‹ Hommages à Louis VeuillotChapitre 23 sur 51 · C. Manteau · texte numérisé non relu

C. Manteau

aamônier des Petites Sœurs des Pauvres.

lot , ^^''ede M. le curé d'Argein, diocèse de Pamiers, à M^^oVeuil- \t Argein, 12 avril.

r^'^^^^MoiSELLE. — Au milieu des combats et des gloires qui

<^ vlii^çjjj jjjj carrière semi-séculaire, c*est donc un souvenir

x ^^mento du prêtre que rêvait le grand défunt que nous

r^^Ut^ns tous ! Eh bien ! voilà sa place marquée pour long-

^pïps à celui du clergé catholique tout entier, devenu devant

^^tt à son tour Tavocat de celui qui fut son défenseur devant

^^ hommes. Cette place, je viens particulièrement la pro-

^Ure dans mon mémento à la grande âme ravie, au nom de

*^^^ un passé des plus doux, des plus vivants souvenirs, mais

^"® Je ne puis ni rappeler ni taire. — Je me consolerai en en

H '^'ït au bon Dieu, avec mes paroissiens, comme M. le curé

^^^J^iies.

'^ ^ïeil ami, Estrade.

gi

*jC\\^e de M. l'aumônier de l'hôpital militaire de Kram à M. Euïie Veuillot :

Carthago, 12 arrïl.

Monsieur le directeur. — Il est de mon devoir de vous dire combien je m'associe à votre douleur si légitime et à vos espérances si certaines que nous donne la communion des saints. Je suis chargé par Taumônier de Kéreddine de vous exprimer ses sentiments de condoléance. Offrez-les aussi de notre part à M"^ Veuillot, à toute la famille, à tous les rédacteurs, spécialement à M. Pierre Veuillot et à M. Rastoul.

Daignez agréer, etc. F. Lengrame,

aumônior titulaire.

Lettre de M. le chanoine Ansault, d'Auxerre, à M. Eugène

Veuillot:

Auxerre, 12 avril.

Monsieur. — Et moi aussi, prêtre de TËglise catholique, et Tan des plus vieux et des plus anciens admirateurs de votre illustre frère, je veux vous dire combien je prends part à votre douleur, je veux m'associer à vos prières. Demain donc, pour cette âme qui a tant aimé TEglise, introibo ad altare Dei. Agréez, etc. Ansault,

chaaoino honoraire do Sens, aumônior dos Ursulinos d'Aiixorro.

170 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

Lettre de M. Ponsson, professeur an grand séminaire de Cahors,

à M. Eugène Yenillot :

Cahors, 13 aTiil.

Monsieur. — En vous adressant mes très sympathiques condoléances pour vous et pour toute votre famille, je crois vous être agréable en vous informant que je m*associe de cœur et de prières à votre juste douleur, et que je dirai la sainte messe pour le repos de Tâme du grand lutteur que le Roi des rois vient d'appeler, des avant-postes du combat, au repos étemel. Poussox,

prêtre de la Mission.

Lettre de M. Taumônier des franciscains de Saint-Chinian, diocèse de Montpellier :

Saint-Chiman, le iS avril.

Monsieur le directeur. — Je prie M. Eugène Veuillot et sa famille, ainsi que MM. les rédacteurs de V Univers, d'agréer la part bien vive que je prends à la douleur que leur cause la mort de M. Louis Veuillot. L'Église a perdu en lui un de ses plus zélés défenseurs, et la France un de ses plus illustres citoyens. J'unis mes prières à celle de ses admirateurs et de ses amis pour obtenir de la divine miséricorde qu'il soit bientôt admis à jouir de la récompense promise aux serviteurs fidèles.

J'ai l'honneur d'être, etc. D. Coural,

aamônier dos franctseains.

Lettre de M. Chavanon, rédacteur en chef de l'Océan, à M. Eugène Veuillot :

Brest, 12 avril.

Vous savez quelle part nous prenons tous ici à la grande épreuve que vous traversez en chrétien ; nous nous associons tous à votre douleur, tempérée par l'espoir de revoir glorieux au ciel celui que nous pleurons avec vous.

Hier, en feuilletant mes papiers, je retrouvai une carte de visite de votre illustre et regretté frère ; elle porte une mention que vous recueillerez peut-être volontiers.

C'était en 1873, sous le ministère de Broglie, après le 24 mai, si je ne me trompe : V Univers fut sacrifié aux susceptibilités allemandes et à la suite de la publication d'une lettre de M*' Plantier, de sainte mémoire. J'écrivis à votre frère

pour lai offrir mon humble tribut de respectueuse et frater-

|^^*^^^yniipathîe. Je publiai en même temps dans les colonnes

^^ Océan une énergique protestation, et je reçus de votre

^^ et vaillant frère une carte que je conserve religieuse-

'^^'ït comme une relique :

LOUIS VEUILLOT Rédacteur en chef de V Univers,

, P^aît que V ordre Bismarck regardait la presse en général, off . ^^^^î^lement la presse catholique, et que V Univers a été J^.^pontanément.

^ i^merciements. Je suis heureux de vos sympathies.

Et pjj '^oî je suis heureux de posséder le souvenir de Tintré-

gç^ji ^^^lète. M** Plantier, Louis Veuillot, quels hommes ! Us

jj^^'^t appartenir aune race disparue.

^U^z agréer, mon bien cher confrère, etc.

H. Ghavanon.

Lettre du R. P. dom Gauthey, bénédictin, abbé de Stiinte-Marie- Madeleine, à Marseille, à M. Eugène Yeuillot :

Abbaye de Sainte-Marie-Madoieine. Marseille, 13 avril.

PAX

Cher Monsieur. — Les sentiments de la congrégation des bénédictins de France, au sujet de la mort de votre illustre frère, vous ont été parfaitement exprimés par notre père abbé général et par le père abbé de Ligugé : ces sentiments sont les nôtres, puisque nous avons la joie d'être des enfants de Solesmes et membres de cette congrégation ; néanmoins nous vous demandons de vouloir bien nous laisser vous donner, nous aussi, une marque de sympathie et de condoléance en cette douloureuse circonstance.

Je ne chercherai pas d'expressions correspondant à notre douleur : je n'en trouverais pas ; je vous dirai simplement que nous avons, à la nouvelle de sa mort, prescrit pour lui les prières que nous faisons pour nos proches parents, et que nous continuons de prier Dieu de mettre bientôt ce vaillant athlète dans le repos de ses saints. Nous l'aimions vraiment comme un frère et comme un père, nous l'admirions comme un puissant géant des grands et longs combats du Seigneur,

ira HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT

nous le vénérions comme un confesseur de la foi orné des plus glorieuses cicatrices, et nous priions sans cesse pour lui au milieu de ses luttes. Nous ne connaissions pas plus que lui cette foi anodine, ces vérités diminuées, cette conciliation entre le bien et le mal, entre Jésus-Christ et Bélial, qui sont tant goûtées de la génération présente.

Nous Tavions salué comme un martyr lorsque seul, dans les temps mauvais , il avait résisté à Tiniquité couronnée et triomphante, et qu'il avait préféré mourir plutôt que de tenir la vérité captive et de ne pas la proclamer contre les cohortes de la Révolution et de Tenfer. Il avait été écrasé, mais non vaincu, et il entendait, quelque temps après, de la bouche de Tinvincible Pontife dont il avait défendu la dignité et l'indépendance, ces paroles du Sauveur : « Heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux. » Oui, le royaume des cieux est maintenant à lui : que Dieu en soit à jamais béni !

A vous, maintenant, cher Monsieur, légataire universel de sa foi, de son zèle et de son épée, de combattre les combats du Seigneur! Sa cause est en bonnes mains : comme votre frère a vous aimez la justice, vous haïssez l'iniquité »; vous mourrez comme lui à la peine, mais vous pourrez dire aussi avec saint Paul : a J'ai conservé la foi, j'ai consommé ma course : il me reste à recevoir la couronne de justice des mains du juste juge. »

Voilà ce que mes frères expulsés ont aimé que je vous dise en leur nom et au mien.

Votre respectueux et dévoué, etc.

•j- Fr. J. -Christophe Gauthey,

abbé.

M. le comte de Brcda écrit à M. Eugène Yeuillot :

Bucharcst, 12 avril (grand hôtol du Boalorard).

Cher Monsieur. — Je serai probablement parmi les derniers à venir vous dire la part que je prends à votre douleur; mais vous savez d'avance que l'éloignement en est cause, et que je ne suis pas un des moins sensibles à la perte que vient de faire le monde catholique tout entier.

J'ai toujours admiré sans réserves M. Louis Veuillot. Je n'ai jamais été de ceux qui auraient voulu retrancher quelque chose à ses hardiesses, adoucir sa verve ou modérer ses nobles et

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 173

généreux emportements. Je m'honore aujourd'hui d'avoir été frappé (à Genève) pour m'être trop montré son partisan, et je considère que personne, de notre temps, n'a rendu autant de services que lui à la papauté.

Bien d'autres pourront en dire autant. Je puis ajouter que, lorsque j'ai eu l'honneur et le plaisir de le voir de près, notamment à Rome, pendant le concile, j'ai pu apprécier ses qualités aimables, et il m'a toujours montré une bienveillance dont je suis fier.

Veuillez, je vous prie, mettre mes respectueux compliments de condoléance aux pieds de mademoiselle votre sœur ; veuillez aussi parler de moi à M. Roussel, dont je devine et dont je partage les sentiments.

La mort d'un tel chrétien offre bien des consolations, mais on ne peut pas ne pas pleurer un frère tel que le vôtre. Croyez que je m'associe pleinement à vous, et agréez l'assurance de la haute considération avec laquelle je suis votre dévoué serviteur, Bréda.

Lettre de M. le comte F. de Sugny à M. Eugène Yeuillot :

Gènotinos, 12 avril.

Cher Monsieur. — Permettez que je m'associe à votre douleur, et soyez assez bon pour offrir à mademoiselle votre sœur et à tous les vôtres l'assurance de ma plus affectueuse sympathie.

Votre illustre frère a reçu la couronne qu'il a si bien gagnée. On ne peut qu'envier le grand serviteur de Dieu et admirer ses vertus. Son œuvre, comme sa gloire, est immortelle. Permettez que je serre bien tristement et très amicalement les mains de celui sur qui s'est si visiblement reposé son esprit.

Tout à vous. F. DE Sugny.

Lettre de M. le comte de Palys à M. Eugène Yeuillot :

Rennes, 12 avril.

Monsieur. — Quoique vous ne connaissiez pas ma personne, ni probablement mon nom, je veux cependant vous exprimer la douleur profonde que me cause la mort de votre illustre frère, dont je suis l'admirateur passionné depuis que je sais lire un journal. Il a parlé pour la dernière fois le jour de la mort du cardinal Pie. Il semble que, par une paternelle

17« HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

prédilection, Dieu voulait empêcher ces deux grands serviteurs de son Eglise de voir toutes les horreurs qui allaient suivre. Mais quelle insupportable privation pour ceux qui l'aimaient et Tadmiraient si entièrement, et à qui il donnait chaque jour d'incomparables jouissances !

Que vous êtes à plaindre, Monsieur, de voir finir cette amitié fraternelle sans nuages, qu'il a racontée en de si délicieuses pages! Quels trésors de tendresses renfermait ce grand cœur, si redoutable quand il le fallait ! et quelle douleur pour vous de n'avoir plus la douceur infinie de ces souvenirs d'enfance que dans un triste et glorieux passé !

Veuillez, Monsieur, au milieu des innombrables témoignages qui vous arrivent de tous les coins du monde, trouver dans ces tristes lignes l'assurance des sentiments d'ardente sympathie dont je tiens à vous offrir l'expression, et celle des sentiments distingués avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre dévoué et affectionné serviteur. Le comte de Palys.

P.-S. — Laissez-moi exprimer le vœu que vous réunissiez en volume les articles de journaux tous à sa louange, tous unanimes, qui sont l'honneur de l'écrivain ; le récit de ses funérailles et les lettres d'évêques, qui sont la gloire du chrétien défenseur de l'Eglise; et enfin, pour épigraphe, cette phrase du seul journal ennemi constatant qu'^V a mérité le même tom^ beau que Pie IX I Aviez-vous jamais rêvé pareil hommage?

Lettre de M. Dausse, ingénieur des ponts et chaussées, en

retraite, un très ancien ami du rédacteur en chef de l'Univers, à

Mlle Veuillot :

Paris, 12 ayril.

Mademoiselle. — J'ai eu l'honneur d'envoyer à votre illustre frère, déjà malade, un opuscule sur M. Gerin, curé de la cathédrale de Grenoble et vicaire général, mort en grande odeur de sainteté en 1868, opuscule où on lit (p. 144) :

a Un soir, nous causions en amis. Quelques-uns n'aimaient guère M. L. Veuillot, mais savaient M. Gerin d'un autre sentiment. <c Oh ! fit l'un d'eux, néanmoins il est par trop méchant! — Que çoulez'vous? répondit derechef M. Gerin, avec sa douceur habituelle et une finesse charmante, il est comme l'abeilley qui laisse son dard dans la plaie, »

Veuillez voir^ Mademoiselle, s'il ne vous plairait pas de mettre une abeille sur les barbes de la plume qui doit être sculptée, à côté de la croix, sur la tombe de celui que nous pleuroQs.

Je suis avec respect, etc. Dausse.

Lettre de M. le vicomte de Rodez-Bénavent, au nom du comité catholique de Montpellier, à M. Eugène Yeuillot :

Montpellier, 12 avril.

Monsieur. — La nouvelle de la mort de M. Louis Yeuillot a produit parmi les catholiques de Montpellier une douloureuse impression, et provoqué de nombreux et profonds regrets.

Interprète de leurs tristesses, et voulant donner à ce grand chrétien, dont la France catholique pleure la perte, un témoignage non équivoque de leurs sympathies, de leur admiration et de leur reconnaissance, le comité catholique de notre cité a, dans sa séance d'hier, décidé qu'un service religieux pour le repos de son âme serait célébré mercredi prochain, à huit heures du matin, dans notre église cathédrale de Saint-Pierre.

C'est ainsi que le comité a pensé pouvoir honorer le mieux la mémoire de cet illustre mort.

Le président a l'honneur de vous en donner avis. Monsieur, et vous prie de le transmettre aux membres de votre famille et aux vaillants écrivains de V Univers,

Veuillez, Monsieur, agréer, etc.

Vicomte de Rodbz-Bénavbnt,

président du comité catholique de Montpellier.

Lettre de M. Emile Lafon à M. Auguste Roussel :

La Bouzaréah, près Alger, 12 avril t.

J'éprouve le besoin de vous remercier, mon cher Monsieur Roussel, des lignes si bien senties que vous avez* données dans VWiivers sur la mort de mon grand ami, et l'hommage si parfait que vous avez rendu à sa digne sœur. On sent à un égal degré, dans tout cet écrit rapide, l'admiration, le respect et raffection pour le maître et pour l'ami.

1. M. Kmilo Lafon, l'un des plus anciens amis de mon frère, nous avait ^rit à ma sœur et à moi dès les premiers jours ; mais de ces lettres intimes, comme des lettres d'autres amis et do la famille, nous n'avons rien à dire ici.

176 HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

Mon si grand regret se confond, vous le comprenez, avec celui de la famille et de la rédaction tout entière.

Je vous prie de dire à chacun de ces messieurs combien je les trouve malheureux d'avoir perdu un maître si apprécié et un ami si dévoué.

Pour vous, mon cher Monsieur Roussel, laissez-moi mêler mes larmes aux vôtres, et croyez à mon attachement scellé du souvenir du grand chrétien que nous pleurons.

Jacques-Émilb Lapon.

Lettre d'un curé du diocèse de Bordeaux à M. Eugène Veuillot:

G..., le 12 avril.

Humble curé de campagne, affecté de la perte du grand catholique, j'adresse mes condoléances les plus vives à M. Eugène Veuillot, à M"* Élise, à toute la famille, comme aussi à tous ces cœurs d'amis qui, semblables au mien, étaient si chaudement unis au cœur du maître. Je prie pour lui et pour eux tous, pour VUniçerSj mon cher hôte de tous les jours, et prierai bien longtemps.

J'exprime aussi le désir qu'on n'apporte aucun retard à la publication de la IV® série des Mélanges, à la collection des innombrables lettres. Il y aura, je le sais, des trésors de grande littérature et de grande foi.

Pax illi et nobis omnibus in Christo Jesu D, NJ S...

de M. l'aumônier de l'hospice d'Avranches à M^*« Veuillot:

Avranehes, 12 avril.

Mademoiselle. — Quoique je n'aie eu l'honneur de vous voir qu'une fois à Rome en 1870, à l'époque du concile, vous me reçûtes si cordialement quand j'allais pour présenter mon respect à votre illustre frère, que je m'enhardis à venir vous exprimer toute la part que je prends à votre deuil, et tout l'amour, toute l'admiration que j'ai pour M. Louis Veuillot. J'ai commencé à le connaître par ses écrits en 1850, et je n*ai cessé d'être l'abonné de son journal que pendant sept ans, en 1860 (le temps de la suppression). Il n'a pas peu contribué à me faire entrer au séminaire en 1852, et à me conserver dans la véritable foi au Saint-Siège et à l'Eglise.

Recevez, Mademoiselle, l'expression, etc. Th. Massy,

aumônier de l'hospice d'Avranches (Manche..

Lettre de M. le supérieur du séminaire de Saint-Cyr à M. Eugène Veuillot :

Petit séminaire de Saint-Cyr de NeyerSi 12 avril.

Monsieur. — J'ai, moi aussi, et je montre comme une relique une lettre de votre illustre frère. En 1867, je lui avais écrit, comme tant d'autres, pour lui exprimer mon admiration, ma reconnaissance. J'avais eu l'honneur déjà de le voir à Rome et de serrer sa vaillante main. Il m'envoya de Paris, le 27 août, « un remerciement très sincère et très tendre pour les sympathies » que je lui exprimais, a J'ai bien, je crois, ajoutait-il, la bonne volonté de les mériter ; la grâce de Dieu et la charité font le reste. »

Sincérité, tendresse, c'est tout son cœur. Je garde cette page comme un trésor ; je l'ai fait passer sous les yeux des professeurs et des élèves de la maison. On a lu publiquement les articles émus de V Univers; et je viens, au nom de tous, vous dire que nous sentons vivement la perte que nous avons faite, que nous partageons de cœur votre deuil et vos douloureux regrets.

Et s'il est permis d'exprimer des vœux en face de cette tombe, je ne serai pas seul, j'en suis sûr, à demander :

i^ Une édition complète, soignée, des Œuvres de M. Louis Veuillot. Je m'inscris d'avance parmi les premiers souscripteurs ;

2* Un monument digne de lui. Je me rappelle qu'en 1871, visitant la grande cathédrale de Cologne, je pensais à notre grand publiciste, en admirant un beau vitrail consacré à la mémoire de Jos. Gœrres, avec cette inscription : CATHOLiCi£ meritatisinGermamiabefensoriglorioso. Il y avait l'image même de Gœrres avec deux figures : saint Boniface et Charlemagne, qui résumaient la grande idée de l'éminent apologiste. Pourquoi le tableau de Saint Léon le Grand et l'image de notre plus illustre écrivain catholique n 'auraient-ils pas leur place dans l'église du Sacré-Cœur ?

3* Un portrait authentique soigneusement gravé, qui aura la place d'honneur dans nos appartements.

Ai-je besoin d'ajouter, Monsieur, que j'ai ofiFert le saint sacrifice de la messe pour votre frère? Je continuerai chaque jour d'acquitter notre dette en gardant son nom à mon mémento.

Croyez-nous toujours dévoués de cœur à V Univers, et agréez, etc. F. Lbmoine,

chanoine honoraire, supérieur du petit séminaire de Satnt-Cyr.

Lettre des religieux capucins de Venise à M. Eugène Ycuillot :

Venise, le 12 avril.

Monsieur. — La mort d'un grand écrivain, vaillant défenseur de la foi, de l'Eglise et du Pape, c'est un malheur pour tout le monde catholique. C'est pourquoi aussi les capucins de Venise, en Italie, en lisant l'annonce de la mort de M. Louis Veuillot, ont éprouvé un sentiment inexprimable de chagrin. Us prennent part à la grande douleur de sa désolée famille, et prient le bon Dieu de récompenser les mérites du religieux et célèbre publiciste, et d'exciter une plume semblable à la sienne.

Avec le plus profond respect,

Les capucins do Très Saint Rédempteur.

Lettre de M. Schseffer à M. Eugène Veuillot :

Robertsau, près Strasbourg, le 12 avril.

Monsieur. — Et moi aussi, je voudrais laisser tomber de ma faible plume un mot de douleur, de regret, de respectueuse admiration, à l'adresse du vaillant lutteur qui, durant tant d'années, a tenu d'une main ferme et triomphante le glorieux drapeau de l'éternelle vérité ; dont la plume fut tour à tour un flambeau, un glaive, une massue, et dans lequel l'Europe de l'avenir saluera le plus grand prosateur du dix-neuvième siècle.

Daignez, etc. A. ScHiEFFER.

Lettre de M. Lalongeay à M. Eugène Veuillot :

Mouzeuil, par Nalliers (Vendée), 12 avril.

Cher Monsieur. — Je ne puis résister au besoin de vous exprimer mes sentiments de sincère condoléance à l'occasion de la mort de votre excellent et admirable frère. Il fut un de mes bienfaiteurs. La lecture de ses livres et de ses articles m'a éclairé, ému et entraîné, au point de me faire tenter de marcher sur ses traces. A son instigation et avec l'aide de ses conseils, j'étais entré dans la presse pour l'imiter et le suivre de loin. La Providence n'a pas permis que je poursuivisse cette carrière, mais mes vœux et mes sympathies ardentes ont toujours suivi l'œuvre commune à vous et à votre frère...

Veuillez agréer, etc. Lalongbat,

propriétaire, ancien rédacteur do la Bretagne,

Lettre de M. l'abbé Claverie, neveu de rancien évêque de Beau- Tais, à la rédaction de V Univers :

Beauvais, le 12 avril.

Messieurs. — Bien que tout à fait inconnu de vous, je sens le besoin de joindre ma voix à toutes les voix plus autorisées que la mienne qui payent au très illustre et très regretté M. Louis Veuillot le tribut si mérité de leurs regrets et de leurs hommages.

'Hier, j'acquittais mon tribut d'affection religieuse pour le cher défunt, en faisant à son intention le chemin de la croix dans ma chapelle de Saint-Joseph de la Délivrance, à la prison.

Neveu du vieil et fidèle ami de M. Veuillot, M«' Gignoux, je me plais à la douce pensée de la réunion de ces deux âmes si bien faites Tune pour l'autre, et se donnant le doux baiser du rendez-vous au sein de la gloire et de la félicité éternelles.

L'ami, le père, le glorieux champion de la justice et de la vérité que vous pleurez, ne vous est pas entièrement ravi.

Soldat généreux, convié aux gloires du triomphe, il vous dit, comme le divin Sauveur à ses apôtres : oc II vous est utile que je parte : je vais vous préparer une place. »

Entré dans la joie du Seigneur et de son maître, debout sur la montagne sainte, il élèvera les bras pour assurer la victoire 'à ses nobles compagnons d'armes, qui continuent dans la vallée les combats du Seigneur. Il éclairera vos voies, fécondera vos travaux, et, de concert avec mon saint oncle, vous garde la couronne immortelle destinée à ceux qui auront soutenu les droits de la justice et de la vérité. Veuillez, Messieurs, agréer, etc. Jos.-Arm. C laverie.

Lettre de M. Tabbé Barrey, curé d'Anstrude (diocèse de Sens), à M. Eugène Veuillot :

Monsieur et chbr parent. — Je viens m'associer au cruel chagrin que la Providence vous envoie. Il m'eût été doux de pouvoir m'unir plus intimement à votre deuil en ce jour; le devoir impérieux me retenait dans ma pauvre paroisse. Autour de ce grand mort, que pleure avec vous l'Eglise catholique, voua avez dû recueillir comme consolation les ardentes sympathies de tous les nobles cœurs.

On a dû vous redire les vertus et les mérites de votre illustre frère ; il ne me revient qu'un rôle plus modeste. Je suis un

membre fort humble de votre famille : je viens simplement prendre ma part de vos douleurs, et payer au regretté défiint la dette de ma reconnaissance. Il avait daigné s'intéresser à un pauvre petit villageois qui aspirait aux redoutables fonctions du sacerdoce, il lui donnait de bienveillants conseils lorsqu'il était sur les bancs du petit séminaire. Plus tard, quand la bonté de Dieu m'appela au sublime honneur de me consacrer corps et âme au service de Dieu et de la sainte Eglise, il avait daigné venir à cette touchante cérémonie, qui était pour lui une fête de famille. Je regarde comme l'un de mes plus précieux souvenirs cet acte de haute bienveillance. J'ai tenu à exprimer devant Dieu ma reconnaissance. Ce matin, j'ai été heureux de me sentir prêtre ; et quand le Christ eucharistique est descendu entre mes mains, je l'ai supplié d'admettre au séjour d'jéternelle paix le grand chrétien que nous pleurons. Depuis, au milieu de toutes les prières de la sainte liturgie, me revient le souvenir du cher défunt ; je prie ardemment mon Dieu de se montrer clément à celui qui a si longuement et si énergiquement défendu sa cause.

Veuillez offrir, etc. ër. Barrey,

curé d'Anstnide (Yonne).

Lettre de M. Tabbc Bauuard, supérieur de l'école Saint-Joseph de Lille» ancien professeur d'éloquence sacrée à la faculté des lettres catholiques, à M. Auguste Roussel :

Je suis bien uni à vous de cœur, de prière et d'espérance chrétienne, dans le deuil où vous laisse la mort de votre vaillant chef et noble ami, le bonus miles Christi par excellence. Cursum consummavit, fidem servavit.

C'est un regret universel dans notre Flandre catholique, et ce grand nom est sur toutes les lèvres.

Que ses lettres seront belles à publier! Baunard.

On écrit du Mans à V Univers :

Le Carmel du Mans a eu la bonne pensée d'offrir à Notre- Seigneur une communion générale pour l'âme de Louis Veuillot.

On écrit de Troyes :

La communauté des sœurs de Bon-Secours de Troyes, dont une des religieuses était placée près de M. Louis Veuillot en

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 181

^a dernière maladie, a fait une communion générale pour l'âme de rillttstre défunt.

Lettre du R. P. dom Aimé Graux, bénédictin, qui fut autrefois de la Société de Saînt-Bertin, à M. Auguste Roussel :

PAX

Mon cher ami. — Dans ce deuil universel, je sens

qa*après sa famille, — et je dirais volontiers avec sa famille, — vous êtes atteint personnellement: vous étiez si intimement uni à l'existence du grand écrivain, que le coup qui est venu la briser a dû vous déchirer bien cruellement.

Malgré ce brisement, quelle consolation et quel encouragement pour vous, mon cher ami, d'avoir connu, aimé et suivi de si près celui qui restera le maître et le modèle de tous ceux qui se sentiront le cœur de se dévouer à la défense de la même cause !

Vous vous rappelez sans doute, mon cher ami, quels généreux élans éveillaient parmi nous toutes les publications du grand polémiste catholique. Louis Veuillot n'avait pas de milieu plus sympathique que celui dans lequel s'est formée notre jeunesse. Comme nos cœurs vibraient d'admiration pour son talent incomparable, d'enthousiasme pour les nobles causes dont il prenait la défense , et d'ardente sympathie pour ce caractère si généreux et si chevaleresque ! Il était si fier d'être le soldat de Dieu ! et sa plume était une si vaillante épée au service de tous les droits opprimés ! Que de fois, en présence des infamies que nous subissons, notre conscience soulevée s'est écriée : a Ah ! si Louis Veuillot était encore là !... »

Ces souvenirs déjà lointains, auxquels je fais appel, forment pour nous une véritable auréole autour du nom de Louis Veuillot. Et c'est dans ce sol si bien préparé, dans lequel tombaient comme des semences fécondes les nobles inspirations de l'illustre écrivain, que votre vocation — car c'en est une véritable — a germé sous le soufQe de la Providence. N'était-il pas juste que Louis Veuillot trouvât dans cette famille de Saint-Bertin, qui lui avait voué une si sincère admiration et un si profond attachement, un de ses plu^s fidèles disciples et l'un des héritiers de son œuvre ?

Recevez, mon cher ami, etc. P. AiMé Graux,

18a HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT

Lettre de l'aumônier du couvent des religieuses franciscaines de la Devèze (Cantal) aux sœurs qui avaient assisté Louis Veuillot dans sa dernière maladie :

Je reçois à l'instant votre lettre, écrite probablement auprès du cher défunt, et les quelques lignes de sœur Marie-Joseph, ajoutées à la lettre de sœur Marie-Bernard après l'enterrement. Tout cela nous intéresse au plus haut point, et nous dévorons les lettres et les journaux.

Ce que vous me dites du concours à la chambre mortuaire et à l'enterrement ne m'étonne pas : la mort, qui rapetisse singulièrement la fausse grandeur, donne à celle qui est vraie des proportions presque infinies ; or, qui fut plus véritablement grand aux yeux de Dieu et aux yeux des hommes que celui que l'Eglise et la France pleurent ?

J'ai toujours aimé et admiré Louis Veuillot; mais, depuis qu'il nous a quittés, il ne m'apparaft plus qu'avec l'auréole de la sainteté et du génie, sur le même rang que ces grands hommes suscités de Dieu, qui ont défendu et illustré l'Eglise de Jésus-Christ par leurs paroles, par leurs écrits, par leurs vertus. Quelle gloire sur la terre! — ce qui est bien peu de chose — mais quelle gloire au ciel ! — ce qui est tout !

Robert.

La lettre ci-après paraîtra particulièrement émouvante. Elle est de ce P. Mortara, né de parents juifs, baptisé encore enfant par une serrante, et au sujet duquel Louis Veuillot eut à soutenir une si formidable polémique contre la presse révolutionnaire ameutée, de complicité avec la plupart des gouvernements.

Le R. P. Mortara à M»e Veuillot :

Chiclana, San-Teimo, proy. de Cadix (Espagne), le 13 avril.

Mademoiselle. — C'est hier seulement que j'ai appris par le Siglo futuro la douloureuse nouvelle de la mort de M. Louis Veuillot, votre frère. J'ai pensé que le silence, en pareille circoDstance, serait contraire à toutes les lois de la convenance, et je m'empresse de vous transmettre les sentiments de ma plus vive condoléance.

Loin de moi la prétention de me mêler aux panégyristes distingués et compétents qui ne manqueront pas de rendre hommage à la mémoire de ce grand homme ! Admirer et me taire, c'est le seul rôle qui me convient. Cependant, pour ce qui me regarde en particulier, il me sera bien permis de déposer sur sa tombe la modeste violette de la plus profonde et sympathique reconnaissance.

Le nom de M. Louis Veuillot est pour moi inséparable de celui de mon auguste et regretté protecteur et père, l'immortel Pie IX. Dans ces longs six mois d'une polémique ardente et acharnée, en butte aux attaques et aux outrages de la presse jQcroyante et impie, M. Louis Veuillot, en soutenant à mon sujet les droits les plus sacrés de l'Église ma sainte Mère, en se faisant l'organe de sa doctrine et de ses traditions, en offrant enfin sa vaillante et généreuse poitrine aux traits les plus acérés des passions déchaînées, M. Veuillot fut un vrai mar^ tyr, et partagea avec Pie IX cette paternité douloureuse à laquelle je dois, dans l'ordre surnaturel, le plus grand de tous les biens, la connaissance du Verbe incarné eX la grâce incomparable d'être un membre de l'ordre sacerdotal de son Église.

Mon deuil est donc celui que seule peut inspirer cette Eglise qui m'a adopté pour régénérer et sanctifier mon âme et celle des autres.

Je pleure le meilleur des amis ; je dirai mieux, je le prie et rinvoque, ce vaillant soldat que je crois déjà en possession de la palme immortelle qui lui est due. Avec quels sentiments de profonde émotion ne relirai-je pas, à vingt-quatre ans de distance, ces belles pages qui, comme toutes les autres sorties de la plume de votre regretté frère, montrent jusqu'à quel point Tesprit de l'Eglise peut faire d'un simple laïque un théologien et un apôtre. Jamais je n'oublierai cette parole de Pie IX à son égard : Seul il a été dans le vrai. C'est son plus bel éloge et la réponse aux injustes récriminations.

Je serais inconsolable si je ne savais et n'étais assuré que sa vie mortelle a été changée en une meilleure et impérissable. Cependant j'ai déjà offert le saint sacrifice et prierai toujours pour cette âme qui m'est si chère ; je me sentirai dédommagé en partie de sa perte, par la pensée que son nom n'a pas disparu ; je l'aimerai et respecterai toujours en vous. Mademoiselle, et en M. Eugène Veuillot, en qui vit déjà toute la noble et grande âme du frère que nous pleurons, et auquel je vous prie d'offrir aussi mes condoléances, ainsi qu'à MM. Jules Morel, Auguste Roussel, Arthur Loth, ses dévoués collaborateurs. Oserai-je vous prier de me communiquer ce qui s'écrira à son sujet, et surtout de me destiner quelque objet qui ait été à son usage? Ce sera pour moi une relique j que j'unirai à celle que je garde de Pie IX.

Dans les sentiments du plus respectueux, etc.

P. DOM Pie m. Mortara.

Dépêches de Rome :

Rome, 13 avril, 11 h. 10 matin.

Aujourd'hui, un service funèbre pour l'âme de M. Louis Veuillot a été célébré en l'église du Sacré-Cœur, place Navone.

M^ Battandier, vicaire général de S. Ém. le cardinal Pitra, évêque de Frascati, a célébré la messe.

L'absoute a été faite par M»"" Taliani, ancien auditeur de la nonciature apostolique à Paris. Et l'émotion visible du prélat a pénétré toute l'assistance.

La messe était accompagnée en musique par Terziani.

Etaient présents M*' Tripepi, M^ Galimberti, tous les représentants de la presse catholique et les prêtres français présents à Rome.

Rome, 13 avril, 11 h. 50.

Par les soins du R. P. Jouet, un service solennel pour Tâme de M. Louis Veuillot a été célébré en Téglise du Sacré- Cœur, place Navone, par M»"^ Battandier, vicaire général de Frascati.

L'absoute a été faite par M^' Taliani. Dans Tassistance, on remarquait le R™* abbé des religieux trappistes, M»' Tripepi, M»' Clerc, M*' Galimberti, MM. de Benque et Vandhaen frères, du collège Poli, les Petites Sœurs des Pauvres, nombre d'ecclésiastiques français et italiens, M. des Houx et la rédaction tout entière du Journal de Home,

Le service était solennel, le catafalque très orné, la musique excellente.

Lettre de M. le chanoine Maunoury à M. Eugène Veuillot :

Séez, le 13 avril.

Monsieur. — Je lis avec une émotion profonde les témoi- ^ages d'admiration et de reconnaissance que l'on rend de toutes parts au grand chrétien que nous venons de perdre. Comme je suis peu de chose, j'hésitais h vous exprimer mes sentiments. Cependant je vois plusieurs personnes distinguées se faire une question à laquelle je voudrais hasarder une réponse. Pourquoi Dieu nous a-t-il privés de ce vaillant homme au moment où nous avions tant besoin de son secours? est-ce notre infidélité qui en est cause ? Peut-être. Mais, autant qu'il est permis de le penser en considérant l'histoire, je crois que Dieu est attentif à persuader aux hommes que c'est lui seul qui soutient son Église. Il lui donne parfois de beaux talents et de grands courages qui la servent bien; puis il les écarte. Lorsqu'ils ont travaillé pendant quelque temps, il les appelle pour les récompenser, et il se charge de compléter leur œuvre : Complevitlabores eorum.

Votre illustre frère a travaillé pour Dieu avec un dévouement infatigable pendant un demi-siècle. La couronne du bon et lidèle serviteur était prête.

L'œuvre que Louis Veuillot a commencée et poursuivie, avec

18C HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT

la protection manifeste de Dieu, s'achèvera. Elle se continue par vous et ses amis avec quelque gloire. Soyons patients : quand le temps sera venu, Jésus-Christ montrera encore une fois au monde qu'il est le Sauveur, Agréez, Monsieur, etc. A. Maunoury,

chanoine.

Lettre de M. l'abbé Douillet, curé doyen de Corbic, diocèse

d'Amiens, à M. Pierre Veuillot :

Corbio, 13 avril.

Monsieur. — Je n'ai pas osé me mêler à ces personnages éminents qui de tous les horizons ont envoyé Texpression de leur douleur sur le cercueil de Téminent écrivain que l'Eglise vient de perdre. Je crains cependant qu'en écoutant les sentiments de l'humilité la plus légitime, je ne paraisse indifférent; ce qui ne peut être, car je sais, moi aussi, ce que je dois à V Univers, dont j'ai été le lecteur assidu depuis 1840, et plus d'une fois, pour répondre à des critiques, j'ai dit que, si je valais quelque chose, si j'avais eu l'énergie de faire quelque bien, je le devais en grande partie à ce journal unique en son genre, et V Univers , c'est la création de M. Louis Veuillot. Vous voyez combien je m'associe de tout cœur à votre douleur. Je n'oubliç pas, d'ailleurs, que le grand chrétien était un dévot de sainte Colette, qu'il est venu vénérer à Corbie, et je prie cette sainte de protéger et de soutenir dans la continuation de son œuvre ses légitimes héritiers et les dépositaires de ses pensées et de ses sentiments.

3 'ai l'honneur d'être, etc L'abbé Douillet.

Lettre de M. Coulin, prêtre de Marseille, à la rédaction de

V Univers :

Marseille, 13 avril.

Messieurs. — L'événement qui plonge la France chrétienne dans la consternation m'a réduit au silence. Je connaissais personnellement notre bien-aimé Louis Veuillot. Qu'aurais-je pu dire à sa famille si intéressante dans une circonstance aussi douloureuse? Lecteur assidu de V Univers depuis son premier numéro jusqu'à ce jour, je peux dire que mon estime et mon affection n'ont fait que s'accroître pour ce vaillant soldat de Jésus-Christ.

A la nouvelle de sa mort, mon premier cri a été : Quomodo

HOMMAGES A LOUIS YEUILLOT 187

cecidit poiens, qui sahum faciebat populum Israël ? Ce peuple sans consolation désespérait de pouvoir rencontrer un général capable de remplacer celui qu'il avait perdu. Plus confiant en la Providence que^ les Israélites, j'ose espérer de la divine miséricorde que l'Église trouvera des âmes fortes, énergiques et dévouées, dévorées de ce saint zèle qui appartient à la race choisie, destinée à sauver ceux qui ne refusent pas le salut.

J'ai lu dans V Univers qu'il n'y a pas eu de discours sur la tombe de notre regretté Louis Veuillot. Le contraire m'aurait centriste. Non, il ne fallait là que le silence. L'orateur, quel qu'il fût, n'aurait-il pas, malgré lui, tempéré l'ardeur d'un grand feu? Une oraison funèbre dans une grande église me parait indispensable.

J'offre à M. Eugène Veuillot, à tous les membres de son estimable famille, ainsi qu'à vous, Messieurs, l'hommage de ma vive sympathie et mes condoléances les plus sincères.

Agréez, je vous prie, etc. Coulin,

prôtre.

Lettre de M. le curé de Vesdun, diocèse de Bourges, à M. Eugène Veuillot :

Vcsdun, 13 avril.

Monsieur. — Permettez-moi de joindre à tant et de si illustres témoignages rendus à la mémoire vénérée de Louis Veuillot l'humble hommage de la vive admiration et de l'affection sincère que j'éprouvais déjà, dès mon petit séminaire, pour le magnanime défenseur du Vicaire de Jésus-Christ et de la tendre mère de nos âmes, la sainte Eglise de Dieu.

Dii^nez agréer, etc. . A.-J. Guillon,

curé do Vesdun.

M. Labouré, chanoine d'Arras, écrit à M"* Veuillot et la prie de vouloir bien agréer « l'expression de sa respectueuse sympathie et des regrets que partagent avec elle tous les cœurs dévoués à son illustre frère et à la sainte Eglise catholique, dont il fut le fils le plus illustre et le défenseur généreux ».

Lettre du sous-prieur des Carmes expulsés de Bordeaux, qui ont trouvé un refuge en Espagne, à M. Eugène Veuiilot :

FAX CHRISTI.

Cannel de Burgos, 13 avril.

Cher Monsieur. — A la première nouvelle du grand deuil qui vient de vous frapper, nous tous, membres expulsés du Garmel de la province de Bordeaux, en résidence ici, nous nous sommes intimement unis à votre douleur, et nous avons offert à Dieu nos prières et nos suffrages pour le repos de l'âme de ^J. Louis Veuiilot.

Il est mort dans la paix du Seigneur, et, nous le remarquons non sans consolation, un samedi, jour où Notre-Dame du Garmel étend plus spécialement sa protection sur ses dévoués confrères du scapulaire. M. Louis Veuiilot a trop pieusement porté, trop vaillamment défendu ce saint habit pour n*avoir pas été ce même jour du nombre des heureux délivrés qu'Elle introduit au ciel. Nous en avons la douce confiance. Toutefois nous prierons encore pour cette âme si chère à tous les catholiques, pour ce cœur intrépide, en même temps si humble et si doux, qui a tant aimé Jésus et sa très sainte mère la vierge Marie, — le souverain Pontife et TÉglise. Notre R. P. prieur, s'associant à nos pensées et à nos regrets, veut qu'un service solennel soit célébré dans l'église de notre couvent de Burgos pour le repos de l'âme de M. Louis Veuiilot, mardi prochain, 17 avril, à neuf heures et demie.

Puisse ce témoignage de notre vive sympathie adoucir votre douleur, celle de M"« Élise Veuiilot et de tous les membres de votre honorable famille î

Votre bien humble serviteur. Frère Athanase,

do l'Immaculée- Conception, sous-prieur des cannes déchaussé do Bordeaux, en résideneo à Burgos (Espagne).

Lettre d'un ami de Metz à M. Eugène Veuiilot :

Met/., 13 avril.

Monsieur Eugène Veuillot. — C'est avec la plus vive dou leur que j'ai appris par V Univers la mort de votre bien-aime frère M. Louis Veuiilot, ce grand soldat de Jésus-Christ, intrépide défenseur de l'Église, de la papauté, de la religion et de toutes les saintes causes. Abonné et lecteur assidu de VUnn'ers depuis quarante ans, personne plus que moi n'admirait son

courage, son désintéressement et son abnégation, son dévouement, son amour pour la France et son roi : toujours sur la brèche. J^espérais qu'il verrait le triomphe de TÉglise. Dieu en a décidé autrement : que son nom soit béni.

J'avais un cuite pour votre bon frère : aussi n'avait-il pas peu contribué, par son journal et ses livres, à me ramener a mes devoirs religieux et à braver le respect humain. Je prie Dieu pour son âme. J'espère qu'il est ou sera bientôt auprès de Dieu, pour recevoir la récompense du bon, courageux et fidèle serviteur.

Veuillez faire part à votre incomparable sœur et à tous les vôtres de mes regrets bien sincères et de mes espérances.

Je suis, etc.

Lettre de M. J. de Castillo, au noviciat des Jésuites en Espagne.

à M"« Veuillot :

Murcte, 13 avril.

Mademoiselle. — J'ai appris avec la plus vive douleur la perte incomparable que vous venez d'éprouver. En prenant une très grande part à votre juste peine, je joins mes condoléances et le témoignage de ma sympathie à tant d'autres qui vous sont adressés.

Et cependant, permettez-moi de vous le dire, s'il y a une consolation ici-bas pour une si grande perte, vous l'avez assurément. Mademoiselle : car vous êtes persuadée que monsieur votre frère était un prédestiné, qui a non seulement rempli son temps de la gloire de son nom, mais, ce qui vaut bien plus, s est acquitté à son grand honneur de la mission difficile que la Providence lui avait assignée, d'être en France le soldat de l'Eglise, soldat sans peur et sans reproche (et nous pourrions ajouter sans rival), dans la lutte inégale et terrible qu'il a eue à soutenir pendant quarante ans contre de nombreux et formidables adversaires.

Quant à moi, ayant admiré son grand talent et ses vertus, autant que j'ai été honoré de son amitié bienveillante, je ne saurais lui refuser la dette de gratitude que j'ai envers lui. Aussi les hôtes de la rue de Varennes vivront dans mon souvenir jusqu'à ce que le bon Dieu nous réunisse tous dans le ciel.

Du jour où j'ai appris votre malheur, j'ai offert mes communions et beaucoup de prières tant pour le cher défunt que pour vous. Plaise au Seigneur d'augmenter maintenant la ré-

signation et Ténergie qu'il vous avait si généreusement accordées pendant la maladie de notre cher maître! Je bénis chaque jour le Seigneur de m*avoir amené à cet heureux port, et ne cesse de demander dans toutes mes prières des grâces spéciales pour vous, pour M. Eugène (que je salue cordialement ainsi que sa famille), et enfin pour les héroïques et chers collaborateurs de V Univers.

Votre dévoué et très reconnaissant ami et serviteur en N.-S. J. Castillo, s, /.

Lettre du R. P. Roux à M"* Veuillot :

Bordeaux, 13 avril.

Mademoiselle. — C'est bien un peu tard venir vous dire mes regrets et vous exprimer la part que j'ai prise à l'épreuve qu'il a plu à Noire-Seigneur de faire sentir à votre cher foyer. Ici nous participons à toutes vos tristesses, et VUnivers a en nous ses plus attristés lecteurs. M. Louis Veuillot a été pour nous un constant ami et un véritable modèle. Aussi j'ai toujours essayé de suivre ses conseils, et je n'ai cessé de répandre partout V Univers f en raison du bien qu'il faisait partout. 11 continuera, nous n'en doutons pas, de répandre les doctrines si saines que M. Louis Veuillot a toujours aimées, et dout il serait si désirable que la jeunesse fût partout nourrie en notre temps.

J'ai ça et là reconnu l'accent des Pères de la Compagnie dans les lettres que vous avez déjà reçues, et je n'en ai point de surprise, car la douleur a été grande dans la Compagnie.

Veuillez, Mademoiselle, vous assurer, etc. Roux, S, 7.

Lettre de M. Amédce [de Margerie, doyen de la faculté catholique des lettres de Lille, à M. Eugène Veuillot :

LiUe, 13 avriL

Monsieur. — Je n'ai pas l'honneur de vous connaître personnellement. Mais votre deuil, qui est celui de toute la France chrétienne et de toute l'Église, me dispense de la cérémonie d'une introduction. Je me permets de vous dire combien j'ai admiré et aimé, pendant près de quarante années, votre illustre frère, quel souvenir charmé j'ai conservé de la seule occasion que j'aie eue de passer quelques heures avec lui, quelle sym-

pathie j'ai eue pour ses épreuves, quelle gratitude je conserve de ses incomparables services à la bonne cause.

Tout a été dit sur cette plume merveilleuse, à laquelle les pires ennemis ne pouvaient refuser leur hommage, sur cette indomptable vaillance qui n'a jamais su ni reculer ni fléchir devant aucun péril. Mais je ne sais si on a assez connu les trésors de tendresse que contenait cette âme intrépide. Us m'ont fait souvent penser à saint Jérôme, qui avait les mêmes délicatesses avec les mêmes vigueurs. Il y a, en particulier, dans Çà et là (si je ne me trompe) des pages à votre adresse que j'ai relues bien des fois, et jamais sans émotion, tant je les sentaies vraies et tant elles étaient d'accord avec ce que j'éprouve moi-même en pensant à cette fraternité d'armes qui, autant que les liens du sang, m'unit à mon frère.

Je n'ai pas besoin de vous dire, Monsieur, que de mon mieux je paye et je payerai à votre illustre frère ma dette de reconnaissance en prières pour son âme. Il a aimé par-dessus toute chose le Christ et son Eglise ; il a toujours combattu et souvent souffert pour Lui et pour Elle. Et vous avez tout lieu d'espérer qu'il a déjà entendu la parole : Euge, serve bone^ intra in gaudium Domiiti tui. Mais l'Eglise veut qu'on prie toujours pour les morts, et c'est un devoir auquel je ne manquerai pas.

Recevez, etc. Amédée ob Margerie,

doyen de la faculté catholique des lettres.

Lettre de M. de Sormain, de Paray-le-Munial, à M. Eugène Veuillot :

13 avril.

Monsieur. — Abonné fidèle de VUnivers depuis 1840, j'ai vécu ce long espace de temps en communauté de pensées et de sentiments avec votre illustre frère, et j'ai appris à le bien connaître et par conséquent à beaucoup l'aimer. Comment aurais-je pu résister au puissant attrait de ces écrits qui révélaient à chaque page la grandeur de son esprit et la bonté de son âme ? Permettez-moi donc, comme à un des meilleurs amis de votre famille, de m'associer à une douleur que je ressens si vivement, et de vous offrir en mon nom et en celui de mon gendre, Antoine de Ponnat, l'expression de notre profonde et respectueuse sympathie.

Votre très humble et bien dévoué serviteur,

H. DE SORMAIN.

Lettre de M. de la Loge à M. Eugène Yeuillot :

Angers, 13 avril.

Monsieur. — Je n'avais pas à vous dire des premiers la part que j*ai prise à la mort de monsieur votre frère, mais je ne veux pas tarder cependant davantage à vous exprimer ce que d'autres plus autorisés vous ont dit en des lettres qui resteront comme la plus belle oraison funèbre de M. Louis Yeuillot, du grand lutteur pour la cause de TÉglise. Voulez-vous me permettre, Monsieur, de vous soumettre une idée qui m'est venue, et qui, si elle pouvait se réaliser, serait l'expression de la reconnaissance des catholiques envers celui qui a tant fait pour eux? Ils n'ont point à prendre la place de la famille, à laquelle revient l'honneur et la consolation de lui élever un tombeau ; mais ne pourraient-ils pas contribuer pour une part dans l'ornement de ce monument ?

Voici comment je comprendrais la chose : on ouvrirait une souscription à 1 franc, par exemple, dont le produit servirait à faire exécuter en bronze une inscription surmontée de cette plume vaillante qui a tracé tant de pages admirables ; on y graverait ces vers si touchants, témoignage d'une foi qui reçoit maintenant, nous en avons la conviction, son immortelle récompense. Le buste du grand chrétien rappellerait ses traits, et au-dessus la croix, qu'il a tant aimée, redirait à tous que celui qui repose maintenant dans le champ des morts s'en est allé plein de confiance voir Celui auquel il a cru, et qui le ressuscitera glorieux un jour.

Je ne sais, Monsieur, si vous trouverez l'idée que je vous soumets acceptable ; mais vous me pardonnerez, j'en suis sur, en faveur du motif qui me fait agir. Veuillez, dans tous les cas, agréer la nouvelle expression de mes sentiments dévoués et bien distingués. F.-C. de la Loge.

Lettre de M. le vicomte de Guitaut à M^^» Veuillot :

Changy-les-BoU (Loiret), 13 ayril.

Mademoiselle. — C'est avec une bien vive émotion que j'ai assisté mardi aux funérailles de monsieur votre frère, pensant à tout ce que vous perdiez, à tout ce que perdait l'Eglise, et voyant un si éclatant hommage rendu à son talent, à son caractère, et par là même k la vérité qu'il avait défendue. C'est un triomphe qui a dû adoucir l'amertume de la séparation et

dont j'étais heureux pour vous. Je pensais aussi à toutes les bontés que M. Veuillot avait eues pour moi, à la part si ^ande qu'il avait prise à rétablissement de ma vie ; et vous me permettrez, dans ces sentiments de reconnaissance et d'affection, de ne pas vous séparer de lui.

Je vous prie, Mademoiselle, de vouloir bien agréer mon très respectueux hommage. Vicomte de Guitaut.

Lettre de M. Alexis Fay à M. Eugène Veuillot :

Home, 13 avril.

Monsieur. — J'apprends, en revenant d'un pèlerinage aux différents sanctuaires d'Italie, la douloureuse nouvelle de la mort de votre cher frère, ce bon et excellent ami, pour lequel je priais encore de si bon cœur ces jours derniers à Assise et à Notre-Dame de Lorette.

Recevez, Monsieur, vous, le digne continuateur de son œuvre, de sa foi et de son dévouement, l'expression de la part bien vive que je prends à votre douleur et à celle de toute sa famille.

11 est des amitiés qui créent une parenté ; et, à ce que ressent mon cœur, je comprends que cette parenté existait entre votre frère et moi.

Un bon chanoine de Cambrai, avec lequel je voyage, dira demain sa messe pour celui que nous regrettons, et j'y communierai pour lui de toute mon âme.

M** Mermillod, que j'ai vu ici aujourd'hui, m'a chargé de vous dire que la mort de votre frère avait profondément impressionné le Saint-Père, les cardinaux et toute la presse catholique de l'Italie. C'est là un hommage rendu à la mémoire de votre frère bien fait pour vous toucher, ainsi que tous ceux qui l'ont aimé.

Croyez, Monsieur, etc. Alexis Fay.

Lettre d'un Basque à M. Eugène Veuillot :

Après la demière prière.

Sur ma fosso plantez la croix; Et, si l'oa me donne une pierre, Gravez dessus : J'aicru.je vois.

Monsieur. — Nous nous sommes tous unis pour la dernière prière^ vous ayez dû piaf i ter la croix, A nous, lecteurs de VUni-

vers, admirateurs et amis de Louis Veuillot, il nous reste, ce me semble, à donner cette pierre.

Je m'étonnais que personne n'exprimât cette idée, qui était certainement dans bien des cœurs. Je suis heureux de trouver aujourd'hui dans V Univers la lettre de M. de la Loge, proposant une souscription dans ce but ou a peu près.

A vrai dire, je préférerais un simple bloc de beau granit, avec ces mots :

J'eii cru, je vois, et le nom :

Mais je me rallie bien volontiers à ce que vous déciderez.

Un Basque.

Lettre de M. le comte de Waldbott-Bassenheim à M. Eugène Veuillot :

Saint- André (Belgiqae), 13 avril.

Monsieur. — Je regrette vivement d'avoir été empêché par un concours de circonstances de vous exprimer avant ce jour la part bien sincère que je prends au deuil qui vous frappe et qui frappe avec vous la grande famille catholique.

La perte causée par cette mort est ressentie bien au delà des frontières de votre pays, et il me suffit de faire valoir mon titre de catholique pour y trouver le droit de m'associer à votre douleur.

La cause catholique a perdu une plume puissante entre toutes : nous avons le droit de croire qu'elle a gagné de tout aussi puissants suffrages.

Veuillez, etc.

Comte de Waldbott-Bassenheim.

Lettre de M. Bourgeois-Damiens à M. Auguste Roussel :

Chapelle-des-Bois (Vendée), 13, avril.

Monsieur. — Nous avons reçu ici, le lendemain àmidi, l'avis de la mort de notre bien cher et vénéré M. Louis Veuillot, que rien ne faisait prévoir. Combien ont dû être afQigées sa famille et la rédaction, si j'en juge par les sentiments que j'ai entendu exprimer par nos amis!

Ma faible voix n'est rien pour le dire, mais je désire au moins que vous le sachiez.

Elevé dans ratmosphère libérale, si je suis devenu si attaché à l'Église (la seule joie que j'aie goûtée au milieu d'une vie des plus pénibles), c'est à la lecture de M. Louis Veuillot que je le dois. Peut-être en est-il d'autres dans le même cas, et de^ funcius adhuc loquitur : ses livres continueront ses travaux.

Agréez, etc. Bourgeois-Damibns.

Je me borne à mentionner à cette date, comme pour les jours précédents et les jours suivants, divers billets et cartes, et aussi un grand nombre de lettres d'abonnement où se trouvait un mot d'ardente sympathie pour Louis Veuillot et son œuvre.

Leltre de M>'' l'évéque de Rodez à M. Eugène Veuillot :

Eyôché de Kodez, 14 aTril.

Cher Monsieur Veuillot. — J*étais en cours de visite pastorale quand j*ai appris la mort de votre regretté frère. A ma rentrée à Rodez, je m'empresse de vous envoyer la douloureuse expression de mes condoléances, pour la perte que vous venez de faire, et que la cause du bien fait avec vous.

M. Louis Veuillot fut un grand écrivain, et, ce qui est meilleur, un grand chrétien. Les nombreux services qu'il a rendus à rÉglise ne sauraient être oubliés; et si parfois les ardeurs de la lutte lui ont créé des contradicteurs et des adversaires, tout le monde s'accordera à reconnaître le talent de premier ordre et la noblesse du caractère de ce grand champion de Dieu et de ses droits.

J'ai dit la messe pour lui ce matin, et je désire qu'à la paix de cette âme qui aima la vérité et la justice avec passion, le Consolateur suprême ajoute pour vous tous ce baume particulier que donnent aux plus cruelles blessures les saintes espérances de l'éternité.

Veuillez agréer, etc. -}• Ernest,

évoque de Rodez.

Lettre du R. P. Sempé, supérieur des missionnaires de Notre- Dame de Lourdes, à M^^» Élise Veuillot :

Notre-Dame de Lourdes, le 14 avriL

Mademoiselle. — Souffrant moi-même, je viens tard vous dire la vive part que je prends à votre immense douleur. Dieu seul connaît ce que vous souffrez, lui qui a réuni dans votre cœur toutes les tendresses et tous les dévouements d'une sœur et d'une compagne, d'une fille et d'une mère envers un frère dont le cœur égalait le génie. La bonté du Seigneur a placé le remède à côté du mal, votre amour de la croix et de la sainte

volonté de Dieu. Votre âme d'ailleurs le suit au ciel par une invincible espérance.

Je vous prie, Mademoiselle, d'offrir à M. Eugène Veuillot tous mes sentiments de douloureuse sympathie en lui envoyant les lignes ci-jointes, hommage des Annales de Notre-Dame de Lourdes à la mémoire du premier et du plus grand défenseur de la Grotte. Nos prières ne cesseront pas de longtemps pour cette âme bien-aimée.

Veuillez agréer Thommage, etc. Sempé.

Lettre d'un prêtre du diocèse de Luçon :

Je dois à la lecture de VUnivers, et des ouvrages de M. Louis Veuillot en particulier, l'abandon des pernicieuses doctrines libérales, et mon retour à la vérité pure et fortifiante.

Le bienfait est immense, et je pleure M. Louis Veuillot comme on pleure un insigne bienfaiteur.

Lettre du sous-prieur de l'abbaye de Notre-Dame des Neiges à M. Eagène Veuillot :

Notre-Dame des Neiges, près Saînt-Laurent-les-Bams (Ardècho), 14 avril.

Cher Monsieur. — C'est au nom de toute la communauté de Notre-Dame des Neiges et en mon nom personnel que j'ai l'honneur de vous offrir, ainsi qu'à votre famille afQigée et à toute la rédaction de V Univers, l'hommage de sympathique condoléance pour la perte immense que vous venez de faire.

La nouvelle de la mort de votre saint et illustre frère est venue nous surprendre dans notre solitude comme un coup de foudre. Il est vrai que, depuis plusieurs années, une cruelle maladie le tenait éloigné des luttes de la presse ; mais on sentait qu'il était là, qu'il vous inspirait de son génie et de ses conseils. Sa présence morale vous soutenait, et jetait un vif éclat sur la rédaction de V Univers, Le bon Dieu nous enlève ce grand chrétien, cet admirable et intrépide lutteur, à l'heure même où ie clergé, les moines et les religieux persécutés auraient eu un plus pressant besoin de sa plume d'acier et de son indomptable courage pour soutenir notre cause et peut-être faire reculer les ennemis de l'Église.

Dans votre douleur, cher Monsieur, vous devez être bien consolé en admirant ce concert unanime d'éloges qui s'élève

de tous les partis à la mémoire de votre bien-aimé frère. Tous, amis et adversaires, chrétiens, indifférents et même impies, le proclament à Tenvi, non seulement le premier littérateur, un grand écrivain, un polémiste de premier ordre, mais avant tout rillustre défenseur de toute cause catholique, Thomme aux principes inébranlables, à la foi inflexible, qui ne souffre aucune concession, ce qui est bien rare de nos jours.

Votre plus grande consolation, à vous qui avez hérité des vertus de votre frère, c'est' la pensée de sa vie constamment chrétienne et fervente, de cette vie de foi que les menaces et les insultes n'ont jamais ébranlée. Il n'a pas rougi de son Sauveur devant les hommes: Jésus-Christ n'a pas rougi de lui devant son Père qui est au ciel. C'est l'oracle de l'infaillible Vérité. Consolamini in verbis istis.

Au sortir de cette vie, où il a si généreusement combattu pour l'expansion de la vérité et le triomphe de l'Église, Louis Veuillot, votre frère, a été introduit (nous en avons la douce et ferme confiance) dans la joie de son Maître, comme un bon et fidèle serviteur. Cependant, malgré cette conviction, nous avons tous prié pour le repos éternel de cette âme chère au Seigneur ; et, en mon particulier, je n'ai pas cessé un seul jour depuis sa mort d'en faire mémoire au saint sacrifice de l'autel.

En terminant, permettez, cher Monsieur, de vous dire combien nous sommes heureux et consolés de vous voir continuer l'œuvre qu'il avait fondée ; et, malgré les difficultés des temps mauvais que nous traversons, de vous la voir poursuivre avec cette foi énergique, ce courage chrétien et inébranlable, dont il vous a donné l'exemple pendant toute sa vie.

En lisant VUnivers, nous comprenons que les disciples ont profité des leçons d'un si grand maître.

Daignez agréer, etc. F. Marte-Trophimb,

souB-prieur.

Lettre de M. Thiveaux, professeur au grand séminaire de Périgueux :

Périguoux, le 14 avril.

Monsieur. — Avant tout, permettez-moi de déposer sur la tombe glorieuse dejvotre incomparable rédacteur en chef l'expression émue de mes regrets et de mes prières.. Quelle précieuse consolation à votre immense et légitime douleur, dans

ce deuil qui est devenu vraiment un deuil national, universel, catholique !

Oui, c'est bien un deuil catholique !

A vos larmes et à vos prières n'a-t-on pas vu se mêler les larmes et les prières du monde chrétien tout entier ? Qui, dans la sainte Église de Dieu, depuis le suprême pasteur jusqu'au plus humble fidèle, n'a profondément senti le coup qui vous frappe ?

Le nom de Louis Veuillot était si populaire, si aimé de tous ceux qui ont au cœur Tamour de Dieu, de la papauté !

Quel concert de^prières est déjà monté et montera encore vers Dieu pour ce grand polémiste, ce grand chrétien, qui, du haut an ciel, saura encore combattre pour les nobles causes qu'il a si vaillamment et si éloquemment servies pendant sa longue et admirable carrière ! A. Thiveaux,

prôtre.

Lettre d'un professeur de grand séminaire à la rédaction de

y Univers :

14 avril.

Nous nous considérons comme de la famille de V Univers. Ses deuils, comme ses joies, sont aussi les nôtres. Aucune perte par conséquent ne pouvait nous être plus pénible que celle de M. Louis Veuillot, qui fut pendant un demi-siècle le plus brillant défenseur de la cause catholique, et qui en demeurera éternellement une des gloires historiques les plus pores. Sans avoir eu le bonheur de connaître sa personne, nous l'aimions néanmoins à cause de la mâle intrépidité, de rélévation constante, des fortes convictions qui éclataient dans tous ses écrits, et dans lesquelles nous voyions se refléter si fidèlement son attachante physionomie. Après dom Guéranger, dont il fut l'intime ami, nul écrivain français de ce temps n'aura contribué aussi puissamment que Louis Veuillot à faire l'union entre les intelligences et les cœurs chrétiens, en les rattachant à leur centre commun, qui est la papauté.

Lettre de M. le curé d'Occagnes (Orne) à M*!® Veuillot :

Oceagnes, 14 avril.

Mademoiselle. — Le Seigneur nous l'avait donné pour la défense de son Église et le soutien de nos âmes ; pour le cou-

ronner dans sa gloire, le Seigneur nous Ta enlevé : nous disons bien haut et bien souvent : Que le saint nom de Dieu soit béni ! Ce glorieux combattant de la foi a reçu le coup de la mort en disant, comme le Sauveur des hommes : a La volonté de Dieu soit faite. » N'était-ce point bien plus pour vous que pour lui. qu'il disait ce grand mot, afin que, Tayant entendu de sa bouche, VOUS aimiez à le répéter en présence de sa dépouille mortelle? Mesurant de son regard d'aigle l'étendue de votre douleur quand il ne serait plus, il voulait vous laisser pour appui la parole de Dieu même et l'exemple du Maître. Tout était consommé : il pouvait mourir en paix. Désormais, Mademoiselle, vous vivrez des souvenirs de votre frère, comme la sainte Vierge pendant vingt années vécut en silence des chers souvenirs de son cher Fils.

Votre frère est mort ! mais non pas tout entier. Enfermé au tombeau, Jésus remuait encore Jérusalem; du fond de son sépulcre, Louis Veuillot parlera encore au monde : il parlera par la voix des disciples qu'il a formés, par la voix de ses écrits, par la voix de ses œuvres, par la voix de ses vertus, et surtout par la grande voix de sa vie, toute composée d'un amour généreux pour Jésus-Christ et son Eglise.

Qui dira tout le bien que ce grand mort a fait à nos âmes ? Il n'est pas besoin de se voir, de se parler pour s'entr'aimer. Je n'ai jamais eu la bonne fortune de rencontrer votre frère, mais je l'aimais de toute la force de mon âme. Grâce à Dieu, je ne l'ai jamais entendu blâmer par les esprits inquiets et chagrins sans le défendre; jamais je ne l'ai entendu décrier sans éprouver, au fond de mon cœur, un vif sentiment de pitié pour ses détracteurs. Oui, j'aimais Veuillot, parce qu'il était grand, noble, généreux et désintéressé. C'était l'homme de Dieu, le défenseur du Christ, Tami du Pape, l'appui de tous les malheureux, le protecteur de toutes les infortunes, le soutien de toutes les victimes. Oui, vraiment, ce grand mort a été l'ami de Dieu et de ses frères. Et cela pendant plus de quarante ans! Quelle gloire pour lui ! quel bonheur pour vous, Mademoiselle ! Vous avez vu de vos yeux son triomphe dans la mort. Nous verrons tous la page glorieuse que la postérité lui tracera dans l'histoire de l'Eglise. Et maintenant. Mademoiselle, que votre frère et notre ami triomphe aux cieux dans ^a gloire, je suis tenté de m'écrier avec l'Apôtre : Gaudeamus omnes in Domino. Oui, vraiment, ne pleurons point; réjouissons-nous plutôt avec le serviteur fidèle, qui désormais soutiendra par ses prières

et ses exemples ceux qui sont restés après lui dans cette vallée de larmes, pour combattre les ennemis de Dieu et de nos âmes.

Recevez, Mademoiselle, etc. H. Foyer,

curé d'Occagnes. '

Lettre du R. P. Monfat, de Paray-le-Monial, à M"® Veuillot :

Paray-le-Monial, 14 avril.

Mademoiselle. — Depuis le moment où V Univers nous a appris la douloureuse nouvelle, je me suis tenu intimement uni à votre deuil, priant en silence pour le grand chrétien et pour son incomparable sœur, atteinte dans la plus profonde et la plus légitime affection.

Maintenant que les amis illustres, autorisés par le caractère, la position, les mérites, vous ont prodigué des sympathies dignes de votre douleur, nous nous souvenons, nous, modestes religieux maristes, qu'il a glorifié notre fondateur : je me souviens en particulier des témoignages dont j'ai été honoré par lui et par vous, Mademoiselle, en plusieurs circonstances, et spécialement à Notre-Dame de Verdelais, pendant le carême de 1875; et je me regarde comme autorisé à venir déposer, en notre nom à tous, par votre cœur, Madeselle, sur cette tombe si magnifiquement entourée, l'hommage de nos respectueuses condoléances.

Je me permets d'espérer que le lieu béni d'où j'ai l'honneur de vous les adresser, et que je remplis de nos regrets et de nos prières, sera un titre à vous en faire agréer l'expression.

Quelles consolations, Mademoiselle, Dieu vous a ménagées par ces glorieuses funérailles ! et combien nous lui en sommes tous reconnaissants !

Quels qu'aient été ses triomphes pendant sa vie, à lui dont le talent et le cœur ont tiré du néant et rendu si puissante la presse catholique, sa mort n'est-elle pas le plus éclatant ?

Tant de génies distingués et tant de nobles âmes, partis des camps les plus divers pour venir mêler leurs larmes sur son tombeau, quel incontestable, quel sublime hommage aux immenses progrès que nos croyances lui doivent sur la scène de la politique et du monde, qu'on leur tenait dédaigneusement fermée !

Mais aussi la bienheureuse et indissoluble union de son

nom avec la cause de Dieu nous donne l'assurance de Taccueil qu'il a reçu de son juge et de la belle place qui lui a été faite dans le bonheur où il nous attend. Là-haut aussi, et mieux encore que celui qui le pleure, le cortège qui lui a fait triomphe (f a eu Tair de famille » : il s 'était fait au ciel tant d'amis ! Daignez agréer, Mademoiselle, etc. A. Monfat,

s. 11. y prov. Lagd.

M. l'abbé E. Percie de Sers écrit de Villevocance qu'il a célébré la sainte messe pour l'illustre défunt, qui sut toujours repousser les compromis et les faiblesses.

Lettre d'une des sœurs de la Charité du Tréport à M}^^ Veuillot :

Tréport, 14 avril.

Mademoiselle. — Si la mort de M. Louis Veuillot est un deuil général, elle en est un tout particulier et bien senti au sein de la famille des sœurs du Tréport, et Dieu sait les motifs qui l'inspirent!... Ici, sa mémoire, comme la vôtre, Mademoisulle, est impérissable.

Inutile de vous assurer du souvenir quotidien que nous aurons de sa grande âme dans nos prières, tant par devoir de reconnaissance que par conformité à l'esprit de l'Église.

Mais je vous assure que nous nous sentons bien plutôt portées à l'invoquer, et j'ai le doux espoir qu'elle se fera l'avocate d'une petite communauté, honorée tant de fois de son charitable intérêt.

Il a si bien combattu : n'est-il pas déjà en possession de Celui dont il a si vaillamment défendu la cause ! Quel accueil le Christ a dû lui faire! Ces pensées seules, je le sais. Mademoiselle, sont une consolation pour votre cœur, qui, à en juger par votre dévouement pour monsieur votre frère, doit être broyé de douleur. Quel vide s'est fait autour de vous ! Mais l'œil de votre vive foi va le chercher dans le sein de Dieu, où il sera, s'il ne l'est déjà, le protecteur de cette Église dont il s'est fait gloire d'être ici-bas le défenseur.

Il me reste à vous assurer, Mademoiselle, que nous réclamons, pour vous et pour tous les membres de votre famille, force dans votre juste douleur.

Qu'ils daignent prendre une large part aux sympathies les plus vraies, aux sentiments du respect le plus profond, et sur-

tout de la plus constante reconnaissance de celle qui a Thonnear d'être en particulier, Mademoiselle, votre très humble servante, Sœur Lemarinbl,

fille de la Charité.

Lettre de la supérieure des Petites Sœurs de l'ouvrier à

M»e Veuillot : •

Tourcoing, lo 14 avril.

Mademoiselle. — Si en ce moment de pénible épreuve, le souvenir sympathique d'une humble religieuse à qui vous avez, en 1876, témoigné affection et bonté alors qu'elle quêtait à Parié pour les œuvres d'Alger, ne vous est pas désagréable, je vous l'apporte religieusement, en même temps que l'expression de la part que nous prenons à votre grande douleur. Cette perte immense du plus vaillant défenseur des libertés religieuses et françaises frappe, en même temps que votre cœur, tous les cœurs catholiques.

Nous prions, Mademoiselle, pour votre cher et si regretté défunt, bien que nous soyons assurées qu'après avoir combattu le bon combat, il jouit aujourd'hui de la félicité glorieuse des confesseurs de la foi et des apôtres; mais nous le faisons surtout pour vous. Mademoiselle, afin que Dieu vous donne force et résignation, à vous qui demeurez le soutien des uns et le conseil des autres.

Daignez agréer, Mademoiselle, etc.

Votre très humble en N.-S., Sœur Marie des Anges,

sapérieare des Petites Sœurs de roavrier.

Lettre du P. Croibier à M*lc Veuillot :

Grenoble, 14 avril.

Mademoiselle. — C'est à mon retour d'Afrique, où j'ai prêché le carême à Constantine, que j'ai appris la mort de M. Louis Veuillot.

Je n'ai pas besoin de vous dire quelle vive part prennent à votre deuil tous nos pères de la résidence de Grenoble. Il suffit d'être membre de la Compagnie de Jésus pour ressentir une telle perte. D'ailleurs, votre généreux frère n'appartient-il pasàThistoire de l'Église, au sein de laquelle il a si bien milité ? Vaillant soldat du Christ Jésus, jouissez maintenant du triomphe de votre divin capitaine !

a04 HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT

Je suis trop peu de chose pour que mes condoléances vaillent la peine de vous être exprimées à vous et à la famille de notre cher défunt ; mais au souvenir des paroles encourageantes de monsieur votre frère pour notre école apostolique du Sacré-Cœur, j'ai voulu vous dire en toute simplicité que nos futurs apôtres ne seront pas ingrats.

Veuillez présenter mes hommages à M. Eugène VeuîUot et à M. Pierre Veuillot, que j'ai eu le plaisir de voir dans mon dernier voyage à Paris, au lendemain des décrets.

Daigne le Sacré-Cœur adoucir vos regrets en nous sanctifiant tous les jours davantage au milieu de nos luttes quotidiennes.

Agréez l'expression de la douloureuse sympathie, etc.

Joseph Croibier.

Lettre de M. Tabbé Goyhenèche à M. Eugène Veuillot:

Avec M^ Gousset, dom Guéranger et l'abbé Bouix, cet

incomparable génie a été suscité parla Providence pour accélérer le mouvement vers le siège de Pierre et dissiper tant de préjugés qui obscurcissaient les intelligences, au moment où l'éminent polémiste entrait sur le champ de bataille où il devait remporter tant de victoires.

A cette heure, il contemple face à face cette vérité qu'il a si passionnément aimée, et le bon et fidèle serviteur a reçu la récompense du rare talent qu'il a si généreusement fait fructifier.

Avant le jour suprême, il a eu la consolation de voir son œuvre raffermie et confiée à une glorieuse phalange d'écrivains dévoués comme lui à l'Eglise et à la propagation des plus pures doctrines. Cette mission vraiment apostolique de la presse catholique, qu'il a su élever à la hauteur d'une institution catholique, il la soutiendra du haut du ciel, j'en ai la douce confiance.

Je continuera^ à prier pour le repos de l'âme de ce grand chrétien, quia si bien mérité de l'Église, en union avec tous les prêtres et les laïques qu'il a édifiés sur la terre, et je vous prie d'agréer, etc. Goyhenèche,

prôtre.

Letlrc de M. le chanoine Fillion, frère de l'ancien évêque du Mans :

J'offre rhommage de mon affectueux respect à la rédaction de YUniverSy et je partage intimement la douleur et les regrets que lui fait éprouver la perte de son bien-aimé rédacteur en chef et valeureux champion de TÉglise, pour le repos de lame duquel je serai heureux d'offrir le saint sacrifice de la messe et de prier en union de cœur et de sentiments avec tous ses amis. L'abbé A. Fillion,

chanoine.

Lettre de M. le supérieur du petit séminaire de Saint-Gaultier

(Indre) :

Depuis vingt-sept ans abonné à Y Univers , j'offre à M. Eugène Veuillot et à sa famille en pleurs mes plus vives condoléances à l'occasion de la perte douloureuse qu'ils viennent de faire dans la personne du vaillant chrétien dont la mort est un deuil pour l'Église et la France. L.-V. Baptiste,

supérieur du petit séminaire.

Lettre de M. le curé d'Agassac, diocèse de Toulouse, à M. Eugène Veuillot :

Agassae, le 14 avril.

Très honore Monsieur. — Je m'associe de tout cœur à votre deuil, qui frappe douloureusement tout homme qui a le bonheur de posséder la foi et d'aimer la vérité. Il était notre guide, notre modèle, notre cher et illustre maître! Plus que jamais notre cause sacrée sera la sienne, il ne nous oubliera pas et nous communiquera son merveilleux courage pour les bons combats.

Tous les jours, au iH^me/iro, j'unis mes prières aux vôtres; j'offrirai demain le saint sacrifice de la messe à son intention, en reconnaissance de tout le bien qu'il m'a fait et des services immenses qu'il a rendus à l'Eglise.

Veuillez agréer, etc. A. Luscan,

curé.

A Perpignan, une messe pour le cepos de Tàme de Louis Veuillot a été dite à la chapelle du Christ. Un grand nombre de catholiques y assistaient. Nous lisons à ce sujet dans V Espérance :

Ainsi se complète et se resserre, sur tous les points de l'univers catholique, le concert des prières et des reconnais-

sances chrétiennes qui accompagne jusqu'à Dieu Tâme gêné* reuse du grand lutteur catholique. L'Eglise militante fait à ses soldats des funérailles que les rois envieraient. Louis Veuillot, qui tant soutint les bons combats de TEglise, est aujourd'hui soutenu devant Dieu par les voix, les prières, les grâces sans prix et les mérites ineffables qui depuis huit jours montent de la terre au ciel ; par les mains élevées de milliers de prêtres, par Toraison de millions de fidèles. Il n'a pas seulement le salut, la délivrance certaine et la gloire joyeuse de son âme ; il tient et dépense déjà, nous en sommes assurés, des richesses de grâce admirables. O profondeur des richesses que Dieu prodigue à ceux qui l'ont humblement et vaillamment servi !

Lettre de M. Léon Harmel à M. Eugène Yeuillot :

Val-des-BoiB, 14 avril.

Monsieur. — Une indisposition qui me tient depuis dix jours m'a empêché de vous écrire plus tôt.

J 'aurais voulu dès la première heure vous exprimer les sentiments de notre bon père et de tous les miens.

C'est, en effet, pour nous un devoir d'étroite justice, de payer notre dette de reconnaissance sur la tombe de votre illustre frère, qui nous a fait tant de bien par ses vaillants écrits.

Louis Yeuillot savait enflammer les âmes de ses lecteurs d'une noble passion pour l'Eglise et pour la vérité complète; en même temps il éveillait dans leurs esprits la détestation de l'erreur et le mépris de la lâcheté, si commune dans ce siècle de compromissions.

Nous lisons V Univers depuis plus de trente ans : c'est dire que nous avons beaucoup reçu de cette noble intelligence, qui faisait rayonner la vérité et la faisait servir.

Quel beau caractère que celui de cet infatigable athlète, que la violence ne pouvait abattre, que la flatterie ne pouvait séduire, que l'intérêt ne pouvait atteindre, que les applaudissements ne pouvaient corrompre !

Son nom était comme un cri de ralliement ; il était de ces hommes qu'il faut aimer ou haïr. Pas plus que l'Église, dont il était l'intrépide et spirituel défenseur, il ne rencontra jaro«iis l'indifférence.

Sou nom était une pierre de touche : il suffisait de le pro-

noncer devant des inconnus, pour savoir à l'instant même si on avait affaire à des catholiques aux convictions ardentes ou à des esprits atteints de Terreur libérale.

Il est allé rejoindre ses mattres et ses guides vénérés, Timmortel Pie IX, dom Guéranger, le cardinal Gousset, et tant d'autres illustres et saints prélats qui ont inspiré ses combats, soutenu son courage, excité son ardeur.

La famille ouvrière du Val-des-Bois s'unit à moi ; elle le fera dune façon plus étroite encore vendredi prochain, au service qui sera célébré pour le très regretté défunt. Louis Veuillot est un enfant du peuple, tout son talent a été réellement mis au service du peuple : défendre les droits de Dieu, n'est-ce pas défendre les droits des ouvriers ? et ne voyonsnous pas ceux-ci foulés aux pieds quand ceux-là sont méconnus?

C'est donc avec justice que les ouvriers chrétiens doivent honorer la mémoire de ce puissant lutteur. Il leur appartient par la naissance et par ses combats.

Recevez, Monsieur, etc. Léon Harmel.

Lettre de M. Gounod à M. Eugène Veuillot :

14 avril.

Monsieur. — Les journaux ont publié, à propos de la mort de votre cher et illustre frère, quatre strophes qui m'ont trop vivement ému pour que je n'eusse pas le besoin de les redire dans la langue qui m'est la plus familière, la langue de la musiquç. Voulez-vous m'autoriser à les publier avec le chant que je leur ai associé ?

Croyez, cher Monsieur, à toute la sympathie que m'inspire votre douleur à tous.

Bien à vous. Ch. Gounod.

P.'S, — Quel titre pensez-vous qu'il faudrait donner à cette pièce? Croyez-vous que Dernières Volontés puisse convenir?

L'autorisation demandée par l'illustre maître lui a été donnée avec empressement. Le chant a paru : il est à la fois digne de celui qui l'a écrit et de la mémoire de celui qui l'a inspiré.

M. le marquis de Champagne à M^^<^ Yeuillot :

Le marquis de Champagne adresse à Mademoiselle VeuîIIot et à sa famille ses plus sympathiques condoléances, à Toccasîon du malheur qui, en la frappant, afflige en même temps tous les catholiques , et ceux en particulier qui ont eu l'honneur de connaître personnellement et d'admirer le si regretté défunt. Marquis de Champagne.

M. le comte d'Humîères envoie l'expression de a la part la plus vive et la plus sincère qu'il prend à la grande et si douloureuse perte que M. Eugène Yeuillot et sa famille viennent d'éprouver ». Il annonce que le saint sacrifice de la messe sera offert, par ses soins, a pour le repos de l'âme du grand et illustre défunt ».

Lettre de M. Francisco Navarro, de Burgos, à M. Eugène

Yeuillot :

Burgos, le 14 avril.

Monsieur. — Mardi prochain, à neuf heures et demie, les catholiques de l'ancienne ville de Burgos célébreront de très solennelles funérailles pour le repos de l'âme de votre frère Louis Yeuillot.

L'annonce en est publiée par les journaux de Burgos.

La messe sera chantée par le R. P. Athanase, ancien supérieur des Carmes à Bordeaux, expulsé de France, et aujourd'hui en Espagne.

Un exemplaire de V Univers que je reçois, entouré de couronnes, sera placé au milieu de la grande église.

Ce sera notre manière d'honorer l'éminent écrivain.

Agréez, Monsieur, mes respects et mes salutations.

Francisco Navarro.

Lettre de M. Auguste de Beugny d'Hagerue, chef de bataillon

en retraite :

Palma do Mallorca (Espagne).

Ancien correspondant de VUnivers en Catalogne, j'ai l'honneur d'adresser à toute la respectable famille Yeuillot, à propos de la mort de son illustre chef, ainsi qu'à tous les dignes collaborateurs du plus vaillant champion des saintes causes,

Texpression de ma vive condoléance et de ma profonde sympathie; je joins mes prières à celles qu'adressent tous les catholiques pour leur modèle, et je demande ardemment à Dieu le repos de Tâme d'un de ses plus fidèles serviteurs.

A. DE Bbugny d'Hagbrub.

Lettre de M. Delcamp/ receyeur de l'enregistrement en retraite,

à M. Eugène Veuillot :

Château-Renard, 14 auril.

M. Louis Veuillot daignait m'honorer de sa bienveillance, en échange de la vive et inaltérable sympathie que je lui avais vouée en 1850, après la lecture de Rome et Lorette. Depuis cette époque, j'ai tenu la promesse que je lui avais faite de ne pas laisser passer un seul jour sans dire pour lui une prière spéciale. Mon excellent et regretté ami M. Arthur Murcier avait accru en moi cette sympathie pour son beau-frère en me racontant quelques traits de sa vie et en me révélant les éminentes qualités de sa belle âme si méconnue, à laquelle la postérité rendra et rend déjà justice.

Dépêche de M. le marquis de Santa-Cruz, de Séville, à M. Eugène Veuillot :

SoviUe, 14 avril, 7 h. 45 du soir.

Mon cœur partage votre deuil et celui de mademoiselle votre sœur au sujet de la mort de Louis Veuillot, que je vénérais avant de le connaître et que j'aimais plus encore depuis que j*ai eu la joie de l'embrasser à Séville.

Marquis de Santa-Cruz.

M. Tabbé Audibert, curé de Fournès, diocèse de Nîmes, écrit : « Toutes mes sympathies étaient acquises depuis longtemps à l'œuvre de Louis Veuillot; j'admirais ce grand lutteur toujours debout sur la brèche au service de Dieu et de sa sainte Église. »

Lettre de M*' TarcheTéque de Valence (Espagne) à M^^« Elise

Veuillot :

Archevêché de Valence, 15 avril.

Mademoiselle. — Je cède à la douleur, chère Mademoiselle. Notre excellent Louis Veuillot est donc mort! Mais non, il n'est pas mort : il a émigré dans la région des vivants. Là, il contemple face à face la vérité qu'il a défendue puissamment et aimée avec Tardeur de son très beau cœur. Combien il sera heureux après avoir entendu Jésus-Christ lui disant : Venez, béni de mon Père, régner avec lui!

Je me souviens toujours, Mademoiselle, de vos bontés et des siennes pour moi, à Rome, durant le concile du Vatican. Et maintenant, permettez-moi de vous demander d'y ajouter encore. La prière que je vous fais, c'est de m'envoyer un petit souvenir de notre Veuillot, ne fût-ce qu'un brouillon écrit de sa main ! J'ose l'espérer de votre amabilité.

Je vous suis bien associé dans votre grande douleur, ainsi que dans la gloire de votre sainte résignation.

Votre serviteur très affectueux,

-J- A. MONESCILLO ViSO, archevêque de Valence.

M toute sa

^^ l'archevêque d'Aucli envoie à M. Eugène Veuillot et à e sa famille l'expression de a ses affectueux regrets ».

M»*" l'évêque de Meaux écrit qu'il « offre ses plus sincères condoléances à M. Eugène Veuillot, ainsi qu'à toute la famille ».

M^"" révoque de Laval et M^"" l'évêque du Mans envoient le témoignage de leur sympathie.

HOMMAGES A LOUIS VEUILLOT ail

Au lendemain de l'exécution des décrets, M. Louis Veuillot eut la joie, ayant sollicité cette fayeur, de recevoir sous son toit et d'avoir pour hôtes, pendant plusieurs semaines, un évêque missionnaire capucin, M^ Taurin Cahagne, vicaire apostolique des Gailas, et un religieux du même ordre. Dans cette lettre du R. P. Salvator, capucin, à M^^« Veuillot, il est fait allusion à cette hospitalité :

> Nantes, 15 avril.

Mademoiselle. — M*' Taurin ne connattra que bien tard, dans son désert d*Afrique, le départ pour la patrie de votre cher et illustre frère, départ heureux pour celui qui est arrivé au terme, mais si douloureux pour vous, Mademoiselle, qui restez, et qui en ce moment devez trouver, hélas ! la maison bien vide I

C'est donc pour moi, qui ai participé au bienfait d'une hospitalité si généreusement offerte lors de notre expulsion, et qui partage aussi les sentiments de reconnaissance de mon vénérable ami, c'est pour moi un devoir d'être son interprète auprès devons dans cette douloureuse épreuve, et de vous offrir, en son nom et au mien, nos plus sympathiques et religieuses condoléances.

Je prends la liberté de joindre à cette lettre le portrait de Monseigneur, avec une parole évangélique, qui sera une consolation pour votre foi dans votre douleur.

Pour ma part. Mademoiselle, j'aurai dû écrire la suite du texte sacré : J'étais malade^ et vous m'auez assisté. Déjà votre frère l'aura entendue de la bouche même du divin Maître.

Veuillez agréer, etc. ■ Fr. Salvator,

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