êtes à
t<!hrist, comme Christ lui-même est à Dieu. 9 {1 Co-
nMhiem^ M, 22.) Mais l'inexpérience pMt eemépren-
èe«ar cette liberté, la voie étroite Gonvient à la Jeiv
WMi, et, i'tm nedoit, ànuïâge, mon^ eti-thaFre pour
Tfààdr chrétiennement de tocrties choses, mais pour y
piAêr du chîintianisme.
Le tex1ie*«rest présenté ensuite. Avant tout, avons- Éniidit, qu'il soit pris dans la Parole de Oieu, ee qui agnifie : qu'il soitpnB^n»le wns «^ù uefte i^à^(i^.LeËi applications de <^tte grande ri^
304 &BSUMÉ DE LA PREMli^RB TJMtlE.
nous ont longtemps occupé. Les lois d'une iaterpié^ tatÎQn sincère et sensée ont successivement appelé im><tre attention. Du sens verbal ou extérieur^ qui n'eri que préalable^ nous avons passé au sens réel ou ititérieur, qui est définitif; de T interprétation des textes'df Tordre spirituel à celle des textes de Tordre tempord et à celle encore des textes d'une nature mixte ^où'li monde qui passe et le monde éternel combinent leur éléments. Ce n'est qu'après avoir éclairci ces graie distinctions , après nous être rendu compte des rap ports et des différences entre les langues, eiitrele temps, entre les économies dont Tœuvre divine ;« compose, que nous sommes rentré dans Tènceinfi commune à tous les genres d'éloquence en traitant è la matière même ou du contenu du sermon. Ra[^ Ions cependant encore que la question des textes nooi a conduits à celle de Thomélie ou du sermon analyticioe^ et que nous avons cherché les moyens de réduire» beau genre de prédication à la loi universelle etiinflexible deTunité.
Connaître pour croire, croire pour connaître ^^jiar conséquent connaître et croire , et Tun et Tautm.^^ d'agir, voilà toute la religion , voilà aussi toute la prédication. Pour ce qui est de la connaissance, ellaese brasse les faits , c'est4-dire ce qui apparaît dans l^ pace et dans le temps, et les idéts qui ont une râaiiilé indépendante de Tespace et du temps. Les faitsîfl^ décrivent ou se racontent. Les idées se définisBeotv'ft a fallu définir la définition, en établir la nécessité^ 6n distinguer les modes divers, montrer par quelle pMriË
HBSUHÉ DB LÀ PREUlàRB PARTIE. 305
involontaire ou par quelle nécessité elle rentre sous les lois du temps et de l'espace en retournant vers la narration ou la description , en sorte que des idées sans date et sans lieu se racontent et se décrivent comme des faits.
La croyance, qui est à la connaissance dans le double rapport de but et de moyen , puisque tour à tour il faut connaître afin de croire et croire afin de connaître; la croyance, par où nous entendons le double assentiment de la raison et de la volonté, appelle à son tour les regards de l'homilétique. Nous passons ainsi de Texplication à la preuve, qui fait usage de raisons j s'il s'agit d'atteindre l'entendement, et de motifs^ s'il s'agit de déterminer la volonté.
La décision intellectuelle, différente de la décision pratique, a une triple source : l'expérience, l'autorité, le raisonnement. Chacun de ces moyens implique l'emploi desdeuxautres; mais ils n'en sont pas moins distincts. Apprécier leur importance respective , montrer l'insuffisance de chacun dans son isolement, a dû être notre premier soin. Considérant ensuite les deux premiers (savoirl'expérience et l'autorité), comme les matériaux du raisonnement, et le raisonnement lui-même comme la substance principale du discours , nous nous sommes ^tladié à distinguer les différentes formes de l'argumentation dans le discours oratoire , et spécialement dans l'éloquence sacrée, dont nous ayons consulté avec 8oin les exigence^, les prédilections , les répugnances. Aux raisons , qui créent la certitude de l'esprit, om succédé les motifs, qui décident la vcbnt(^. Distinction
9W RtSUIf^ DE LA FREHIÈRB PAIITIB.
Wen fondée. Entre la conviction et l'action, il y aunâ solution de continuité sans l'affection ; l'affection jette sur cet abîme un pont qui lie la vérité et la volonté. Disons mieux : la vérité devient l'objet même de b volonté. Tous les motifs se ramènent à deux : le bien et le bonheur. Dans le premier de ces motifs ou de ces di>jets présentés à l'affection, nous avons distingué, puis réuni le bien en soi et V auteur du bien; nous y avons distingué encore les deux sentiments corrélatif» de Famour et de la haine , et les deux éloquences qui y correspondent. L'appel que fait hautement l'Évangile à l'amour du bonheur , nous eût dispensé de justifier l'emploi de ce motif, car c'est en répondant à cet impérieux besoin de toute vie que Dieu ouvre nos cœufB à Famour du bien : nous avons remis sans hésiter entre les mains du prédicateur cette arme honorable et nécessaire. Ce motif du bonheur, axe de la vie humaine, nous a présenté à ses deux pôles la crainte et Tespérance ; la crainte qui resserre le cœur et l'espérance qui le dilate ; la crainte qui n'est qu'une pa»mon, l'espérance qui peut devenir une vertu. Autour de ces deux grands objets , le bien et le bonheur, se groupent comme des satellites quelques motifs secondaires, dont nous avons indiqué l'usage.
S'il est vrai qu'on ne puisse déterminer la vdonlé sans faire appel à une affection, il s'ensuit que Yê(^ quence ne saurait atteindre son but sans émouYwr; car l'émotion n'est que l'affection elle-même à l'élat aduel ou d'excitation temporaire. Mais il y a uiie économie de l'émotion. Nous avons défendu contre ses
ce