MM
Arloing, directeur de l’École vétérinaire de Lyon ;
Barrier, directeur de l’École vétérinaire d’Alfort ;
Bouchard, membre de l’institut, professeur à la Faculté de médecine de Paris ;
Burdon-Sanderson, professeur à l’Université d’Oxford ;
Dastre, professeur à la Sorbonne;
François-Franck, professeur suppléant au collège de France ;
Laulanié, directeur de l’École vétérinaire de Toulouse ;
Leblanc, membre de l’Académie de médecine vétérinaire à Paris ;
Lortet, doyen de la Faculté de médecine de Lyon ;
Morat, professeur à la Faculté de médecine de Lyon ;
Perrier, membre de l’Institut, directeur du Muséum ;
Phisalix, assistant au Muséum ;
Richet, professeur à la Faculté de médecine de Paris ;
invitait les élèves, les amis et les admirateurs de M. A. Chauveau, à s’associer dans le but d’offrir à cet éminent Maître une médaille à son effigie en témoignage de reconnaissance, d’affection et de haute estime.
Son appel fut entendu d’un grand nombre de souscripteurs français et étrangers, la plupart biolo gistes, médecins ou vétérinaires.
Le soin de fixer dans le bronze la physionomie du maître et de rappeler dans une composition artistique quelques-unes de ses œuvres capitales fut confié au docteur Paul Richer, qui joint à une haute culture médicale un très remarquable talent de sculpteur. Il s’en acquitta de la manière la plus heureuse.
La plaquette montre, à l’endroit, la tête si impo-
santé et si expressive de M. Chauveau, Au revers et au premier plan, elle nous présente une expérience de cardiographie dans un des laboratoires de physiologie de l’École vétérinaire de Lyon; au second plan, des attributs rappelant les beaux travaux de M. Chauveau sur les virus, sur l’électrophysiologie et sur l’énergétique, avec ces mots « Abdita ncitaræ scrulatus mente vigenli » indiquant avec autant de précision que de vérité la tournure d’esprit et les préoccupations constantes du physiologiste que le Comité voulait honorer. Quant au motif principal, il a réellement une triple signification, puisqu’il met en évidence l’ingéniosité et l’originalité que le maître apporta dans ses expériences et ses moyens de recherches, ainsi que le lieu où grandit sa renommée.
Cette plaquette devait être remise dans une séance solennelle organisée par le Muséum et présidée par M. le Ministre de l’Instruction publique.
La cérémonie fut d’abord ajournée, puis définitivement abandonnée sur le désir de M. Chauveau. Des deuils survenus dans des familles amies avaient avivé chez lui de douloureux souvenirs et lui rendaient pénible même l’idée d’une réunion qui eût l’apparence d’une fête.
Il exprima donc le vœu que la médaille lui fût • offerte à son domicile, dans la plus stricte intimité. C’est ce qui fut fait le 26 janvier igo3, en présence
de la famille et de quelques-uns des membres du Comité.
Malgré la simplicité voulue de cette réunion, quelques paroles furent prononcées:
M. Perrier, directeur-administrateur du Muséum, qui devait ouvrir la séance solennelle, lut quelques fragments de son discours. M. Camille Leblanc, condisciple et ami de M. Chauveau, parla en termes émus au nom des vétérinaires praticiens; M. Arloing, au nom des écoles vétérinaires; M. Morat, pour la Faculté de médecine de Lyon, M. Dastre, au nom de ceux qui frappèrent à la porte du laboratoire de l’éminent professeur et y trouvèrent toujours une large hospitalité et de précieux conseils.
Plusieurs membres du Comité que des circonstances particulières tenaient éloignés de Paris adressèrent au héros de la journée des lettres affectueuses que nous reproduisons ici à la suite des allocutions préparées en vue d’une séance solennelle et formant le corps de cette publication.
M. Chauveau, dominant son émotion, remercia les personnes présentes de l’hommage qu’elles lui apportaient, rehaussé à ses yeux par les sentiments affectueux qu’elles lui avaient témoignés. Si cet hommage lui est acquis par son travail, il est heureux de penser qu’il est encore capable d’efforts utiles ; aussi veut-il remercier M. le Ministre de l’Instruction publique qui a pris à son égard une
mesure exceptionnelle en le maintenant en fonction sans limite d’âge.
Le 2b janvier 1908, le Comité avait donc accompli sa mission.
Mais il ne saurait adresser cette brochure aux souscripteurs sans les remercier de l’empressement qu’ils ont mis à répondre à son appel. Il tient encore à offrir ses vifs remerciements à M. le docteur Richer pour le talent désintéressé qu’il a mis à son service, ainsi qu’à M. Houzeau, éditeur, dont l’affectueux concours lui a été si précieux dans la partie financière et matérielle de son entreprise.
M. Edmond PERRIER