‹ Hommages à Louis VeuillotChapitre 3 sur 51 · PREFACE III · texte numérisé non relu

PREFACE III

jusqu'au plus humble desservant ; tous ces fidèles, depuis le roi jusqu'à l'ouvrier et à la servante, saluaient le grand défenseur de l'Eglise, celui qui n'avait jamais marchandé avec le devoir, jamais rien accordé à l'erreur, jamais faibli sur les principes. On glorifiait, non son génie, mais l'emploi qu'il en avait fait ; et chacun , voyant son œuvre et la sachant durable, répétait : Defunctus adhuc loquitur.

La presse, où Louis Veuillot comptait, à côté d'élèves en pleurs et d'admirateurs enthousiastes, tant d'adversaires, d'ennemis, de jaloux, où il laissait tant de vaincus, la presse elle-même déclarait perdre en lui, non seulement (c son maître », un écrivain « de race, plein de force et de vaillance », le « premier prosateur de ce temps », un « des esprits les plus vigoureux de ce siècle », mais aussi l'homme qui l'avait le plus honorée par la vigueur sereine des convictions et la fermeté du caractère. Ainsi parlèrent ceux mêmes qu'il n'avait cessé de combattre.

Les témoignages de l'ennemi ont, certes, leur valeur; cependant, quand il s'agit de l'œuvre d'un catholique que d'autres catholiques' ont combattu, ce sont ses frères et surtout les juges de la foi qu'il faut entendre. C'est à ce tribunal que, déjà malade et tout en Dieu, Louis Veuillot soumettait sa cause, a Si l'œuvre que j'ai faite est bonne, disait-ily il suffira que je n'y sois plus, on le verra bien... Maintenant l'opinion est faite ; je n'ai rien à dire pour la défaire. Si elle s'abuse, elle ne pourra être corrigée qu'après que la mort aura passé sur moi. »

L'opinion chrétienne, la seule à laquelle il pût songer, rendit le jugement que, sûr de ses intentions et fort des appuis qui lui avaient été donnés, il attendait. Son lit de mort fut glorieux, et par la bénédiction du Pape, donnée (c de tout cœur », et par le grand concours de prêtres, de religieux, de religieuses, de fidèles, que l'on vit là prier et pleurer. Mais le peuple chrétien ne s'en tint pas à la prière : il parla, il montra, avec ses guides et ses docteurs, que Louis Veuillot, en même temps qu'il avait fait œuvre de guerre et protégé contre l'ennemi le terrain catholique,

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