‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 7 sur 110 · UNITÉ ORATOIRE · texte numérisé non relu

UNITÉ ORATOIRE

terme une application ou conclusion pratique, -r- On ne laisse pas la vérité pu l'idée qu'on ^ obtenue s'espa»cer librement et vaguer dans l'esprit ; de tous les canaux oii elle se répand, imaginatipn, raison, sentiment, on la ramasse et on la resserre dans ur^ canal où tous les autres aboutissent, celui de la volonté : et ainsi on lui donne un cours, plus ou moins rapide, vers l'action(l).

En un mot, le sujet du discours oratoire est une proposition simple impérative : « Faites ceci, ne faites «pas cela. »

Elle est absolument telle au barreau et à la tribune : « Relâchez ce prévenu ; — votez cette loi . »

L'orateur de la chaire est dans une position un peu différente. L'unité oratoire, dans sa rigueur, réside plutôt dans l'ensemble de ses prédications que dans chacun de ses discours. — C'est qu'il n'est pas seulement orateur, comme l'avocat et le politique ; il est aussi, et essentiellement, docteur^ instituteur. Il peut donc et souvent il doit s'occuper surtout d'ipstruire, d'exposer; ce qui, en apparence, réduit son unité oratoire à une unité didactique. Mais remarquons d'abord qu'il n'est, dans la religion, aucun sujet didactique qui n'ait, directepaent pu indirectement, des conséquences pratiques ; rien n'est en plaine, tout est en pente ; pojnt d'eau er^dormie, tout est fleuve ou torrent, Ensuite, n'oi^bjipns pas qu'on peut, cptnme l'opt

(1) On peut bien convoquer des auditeurs dans un lieu public, pour leur exposer, sans plus, quelques vérités ; c'est une leçon, mais non un discours oratoire, quoique cette leçon puisse avoir quelques caractères oratoires.

S2 CONDITIONS DE l'unITÉ

fait les meilleurs prédicateurs, traiter ces sujets dans un esprit oratoire ; et la charité donne cet esprijrlà. La vérité commande ; le fait devient loi.

Je conclus avec Schott : « Quoiqu'il entre dans la « notion essentielle du discours oratoire , de placer « son but suprême et dernier dans la détermination « de la volonté humaine, nous ne refuserons pas le « nom de discours oratoire à une composition oii cette « direction pratique, sans se déclarer dans l'énoncé de « la proposition capitale, se montre d'une manière « claire et irrécusable dans l'esprit et dans la substance « de l'ouvrage entier. . . Mais un thème qui n'est en « rapport essentiel avec aucun sujet pratique inapor- « tant, ou qui ne s'y laisse ramener que par de péni- « blés détours, ne sera jamais propre à faire la base « d'un discours oratoire (1). »

Les sujets tirés de la religion chrétienne sont tous, par leur nature, plus ou moins propres à la chaire sous ce rapport ; toutefois, je pense qu'à l'ordinaire le prédicateur ne doit pas se contenter de laisser l'auditeur tirer la conséquence, mais qu'il doit la tirer luimême, et la faire, tout au moins, transpirer dans tout son discours.

Saurin a traité dans une direction éminemment et expressément pratique plusieurs sujets d'un aspect très spéculatif. Ainsi le sermon sur la Vision hécdifique de la Divinité (2) : nous verrons Dieu telqu'il est, et serons par là rendus semblables à lui. C'est le plan de Dieu :

(0 Schott's Entwurf emer Théorie der Beredsamkeit, pige 31. (2) SAuaDi. Tome IH, page 95, nouYelle édition.

DANS iR SERMON. 53

mais c'est aussi le plan du démon : dans lequel des deux voulez-vous entrer? — Les sujets de ce genre sont comparables à une flèche qui, sans être armée d'une pointe, mais par la seule force de la projection, perce le but. — Dans le sermon sur le Ministère des anges (1), il demande exemple à ces esprits bienheureux qui exécutent les ordres de Dieu avec la rapidité du vent et l'activité de la flamme. — Dans celui sur l'Égalité ie$ hommes (2), après avoir établi l'essentielle égalité des hommes, il dit qu'il ne veut conclure en faveur ni de l'anarchie ni du fanatisme ; ses conséquences sont : modération ; acquiescement aux ordres de la Providence ; vigilance (chercher quelle est la vertu de votre état) ; zèle et ferveur : toutes les mortifications de l'inégalité vont cesser (3).

De tout cela je conclus qu'il y aura de l'unité dans le sermon lorsqu'il pourra être réduit à une proposition assertive, facilement transformable et réellement transformée en une proposition impérative.

Cela posé , il nous reste à présenter quelques-unes des principales formes sous lesquelles cette unité peut exister.

Nous faisons abstraction de l'unité impérative ou parénétique, parce qu'il est désormais entendu que ce caractère doit se reproduire dans tous les sujets, et, d'un autre côté, que la chaire est essentiellement

(1) Saurim. Tome VI, page 447, nouvelle édition.

(2) Saurin. Tome m, page 309, nouvelle édition.

(3) Voyez aussi le sermon de Saurin sur VÉtemité de Dieu^ tome VIO, pife 209, et particulièrement page 229,. nouvelle édition.

54 DES PRINCiPALES FDkÉES

didactique. Ainsi le -caractère impulsif du discours est supposé dans tous les exemples que rloUs allons voir.

1 . L'unité se trouve dans une propositiori sinlplë, assertive ou impéràtive : j'entends une proposition unique, composée d'un seul sujet et d'un seul attribut. Exemples :

« Il n'y a point dé paix pour le méchant. »

(Ésaïe, LVn, 21.) <t Toutes les pensées du ttiécMnt sont qu'il n'y a « point de Dieu. f> ' (Psaume X, 4.)

tt Je suis toujours avec vous jusqii'à la fin dii inonde.»

(Matthieu, XXVHI, 20.) «Bénissez ceux qui vous maudissent. >>

(Matthieu, V, 44; Luc, VI, 28.) tt Examinez ce qui est agréable au Seigneur. »

( Éphésiens, V, 10.) « Celui-là pèche qui sait faire le bien, et qui ne le c( fait pas. » ( Jacques j IV, 17.)

c( Le méchant fait une œuvré (Jui le trompe. »

(Proverbes, XI, 18.) c( Ce qui est grand devant les hommes est aboitiina- « tion devant Dieu. » . (Luc, XVI, 15. )

« La paix naîtra dé la justice. »

(Ésaïe, XXXn, 17.)

«Celui qui n'est pas avec rnoi est contre moi. »

( Matthieu, Xn , 30.)

Il va sans dire que le développement de la thèse ou l'élaboration exégétique du texte qui la renferme, ne constitue p£us, avfeé la ptetlvë de la thèse, une dtipfr

QUE h'^tîi pstrr ADHirrtkB. 5K

cité. — - Caractériser amplement le sujet ou l'attribut ou tous les deuXj, ce n'est pas màntjuer à l'unité. Autant vaudrait proscrire la définition. [C'est souvent toêine de cette cbhnaissahcê détaillée que résultent et la preuve et l'impulsion stii' la Volontë ; ainsi 1 Tlm., 1, 5 : «t Le but dtl fcfcimmatideitient j c'est Id fcliarité, qill « procède d'un txBur pur, d'Uiie botine conscience et i d'une fdi sinfcère. » -^ On ddit dètetihitier ce qu'est bette chàrité-ci. Dans certairis cas, lé sujet dii Tilttflbtlt petiVetit ne réclamer aucune détertninatidil, niais feeô cas sont rares, et il est utile dé cfoiré qu'ils «sont rares, et de biëti déterriiiner l'oBjét auquel oïl rattache une preuve. Le simple éiioncé qui Suffit au prédicàteut n'est pas suffisant ail grand iiômbre. Et puis, sanS supsposer ignorance, il faut rendre la bhosè pi'éserite, afin qu'oii sente bien à quoi s'appliquent et la préiive et ritnpulsiori que le pfédibâteUr veut dohiiëif dâtis son discours. ]

2. La propositioii tie laissé pas d'être simple, lorfe même qu'il y a plusieurs sUjëtfe Ou plusieurs attribiitë, si cefe sujets ou ces attributs forment ënsetnble Uti tout. « C'est à ceci que l'on recbnhaît lë§ enfants de Dieu et « les etliantë du diable : qUiëëriquë M pAit pa» ce qui lA isitjùite ^t ii'AVunt pas ton fràrè, n'est point de Diëti. ^ (i Jeàn^ m, iO.) -^ â Recherche* la paix aveë lotit « le monde, et la sanctification, sans laquelle personne « ne verra le Seigrietir; » (Hébreux, XII, 14.)

Ainsi, il y aurait unité dans un discours qui exposes^ raitlesdifFéreiites tjiiàlités d'une bhôsë, pourvu que céë qualités fussent de nature à être réimies sous ua

56 DBS FRINCIPALES FORMES

même attribut, 11 n'y a pas d'unité oratoire dans la description d'une machine, d'un lieu, d'un homme. Qu'un lieu soit beau, célèbre, d'un difficile accès, peu habité, tout cela n'est pas de nature à être réuni sous un même attribut. Mais si vous trouvez l'idée commune de plusieurs attributs différents^ ,ou même opposés, alors dites-la. Ainsi, lorsque Massillon dit que l'ambition est inquiète, honteuse, injuste, il y a de l'unité. De même, dans ce passage : « Christ nous a été fait, de la part de « Dieu, sagesse, justice, sanctification et rédemption. » (1 Corinthiens, I, 30.)

3. Les qualités d'une chose peuvent non-seulement s'ajouter, par suite de ^leur affinité ou d'une tendance commune, mais parce qu'elles se contrebalancent, ou se modèrent, ou se limitent mutuellement. — « Toutefois « le fondement deDieu demeure ferme, ayant ce sceau: «. Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ; et : Quiconque « invoque le nom de Christ, qu'il se détourne de Vini- « quité.» (2 Timothée, II, 19.) C'est le sceau double, mais inséparable, du fondement que Dieu a posé ; c'est le double caractère de la vraie foi, caractère qui n'est vrai qu'en tant qu'il est double.

Comme toutes les vérités caractéristiques du christianisme sont composées diacune de deux vérités (1), de même que l'axe a . nécessairement deux pôles (2),

(0 Remarquez, par exemple, l'opposition entre ces deux propositions : « Parle au fou selon sa folie, — Ne parle pas au fou selon sa folie. » (Proy., XXYI, 4, 5) ; et entre ces deux : « Celui qui n'est pas avec moi est contre moi. » (Luc, XI, 23.) « Celui qui n'est pas contre nous est. pour nous. » (Luc, IX, 50.)

(2) Cest même le propre du christianisme d'avoir restauré Taxe brisé et rejoiot Ifli deux pôles.

QUE L'OKiri PBUT ADMETTRE. 57

la prédication chrétienne peut souvent amener des sujets pareils au précédent. Bien des discours sont des antithèses, parce qu'une religion qui concilie toutes les antithèses doit commencer par les mettre en saillie. Ainsi Bossuet : « L'esprit de fermeté et de résistance, « l'esprit de charité et de douceur est l'esprit du chris- « tianisme (1).» Bourdaloue pareillement : Sur la sévérité et la douceur de la l&i chrétienne.

4. Par suite du même principe, il y a unité dans une proposition double quand les propositions dont elle se compose sont les parties intégrantes d'une même vérité. Ainsi : « Il n'y a point de lien parfait entre les «hommes; mais la charité est un lien parfait. » [Voyez^Colossiens, in, 14.] — « Ce sont des choses qui « ne sont point montées au cœur de l'homme, et que « Dieu a préparées à ceux qui l'aiment. » ( 1 Corinthiens, n, 9.)

Bel exemple dans Saurin, dans le sermon sur la Pénitence de la pécheresse . Là une tripiicité apparente se réduit à une parfaite unité (1).

5. Je trouve aussi de l'unité dans deux propositions parfaitement indépendantes, mais contrastantes; car le contraste est une sorte d'unité. Exemples : u Rendez « à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à «Dieu.» (Matthieu, XXII, 21.) — « Les méchants « s'en iront aux peines éternelles, et les justes à la vie « éternelle. » (Matthieu, XXV, 46.) Le sermon de Mas-

co Troisième sermon pour le jour de la Pentecôte. . (2) Saurin. Tome II, page 893, nouTelle édition. — Voyez aussi dans le mènif sutear, tome lY, page 87.

58 MB PRINCIPALES lOlUfES

sillon sur la Mort du pécheur et la mort du juste [fait ressortir ce contraste (1).]

6. Il y a unité quand on expose successivement une vérité générale et une vérité particulière, dont la première sert de base à la seconde, ou dont la seconde achève le sens de la première. « Maintenant ces trois tL choses demeurent : la foi, l'espérrihce et la charité ; c( mais la plus excellente^ c'est là charité: » (1 Corinthiens, XIII, 18.)

Mais je pense que, pour être vraiment un, l'orateur devra faire de la vérité particulière son objet et son but.

Traiter successivement du genre et de l'espèce n'est pas observer l'unité (2).

7. Il y a unité dans un discourt qui expose succefesivement un principe et des conàéquences ; car le principe n'a d'intérêt que par les conséquences^ et celles-ci n'ont de solidité que par le principe. Ainsi : a Dieu « est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'ado- «e rent en esprit et en vérité; >ï (Jeah, IV, 24.)

La pluralité des conséquetices ne rompt point l'unité. — Parler dès conséquences^ quelque noitibreuses qu'elles soient, c'est parler du principe ; c'est dire ce qu'il contient; c'est en faire connaître la valeur et là portée'; c'est le mesurer; c'est lui donner tout son caractère de principe; c'est dire à quel prix on l'accepte. Exemple : Les caractères de la charité. (1 Corinthiens,

xni.)

(1) Sermon pour rAvenl.

()) Voyeij par exemple, la Solitude retommandée au pcuteur^ dans -les tfouvelles études éWÊUétioueSt page 265.

QUE t'tStttti WÈtrt At>HB'Ilftft. ^

8. li y à unité dans un distoiirë qui^ après l'exposition d'un deVôir^ en ihdique les faiolifs. [ Mais alors il y a une partie atixiUaif ib^ instrumentale, et on ne peut lui donner la même place qu'à l'autre. En effet^ du bien on vêtit ftlitiè fcontiàître un devoir méconnu, alors on n'iiisiste que peii &tir les motifs, on les met avant ou après ; -^^ou bieh oh né fait que rappeler un devoir bien connu, mais oh en fait ressortir avec soin les motife; On ne Iccmcevrait pas trop uti discours qui se bornerait à exposer les motifs, sails détermiher la nature du devoir ; — on ne conçoit guère mieux url discours né parlant que du dévbir satis S'occuper des motifs. Sans doute l'unité didactique t^èut s'ett passer, mais non l'unité oratoire. Éri tout bas,] l'une dés parties, tantôt Fune, tantôt l'autre, doit faire isaillie et constituer l'u-^ nité du sujet.

9. n y a Unité dans un discours qui, trait^liit d'un fait, lient compté de Ses différentes circonstances. Ainsi, dans l'exemple ci-dessus : « Ctirisl nous a été fait, de la part ((de Dieu, sagesse, justice, sanctification et rédemption.»» (1 Corinthiens, î, 30.) Cela tie veut pas dire seUleiUent qu'une proposition où le sujet est complexe, où l'attribut est complexe ( je veux dire compliqué d'une circonstance, mais étrangère à sa hotion)^ n'en est pas moins Une. Ainsi : <t L'homme dontle cœur est partagé « est inconstant en toutes seitvûies. » (Jacques, I, 8.) Cela va trop sah^ dife. — Je psirle dés circonstances que l'ôti pourrait (Jtnettrë, mais tjui donnent à l'objet pritidpiail de la luUiièrè et de Id couleur, bû fc(ui ne distraient pàS de cet objet. «Comme vous l'avez f&it éU ma pré-

60 DBS PRINCIPALES FORMES

«-sence, beauœup plus en mon absence, travaillez à « votre salut. » ( Philippiens, II, 12.) On comprend que l'autorisation que nous donnons dépend de l'exécution.

Il est des cas où ce qui se présente comme circonstance est l'idée capitale î « Judas, trahis-tu ainsi le « Fils de l'Homme par un baiser? » (Luc, XXII, 48.) Trahir (l'action), leFikde rifomm6( l'objet de l'action), le baiser ( le mode de l'action ) ; trois choses qu'on peut faire concourir, mais dont une aussi, par exemple, le baiser j peut être considérée à part et former le thème du discours. — Autre exemple : « Faisons du bien à (( tous, mdiis principalement aux domestiqtAes de la foi. » (Galates, VI, 10.) Voyez encore Hébreux, XII, 14: c( Recherchez la paix avec tout le monde^ » et Éphésiens, II, 10 : « ... Créés en Jésus-Christ pour les bonce nés œuvres, etc. » — Il se forme ainsi plusieurs plans dans la perspective, et celui qui domine une fois pourrait être une autre fois remplacé par un autre.

10. Il y a pareillement unité dans un discours donnant plusieurs relations ou directions à la même vérité. Ces relations ou directions sont des accessoires qui ne font pas assez saillie pour rompre l'unité. — « La gloire , l'honneur et la paix seront pour tout « homme qui fait le bien , premièrement pour le « Juif, et puis aussi pour le Grec. » (Romains, II, 10.) — « Je m'étudie à avoir toujours une conscience « pure devant Dieu et devant les hommes. » (Actes, XXrV, 16.) — Toutefois, dans un cas comme céder-

QUE l'unitiS peut adhrttrs. 61

mer, il est difficile qu'une des relations indiquées ne devienne pas l'objet principal du discours.

11 . La distinction de plusieurs classes d'auditeurs, à qui la même proposition est présentée et appliquée, mais sur qui elle doit faire des impressions différentes, n'est pas non plus contraire à l'unité. — Les impressions des uns doivent confirmer les impressions des autres, si la vérité est, dans le fond, la même pour tous. L'angle rentrant confirme l'angle saillant, et réciproquement ; la tristesse confirme la joie, à l'espérance correspond la crainte, et réciproquement.

12. Un- même discours peut traiter du fait et de son mode, du devoir et des moyens de l'accomplir, sans que la loi de l'unité soit violée (1).

Remarques additionnelles sur t unité de sujet.

1 . Quoique une unité factice, verbale, procurée par un artifice de langage, ne soit une véritable unité qu'aux yeux des esprits inattentifs, jouets des apparences (2), je ne saurais blâmer le procédé par lequel deux objets qui, d'eux-mêmes, ne forment pas une unité, sont placés sous un point de vue commun, dans l'enveloppe d'une idée commune, qui permette de les présenter ensemble à l'attention. Au fait, il n'y a rien

(i) Voyez le sermon sur la Sanctification dans les Méditations évangéliques.

(2) Ainsi, dans un sermon sur : « La vérité vous affranchira, » (Jean, YIU, 32.) parier de la liberté spirituelle et de la liberté politique.— Ainsi sur le texte : « Ton « commtodem^t est d'une très grande étendue, » (Psaume, CXIX, 96.) un prédicateur prouva successivement, en s'appuyant sur le mot étendue, que la loi de Dieu renferme beaucoup de choses, et pub qu'elle se répand sur toute la terre.

62 fl^UIiQVES ÀI^DITfOVW^lJSS

là de factice et de faux ; c'est une unité nqn fabricjuép, mais retrouvée ; elle e^^istait d'avance ; il np s'agissait qije de relever le côté p?ir ou eljp est isensiblq. — Aipsi Pourdalpue, Çqrémy tPWP h page 198, çqI, 2, ^ition Lefèyrg.

^. Après avoir posé dan^ toute sa rigueur le principe 4^.1' unité oratoire, e^ r4Ypir maintenu dans chaçui^p des formes que j'ai iiidiquées, il me reste à djre qvie j'ai montré l'ifiéal 4p \^. cp|:flpositipn oyatoirç., sani exclure pourtant des prédications d'une forme WQiOfi sévère sous ce rapport.

Le^ prédicateurs français fie \^ poqamunion catholique se spi^t tenus pljis près de cet idéal ; en général, leur sermon forme un faispe^au plus serré, une gerj^e plus facile à mettre en grange. Cela tenait au caractère de leur nation, qu'il fallait satisfaire autour d'eux et er eux, à l'idée d'art peut>-être plus dominante, à un sentiment esthétique.

Il est bon de s'attacher comme eux à la règle la plus rigoureuse, et de réserver les dispenses pour l'âge dç l'expérience et de la maturité ; et la maxime de Féner Ion est bonne, dans les commencements, à prendre au pied de là lettre : « Tout discours qqi a de l'unité a peut être réduit à une seule proposition, Le discourt « est la proposition développée; la proposition est le « discours en abrégé (i). «

C'est une épreuve utile à faire sur chacun de vos dis-

(1) Fénelon, Lettre écrite à l'Académàe françaiae, IV. — La première de ce deux phrases n'est pas une dtation textuelle, mais un résumé ; la seconde, au cou traire, dst tout entière de Fénelon. (Éditettrs,)

SDK l!uVilti I» SfJlBT» QS

cours. Qu'il ne vous suffise pas de pouvoir leur donner un titre : cherchez à les traduire en upe proposition ; et défiez-vous de votre œuvre quand vous ne le pouvez pas {\). Reinhard aurait-il jamais pu réduire h une proposition le sermon qu'il a intitulé : Uber die Ffeudigkpit des^ Glaubens (Sur la joie de la foi)? En voiei le contenu:

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