‹ Hommage à Pie IX [microforme]Chapitre 5 sur 8 · IX · texte numérisé non relu

IX

couronnes et ces sceptres que l'injustice et la violence ont brisés! Peuples opprimés, peuples asservis, dévorés par la tyrannie féroce des pouvoirs despotiques, élevez la voix, poussez des cris! Que l’univers en retentisse ! Pologne, chère Pologne, vé. nérable persécutée, qui vois tes domaines ravis, tes campagnes désolées, tes prêtres bannis, tes autels et tes temples ruinés; Pologne, trop affligée, qui vois couler à flots, le sang pur de tes enfants, n’auras-tu pas assez de force, dans l'expression de ta douleur, pour soulever en ta faveur de généreuses indignations ? O Puissances de la terre, Ô politiques calculateurs et intéressés, n’entendrez-vous pas tant d’accents de douleur qui implorent votre clémence? Ne vous réveillerez-vous pas? Ne sortirez-vous pas de votre torpeur? N’aurez-vous pas un regard de pitié pour ces princes délaissés, pour ces peuples expirants ? Ne prendrez-vous pas en main de si nobles défenses ? Où est-il le dévouement en ce monde? Je le cherche : c'est en vain. Tous les Pouvoirs de la terre, tous les Etats de ce monde se retirent avec insouciance. Où donc le dévouement s'est-il renfermé ? Ah ! c’est en Pie IX, le père du monde, le père des malheureux ! En Pie IX, le plus faible,le plus pauvre, le pius accablé des rois. Les angoisses qu’il éprouve ne l’empêchent pas d'avoir des consolations pour le cœur desopprimés. Venez,venez princes deshérités, venez nations désolées, venez nobles proscrits, dans les bras, dans le sein de Pie IX, votre aus:ste Père. Si tous les autres vous délaissent, lui au moins ne . : : repoussera pas! Lui seul réclamera pour vos droits; lui seul prendra en main votre cause ; lui seul osera envoyer à l’Autocrate des Russies et aux premiers Potentats de l'univers, les plus fortes paroles, et leur rappeler les devoirs que leur imposent les droits et la liberté des nations. Et puis, quand il a fait la loi aux rois, quand il a plaidé devant les couronnes la cause des princes et des peuples persécutés, quittant alors son trône, l'air calme et plein de douceur, il pénètre dans les prisons, au milieu de ses ennemis, pour laisser tomber sur eux un sourire de bonté, une parole de tendresse, et bénir, avec amour, ceux qui naguère combattaient contre Lui et cherchaient en blasphêmant à le détruire. O bonté! O clémence! O Pie IX, père commun des fidèles,

vous êtes l'homme de cœur, l’homme qui concentrez en vous.

tous les dévouements de votre siècle.

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30 Grandeur dans les œuvres—Vous parlerai-je, mes Frères, de l'Unité Liturgique rétablie dans de vastes empires? Vous montrerai-je la Hiérarchie Ecclésiastique reconstituée en Angleterre et en Hollande ? Vous rappelerai-je l'érection étonnante de plus de trente Diocèses nouveaux, dans les Etats d'Amérique, et de tant d’autres encore dans d’autres provinces ?

Ne sont-ce pas là de grandes œuvres ? Mais que dire de cet homme de prodiges qui dresse des autels à la Sainteté et qui glorifie les Cieux mêmes ? De cet homme qui, presque sans ressources et assailli de toutes parts, s'illustre par résistance ou par victoire, à Bagnorea, à Monte-Libretli, à Monte-Rotondo, à Mentana ?

Dois-je ajouter des résultats encore plus iinposants? Auguste, cet empereur élevé au faite de la puissance, trouva, durant son règne glorieux, assez de force, dans le prestige de ses armées et de son nom, pour remuer d’un mot l'univers. Ce fut quand il ordonna, au rapport même de l'Evangile, le dénombrement de tout son Empire. Que, sous la parole d’un homme, comme sous une loi, tout-à-coup, s'incline avec docilité le monde entier, voilà certes, dans cet ébranlement, un immense résultat! Or ce qu'Auguste, ce maître souverain du monde, n’a fait qu'une fois, Pie IX, sans forces extérieures, sans armées, partout environné d'éléments hostiles, deux fois déjà, l’a réalisé, et bientôt, une fois encore, le reproduira. Deux fois Pie IX a parlé, et deux fois le monde, jusqu’en ses extrémités, s'est ému ; deux fois sa voix s’est élevée, et deux fais, des quatre vents de l'univers, les .archeset les Evèques ont quitté leurs sièges ou leur patrie, pour apporter au pied du trône du Saint Pontife, les hommages et les cœurs de tous les peuples.

Qu'on nous montre de plus grands résultats! Qu'on nous indique des œuvres plus prodigieuses ! Qu'on nous signale de plus nobles triomphes ! O Pontife vénéré ! O magnanime Pontife ! Si mon siècle veut des succès, si aux grandes pensées et aux grands dévouements, il aime encore à voir s'ajouter l'éclat des grandes actions ; ces succès, cet éclat c’est encore en Vous que je les rencontre.

Donc, grandeur des pensées, grandeur du dévouement, grandeur des œuvres, en un mot, toutes les grandeurs, enfermées

dans les vraies gloires de notre siècle, se réfléchissent et se

Frères, . réunissent en Pie IX, et font de Lui l’image vivante de toutes Vous nos Gioires.

M Mais qu'un homme résume ainsi son siècle, et que cet 1érique, homme soit un Pape,etun Pape au sein du progrès, comme des impiétés modernes, n'est-ce pas là un prodige; n'est-ce pas une merveille ? Etce prodige et cette merveille, qui me l'expli- > de cet quera ; qui m'en révélera le secret ? Ce sera la Sainte Ecriture et qui dans cette parole : Ecce ego vobiseum sum ; Voici que je suis avec ue sans vous.—C'est Jésus-Christ qui parle ; Jésus-Christ, la Vérité ance ou éternelle La vérité demeure donc en l'Eglise, au milieu ondo, à de nous? Mais où repose-t-elle, comme en son trône, cette immuable Vérité ? Dans le Pontife Romain, dans Pie 1X, à qui uguste, Elle-même, en la personne de Pierre, a imposé pour devoir de ant son confirmer ses frères dans la foi : Confirma fratres tuos. Ce qui armées suppose qu'il ne saurait faillir. Don magnifique, commun t quand sans doute, à tous les successeurs de St. Pierre, mais qui semble rement briller sensiblement dans Pie IX, avec une splendeur nouvelle me sous et incomparable. Et ici une belle remarque de St. Augustin va r, VOilà nous aider à mettre en évidence le principe de cet indicible pres- Or ce tige.

qu'une & La Vérité, selon ce grand Docteur, a deux rayons : l’un qui partout tombe dans le juste, et y engendre l'amour ; l’autre qui tombe lisé, et daus l’impie et y engendre la haine. L'amour et la haïne sont eIX a donc,dans les cœurs, deux effets de la Vérité. Si, remontant mains, s’est tenant des effets à la cause, je constate que tout l’amour des gens quatre de bien se concentre en Pie IX, comme en Lui se concentre aussi té leurs toute la haine des méchants, j'en pourrai sûrement conclure 1 Saint que, de Lui part ce double rayon de la Vérité, rayon séduisant pour les uns, terrible pour les autres, et que, par suite, la 1 nous Vérité elle-même siége et repose en son sein. nale de Promenons maintenant nos regards sur le monde. Où sontle Pon- elles ces consciences droites, ces âmes honnêtes, où sont-ils sées et ces gens de bien, ces hommes d'honneur et de probité ; ces l’éclat véritables amis de l’ordre et de la tranquillité publique, qui ne a Vous portent tous, en ce moment,leurs regards sur Pie IX ,pour l'admirer, pour le vénérer, pour l'aimer ? En excepterai-je ceux qu’une

malheureuse Réforme a séparés de l'Unité ! Eux-mêmes, (et que

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les faux catholiques en rougissent), eux mêmes n’entourent-ils pas le Saint-Siége d’une sorte de respect dont ils ne sauraient se défendre ? Eux-mêmes, le fait est tout récent, n’ont-ils pas, par écrit et du seiu de l'Angleterre, conjuré le St. Siége de sauvegarder,en les définissant, les vrais droits de l'humanité ? O ascendant universel et irrésistible de la Vérite, vous m’êtes toute une révélation ! Genus de bien, Catholiques ou Réformés, qui que vous soyez, votre amour iustinctif, votre vénération spontanée pour Pie IX, font bien voir que vous sentez te rayon de vérité qui s'échappe de son sein, pour tonber dans vos cœurs ? Vous voyez donc vivre et par]l°r en Lui, l'incorruptible et infaillible Vérité.

Puis, je me retourne, et les impies sont sous mes yeux. O vous, cœurs dépravés, esprits pervers et corrupteurs ; vous, âmes avilies ; vous, apostats du devoir et de la conscience ; blasphémateurs de Dieu et de l'humanité ; vous, ennemis irréconciliables de la paix domestique, du bonheur des peuples et des Sociétés; vous tous que dévore le souffle brûlant du mal, quel est l’homme qui excite vos haïnes et inspire vos vengeances ; quel est l’homme sur qui se portent toutes vos attaques ? Cet homme, n'est-il pas Pie IX ? Et qu’a-t-il donc, ce saint vieillard, de si odieux et de si détestable ? Est-ce sa douceur qui vous offense ? Est-ce sa bonté ou sa patience dans les douleurs, qui vousirritent ? Rien de semblable. C’est le rayon terrible de la Vérité qui part de Lui et qui vous fait trembler. Dans le cœur du Pontife, vous découvrez un tribunal menaçant, et sur ce tribunal, un juge inexorable, l’infaillible Vérité qui lance sur vous, avec colère, son trait formidable. Voilà pourquoi, cet homme auguste, vous le haïssez. Du haut du tribunal, la Vérité vous regarde ; vous la regardez ; elle vous commande : changez de mœurs, redressez vos consciences, quittez vos erreurs, et vouslui résistez ; elle vous condamne, et vous vous emportez, vous la blasphémez. Une guerre implacable se déclare contre elle, dans la profondeur de vos âmes; et comme c’esten Pie IX que, sur la terre, elle vous apparaît, ne pouvant monter jusqu’au ciel pour la détrôner, c'est en Pie IX que vous vous acharnez à la poursuivre. Ainsi vos blasphêmes, se retournant, à votre insu, contre vous, nous deviennent profitables ; et plus vos fureurs se déchaînent, plus vous rendez visible cette Vérité qui fait votre supplice.

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C’est pourquoi, bons et méchants, les bons par amour, et les méchants par haine, les uns comme les autres, tous ensemble, et tous également me prouvent que l’infaillible Vérité est vivante et parlante dans l’auguste Pie IX. Ecce ego vobiscum sum. Et c'est là ce qui m'explique le secret que je cherchais; c’est là ce qui me révèle comment Pie IX, un Pape, un Prêtre, un Pontife Romain, parmi les lumières des temps modernes, résume et réfléchit en Lui toutes les grandes pensées, tous les grands dévouements et tous les grands triomphes de son siècle. C’est que la Vérité, cette base et ce fondement nécessaire de toute grandeur et de toute gloire véritable, a en Lui, aux yeux de tous les hommes, son brillant foyer.

Achevons ce tableau et ajoutons y le dernier trait qui lui manque. Cherchons de quel centre nous ferons rayonner la gloire de nos progrès et les splendeurs de notre civilisation. Ne sera-ce pas encore en Pie IX que nous trouverons ce centre ?

Elevons deux statues, l’une figurant le Siècle impie et l’autre le Siècle chrétien ; l’une à la mémoire du plus fourbe et du plus dépravé des hommes, Voltaire ; l’autre à la mémoire de Celui que la ruse n’a jamais flétri, Pie IX. Ce sont bien en effet, les deux effigies, les deux personnifications de notre Temps. Levezvous maintenant, générations de l'avenir, peuples, nos héritiers, peuples des âges futurs, accourez, venez, comme les flots d’un torrent, passer devant le marbre de ces statues. Ils approchent, ils regardent avec surprise. Sur l'image de l’Impie, à travers les caractères visibles de l’abjection morale, ils découvrent sans doute les signes du talent ; mais aussi que de lugubres souvenirs ne s’éveillent point en leur pensée ? Ils ne voient presque se révéler ces beaux dons de la nature que par des ruines, des désordres et une effroyable puissance pour le mal ; et plus ils les voudraient admirer, plus ils se sentent saisis d’hor reur. Tant de consciences trompées, d'enfants pervertis, de parents désolés, de familles afligées ; tant d'empires ébranlés ou abattus, tout ce mélange horrible, toute cette immense et longue suite de malheurs, de désordres et de forfaits; tant de crimes sortis de la plume d’un homme, tout cela les jette irrésistiblement dans l’épouvante, et fixant du regard le marbre de IPmpie : Voilà, s’écrient-ils, dans l’indignation, la statue du génie destructeur qui s’est profané lui-même ; voilà la statue de l’infamie. Puis

s’arrêtant aussitôt à contempler,avec calme et jouissance, la noble et majestueuse attitude de l’autre effigie ; et ne voyant autour d'elle que témoignages de paix, traces de charité, signes de munificence ; des cœurs consolés, des consciences calmées, des courages soutenus, des convictions fortifiées, des âmes sauvées, des sociétés maintenues et affermies, partout les fruits sans nombre de la vérité, de l'amour et du dévouement ; transportés alors du plus juste enthousiasme:Voilà.s’écrient-ils,d'un commun accord, en montrantle marbre de Pie [X, voilà la statue du génie bienfaisant, voilà l'effigie de la vraie grandeur. Ainsi jugera la postérité. Et nous, mes Frères, nous maintenant, à qui rattacherons-nous cette gloire qui honore tant notre siècle, et dont nons sommes à chercher le principe et l'origine ? La gloire denos arts, de nos sciences, de nos découvertes, de nos industries ? En ferons-nous le trophée de l’infamie ou le trophée de la grandeur ? Ferons nous, de nos conquêtes et de nos progrès, les fruits hideux du mensonge ou les nobles enfants de la Vérité ? Ah ! nous n'hésiterons pas ; ce n’est point à Voltaire, au vice personniñé, mais au type de la vraie grandeur, à Pie IX que nous rapporterons ces gloires nouvelles. C’est qu’en effet, selon la pensée de St. Augustin, la vérité a un troisième rayon, le rayon de la beauté, qui seul est le principe des admirables productions des sciences et de l’industrie, et la force créatrice de tous les chefs-d'œuvre de l’art. Et puisque l'inviolable dépôt des vérités est en Pie EX ; Pie IX, par une irrésistible conséquence et dans un sens qu’on ne saurait méconnaitre, est le principe et le centre des gloires du progrès et des splendeurs de notre civilisation. Donc, ô saintet bien aimé Pontife, par ia Vérité qui rayonne de vous, vous reflétez la gloire de toutes les grandeurs et de toutes les conuquê tes de votre siècle! Vous êtes l’homme des lumières, l'homme des grandes inspirations et des grandes choses.

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