S PRÉCISION
La précision n'est pas seulement une qualité de la phrase isolée. Il peut y avoir des phrases de trop dans le paragraphe comme des mots de trop dans la phrase; et le tissu général du style peut être lâche comme eelm d'une période. Une des règles que nous avons donnée» pour l'ensemble du discours doit s'appliquer ici : il faut que tout se hâte vers le dénoûment.Il ne faut pas feire deux phrases où une seule suffit. Il ne faut pas s'attarder quand le lecteur veut avancer. Il ne feut pas aller moins vite que son esprit (1). H peut sans doute se laisser amuser en chemin par des spectacles de pensée et dés divertissements d'imagination.'; ma» le plaisir qu'il y trouve n'excuse pas l'orateur, dont l'affaire n'est pas d'ainuser l'auditeur, mais de Feutraîner vers un but déterminé. Tout doit en rapprocher, même les ornements du style; le discours oratoire n'admet que des beautés utiles. Que dirons-nous donc des détours et des diversions qui a'oni pas même le mérite d'amuser, de ces phrases oiseuses qui ne font que retarder, d'un tissu lâche dont les érailliires ne sont pas même dissimulées par la broderie? Faifionsnous cette règle générale : que rien ne sépare les idées qui se complètent l'une l'autre, et entre lesquelles l'esprit ne demande point à faire une pause. Si quelque chose se trouve entre deux idées^. il faut que ce soit une idée propre à rendre le passage de l'une à l'autre plus doux, comme ces écluses qui épa^ gnent à un bateau ime descente, trop brusque et trop
(1) Voyez I^Alembert, RéftexUmriurrélocutwn oratoire, dans }ine II, page 345.
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