‹ Homilétique ou théorie de la prédicationChapitre 73 sur 110 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

. MOYENS DE % FOBHBa A BIEN DISPOSER .

, La rhétorique dit bien comment il faut disposer , de jotième qu'elle dit comment il faut inventer, ou plutôt 4e même qu'elle règle nos inventions ; mais on ne peut .fias dire, pour cela, qu'elle apprenne à disposer. C'est une erreur trop commune. — En toutes choses, la rhé- :tori(|U6 n'apprend guère qu'à bien user des resiaources qu'on est supposé avoir d'avance et qu'on

trouve ailleurs. •

: Elle n'offre ses conseils, et elle n'en peut donner ^'utiles qu'à celui qui a l'esprit juste, le cœur ouvert, i|ui a formé sa raison dans l'étude de la logique et qui

l-a enridiie dans celle de la philosophie (1).

, L'âoquence plonge par une multitude de racines

dans la science et dans la vie.

(0 (Qcéron recommaDde la philosophie moins pour ce qu'eUe renferme et ce

"qif die donne que parce qu'elle est une gymnastique pour l'esprit] : Position sit in

iprimiSj 9inê philoêùphia non poite efj/lci, quem quémmuê, elofuentem : non ut

in£a tamen omnia sint, sed ut sic adjuvet ut palastra bistriomm* (jOrai^r^

408 MOTKICS DB SB VOEIOtR

 voir la disposition de la plupart des sermons qu'on entend, disposition à l'ordinaire exacte et légitime, on peut croire que ce n'est pas un grand mystère que la disposition, et que le bon sens et un peu d'usage y suf* fisent.

Mais tous n'en sont pas quittes pour si peu ; et c'est une chose remarquable que cette aptitude paraît manquer à ceux qui ont à la fois trop et trop peu d'idées ; c'est au-dessus et au-dessous, avec un esprit suffisant* ment juste , qu'on réussit mieux. Avec très peu ou beaucoup d'idées on a des dispositions claires. Mais cette clarté est profonde chez les uns, superficielle die2 les autres ; cet ordre est chez les uns plus extérieur, plus intérieur chez les autres; il a de la force, il. a de la vertu chez les premiers, il n'en a point diez les se-, conds; il est éloquent ou il ne l'est pas, ear le génie (aratoire se déploie dans la disposition.

Or, il ne s'agit pas de bien faire seulement, mais de faire mieux, et l'on ne fait réellement bten.que quand on cherche à faire mieux. La disposition peut être plus ou moins philosophique, plus ou moins oratoire; le discours, plus ou moins compact, fait de pièces de rapport ou coulé en bronze , criant aux articulations ou jouant avec grâce et facilité , interrompu par ce qui devait le joindre ou joint par ce qui semblait le séparer ; continu ou tout en reprises.

Pour arriver au mieux possible, il faut plus et mieux que l'exercice et l'usage; l'exercice doit être accompa* gné de la méditation et la provoquer ; il faut se rendre compte des procédés qu'on emploie, noter ses fautes, les

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