LES FUNÉRAILLES
De son vivant, notre rédacteur en chef n'eût pas souffert qu'on le louât dans V Univers, Aujourd'hui nous ne saurions nous taire sur la manifestation qui vient de se produire, et qui, en la personne de Louis Veuillot, honore la cause à laquelle il avait voué et il a épuisé sa vie.
Le temps nous presse, et nous ne pouvons songer à raconter aujourd'hui en détail cette cérémonie funèbre, dont le caractère vraiment grandiose se tirait surtout de la douleur recueillie des assistants. Pour ce soldat qui, pendant près d'un demisiècle, fut au service de l'Église, il convenait, en effet, qu'une église fût le théâtre de sa gloire. C'est là qu'elle a reçu sa consécration.
A onze heures et demie, la foule, qui déjà se multipliait dans la rue de Varennes et emplissait la maison mortuaire, disait assez quel concours amèneraient les funérailles. Grossi sur le parcours, le cortège, quand il déboucha sur la place Saint- Thomas-d'Aquin, était si considérable, qu'on vit bien que
1. Déjà, par tclcgrammeg oa par lettres, plusieurs évoques avaient témoigné de leur douleur.
l'église ne le pourrait tout entier contenir. Déjà, d'ailleurs, l'édifice paroissial était plus qu'à moitié rempli de personnes qui avaient devancé le cortège. Sur tout le circuit de la place, et dans la rue, se pressait une foule qui, contenue par la police refluait jusqu'au boulevard.
A midi et un quart, plus une place n'est libre dans l'église qui regorge. Dans le chœur, des prêtres et des religieux se tassent en grand nombre. La foule, repoussée jusque dans la vaste chapelle Saint-Louis sise derrière le chœur, s'y presse à flots.
C'est M. le curé de Saint- Thomas-d'Aquin, M. Ravailhe, qui a voulu célébrer la messe. Il est assisté d'un vieil ami du rédacteur en cheï de VUniçers, M. Moigno, chanoine de Saint- Denis, et de M. Raillard. La nonciature est représentée par M^^ Tonti, auditeur, et M**" Vico, secrétaire; l'archevêché, par deux vicaires généraux, M. l'abbé Petit et M, l'archidiacre Garon, qui tout à l'heure fera l'absoute, ainsi que par M. Reulet, chanoine, secrétaire de S. Em. le cardinal Guibert. M^"" d'Hulst, recteur de l'Institut catholique, occupe de même une place réservée dans le chœur. Des deux côtés se pressent, avec plusieurs chanoines de la cathédrale, un grand nombre de MM, les curés de Paris, des religieux de tous ordres, des prêtres et des vicaires de Paris et des ecclésiastiques de plusieurs diocèses de France, venus de loin tout exprès pour ces funérailles. Dans la nef, avec les religieuses de presque toutes les congrégations hospitalières et enseignantes, on aperçoit nos plus éminents confrères de la presse, associés à la perte que fait V Univers; une nombreuse délégation des cercles catholiques d'ouvriers, ayant à sa tête MM. le comte de la Tour du Pin, Ancel, de Roquefeuil, de Mouy, Hyrvoix, etc. Émouvant témoignage rendu par l'œuvre à celui qui, dès l'origine, en comprit si bien et en fit éclater l'importance.
Nous ne pouvons noter ici toutes les congrégations représentées, non plus que toutes les notabilités présentes. Nous essayerons de suppléer demain à cette réserve que le temps nous impose aujourd'hui. Mais ce qu'il nous faut ajouter avant de finir, c'est le caractère douloureusement imposant avec lequel est apparu le cortège, lorsque, au sortir de l'église, après l'absoute, pendant laquelle ont coulé bien des larmes, il s'est formé derrière le char funèbre.
En tête un petit bataillon s'était formé pour rendre les honneurs ; mais quel bataillon ! Il y a là, massées par rang de
HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 13
trois, plus d'une trentaine de Petites-Sœurs des Pauvres, venues pour honorer celui qui si souvent exalta cette œuvre admirable. Elles sont encadrées dans une compagnie déjeunes filles qui ajoute encore à Témotion lorsqu'on sait que ce sont des orphelines d'Alsace- Lorraine, conduites par leur zélée protectrice, M"' Polonus, en reconnaissance du puissant concours donné par V Univers à la fondation du patronage catholique des Alsaciens-Lorrains. Il semble qu'on ait là, en réduction, le symbole des deux grandes pensées dont s'inspira toujours notre cher maître, l'Église et la Patrie !
Il y a d'autres émotions. Sur le catafalque, on voit d'autres couronnes : l'une, fort éloquente en sa simplicité : A leur maître aimé, les serviteurs reconnaissants ; l'autre, offerte par les cercles catholiques ouvriers; une troisième, don du Pèlerin, a au vaillant défenseur de l'Eglise » ; une autre encore, offerte par le patronage des Alsaciens-Lorrains. Et puis, voici en larmes, derrière le cercueil, ces serviteurs dont l'aspect dit bien haut le déchirement ; les pieuses religieuses qui, avec le bon frère camillien, ont donné leurs soins au malade, au mourant, au défunt. Que dire maintenant de la famille, abîmée dans la douleur ?
Le deuil était conduit par le colonel Pierron, gendre de M. Louis Veuillot; par MM. Eugène Veuillot et Desquers, frère et beau-frère de notre rédacteur en chef. Les enfants de M. Eugène Veuillot et de sa famille par alliance suivaient ensuite, précédant la rédaction de V Univers ^ hélas ! incomplète en Tabsence de notre ami Arthur Loth, retenu chez lui par une indisposition qui, fort heureusement, exige plus de précaution qu'elle n'offre de danger.
Du côté des dames, on voit au premier rang, qu'a voulu lui céder, comme à sa mère, la fille de M. Veuillot, et qu'elle a si bien conquis, cette sœur dont la vie se confond pour ainsi dire avec celle du maître que nous pleurons. Tout le monde s'incline devant cette douleur, qui serait inconsolable, si la foi ne voyait plus haut que ce monde, et n'y allait retrouver sûrement l'affection de ceux qu'on semble perdre.
Quelle foule ensuite que celle qui fait cortège ! Sur le parcours, tout Paris, le Paris des boulevards de la rive gauche, s'étonne et malgré lui s'émeut de ce défilé qui ressemble si peu aux cortèges ordinaires. Tant de religieuses, tant de prêtres, tant de personnes qui sont recueillies et s'en vont
douloureusement, songeant à celui qui n'est plus ! Et celui-là, quel est-il? Une couronne le dit en grosses lettres aux passants qui regardent : c'est Louis Veuillot.
Eh bien ! ce nom qu'on disait jadis être comme le synonyme de l'impopularité dans la ville qui est par essence le foyer révolutionnaire, ce nom mille fois répété depuis deux jours dans les feuilles publiques, on sait désormais que c'est celui d'un lutteur ardent, loyal, convaincu, désintéressé. Et partout l'on s'incline avec respect. Pour nous, recueillant ces témoignages , refoulant nos larmes , nous revenons aux devoirs qu'il nous enseigna, et pour lesquels son souvenir, gardé par le frère qu'il nous laisse, ne cessera d'être notre guide.
Au lendemain de la mort , la lettre de faire part que voici avait été adressée aux parents, aux amis, à la presse :
Vous êtes prié d'assister aux convoi, service et enterrement de Monsieur
Louis-François- Victor VEUILLOT, rédacteur en chef de V Univers,
sorti de ce monde pour aller à Dieu, le 7 avril 1883, muni des sacrements de notre mère la sainte Eglise, en son domicile, rue de Varennes, n® 21, dans sa 70* année;
Qui se feront le mardi 10 avril, à midi très précis, en l'église Saint-Thomas d'Aquin, sa paroisse.
De Profundis.
On se réunira à la maison mortuaire.
De la part de M. le colonel Pierron et de Madame Picrron, née Veuillot, de Mademoiselle Luce Veuillot, en religion Sœur Marie- Luce (de l'Ordre de la Visitation), de Monsieur et Madame Eugène Veuillot, de Mademoiselle Elise Veuillot, de Monsieur Stanislas Desquers, de Madame Murcier, de Messieurs Maurice, Louis et Joseph Pierron, de Mesdemoiselles Luce et Mathilde Pierron, de Messieurs Pierre, Bernard et François Veuillot, de Mesdemoiselles Marguerite et Jeanne Veuillot, de Monsieur Louis Desquers, de Mademoiselle Germaine Desquers, de Monsieur et Madame Paul Murcier, de Madame Sourdeau, née Murcier;
Ses gendre, filles, frère, sœur, belle-sœur, beau-frère, petitsfils, petites-filles, neveux et nièces;
Et de la part de la Rédaction du Journal l'Univers.
Le jour des obsèques, à onze heures, le corps de notre véaéré maître, mis en bière, était descendu et placé dans la cour même de l'hôtel de la rue de Varennes, au milieu d'une chapelle ardente. La religieuse de Bon-Secours, le frère de Saint-Camille de Lellis , les religieuses franciscaines qui lui avaient donné leurs soins, ainsi que des sœurs de charité et des Petites Sœurs des Pauvres, priaient autour du catafalque.
Au seuil de l'appartement, MM. Eugène Veuillot et le colonel Pierron recevaient les invités, dont le nombre fut bientôt te], qu'on dut renoncer à permettre l'accès des appartements. La foule alors se groupa dans la cour de l'hôtel et dans la rue de Varennes. Mlle Élise Veuillot, sœur du rédacteur en chef de V Univers, et Mme Pierron, sa fille, s'étaient déjà rendues à l*église avec les autres dames de la famille, pour y prier en attendant la cérémonie funèbre.
A midi et un quart, le cortège, formé comme nous l'avons dit, apparaissait au seuil de l'église Saint-Thomas d'Aquin, où l'on n'avait pas posé de tentures noires le long de la nef, pour ne pas rendre plus étroite encore la place manifestement trop insuffisante que le développement de l'édifice laissait aux invités.
Nous avons dit que la messe avait été célébrée par M. le curé de Saint-Thomas d'Aquin, assisté de M. l'abbé Moigno, chanoine de Saint-Denis, et de M. l'abbé Raillard, et l'absoute faite par M. Caron, archidiacre. Dans le chœur et dans l'assistance, on remarquait M**" Tonti, auditeur, et M*' Vico, secrétaire, représentant M^ le nonce apostolique; MM. les vicaires généraux Petit, Caron, et M. le chanoine Reulet, représentant S. Ém. le cardinal Guibert, archevêque de Paris; M**" Perraud, évêque d'Autun; M^^' d'Hulst, recteur de l'Institut catholique de Paris; M^' Druon, ancien supérieur de Saint- Louis des Français, à Rome ; MM. les curés de la Madeleine, de Saint- Augustin, de Saint-Honoré, de Saint- Roch, de Saint- Eugène et plusieurs autres curés de Paris; M^^ Ozanam; M«' du Fougerais, directeur de la Sainte-Enfance ; M**" Compans, vicaire général de Bordeaux, et M. l'abbé Louis Klingenhoffen, amis particuliers du défunt et de la famille ; M. l'abbé de Lagarde, supérieur du collège Stanislas; l'abbé Simler, directeur du petit collège Stanislas; les RR. PP. Bénédictins de Solesmes et de Ligugé et de Saint-Dominique de Silos (Espagne], dom Piolin, dom Logerot, dom Guépin; le supé-
rieur des Carmes, le R. P. Albert; les RR. PP. Arsène, Stanislas, Stéphane, Ludovic, religieux capucins; le R. P. gardien du couvent des Capucins de Marseille; les RR. PP. Tailhan, Petot, Brutillot, Martinow, Chauveau, Hubin, Jouen, Coubé, Polidoro, Bcrthiaut, etc., de la Société de Jésus ; le "R. P. de la Porte, des prêtres de la Miséricorde; le R. P. Hippolyte, des religieux augustins de l'Assomption ; le R. P. Olivier, supérieur du collège de Juilly; le R. P. Marie de Brest, religieux franciscain; M. Pémartin, secrétaire général, plusieurs prêtres de la congrégation de Saint-Lazare, de la congrégation du Saint-Esprit, ainsi que de la congrégation du Saint-Rédempteur; le supérieur et les directeurs du séminaire des Missions étrangères; le P. Gros et le P. Bruat, maristes ;
MM. les abbés Gramidon, Thomas, de Lanterie, Paya, Riche, du presbytère Saint-Sulpice ; M, l'abbé Sire et plusieurs professeurs du séminaire ; M. l'abbé Pétot ; les frères de Saint-Jean de Dieu; le frère Exupérien, assistant du supérieur général des Frères de la Doctrine chrétienne, et plusieurs autres frères; le R. P. Cazet, préfet apostolique de Madagascar; le R. P. Charmetant, au nom de l'Œuvre des écoles d'Orient et des missions d'Afrique; M. le supérieur du séminaire du Mans ; les PP. de Sainte-Croix ; les PP. Oblats de Marie Immaculée ;
M, l'abbé Grout, vicaire général de Versailles; M. l'abbé Desplats, vicaire de Saint-Louis de Bordeaux, ami de la famille, et qui avait reçu d'une foule de prêtres bordelais la mission de les représenter aux funérailles ; M. l'abbé Denis, chanoine de Langres, chargé, pour son diocèse, de la même mission; M. l'abbé Hubert, directeur du petit séminaire d'Arras, et représentant la société de S<iint-Bertin, dont le supérieur, M. le chanoine Marin, avait chargé M. Auguste Roussel de porter à la famille ses condoléances ;
M. l'abbé Joly, aumônier du Sacré-Cœur; M. l'abbé de Roquetaillade , M. le curé de Saint-Brieuc , M. l'abbé de Broglie, M. l'abbé Albouy, M. l'abbé Thomelin, curé archiprêtre de Saint-Aspais (Melun); M. l'abbé Reinay, du diocèse de Luxembourg; l'abbé Tessier, curé de Deuil; l'abbé Roquette, le R. P. LadislasWitkowski, missionnaire apostolique, supérieur do la mission polonaise de Paris; le chanoine Schorderet, et combien d'autres prêtres que nous ne pouvons malheureusement nommer tous !
M. le marquis de Dreux-Brézé, M. le comte de Vanssay ; M. le comte A. de Mun, à la tête d'une nombreuse députation des cercles catholiques d'ouvriers, avec MM. le comte de la Tour du Pin, Ancel, de Marolles, de Roquefeuil, Hyrvoix, marquis de Mouy, etc.; MM. le marquis de Ségur, Eug. de Margerie, Claudius Lavergne, vicomte G. de Chaulnes, Paul de Cassagnac, H. de Pêne, Hervé, Dalloz, John Lemoinne, Bapst, Guy on, Saint-Ghéron ; toute la rédaction de V Union : MM. le baron Dallemagne, Louis d'Estampes, L. de la Brière, Godlewski, etc., ayant à sa tête son directeur, M. Boudet; M. Janicoty directeur, et MM. Dupuis et Bourgeois, rédacteurs de la Gazette de France; MM. Levé, directeur, Coquille et Delouche, rédacteurs du Monde;
M. de la Rallaye, du Journal des Villes et des Campagnes ,• MM. Thureau-Dangin et Récamier, du Français; M. H. Marchand, directeur du Journal de Paris; M. Louis Teste, du Gaulois; M. J. Comély, du Clairon; M. Gabriel Ferrère, de V Action ; M. de Villebois-Mareuil, du Triboulet ; M. Drumont, de la Liberté; des rédacteurs du Soleil, de la Patrie, du Moniteur, du Constitutionnel, etc.; M. le comte de Boursetty, représentant le Journal de Rome; M. Guillaume Verspeyen, rédacteur, et M. Lammens, sénateur, membres du comité directeur du Bien public, de Gand ; M. Ernest Delloye, notre excellent confrère de V Émancipateur , de Cambrai ; M. E. Reynis, de V Union du Midi; M. Taconet, de la Guienne; l'un des rédacteurs du Réveil de l'Ouest, et les délégués de l'association monarchique et catholique de la presse départementale, etc.;
MM. le duc delaRochefoucauld-Bisaccia, général de Charette, baron Baude, le comte et le vicomte de Montsaulnin, le baron de Morogues, le marquis de Rolland, comte d'Esgrigny, vicomte de Mayol de Luppé, Robinet de Cléry ; Antonin Pages, ancien magistrat; Xavier Marmier (de l'Académie); Joseph de la Bouillerie, ancien ministre; Bertinot, avoué; vicomte de Bélizal; comte de Damas; de Gavardie, sénateur; comte de Blacas ; de Saint- Victor, ancien député ; Emile Keller, le prince de la Tour d'Auvergne, les frères Eugène et Henry Herzog, de Logelbach ; comte de Viefville, Louis d'Andigné, Maurice d'Andigné, baron de Raincourt, marquis de Saint-Mars, marquis de Beaucourt, comte Bessas de la Mégie, la Jousse de la Giraudais, comte Arthur de Rongé; Paul de Malejay, officier d'ordonnance du général Kanzler ; comte de Charancey, comte
G. de Beaurepaire, Baudon, Beluze, comte des Cars, de Parseval, M. Tingénieur Bazaine;
MM. le marquis d'Auray, J. Ranson; Didiot, avocat à la cour d'appel; comte de Belleval, comte de Miramon, comte de Circourt, de Gosselin, de Garayon-Latour, Léon Riant, Oppert, Th. Riant, Claudio Jannet, marquis de Fournès, comte de Ségur, Bartholoni, Jean Brunet, Cardon de Sandrans, de Rochetaillée, Rapetti, Ch. Virmaître, comte de Calonne, marquis de Coriolis, de Meurville, vicomte d'Aboville, de Gosselin ; Aubry (des Vosges), ancien député; A. et I. Merley, comte Emmanuel de Bourgade, comte 0. de Poli, de Baudicourt ; Paul Laperche et Gabriel Aymé, anciens secrétaires de M. Louis Veuillot ;
MM. Ernest Hello, Gaillard, Lequien , Dubleix, comte Yvert, Nisard, Olivier de Barbarin, le docteur Constantin James, Josse; Saubot-Damborgez, ancien préfet; Trocmé, baron d'Avril, Léon Pages, M. l'intendant Keller, Nadar, Ory, François Lafon ; Louis Vives, éditeur, venu du fond du Midi tout exprès pour assister à la cérémonie ; vicomte de Guitaut, le commandant Schnaiter, Emile Chesnay, de Bouffé, le docteur Tessier, Valentin Méniolle, Paul Besson, le baron d'Aubigny-Neberherrn , le comte du Couédic , des Perrins ; Tournafond, directeur de V Exploration -, Dessus, Ambroise Petit, Etienne Gautier ;
MM. le général Boissonnet, le comte de Marichalar, des Vallières; M. Henri Gréau, avocat, et plusieurs anciens élèves du collège des RR. PP. Jésuites de Saint-Clément de Metz ; le comte de Kreuznach, vicomte de Rochetaillée, Philippona, le baron de TEspée, comte Charles de Nicolaî, Jean du Hamel de Breuil ;
MM. le baron de Mackau, comte du Clésieux, F. Riant, du conseil municipal ; Hémard, ancien avocat général ; Félix Clément, Denis Cochin, baron Tristan Lambert, E. Artus, vicomte de TEspine, d'Héricault, Sébastien Laurentie, Alfred Nettement, comte du Demaine, comte Roselli de Lorgnes; les éditeurs catholiques Palmé, Lecoffre, Retaux, Dumoulin, Oudin, Blériot, Lethielleux; le marquis de Plœuc, Charles Rivière, Libman, Laverdant, comte de Waziers, marquis Libe- Perrati, de la Beaume, de la Flotte, comte de Beffort, Emile Perrin, membre de l'Institut, administrateur général de la Comédie-Française, ancien ami de M. Louis Veuillot;
MM. le marquis de Villermont, général baron Duchaussoy,
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comte de Bonneuil, vicomte de Bonneull; Meissonnier, inspecteur général des mines ; comte de Roquefeuil, le duc de Bauffremont, Roland-Gosselîn, baron de Schomberg, baron A. DoncœuFy comte de Divonne, comte de Diesbach, baron Exelmans, comte Sérurier, marquis de Monteynard, prince de Léon, baron des Rotours, F. Lauras, Oscar de Vallée ; Jules Lacoînta, magistrat démissionnaire ; Bastien, ancien président de chambre; le marquis de Mun, comte de Galzain, marquis de Saint-Phalle, etc., etc.
Le deuil, nous Tavons dit, était conduit par M. Eugène Veuillot, frère, le colonel Pierron, gendre, et M. Desquers, beau-frère du défunt; par MM. Pierre, Bernard, François Veuillot, et MM. Paul, Pierre, Louis Murcier, neveux de M. Louis Veuillot, ainsi que par les membres de la famille d'Aquin, alliée à M. Eugène Veuillot. Derrière le catafalque se tenaient, avec les serviteurs en larmes, les Petites Sœurs des Pauvres, au nombre d'une trentaine, ayant à leurs côtés les orphelines du patronage catholique des Alsaciens-Lorrains, les Sœurs de Bon-Secours, les sœurs de charité, les religieuses converses de la Visitation, la supérieure des sœurs tourières de TAbbaye-aux-Bois, les sœurs tourières du couvent des Oiseaux, etc.
Sur le catafalque on remarquait, avec la couronne des serviteurs à leur maître, la belle couronne en lilas blanc et violettes offerte par les dévoués employés de V Univers y la couronne offerte par le patronage catholique des Alsaciens- Lorrains, une couronne offerte par le Pèlerin, une autre par le journal r Action, une autre par une délégation des étudiants catholiques de Montpellier, etc., etc.
Nous avons dit ce qu'avait été le défilé, ou plutôt la marche triomphalement religieuse de l'imposant cortège. Au cimetière, où presque toute la foule avait suivi, chacun a voulu jeter Teau bénite et déposer une prière sur la tombe du grand combattant que l'Eglise vient de perdre. C'était le seul hommage qu'ambitionnait son âme de chrétien. C'est pourquoi, selon son désir, et quoi qu'en aient dit certains journaux, qui ont même cité des noms d'orateurs, il n'a été })rononcé aucun discours. Comme il est dit dans l'Écriture, ses œuvres le loueront.
Cependant nous nous permettrons, après avoir cité l'épitaphe qu'il avait composée lui-même, de déposer sur son
cercueil cette inscription, en style lapidaire, qu'un éminent religieux envoyait hier à M"* Veuillot :