P1E 1X DOMINE TOUS LES ÉVÉNEMENTS DU XIX SIÈCLE
Quand je cherche, mes Frères, à me former quelque idée de la Souveraineté, tout me porte à m'arrêter somme forcément,
inoble autour nes de es, des uvées, s sans sportés mmun | génie zera la ttache-
sur la majesté de l'antique Rome dont rien n’égala autrefois la puissauce. Et quand je me demande, comment cette reine du monde exprima jamais avec plus d’empire son incomparable pouvoir, je parcours tout ce que ses annales m'offrent de plus imposant. Est-ce, me dis-je alors, est-ce par ses victoires, et quand on la voit promenant le vol superbe de ses Aigles sur les Gaules, sur la Germanie, sur le continent Africain, sur les rivages de la Syrie et jusqu’au bout de l'Occident, parmi les brumes et les frimats de la Bretagne ?--- Je ne le crois pas, il y a là un déploiement de forces proportionné à la grandeur des sr'ccès.— LÉ dSe Est-ce par ses pompes après les victoires par ses chars de triom- FAT phe qui, à travers les masses immenses d’un peuple enivré de 5? En lui-même, traînaient aux pieds des conquérants, les Rois vaincus et humiliés ? Moins encore : il y a dans cette pompe trop d’outrage au malheur, trop d’insulte à la dignité humaine. Où donc nous apparaît-t-elle régnant avec le plus de grandeur ? Vaincre par les armes et se décerner des Triomphes, n'est-ce pas tout ce qu’elle peut faire? Aller loin de ses murs, sur les champs de bataille, briser fièrement sur leur tête, la couronne des Rois, et revenir ensuite fouler aux pieds, avec dédain, ces Rois eux-mêmes, sur le sommet de son Capitole, n'est-ce pas le comble de sa domination ? On reconnaît sans doute en cela l’orgueilleuse maitresse du monde. Mais Rome a su parfois exprimer d’une maniere encore plus directe et plus noble son pouvoir souverain. C’est lorsque, par son ordre, un simple Consul, seul, sans cortège et sans armes, à six cents lieues de l'Italie, paraît en face d’un conquérant féroce qui, suivi d’armées innombrables, va s'emparer d’un vaste pays, qu’il plait à Rome de protéger, et qu’alors arrêtant tout à coup la fureur du soldat, le magistrat Romain, du bout de sa baguette consulaire, traçant un cercle sur le sable, autour du fier Potentat, lui fait entendre ces mots : Par la volonté du Sénat et la Majesté du Peuple Romain, Prince, renonce à ta proie, donne ta parole et réponds avant d'avoir franchi les limites de ce cercle. Car à ces paroles, le féroce despote sentit tout-à-coup expirer son audace, et subjugué malgré lui, il fléchit devant le Consul et courut précipitamment s’ensevelir avec son armée, au sein de ses Etats. O Rome, que tu es puissante pour faire ainsi trembler sans coup férir les plus formidables conquérants et pour remporter sur eux d'insignes victoires sans avoir même
ideur ?
1ideux | nous nnifié,
montré tes drapeaux, oui c'est surtout là que tu te montres la souveraine du monde, et fais éclater ton pouvoir avec plus de majesté ?
Mais, si étonnants que nous paraissent ces triomphes, Dieu, mes Frères, s’en est réservé à lui-même de plus merveilleux. Je ne vous représenterai pas les abimes de l'océan s’ouvrant à sa parole, ni les murailles les plus invincibles tombant au bruit des trompettes de guerre, ni les flots corroucés des fleuves remontant à leur source, à la seule vue de l'Arche de son alliance ; ce sont-là sans doute de grands effets de sa toutepuissance, Inais ce que j'admire, ce qui me frappe le plus, cequi me semble l'expression la plus majestueuse, la plus indicible de son domaine souverain, c'est quand, lâchant le frein à tous les orages et permettant aux flots de suivre librement les emportements de leur fureur, il se jette lui-même au fond d'une barque, parmi la tempête, et en dompte les colères en sommeillant, /pse vero dormiebat. Ce n’est pas seulement du sublime, c'est du divin. Elevez-vous, vagues de la mer des passions, gonflez-vous en montagnes, creusez-vous en gouffres béants; grondez, menacez, roulez-vos masses écumantes; frappez, battez avec furie la barque tourmentée de Pierre ; la barque, fragile en apparence, se joue de vos efforts, se rit de votre corroux. Jésus, dans sa suprême souveraineté, est au dedans qui y repose ; et c’est lui qui vous dompte en sommeillant. /pse vero dormiebat. O subkime du pouvoir! O pouvoir surhumain ! O pouvoir divin! Pouvoir, devant lequel toute la puissance de l'antique Rome est à jamais effacée. Et c’est ainsi, mes très-chers Frères, que Jésus- Christ, reposant, en son autorité suprême, dans le Pontife Romain, dans notre auguste et Saint Pape Pie IX, domine mystétérieusement, de nos jours, toutes les agitations de l'univers. C’est ainsi que ce vieillard, pacifique et déclinant, enchaîne aux portes de Rome le flot montant des Révolutions.
Tous les évènements, toutes les crises et tous les emportements du XIX siècle peuvent se comprendre en trois révolutions :
4° La Révolution des idées.
2 La Révolution des sociétés.
3° La Révolution Italienne, laquelle n’est elle-mème que le résultat et la conséquence des deux autres.
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tres la Rois, princes, souverains de la terre, unissez-vous, marcher, plus de arrêtez dans sa eourse effroyable cette triple Révolution! Vous êtes puissants; vous êtes opulents; on vous redoute; toutes eu, mes les ressources sont en vos mains. Produisez vos masses formi- . Je ne dables de baïonnettes et de canons ; assemblez vos six ou sept it à sa millions de guerriers tout hérissés de fer. Avancez, princes, u bruit avancez. Quoi! vous hésitez! Vous reculez! N'ètes-vous pasies fleuves plus nombreux et les plus forts! Ah! vous tremblez pour vousde son mêmes! Vous craignez de voir tomber vos couronnes et s’écrou- , toute- ler vos trônes ; et plutôt que d'affronter l’impétuosité des flots, , Ce qui de lui résister avec une intrépide résolution, vous préférez ible de monter sur la vague qui vous emporte dans son courant. Mais, à tous l’abime ! cet abîime, qui là-bas vous attend, ne le redoutez-vous empor- point ? Mais, les sociétés qui, avec vous, vont s’engloutir ! ce | d'une malheur, ne vous touche-til point ? Un seul prince m'apparaît, mmeil- calme, impassible, debout sur un rocher. Lui seul brave les ablime, flots et domine la tempête ; lui seul résiste au torrent. C’est le 15, gon- plus dépourvu, le plus désarmé des princes ; c’est Pie IX. Hi | ; 8ron- porte le monde dans ses mains et le tient, comme par miracle, battez suspendu au dessus des abimes.
fragile Entendez-vous,mes Frères, entendez-vous, les Révolutions qui, OrToux. soudain, prennent leur course et toutes ensemble, en tumulte, repose ; se précipitent? Où vont-elles avec tant de furie? A Rome, au rmiebat. Vatican. | ‘divin! Les libres-penseurs sont à la tête, et c'est la Révolution des | me est Idées qui commence l’affreux cortège. Elle frappe aux portes du | Jésus- Vatican. Prince du Vatican, faites-nous des concessions et nous | ife Ro- signerons la paix. Un seul point, un seul, pourrait nous satis- | mysté- faire. Accordez nous, par exemple, que les Livres Saints ne sont nivers. pas révélés; ôtez le dogme du Jugement et de l'Enfer ; admetine aux tez que tous les cultes sont indifférents et que toutes les Religions sont égales ; et nous voilà avec vous, réconciliés.—Non possumus, nporte- Nous ne le pouvons pas, répond majestueusement le Prince du
révolu- Vatican : et la Révolution des idées vaincue, passe et s’en va,
pleine de ressentiments, méditant ses vengeances.
La Révolution Sociale, lui succède, et à son tour, frappe aux portes du Vatican. Pontife-Roi, lui crie-t-elle, faites nous des concessions : un seul point, nous aussi, pourrait nous satisfaire et nous signerions la paix. Accordez-nous que la Force vaut la
Justice, que les Faits accomplis sont toujours légitimes ; que l'Eglise et l'Etat n'ont rien à démêler ensemble ; accordez-nous le Divorce qui détruit la famille ; cu que les biens ne sont à personne et que les fruits sont à tous, ce qui annule la Propriété : Et nous, de notre côté, nous vous donnerons sécurité, — Non possumus ; Nous ne le pouvons pas, répond encore d’un ton ferme le Pontife-Roi. Et la Révolution Sociale attérée, passe, s'éloigne, roulant de longs et sourds murmures ; se jette, pour une mutuelle consolation, aux bras que lui ouvrent les librespenseurs ; avec eux, dans le dépit des vaincus, s'enferme au sein de ténèbres, et enfante le fruit commun de leur haine, le chef-d'œuvre de leur génie destructeur, la Révolution Jtalienne, qui, aussitôt, lève sa tête hideuse.
Elle aussi se précipite vers le Vatican ; elle frappe avec plus de violence encore et de blasphèmes, que les autres. Roi de Rome, Roi du Vatican, faites-nous des concessions ; renoncez à gouverner par vous-même ; laissez-nous prendre et les Romagnes, et les Marches, et l'Ombrie, et nous respecterons votre autorité sacrée, et nous la glorifierons de nos hommages et de notre vénération.—Non possumus ; Nous ne le pouvons pas, répond pourila troisième fois, avec la vigueur d’une puissance surhumaine, le Roi invincible du Vatican. Vous prendrez mes trésors, vous prendrez mes Etats, mais pour mes droits, pour ma conscience, vous ne les ravirez jamais.
Je’pénètre vos desseins, Ô perfides agresseurs. En vous attaquant au domaine de Pierre, c'est à son Siége que, secrètement vous visez. Que vous fait cette couronne temporelle sur la tête d’un vieillard sans défense ? Maïs en cherchantà l’en déshériter, c’est la couronne spirituelle que vous aspirez à profaner. Vous savez bien que la liberté des Papes, et la liberté de l'Eglise entière sont liées étroitement à la question Romaine ! Vous savez bien qu'un Pape détroné est un Pape contraint de choisir entre le martyre du devoir ou les horreurs des catacombes ! Que me réclamez-vous? Mes Etats, mes biens ? Ce sont les biens de la Religion, les biens de l'Eglise, les biens de deux cent millions de Catholiques dont Dieu m'a constitué le Père. Non possumus; Nous ne le pouvons pas.
Prince sacrilège, indigne de vos augustes aïeux, craignez que vos ancêtres, là-haut dans le ciel, ne rougissent du fils qui
que Ccors ne le la irité, 1 ton asse, pour brese au Le, le enne,
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souille leur sang et flétrit leur mémoire ; tremblez pour votre âme; gémissez sur vous-même ; regardez la tombe qui se creuse à vos pieds; entendez l'arrêt divin qui gronde sur votre tôte. Il levaitles mains versle ciel,cet Antiochus cupideetsacrilège qui avait osé dérober les vases sacrés du Temple ; il implorait la clémence éternelle ; il voulait se repentir ; il versait des pleurs, quand une fois la main vengeresse eut courbé sa tête altière en face de l’indomptable puissance de la mort. Mais, vaines prières, pleurs stériles, tardif repentir! Le ciel fatigué ferma inexorablement à ses vœux, ses redoutables portes de bronze ; et l’impie est mort en impie. Et vous, roi audacieux, vous, qui volez l'héritage sacré de St. Pierre, un jour aussi,vous implorerez la clémence d'en haut; un jour, en signe de douleur, vous désirerez appliquer vos lèvres tremblantes, et votre front coupable, sur la trace des pieds de votre auguste Persécuté ; un jour, vousrépèterez, dans la terreur de vos remords, ce moteffrayant des criminels : £rgo erravimus ! Je me suis trompé! Mais serezvous exaucé? Mériterez-vous de l'être? Le ciel, pour vous comme pour Antiochus, ne sera-t-il point un ciel d’airain ? Et quand plus tard, on s'arrêtera devant vos cendres méprisées, ne redira-ton pas sur vous avec horreur: L’'Impie est mort en impie ? O ciel! préservez-le de ce malheur!
Quelles étaient donc vos espérances, Ô implacables ennemis de l'Eglise ? Etait-ce de lasser le courage d’un vieillard plus que septuagénaire ? Mais, vous n'avez point encore assez d’armées pour vaincre cette grande âme. Etait-ce de le réduire par le dénûment et la pauvreté? Mais, des milliers et des millions d’âmes généreuses, comme autrefois aux pieds de St. Pierre, lui apportent à l’envi leurs trésors. Etait-ce de l’affaiblir, en détruisant ses armées au honteux guet-apens de Castelfidardo ? Mais, en immolant ces intrépides soldats, vous n’avez fait que des martyrs; et le sang des martyrs en est une semence féconde. De toutes parts, et jusqu'aux rives lointaines du St. Laurent, germe toute une race de héros.Partez,partez, jeunes enfants de l'Eglise Romaine ; volez au secours de votre Mère ; allez défendre votre Père ! Dites, "dites un généreux adieu à cette famille chérie, à ce cher Canada! Renoncez, s’il le faut à cette Patrie bien-aimée, au sourire de cette sœur, aux baisers de ces pieux et tendres
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parents ! L'ange de Dieu essuiera lui-même toutes les larmes et les changera en transports de joie. Allez à Rome, cette terre desgloires et des prodiges ; allez, nouveaux croisés, allez y rajeunir, si le ciel le réclame, le sang généreux des martyrs!
Toutes les espérances de l’impiété se trouvent donc déçues. Révolution des Idées, Révolution Sociale, Révolution ltalienne, toutes successivement, elles ont frappé au Vatican, elles ont battu violement le rocher; mais, à chaque fois, la vague courroucée, retombant sur elle-même, a disparu en écumant, et l'énorme rocher, que les flots n'ont fait que polir, toujours immuable sur sa base, élève encore sur le monde, dans la sérénité des cieux, son front éclatant et inacessible aux tempêtes.
À quoi tient donc,mes chers Frères,la force mystérieuse de cette puissance surhumaine ? Le prophète Ezéchiel nous en ofïre une belle image. Les cieux s’entrouvent devant lui et, sous l’immensité des voûtes éternelles, il voit tous les empires du monde ; au-dessus des empires, il voit les princes qui les gouvernent ; au dessus des princes, un trône étincelant, et sur ce trône, dans la majesté et la splendeur, un Homme Divin. C’est la figure de l'Eglise, appuyant son trône sur la tête des nations. C’est Jésus- Christ, le fils de l’homme, à qui toute puissance a été donnée : Data est mihi omnis potestas ; Jésus-Christ vivant, en cette puissance, dans le sein de Pie IX, et par Pie IX, avec une autorité suprême, gouvernant l'univers.
De plusieurs membres soumis à un même chef, le Père, se forme en effet, la première société du monde, la Famille. De plusieurs familles soumises à un même pouvoir humain, le Prince, se forme une société plus vaste, la Nation. Et de toutes les nations diverses soumises à un même pouvoir divin, à une même autorité divine, le Pape, se forme une société plus vaste encore, la société qui embrasse toutes les autres et enveloppe le monde tout entier, l'Eglise ; société suprême, et la seule nécessaire au salut des générations.
Princes, peuples, mortels, qui que vous soyez, respectez ce saint et auguste vieillard ; respectez, vénérez, défendez cette image vivante du Roi des Cieux, cette indispensable personnification de l'autorité suprême et éternelle. C’est de Lui que part toute la vigueur de l'unité chrétienne ; c’est sur Lui que s'appuient, pour se maintenir indestructihles, tous les
droits, les droits de toute l'humanité ; c’est Lui qui est cette pierre du sommet où se porte la pression commune des nervures de tout l'édifice ; c’est Lui qui soutient tous les intérêts. [nsensés, ne touchez point à cette clef de voûte ! Si, par malice ou par folie, vous parveniez à l'enlever, alors malheur à vous! malheur à l'univers! Le châtiment de Dieu serait sur le morde ; nous y serions tous enveloppés : la grande voûte en tombant, s’écroulerait sur nos têtes ; et, sans qu’un seul fût épargné, elle nous ensevelirait tous sous ses immenses débris.
Mais, jetons en terminant un rapide et dernier regard sur cette. imposante autorité du Pontife, non plus seulement à travers le voile d’une figure prophétique, ou dans la suite d’un raisonnement, mais sur ‘elle-même vivante et sensible, dans tout le déploiement de sa beauté et de sa puissance.
Patriarches, Evêques, Princes de la Ste.Eglise, accourez,accourez des extrémités de l'univers; apportez avec vous, au pied du trône indéfectible de notre auguste Roi, les cœurs dociles et brûlants d'amour, de tous les peuples du monde! HÂtezvous, assemblez-vous en ce Saint Concile OEcuménique, le plus beaü monument qui transmettra aux âges à venir l’impérissable mémoire de Pie IX! Venez du fond des Indes ; venez des jeunes contrées de l'Amérique, des rives du Mississippi, ou des bords fertiles du St. Laurent! Partez de l'Orient, partez de l'Occident, du Septentrion et du Midi! Partez de toutes les provinces de l'Afrique et de l’Europe ! Qu'en vous, toutes les nations, dont vous exprimez, dans leur pureté, la langue, les mœurs et les lois, paraissent enfin s'unir et s'embrasser comme dans une vaste et admirable famille ! Partez tous à la voix de ce Père du monde qui vous appelle ! Les voilà, dans l’ordre le plus parfait, saintement assemblés, unis par les liens mystérieux de la foi et de l'amour. Le Pape est au sein de ce cortége glorieux et pacifique de plus de huit cents évêques. Quel sénat vénérable! Jamais Roïne antique n’eut rien qu’on puisse y comparer ; jamais la Grèce ne connût tant de Sages. C’est l'Eglise sans ride
et sans tache ; l'Eglise couronnée de plus de dix-huit siècles, et gardant néanmoins dans £:s traits, toute la beauté d’une inaltérable jeunesse ; l'Eglise visible et palpable, toujours persécutée et toujours triomphante ; l'Eglise manifestant son indivisible unité ; l'Eglise dans l'attitude de sa charité et de sa puissance,
montrant sa vigoureuse structure et sa ravissante harmonie ; s'élevant comme l'ange tutélaire de l'humanité, comme un colosse magnifique et bienfaisant qui laisse tomber la paix sur la terre, qui affermit tous les courages, protège toutes les causes, et bénit tous les peuples. C’est Pie IX porté au dessus des Patriarches, comme au dessus des nations mêmes. C'est la Suprême autorité de Dieu, planant en Lui sur la tête des Princes et des Empires.
Voyez, mes Frères, au fond de ce Sanctuaire, sous cette voûte étincelante, derrière ces courants de feu, les étendards qui décorent cet autel. Ce sont les symboles des diverses Nations mêlés à ceux de votre patrie et de vos Sociétés. Ils sont rangés par ordre, et s'inclinent avec respect devant la Tiare sacrée et l’étendard du Pontife-Roïi. Puissent les peuples qu'ils représentent, entourer ainsi la Majesté de Pie IX et s’incliner respectueusement sous ses lois et son inviolable autorité ! Puissent-ils ne former avec lui, dans le plus doux concert des esprits et des cœurs, qu’un même royaume, un peuple béni, le royaume sacré de Dieu! Pour vous, dont le dévouement à ce saint et vénéré Pontife, s'est déjà tant de fois déclaré, conservez à jamais la mémoire de cette pompe solennelle ; qu’elle grave encore plus avant dans vos cœurs votre amour pour Pie IX. C’est l'Eglise, c'est Jésus-Gbrist, c'est votre foi, c’est Marie, l’'auguste Reine du ciel qu’il a tant honorée, c’est, dirai-je, le monde entier, qu’en Lui vous aimez. Salut, à Pontife chéri! Salut, mon Père! Salut, mon Docteur! Salut, mon Roi suprême! Vous êtes l'homme de la droite de Dieu, l’homme de votre Siècle. Vous seul, par votre infaillible vérité, résumez toutes les gloires de ce siècle brillant, comme Vous seul, par votre autorité souveraine en dominez tous les événements les plus fameux. Que Dieu vous garde longtemps encore sur le siége de St. Pierre ! Bénissez nous, à notre Père, bénissez vos dociles enfants ; les grâces que vous versez dans les cœurs sont toujours des semences de bonheur et de vie éternellé.
Ainsi soit-il.
Après le sermon et le salut solennel du St. Sacrement qui le suivit, la foule immense sortit de l'Eglise pour jouir de la fête extérieure. Une illumination spontanée, brillante et même splendide en plusieurs parties de la ville, éclaira les pas de cette multitude d'enfants de l'Eglise, regagnant leurs demeures, dans le recueillement de la prière et l'enthousiasme de l'amour.
Et maintenant, Vive Dieu! Vive l'Eglise Catholique! Vive Pie IX dont cette fête a consacré, une fois de plus, les gloires!1! Pour nous, nous garderons de toutes ces magnificences, un impérissable souvenir. Les flots réunis de cette éloquence, de ces lumières, de ces harmonies ont emporté notre âme au ciel, comme lefleuve emporte une goutte d'eau. Etnous nous sommes rétirés de ces belles cérémonies avec cette pensée : si les fêtes de la terre, de l’exil, de l'épreuve, sont si pleines de charmes, que seront donc les fêtes de la Patrie, alors que la famille, assemblée devant le Trône de Dieu, ayant dans son sein son glorieux et triomphant Pie IX, chantera l’Hosanna de l'Eternité!1!