LE LIBÉRALISME CATHOLIQUE
Le libéralisme catholique, dit Pie IX, est l’ennemi le plus archarné et le plus dangereux de la divine constitution de l'Eglise. Sembable au serpent qui se glissa dans le paradis terrestre pour tenter et faire déchoir la race humaine, il présente aux enfants d'Adam l’appât trompeur d’une certaine liberté, d’une certaine science du bien et du mal ; liberté et science qui aboutissent à la mort. Il tente de se glisser imperceptiblement dans les lieux les plus saints ; il fascine les yeux les plus. clairvoyants ; il empoisonne les cœurs les plus simples, pour peu que l’on chancelle dans la foi à l’autorité du Souverain-Pontife.
Les partisans de cette erreur subtile concentrent toutes leurs forces pour briser les liens qui unissent les peuples âux Evêques, et les Evêques au Vicaire de Jésus-Christ. [ls applaudissent à l’autorité civile, chaque fois qu’elle envahit le sanctuaire ; ils cherchent par tous les moyens à induire les fidèles à tolérer, sinon à approuver, des lois iniques. Ennemis d'autant plus dangereux que souvent, sans même en avoir la conscience, ils favorisent les doctrines les plus perverses, que Pie IX a si bien caractérisées en les appelant “une conciliation chimérique de la vérité avec l'erreur. ”
Le libéral-catholique se rassure parce qu'il a encore certains principes catholiques, certaines pratiques de piété, un certain fond de foi et d’at-
tachement à l'Eglise ; mais il ferme soigneusement
les yeux sur l’abime creusé dans son cœur par cri l’erreur qui le dévore en silence. Il vante encore li
à tout venant ses convictions religieuses et se | fâche quand on l’avertit qu’il a des principes dan- me gereux : il est peut-être sincère dans son aveugle- cin ment, Dieu seul le sait ! Mais à côté de toutes ces *‘ "en belles apparences, il y a un grand fond d’orgueil qu qui lui laisse croire qu’il a plus de prudence et de la : sagesse que ceux à qui le Saint-Esprit donne mis- ain sion et grâce pour enseigner et gouverner le peu- GO ple fidèle : on le verra censurer sans scrupule les | |
actes et les documents de l'autorité religieuse la plus élevée. Sous prétexte d’enlever la cause des dissensions et de concilier avec l’évangile les progrès de la société actuelle, il se met au service de César et de ceux qui inventent de prétendus droits en faveur d’une fausse liberté : comme si les ténèbres pouvaient coexister avec la lumière, et comme si la vérité ne cessait pas d’être la vérite dès qu’on lui fait violence, en la détournant de sa véritable signification et en la dépouillant de cette immutabilité inhérente à sa nature !
En présence de cinq brefs apostoliques qui dénoncent “ le libéralisme catholique ’’ comme absolument incompatible avec la doctrine de l'Eglise, quoiqu'il ne soit pas encore formellement condamné comme hérétique, il ne peut plus être permis en conscience d’être un ‘“ libéral-catholique.’’