‹ Hommage à Eugène GigoutChapitre 6 sur 18 · DRE · texte numérisé non relu

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les altérations empruntées au mode mineur avec sensible donna à nos musiciens des procédés harmoniques nouveaux. Il navait pas songé quils pussent être utilisés hors de l'accompagnement des chants liturgiques. Gigout, le premier, composa de petites pièces dans les tonalités grégoriennes et ces petites pièces, écrites avec la plus parfaite élégance, sont de petits chefs - d'œuvre. Ces pages ne sont en rien des pastiches, puisque les maîtres du Moyen - Age ignorèrent l'harmonisation que l'on Y rencontre : elles empruntent seulement au passé les huit modes ecclésiastiques ét les substituent aux deux modes sur lesquels les classiques bâtirent leurs œuvres.

C'est donc à Niedermeyer et àson disciple Eugène Gigout que doit être attribué, comme l'a fort bien fait remarquer h ean Huré, le retour de certains musiciens modernes vers les modes du plain-chant et les harmonies qui en découlent.

Les grandes pièces d'orgue de Gigout, d'un style très différent de ses Petite. pièces grégoriennes, ont enrichi la technique de l'orgue d'effets nouveaux et

imprévus. Certaines, comme la Zvoccata, le Minuetto, Va

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Photo MANUEL

Rapsodie sur des Noëls, | 8 Grand Chœur dialogué sont Heu P q populaires.

Invité, une année où il se trouvait à Barcelone

"à visiter la célèbre

Abbaye de Monserrat, il fut étonné que les Béné-

Ê . u pour des inaugurations d'orgue

: C'est Gigout qui inaugura en 1888 à l'occasion de l'Exposition internationale des Beaux-Arts de Barcelone, l'orgue monumental du Palais des Beaux-Arts. Trois séances lui furent demandées.

Grâce au mécanisme électrique de cet orgue — l'électricité avait fait des progrès depuis l'inauguration de l'orgue de Saint Augustin en 1868 rs il eut la Joie de jouer, au milieu de beaucoup de musique classique, son Grand Chœur dialogué tel qu'il l'avait conçu, c'est-à-dire sur deux orgues, dont l'un de petite dimension, mais sonore, était installé au fond de la salle très spacieuse. L'effet fut très beau.

Selon son habitude, Gigout improvisa, pendant ces séances, sur des chants populaires, en faisant entendre, parfois, deux thèmes ensemble. Du reste César Franck écrivait de lui : ” Gigout est un grand, un très grand organiste, l'improvisateur le plus étonnant... ”

À Saint-Sébastien, où, en présence de la Cour, il inaugura l'orgue de la salle des Beaux-Arts — une bonbonnière | — Gigout fit entendre la grande Fugue en Sol mineur de Bach (c'était une nouveauté en Espagne) dont le sujet rappelle une gavotte de l’époque et qu'il exécuta dans un style approprié.

L'auditoire la lui redemanda. Le lendemain, pour des amis, il joua cette pièce dans une église, mais, cette fois, dans un mouvement modéré... en un legato imposant — façon d’allure ecclésiastique ! —— qui la fit trouver encore plus intéressante que la veille. C’eût été sans doute aussi l'impression de Boëly, de Saint-Saëns, de Franck qui, vers 1860, comprenaient ainsi, à la française, la musique d'orgue de J.S. Bach, disciple des compositeurs français qui l'avaient précédé autant que de Frescobaldi et de Buxtehude ; c eût même été l'impression de Bach dont les fils et les successeurs avaient déjà déformé la pensée : si bien qu'au XIX° siècle, il ne restait plus rien de lui en Allemagne en tant

« CES » . ° = que tradition > MAIS éculement des œuvres et des témoignages de ses contemporains.

SUEX TEA

dictins de ce monastère ne fussent pas au courant de l'évolution de la question grégorienne dont soccupaient, avec ardeur, les Bénédictins de France Les moines d Avila, la ville de sainte Thérèse, ou Gigout se trouvait une autre année pour inaugurer l'orgue du couvent, n étaient pas plus avancés que ceux de Monserrat. Et, chez tous ces Bénédictins, l'on chantait le plain - chant lentement, lourdement, à toute voix. L'interprétation simpliste des Chartreux de Grenoble était infiniment préférable.

Or, au début de la campagne grégorienne, Gigout ayant eu une conférence avec Dom Pothier en plus tard, d'autres entrevues avec les autorités en la

CIE, LL à 6 % e J e matière, savait à quoi sen tenir.

Sur l'insistance de quelques admirateurs de l'orgue, Gigout ouvrit, en 1885, salle Albert Le Grand, une Ecole de cours d'orgue et d'improvisation qui fut subventionnée, pendant plusieurs années, par l'Etat. Elle ne tarda pas à donner de remarquables résultats

Chaque année avaient lieu des auditions d'élèves,

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d'abord salle Albert Le Grand, puis dans le grand

atelier de Cavaillé-Coll, ensuite en la demeure même du fondateur, dans ce légendaire petit hôtel de la rue Joutfroy qu habitaient en commun les familles Gigout et Boëllmann. Plus tard les auditions eurent lieu dans les salons du statuaire Edmond de Laheudrie.

Rue J ouffroy avaient lieu autour d'un charmant instrument de Cavaillé-Coll de fréquentes réunions musicales. On pouvait voir sur les programmes, côte-àcôte avec les noms de personnalités mondaines, d'amateurs épris d'art élevé, ceux d Eugène d Harcourt, d Albert Roussel, de Claude Terrasse, d Armand Vivet, du regretté Georges Kriéger, d Amédée de Montrichard, qui tous, dans des genres différents,

D 1 honneur à l'enseignement Tee UT maître,

Gigout avait épousé, en 1860, M Mathilde Niedermeyer, fille du fondateur de l'Ecole. M. et M"° Gigout adoptèrent plus tard Louise Lefèvre- Niedermeyer, leur nièce. Louise Lefèvre-Niedermeyer épousa, en 1885, le disciple de prédilection de Gigout, Léon Boëllmann. |

Plléninnitutile pionnier actilet dévoué du cours

d'orgue. Il était destiné à la plus brillante carrière de compositeur, ainsi quen témoignent les œuvres quil a laissées. Mais sa carrière magnifiquement commencée fut brusquement interrompue, en 1897, au plus profond regret du monde musical, par une mort prématurée.

Sa jeune veuve ne tarda pas, hélas, nute rejoindre dans la tombe (1898). Et Gigout, qui lui-même avait eu la douleur de perdre sa femme quelques années auparavant, prit, seul, le soin d élever, avec un dévouement admirable, les trois enfants nés de cette idylle.

Gigout dut renoncer à son cours d'orgue lorsqu il succéda, au Conservatoire, à Alexandre Guilmant, en 1911. Pendant la guerre de 1914, outre les concerts qu'il a accepté de donner à Monte-Carlo, Cannes, Marseille, Avignon, Lyon et Barcelone, une tournée de séances de musique française lui avait été organisée en Wuisse, sous le patronage de l'Ambassade den lrance Berne, par son élévetereens Joseph Gogniat, le réputé professeur de Fribourg.

Maintes fois il a été sollicité de partir pour des

e e e 5 | tournées de concerts en Amérique, mais il ne s est

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