LE RÔLE DU CLERGÉ DANS LA POLITIQUE
Des hommes qui veulent vous tromper, Nos Très Chers Frères, vous répètent que la religion n'a rien à voir dans la politique; qu'ilne faut tenir aucun compte des principes religieux dans Er la discussion des affaires publiques ; que le clergé tres n’a de fonctions à remplir qu’à l'Eglise et à la sa- | ler
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cristie, et que le peuple doit, en politique, pratiquer l'indépendance morale !
Erreurs monstrueuses, Nos Très Chers Frères, et malheur au pays où elles viendraient à prendre racine ! En excluant le clergé, on exclut l'Eglise, et en mettant de côté l’Eglise, on se prive de tout ce qu’elle renferme de salutaire et d’immuable, Dieu, la morale, la justice, la vérité, et quand on a fait ainsi main basse sur tout le reste, on n’a plus à compter qu'avec la force !
Tout homme qui à son salut à cœur, doit régler ses actes selon la loi divine, dont la religion est l'expression et la gardienne. Qui ne comprendra quelle justice et quelle rectitude règneraient partout, si les gouvernants et les peuples avaient toujours devant les yeux cette loi divine qui est l’équité même, et ce jugement formidable qu'ils auront à subir un jour devant celui au regard et au bras de qui personne ne saurait échapper? Les plus grands ennemis du peuple sont donc ceux qui veulent bannir la religion de la politique ; car “sous prétexte d’aftranchir le peuple de ce qu'ils appellent la “tyrannie du prêtre, influence indue da prêtre, ” ils préparent à ce même peuple les chaines les pius pesantes et les plus difficiles à secouer : ils mettent la force au-dessus du droit et otent à la puissance civile le seul frein morale qui puisse l’empêcher de dégénérer en despotisme et en tyrannie |
On veut reléguer le prêtre dans la sacristie !
Pourquoi”? Est-ce parce qu'il a puisé dans ses études des notions saines et certaines sur les droits et les devoirs de chacun des fidèles confiés à ses soins ? Est-ce parce qu’il sacrifie ses ressources, son temps, sa santé, sa vie même pour le bien de ses semblables ?
N'est-il pas citoyen au même titre que les au-
| tres ? Eh quoi ! le premier venu peut écrire, parler et agir ; on voit quelquefois affluer vers un
comté, ou une paroisse, des étrangers qui viennent pour y faire prévaloir leurs opinions politiques : seul, le prêtre ne pourra parler et écrire! il sera permis à quiconque le veut de venir dans une paroisse débiter toutes sortes de principes, et le prêétre, qui est au milieu de ses paroiïissiens comme un père au milieu de ses enfants, n'aura aucün droit de parler, aucun droit de protester contre les énormités qu’on leur apporte !
Tel qui,aujourd’hui, crie très-fort que le prêtre n’a rien à voir dans la politique, trouvait naguère cette influence salutaire ; tel qui nie aujourd’hui la competence du clergé dans ces questions, exaltait jadis la sûreté de .principes que donne à un homme l'étude de la morale chrétienne ! D'où vient ce changemont, sinon de ce que l’on sent agir contre soi cette influence que l’on a la conscience de ne plus mériter !
San; doute, N. T.C. F., l'exercice de tous les droits de citoyen par un prêtre n’est pas toujours opportun, il peut même avoir ses inconvénients et ses dangers; mais il ne faut pas oublier que c’est à l’Eglise seule qu’il appartient de donner à ses ministres les instructions qu’elle juge convenables, et à reprendre ceux qui s’en écartent, et les éveques de cette Province n’ont pas manqué à leur devoir sur ce point.
Jusqu'ici nous avons considéré le prêtre comme citoyen et parlant politique en son propre et prive nom, comme tout autre membre de la société civile.
Y at-il des questions où l’Evêque et le prêtre puissent, et même quelquefois doivent, intervenir au nom de la religion ?
Nous répondons sans hésitation : Oui, il y a des questions politiques où le clergé peut ei même doit intervenir au nom de la religion. La règle de ce droit et de ce devoir se trouve dans la distinetion :.Clit que nous avons déjà signalée, entre l'Église et l'Etat.
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Il y « :n effet des questions politiques qui touchent aux intérêts spirituels des âmes, soit parcequ'elles ont rapport à la foi ou à la morale, soit parcequ'’elles peuvent affecter la liberté, l’indépendance ou l’existence de l'Eglise, même sous le rapport temporel.
Il peut se présenter un candidat dont le programme soit hostile à l'Eglise, ou bien, dont les antécédents soient tels que sa candidature soit une menace pour ces mêmes intérêts.
De même un parti politique peut être jugé dangereux, non seulement par son programme et par ses antécédents, mais encore par les programmes et les antécédents particuliers de ses chefs, de ses principaux membres et de sa presse, si ce parti ne les désavoue point, et ne se sépare point définiti-
vement d'eux, dans le cas où ils persistent dans
leur erreur,après en avoir été avertis.
Dans ces cas, un catholique peut-il, sans renier
sa foi, sans se montrer hostile à l'Eglise dont ilest
membre; un catholique, peut-il. disons nous, refuser à l'Eglise le droit de se défendre, ou piutôt de défendre les intérêts spirituels des âmes qui lui sont confiées ! Mais l'Eglise parle, agit et combat par son clergé, et refuser ces droits au clergé, c’est les refuser à l'Eglise.
Alors le prêtre et l’Evêque sortent eu toute justice, et doivent en toute conscience, élever la voix, signaler le danger, déclarer avec autorité que voter en tel sens est un péché, que faire tel acte expose aux censures de l'Eglise. Ils peuvent et doivent parler non-seulement aux électeurs etaux candidats, mais même aux autorités constituées, car le devoir de tout homme, qui veut sauver son âme, est tracé par la loi divine ; et l'Eglise, comme une bonne mére, doit à tous ses enfants, de quelque rang qu'ils soie:it, |’ amour, et, par conséquent, la vigilance spirituelle. Ce n’est donc point convertir la chaire en tribune poRMaus que d'éclairer
la conscience des fidèles sur toute: ces questions où le salut se trouve intéressé.
Sans doute, N.'T. C. F., de semblables questions ne se présentent pas tous les jours ; maïs le droit n’en est pas moins certain.
Il est évident, par la n ‘re même de la question, qu’à l’Eglise seule doit appartenir l’appréciation des circonstances où il faut ainsi élever la voix en faveur de la foi et de la morale chrétienne.
L'on objectera peut-être que le prêtre est exposé comme tout homme, à dépasser la limite qui lui est assignée.et qu’alors c’est à l’Etat à le faire rentrer dans le devoir.
A cela nous répondrons d’abord que c’est faire gratuitement injure à l'Eglise entière de supposer qu'il n’y a pas, dans sa hiérarchie, un remède à l’in-
justice ou à l’erreur d’un de ses ministres. En eftet, l’Eglise a ses tribunaux régulièrement constitués, et si quelqu'un croit avoir droit de se plaindre d’un ministre de l'Eglise, ce n’est pas au tribunal civil qu’il doit le citer, mais bien au tribunal ecclésiastique, seul compétent à juger la doctrine et les actes du Prêtre. Voilà pourquoi Pie IX,
dans sa bulle Apostolicæ Sedis, octobre 1869, de-
clare frappés d’une excommunication majeure ceux qui obligent directement ou indirectement les jüges laïques à citer devant leur tribunal les personnes ecclésiastiques, contre les dispostions du droit canonique.
En second lieu, quand l'Etat envahira les droits de l'Eglise, foulera aux pieds ses priviléges les plus sacrés, comme cela arrive aujourd’hui en Italie, en Allemagne et en Suisse; ne serait-ce pas le comble de la dérision que de donner à ce même Etat le droit de bâillonner sa victime ?
En troisième lieu, si l’on pose en principe qu’un pouvoir n'existe pas, parce qu’il peut arriver que quelqu'un en abuse, il faudra nier tous les pouvoirs He car tous ceux qui en sont revêtus, sont faillibles.
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En III. Bref de N.T.-S. P. le Pape PIE IX à la Fédéransti- tion des Cercles catholiques de Belgique.......... 22 )lain- IV. Bref de N.T.-, P. le Pape PIE Es à APR ia-, Le tion des catholiques allemands... 26 : ] V. Bref de N. T.-S. P. le Pape Pix IX & au | Comité una 4 , Catholique d'OrIéans...,..,.....,4.. sites. 92 trine VI. Bref de N. T.-$S. P. le Pape PIE IX à Mer. l'Evêé- > IX, Que Gé QUÉMIPER Lane erata rennes neo ec 97 ), de- ) VII. Bref de N. T.-S. P. le Pape PIE IX aux rédac-
F'AARUERS AE teurs du journal La Croix, à Bruxelles.............. 41 eur e 4 (T: ? : A | t { VIII. “Il n’est donc plus permis en conscience d’être men catholiques Nbôral t 7,0, essor diese esx 46 al les IX. ‘“ Cependant il n° ÿ à pas eu de définition de foi stions | proprement de Pense ions he eds vous 47 1 X.‘Mais les Brefs ne sont après tout que des droits ee A D A LC 9 CL OO 2 Te AA ne 49 es les XI. “ Mais qu'est-ce donc, dites-moi, que le libéra-
: lisme catholique ? En quoi consiste-t-il ? 52 ue à Le sentiment libéral.. it nine ein ir 53 6 pas {| Le parti D ui de 56 NN" D La doctrine libérale. ..............,............... 62
Ê [1 XIT. ‘“ Mais moi, je ne suis libéral qu'en politique ? ” 69 qu un : XIII. “Et cependant, n’est-il pas souverainement r que x imprudent de mêler ainsi à tout propos la Religion uvoirs | à la politique ? Les prêtres vraiment sages nes 0C- : cupent pas de politique.”...,..,......,,.......,.,.,,, 72
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