‹ Hommage à Eugène GigoutChapitre 5 sur 18 · FENTE · texte numérisé non relu

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e ° ° e LÉ EUR 2 F pations de Gigout qui venait, précisement, d'écrire une Messe en plain-chant cantilènes grégoriennes — pour un nouvel Office d'une communauté religieuse.

C'est vers cette époque, en 1867, que Gigout fit la connaissance de César Franck, avec qui il entretint, jusqu à sa mort, les plus cordiales relations. C'est à la

emande de la famille de Franck quil tint l'orgue aux D LL Elle de Franck q ; obsèques de son ami. Il fut chargé de corriger les épreuves des Trois Chorals dont il fit entendre, en pre- \ d . ] .\ & I . AP EE \ l d mière audition, le troisieme à lui dédie , à lune des séances de la Société Nationale de Musique, salle d Harcourt. Gigout était, d'ailleurs, l'organiste attitré des très intéressants concerts que dirigeait Eugène q S 8 d Harcourt. Il donna, dans la salle que celui-ci avait fait construire rue Rochechouart, une série de récitals où l'improvisation tenait une place prépondérante. Du reste, d Harcourt, organiste de valeur, avait suivi, pendant quelque temps, le Cours d'Orgue et d'Impro-

visation no Gigout et même Joué à ses dus

Dhs.

1 ° = Et non le premier comme le porte, par erreur, la couverture des Trois Chorals

(voir le Traité de Composition de Vincent d'Indy).

C'est au printemps de l'année 1863 qu Eugène Gigout fut nommé organiste à Saint Augustin. Ses débuts manquèrent de charme. En attendant l'achèvement de l'église, il navait à sa disposition qu'un harmonium, placé dans une chapelle provisoire construite en bois. Cette chapelle était située dans un jardin, en contrebas, attenant à la caserne de la Pépinière. Les jours de pluie, le premier chantre était obligé d'abriter Gigout d'un parapluie. il pleuvait sur l'harmonium! En face, rue de Laborde, sur une butte qui, nivelée depuis, est devenue le square de Laborde, PR nu plein vent, appelé la Petite Pologne. Ce marché, toujours envahi par les bonnes gens du quartier, avait une origine ancienne, Car il en est question dans Balzac. Tout le quartier, d'ailleurs, était alors inélégant. On peut encore en voir des vestiges : certain recoin de la rue du Rocher date de cette époque.

C'est dans cette atmosphère peu esthétique que, pendant plus d'une année, Gigout remplit, Aile fois, les fonctions d'organiste et de maître de chapelle. Une Schola en formation (idée du fondateur de la paroisse,

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l'abbé Bourgoing, précieux ami des artistes et qui mourut en 1867) occupa beaucoup Gigout pendant plusieurs années, et finalement ne donna aucun résultat pratique. L'idée était prématurée.

Les travaux de la nouvelle église traînant en longueur et Le bail du terrain où était installée la modeste chapelle étant sur le point d'expirer, on célébra les offices dans la crypte de l'église en construction. Ce nest quen 1867, l'année de la retentissante Exposition universelle, que ce nouveau monument fut définitivement consacré au culte. Mais ce nest que l'année suivante, en 1868, que le grand orgue fut en état d être inauguré. Cet instrument avait été construit par le facteur Barker, inventeur du levier pneumatique et dun appareil électrique pour la transmission des claviers aux sommiers. Gigout prit place au grand orgue, abandonnant sans regret son modeste harmonium.

On pense bien que la nomination du jeune organiste n'avait point été sans quelque difficulté. Il avait eu à lutter auparavant contre de redoutables concur-

rents. Nombreuses avaient été en eflet les compétitions

de musiciens de valeur autour de cette place d'organiste de la nouvelle église Saint Augustin, de cette paroisse appelée à devenir un Jour une des plus importantes de Paris.

Cette inauguration, à laquelle les organistes les plus réputés du moment, Edouard Batiste et Georges Schmitt, prenaient part, fut un véritable triomphe pour Gigout .

Gounod, qui avait été, au Séminaire, le condisciple du nouveau curé, l'abbé Langénieux, qui mourut Cardinal - Archevêque de Reims, assistait à cette

cérémonie. Il ne manqua pas, à l'issue de la séance,

î Georges Schmitt, qui avait posé sa candidature à Oaint Augustin, avait été un des plus redoutables concurrents de Gigout. Il était démissionnaire de Saint Sulpice où il fut remplacé dans la suite par Lefébure Wely, le prédécesseur de Saint-Saëns à la Madeleine. (On sait que Widor succéda à Lefébure Wely.) Schmitt était le protégé du facteur d'orgues Barker, qui avait appliqué pour la première fois le système de son invention, que j'ai signalé plus haut, à l'orgue de Saint Augustin. Le système d’ailleurs ne donna pas le résultat qu'on en attendait. Il fut remplacé, en 1899, par le mécanisme ordinaire : les travaux de réfection furent confiés à Aristide Cavallé Coll et à son successeur M. Mutin. Pareille déception devait se produire en 1878, pour l'installation d'un nouveau mécanisme, cette fois tubulaire, à l'orgue de Saint François Xavier, instrument dont Léo Delibes et Gigout, membres de la Commission des Orgues de la Ville de Paris, n'avaient consenti à garantir que la partie ha nique. En effet, moins de deux ans après, Aristide Cavaillé-Coll était chargé d'éalhe à la place du mécanisme tubulaire qui avait rendu l'orgue muet, le système habituel. La

cérémonie d’inauguration eut Leu avec le concours de Widor et de Gigout.

EucÈne GIGOUT en 1882

de se rendre à la sacristie, escorté de Saint-Saëns y Ù Ve. 3 L pe

et d'autres musiciens renommes, et dy faire l'éloge du jeune organiste dont il entendait parler pour la première fois . Il devint, par la suite, l'assidu de la tribune de Saint Augustin, le dimanche, aux messes basses avec orgue que Gigout avait instaurées après la guerre de 1870. Ass sur le: banc de l'orgue, il se tenait à la gauche de Gigout, et éprouvait un malin plaisir à donner, coup sur coup, des thèmes sur lesquels, sans interruption, Gigout était tenu d'improviser.

Du reste, quels sont les musiciens qui nont pas fréquenté cette tribune ? On y a vu jusqu à Emmanuel Chabrier, venu (à, un jour, pour y faire la connaissance de Jean-Sébastien Bach et témoignant de son admiration en un langage vigoureusement coloré... à la

Chabrier l

Mais cest surtout après l'une des séances offi-

1 En 1899, les considérables travaux de réfection de l'orgue donnèrent lieu à une nouvelle inauguration. La cérémonie fut organisée par les soins de l’éminent et très artiste curé, M. LALES Jouin. On Y entendit entre autres belles œuvres, le Magnificat, de J.-S. Bach. Quelques années plus tard, en 1913, devenu prélat de la Maison de Sa Sainteté, Mgr Jouin fêtait de la façon la plus touchante le cinquantenaire de Gigout à Saint Augustin.

cielles qui eurent lieu au Trocadéro pendant l'Exposition internationale de 1878 que la réputation de Gigout s'établit pleinement

Du jour au lendemain il fut sollicité pour des concerts et des inaugurations d'orgue en France et à l'Etranger. Que d'anedoctes on pourrait raconter sur ses nombreux déplacements Je:

Quelques années avant, Gigout qui avait secondé Niedermeyer dans la publication de son ouvrage : Accompagnement pour orgue des Offices de l'Eglise et publié luimême, en trois livres, les Chants du Graduel et du Vespéral Romains, puis, ajouté, à la demande de l'éditeur Heugel, un supplément au Traité Théorique et Pratique de l'accompagnement du Plain-Chant de Niedermeyer et d'Ortigue, avait résolu de prendre une part active à la restauration du chant liturgique. (N'était-ce point comme un ressouvenir de la crise monacale bénédictine qui l'avait saisi

u e vers l’âge RE pra fe)

1 On ne sait généralement pas que la salle du Trocadéro faillit ne pas avoir d'orgue ; F Commission de PExposition de 1878 estimait que l'orgue était surtout un instrument destiné aux églises Lea fallu, pour enlever le vote, qu'un membre de la Commission, parfait mélomane, faisant allusion aux instruments placés dans les salles

A x | A Ï 1 « Ï . 4 e concert à l'étranger, prononçat le mot orgue laique .

De concert avec son ami l'abbé Jules Bonhomme, teur de Principes d'une véritable restauration du chant Grégorien et compilateur du Propre de Paris, on projeta des tournées de conférences-auditions qui débutèrent par une belle manifestation à la cathédrale de Rouen. Malheureusement, la mort du savant abbé mit fin à la propagande si bien commencée: et Gigout, par des exécutions publiques, par (à plume, par de nombreuses pièces d'orgue écrites dans les tonalités liturgiques, continua seul son apostolat en faveur de la doctrine de Niedermeyer À

Comme Saint-Saëns l'a bien fait remarquer, Niedermeyer, en enseignant l'art d'harmoniser, selon

leurs vrais caractères, les modes du plain-chant — sans

ï On fait parfois grief à Niedermeyer de son accompagnement note contre note, mais on ne tient pas compte qu à l’époque de l'apparition de son Traité d'Accompagnement en 1856, on chantait partout le plain-chant très lentement, à notes égales, et que l'édition de Rennes, que Niedermeyer a uhlisée pour ses accompagnements et qui était la caractéristique de ce chant, était la plus répandue. Or, ce que Niedermeyer demandait, c'était que l'harmonisation du chant d'église, quel que soit le mode d'exécution de ce chant, füt rigoureusement basée sur les anciennes gammes ecclésiastiques.

Tlne se préoccupa en rien de la rythmique du plain-chant, s'en rapportant à celle qui était adoptée partout — sous l'égide de ‘ceux-là mêmes qui devaient, un jour, en entreprendre l'actuelle réforme — et que l’on enseignait alors comme conforme à des

D ions conservées Avec bin dans Les monastères.

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