‹ Hommages à Louis VeuillotChapitre 22 sur 51 · QUE NOTRE-SEIGNEUR NOUS DONNE SA PAIX · texte numérisé non relu

QUE NOTRE-SEIGNEUR NOUS DONNE SA PAIX

Mademoiselle. — C'est aujourd'hui, en allant à la Marsba, que j'ai appris la douloureuse nouvelle. J'étais en chemin de fer avec le chancelier du cardinal, quand, voyant V Univers en deuil, j'eus aussitôt l'appréhension du triste événement.

Je n'ai pu retenir mes larmes. L'âme de votre cher frère est dans le sein de Dieu. L'Église de la terre perpétuera son souvenir en bénissant sa mémoire, et celle du ciel le couronne... Mais vous, chère Mademoiselle, quelle épreuve ! quel vide immense ! Dieu seul peut le combler.

Lundi, je pars pour Rome. En visitant Saint-Pierre et la ville, je n'oublierai pas celui qui m'a appris à l'aimer. Votre souvenir. Mademoiselle, me suivra. Que Notre-Dame daigne vous consoler.

Le cardinal m'a dit qu'il vous écrirait.

« Je regrette de n'être pas à Paris, a ajouté Son Éminence ; je serais allé aux funérailles du meilleur catholique que j'aie connu. »

Demain, je célébrerai la sainte messe à l'intention de notre cher défunt. Mes condoléances à monsieur votre frère.

Veuillez agréer, etc. Patrice,

Lettre de M. Auguste Nicolas à M. Eugène Yeuillot et à la rédaction de V Univers :

A M, Eugène Veuillot etjà la rédaction de /'Univers .

Yersaillos, 12 ayril.

Messieurs. — Autant je n*ai jamais recherché la publicité pour elle-même et pour moi, autant je ne Tai jamais déclinée qoand il s'est agi d'un devoir de conscience et de cœur. Je n'ai pas besoin de dire ce que m'a été celui dont la mort vient de délier tous les hommages, de faire disparaître toutes les réserves, de rompre même tous les sceaux. Permettez-moi seulement de revendiquer la part que j'ai tenu à prendre à ses funérailles, où je croyais marcher entre nos amis communs d'autrefois, NN. SS. de Salinis et Gerbet, et où j'ai eu la fortune de ne pouvoir trouver place que parmi ses intimes, au pied de son cercueil.

Veuillez agréer, etc. Auguste Nicolas.

Lettre de M. l'abbé Favy, du diocèse de Gap, à M. Eugène Veuillot :

Très honora Monsieur. — Depuis 1842, j'ai lu et savouré avec délices et grand profit pour mon âme les si beaux, si pieux articles de monsieur votre frère. Je l'ai déjà invoqué; néanmoins je prierai pour lui.

Agréez, etc. Favy,

earé.

Extrait d'une lettre d'un prêtre du diocèse de Carcas sonne à M. Eugène Yeuillot :

P..V 12 avril.

Monsieur. — L'Univers est le seul journal que je lise depuis trente-cinq ans. Je connais donc tout particulièrement, et comme vous, très digne Monsieur, je pleure le grand chrétien et l'incomparable écrivain que Dieu vient d'appeler à une meilleure vie...

Je demande qu'il soit fait une édition complète de toutes ses OEuifres, dans le format petit in-4° de Migne, comme étant le plus commode.

Je dis : de toutes ses Œuvres. A peu près tout ce qui est sorti de la plume de M. Louis Veuillot est chef-d'œuvre. Pour mon compte, j'ai presque toujours lu deux et trois fois les

articles signés de lui. Même sans cette signature, j^aurais par« faitement deviné de qui ils étaient. Rien donc de ce qu'il a écrit ne doit être perdu.

Ses œuvres littéraires, mises en ordre et couronnées d'une table, formeraient un recueil précieux pour le clergé spécialement, et pour tous les amateurs de la bonne et saine littérature française.

Si ridée que j'ai Thonneur de vous soumettre vous paraît bonne, veuillez ne pas tarder à la réaliser.

Agréez, Monsieur, l'hommage, etc.

Lettre de l'aumônier des Petites Sœurs des Pauvres de Reims

aux religieuses franciscaines qui avaient plusieurs fois veillé Louis

Yeuillot pendant sa maladie :

Reims, le 13 avril.

Un événement considérable et bien douloureux a frappé au coeur tous les catholiques : l'illustre et grand défenseur de l'Église est mort ; celui qui a tant aimé la vérité et qui l'a dite sans détours comme sans peur la contemple maintenant face à face dans Celui qui est la vérité même. (Il faut l'espérer du moins, il a tant travaillé pour Dieu et a tant souffert de ce qui faisait peine à Dieu!) Vous avez été particulièrement bénies de pouvoir assister ce grand chrétien et lui rendre les bons offices que nécessitait sa position. On n'approche pas de pareils hommes sans en emporter un grand profit spirituel.

Ce sera un des précieux souvenirs de votre vie d'avoir été à même de connaître cette pieuse famille.

Ici nous le pleurons, et mes Petites Sœurs qui l'ont connu à Paris en sont aux larmes. Si ce doit être une consolation pour M**® Veuillot et les siens, dites-leur que dimanche toutes les Petites Sœurs de Reims et leurs vieillards prieront pour le repos de cette grande âme à la messe de communauté, qui sera dite à son intention.

C'est une dette que nous payons comme prêtre, religieuses, Petites Sœurs et catholiques.

Votre bien dévoué en Notre-Seigneur,

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