L'EMPEREUR FRANÇOIS-JOSEPH
On raconte qu'au moment d'accepter cette couronne impériale que son père et son oncle venaient d'abdiquer en sa faveur, François-Joseph demanda à se recueillir, et, qu'après trois jours seulement de trouble et d'hésitation, il consentit en s'écriant : « Adieu, maintenant, ma jeunesse !» — Si cette anecdote est vraie, elle exprime à tout prendre un sentiment fort légitime. Porter une couronne au temps où nous vivons, n'est pas un jeu d'enfant ; et, quand cette couronne est celle
d'Autriche, on conçoit que la plus frivole jeunesse n'en
approche elle-même qu'avec un sombre pressentiment. François-Joseph avait donc raison de parler de la sorte; d'où, cependant, il ne faudrait pas conclure qu'un prince, parle seul fait qu'il porte une couronne, doive toujours et nécessairement renoncer à la jeunesse, laquelle a pour elle des qualités d'énergie, de résolution et d'enthousiasme qui ne sont point à dédaigner, môme dans la grande affaire du gouvernement des hommes.
Du reste, c'étaient paroles de prince dont, six • mois après, François-Joseph ne se souvenait plus ; et il suffisait, pour s'en convaincre, de le voir au bal, dès les premières mesures de l'orchestre, courir engager sa danseuse avec l'infatigable ardeur d'une nature sur laquelle la jeunesse sait, quand elle veut, reconquérir ses droits. On connaît certaines particularités des programmes de cour el comment l'étiquette ordonne qu'un prince ne choisisse les danseuses qui lui plaisent, qu'après avoir subi celles que le cérémonial lui inflige. François-Joseph avait pour habitude de désigner d'avance les personnes avec lesquelles il vovr lait danser, et chose assez caractéristique des mœurs
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de cette aristocratie autrichienne, la plus implacable en son orgue^il qu'il y ait au monde, lorsquil arrivait à une jeune dame d'être ainsi désignée par l'Eippereur, le tact suprême était de n- en laisser percer au dehors aucun signe de satisfaction particulière. On agréait l'invitation du jeune souverain avec ni plus ni moins de bonne grâce et d'aimable indifférence qu'on en eût mis à recevoir Vavance de tout autre cavalier, avec un calme dont l'imposante affabilité semblait vouloir dire : « Nous nous sentons si haut placée, que ce que mille autres estimeraient le comble de l'honneur et de la distinction, nous paraît, à nous, la chose la plus simple et la plus ordinaire qu'il y ait au monde 1 » Rien de ce qui se passe ici-bas ne saurait émouvoir ces fières et charmantes héritières des Lichtenstein, des Schwarzenberg, des Trauttmansdorff, des Esterhazy, et je me demande ce qu'il faudrait pour amener sur ces lèvres roses et dédaigneuses un sourire d'étonnement. Visages ravissants sous les fleurs et les pierreries qui les couronnent, vrais portraits de déesses pour l'imperturbable sérénité 1 A cette héroïque assurance, à ce calme olympien, se reconnaît lé
signe manifeste d*une aristocratie fermement assise sur ses bases, et comme est encore l'aristocratie autrichienne. Ici, en effet, la grandeur des fortunes, l'immensité des propriétés territoriales s'alliant à l'autorité traditionnelle du nom, donne à ce vieux mot A' aristocratie le sens qu'il a perdu désormais et qu'il s'était conquis dans l'histoire par la lutte avec les couronnes et les peuples.
Tout le monde connaît Yexclmivisme de cette partie de la société viennoise dite la crème de la crèmcy et combien en même temps le caprice et l'engouement régnent dans ces petits cercles, où tous les titres de duc, de comte et de marquis ne suffiraient point dans telle circonstance à vous donner le droit d'introduction. Souvent, tandis que les plus hujjpés se morfondent à la porte, un homme de rien va voir
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s'ouvrir à lui le sanctuaire, et pour qu'un pareil privilège vous advienne, c*est assez d'avoir mérité le patronage de quelque membre féminin de cette espèce de franc-maçonnerie mystique.
Pendant que j'étais à Vienne, au printemps de 485., la comtesse deP... et sa fille, la gracieuse princesse C..., passaient pour appartenir à la crème de la crime, et c'était la meilleure des recommandations que d'être vu dans le salon de ces dames. En cela, je dois à la vérité de confesser que je fus quelque temps à ne pas me douter de l'excès de mon bonheur; mais, grâce à Dieu, les Viennois ne tardèrent pas à m'en avertir. Presque tous les soirs, je me rendais chez la comtesse, qui, sachant mon goût particulier pour les biographies intéressantes, voulut bien se complaire à me raconter l'une après l'autre les diverses célébrités qui défilaient dans son salon. Inutile dédire que j'avais grande envie de connaître le jeune Empereur et de contempler de près cet heureux du monde, arraché en un tour de main à une existence relativement obscure, et placé sur le plus antique trône de l'Allemagne avec la couronne de Charlemagne sur la tête.
Quelle destinée, en effet! Personne, auparavant, n'avait entendu parler de ce prince, et maintenant vous ne pouviez faire un pas dans la rue, vous ne pouviez entrer dans une maison sans rencontrer son portrait.
— Qui est ce jeune homme à cheval? demandiezvous à la princesse X... en désignant la statuette placée le plus en vue sur son étagère.
Et la frôle et nerveuse personne d'oublier ses langoureuses minauderies pour vous répondre en se redressant avec un air d'épouvante sacrée :
— Ça, mais, y pensez-vous, c'est l'Empereur !
— Et ce jeune ofTicier qui figure dans ce cadre au milieu d'une foule de grognards à poitrines étoilées?
— Bonté divine ! murmuraient en se signant les Excellences, osez-vous faire une pareille question : c'est l'Empereur!
L'Empereur partout, l'Empereur toujours ; en quelque endroit qu'on mît les pieds, on n'avait devant les yeux que cette physionomie adolescente.
Or, ce n'était pas le portrait que nous désirions voir, mais la personne. L'occasion pouvait s'offrir à nous diversement : au théâtre, à la parade, au bal ; nous at-
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tendîmes, et notre patience ne tarda pas d*aToir sa récompense.
C'était à une fête chez le prince Lichtenstein. Il faut avoir vu les bals de Vienne pour comprendre jusqu'à quel point une contredanse, une mazurke, une valse surtout peuvent devenir des articles de foi ; on dirait, au prodigieux spectacle de ce trémoussement chaleureux, exalté, convaincu, qu'il n'y a pour l'homme et la femme d'autre fin ici-bas que de sauter à deuif, trois et quatre temps ! C'est là que Terpsychore vous apparaît comme la vraie reine de l'univers, avec ses volants de point d'Angleterre, ses guirlandes de fleurs naturelles et ses cascades de diamants. Là» s'il fait bon d'être jeune, il ne fait pas trop mauvais d'être vieille ! L'éblouissant soleil des lustres luit pour tout le monde, et s'il caresse un gracieux contour, s'il sculpte un joli bras, il allume des torrents de flanimes vertes et pourprées au cœur des émeraudes et des rubis sous lesquels disparaissent les cous.
La société était réunie depuis quelque temps lorsqu'un chambellan vint annoncer au maître de la maison l'arrivée du carrosse impérial. La princesse alla
prendre place au seuil de ses appartements, tandis que le prince descendait jusque dans la rue. Cependant, à l'intérieur des salons, une double baie s*était formée, et bientôt on vit reparaître pour la traverser, au bras de l'Empereur, Timposante et superbe princesse Lichtenstein. François-Joseph portait cet uniforme blanc qu'on lui connaît, le pantalon rouge, et sur sa poitrine l'ordre de Marie-Thérèse. Tout le nlonde s'inclina, et dans la manière dont l'Empereur rendait le salut, je crus remarquer un certain embarras et je ne sais quelle intimidation fort explicables d'ailleurs par son extrême jeunesse (il n'avait pas vingt ans à cette époque), et aussi par l'incroyable rapidité avec laquelle tant d'événements imprévus venaient de le porter au faîte du pouvoir. Il y a une foule de manœuvres que les vieux souverains savent sur le bout du doigt et que les très-jeunes princes doivent nécessairement ignorer, ceux-là surtout que leur naissance semblait avoir placés loin des marches du trône. Un grand observateur du cœur humain, M. de Saint-Georges, a dit, dans un de ses opéras-comiques, en parlant de la révérence, qu'il en existait de plusieurs
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sortes : la sévère, la pimpante, la gracieuse, la coquette, etc., etc. On en pourrait dire autant du sou- ^ rire des princes, si habilement varié selon la circonstance : ainsi nous avons le grave, l'affectueux, le tempéré, le froid, le glacial, toute une gamme hypocrite qu'un long usage du pouvoir apprend à l'homme, et que le jeune Empereur ignorait, ce qui donnait à sa présence un charme singulier.
C'était vraiment l'image de la jeunesse e.ffrayée de la gloire soudaine qui l'invironnait. Du reste, >cette fleur exquise d'ingénuité se retrouvait dans sa conversation également dépourvue de cet art que donne l'expérience de coqueter sans cesse avec ses interlocuteurs, d'appuyer avec solennité sur le moindre rien et de lorgner un objet à distance tout en ayant l'air de prêter la plus vive attention à la personne qui vous parle. Un très-célèbre écrivain me racontait à ce propos qu'un soir, à une réception, il venait de s'entendre complimenter par un illustre monarque, et qu'il était encore à savourer la dragée dont tiennent tant à se nourrir les perroquets littéraires, lorsqu'un chambellan bénévole s'approcha pour l'avertir de ne point prendre
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trop au sérieux les paroles de Sa Majesté et qu'elle n'avait jamais lu un mot de ses ouvrages. « Le roi est si bon, ajoutait TofiScieux personnage, qu'il ne saurait se refuser au plaisir de dire quelque chose d'aimable à chacun ; mais ce que je puis vous affirmer, c'est qu'il ne connaît pas quatre lignes de vous et qu'il en répète autant à tout le monde 1 » Tourner carrément le dos aux gens disgraciés, tandis qu'on envoie de loin à la personne en crédit un regard favorable, était un exercice auquel François-Joseph paraissait ne s'entendre nullement à cette époque. Ce qui vous frappait, au contraire, c'était l'hésitation, l'embarras d'un trèsjeune homme foncièrement timide et qui, élevé jusquelà dans de solides principes, rougissait presque de tant de respects et d'hommages dont l'entouraient les têtes grises et les hauts dignitaires, lui, entrant à peine dans la vie et n'ayant pas encore mérité.
A ce premier trouble du pouvoir suprême, à ces adolescentes pudeurs dont peut-être lui-môme ne se rendait pas compte, certes le jeune Empereur n'eût pas demandé mieux que d'échapper en se réfugiant au milieu de ces groupes de jolies femmes qui, du regard
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et du sourire, semblaient Ty inviter. Parmi les jeunes et brillants ofiSciers, François-Joseph était le plus jeune et le plus brillant ; mais là veillait aussi sa mère, l'archiduchesse Sophie^ là se tenaient les chanceliers d'État, les ministres, les grands maréchaux de cour; de toutes ces Grandeurs et des yeux de toutes ces Excellences s'échappaient je ne sais quels invisibles fils télégraphiques qui n'avaient pas précisément pour but de diriger le jeune souverain vers la voie où son ftge et ses désirs l'eussent si volontiers entraîné.
Enfin la première valse retentit, et sur ce signal libérateur les têtes graves s'étant retirées à l'écart, lé jeune autocrate de vingt ans venait engager une de ses sujettes, la belle comtesse Huniady, qu'il enleva dans ses bras le plus galamment du monde, aux fanfares de la musique de Strauss.
«L'Empereur danse! » murmurait-on de tous côtés. L'Empereur s'amuse ! prodige I il daigne lui-môme aller .engager I Que c'est donc beau et merveilleux, cela! et qu'il y a longtemps qu'on n'avait vu pareille chose!
En effet, l'uniforme blanc semblait se multiplier, et
dans le tourbillon on n'apercevait que lui ! Un souslieutenant qui vient de recevoir sa première épaulette ne saute pas avec plus d'entrain, et n'a pas plus d'insouciance et de plaisir à causer avec sa danseuse dans les intervalles des figures.
C'était charmant 1 pour la mère surtout» l'heureuse archiduchesse Sophie, qui voyait en outre ses trois'^ autres fils se grouper sous son regard : celui-ci, futur^ amiral; celui-là, réservé d'avance à l'administration de la Lombardie ; le troisième, dont la mission n'étail pas encore définie, mais qui n'en menait que plus à l'aise le cotillon. Spectateur obscur, perdu dans cettje foule éblouissante, nous nous disions alors : « Encore quelques années, et sur ce bouquet de cœurs heureâx l'étiquette aura répandu sa poussière desséchante; et l'ennui, cette hypocondrie des princes, aura flétri tous ces jeunes visages. » Les temps ont marché vite, les événements aussi, et c'est sur les champs de bataille de la Lombardie, et au bruit de nos canons, que nous avons vu depuis apparaître ce monde.
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L'empereur François-Joseph a aujourd'hui vingtneuf ans. Né lel 8 août 4 830 et déclaré majeur le 4 «' décembre 1848, il succéda à son oncle, Tempereur Ferdinand P', en vertu deVabdication du 2 décembre 1848 et delà renonciation de son père, l'archiduc François- Charles, à la succession au trône de l'empire, datée du jour précédent.
C'est de Timpéralrice Marianne que vint la première pensée d'abdication.
Au mois de novembre, la noble et pieuse femme du débonnaire Ferdinand réunit autour d'elle, à 01mûtz, quelques-uns d'entre les grands dignitaires de l'empire, et les consulta sur son importante résolution.
L'héritier présomptif de la couronne était l'arcbi-
duc François - Charles, frère de l'empereur Ferdinand.
Mais ce prince, de quelques années seulement moins âgé, aurait eu à vaincre les mêmes obstacles, les mêmes diJQQcultés qui entravaient le gouvernement du souverain actuel.
C'était à de plus jeunes mains que les destinées de rAutriche devaient être remises. Ainsi pensèrent l'Empereur et le ban Jellachich. Ainsi s'exprima surtout Tarchiducbesse Sophie .
Quiconque connaft la simplicité d'âme et la piété profonde de l'empereur Ferdinand et de sa noble épouse, l'impératrice Marianne, comprendra sans doute, qu'à la suite des événements dont Vienne venait d*être le théâtre, une abdication, pour ces deux augustes personnages, ne dut pas être un bien grand sacrifice.
Mais lorsqu'on a en soi une très-réelle ambition, quejustifient d'ailleurs et la naissance et le sentiment du droit, et je dirai même la conscience d'une supériorité reconnue de tous, consentir à descendre du rang suprême, se retirer au moment où il suffirait de
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faire un pas en ayant pour occuper la place qu'une Tie entière vous a préparé à remplir, n'est-ce point là donner un grand exemple d'abnégation?
Telle se montra Tarchiduchesse Sophie.
Mon Empereur! L'archiduchesse aune manière si touchante de prononcer cette parole! Et d'autre part, il faut avouer que cette tendresse respectueuse, son fils la lui rend bien en ne perdant jamais de vue l'image de sa mère. On a beaucoup parlé de cette espèce de dépendance âUaleoù vit François-Joseph. Onamémeattribué beaucoup des fautes de sa politique h, cet état de prétendue subordination. C'est là une erreur très-grave et qu'on ne saurait trop relever, car ce qu'on devrait au contraire reprocher à Tarchiduchesse mère de l'Empereur, c'est de ne se point assez immiscer dans les affaires et de ne point user de l'influence que lui donne cette infinie tendresse de son fils pour faire prévaloir des conseils qui certes ne seraient pas les plus mauvais. Témoin la conduite qu'elle a tenue pendant les derniers événements.
Puisque nous avons parlé de cette affectueuse et persistante sollicitude qui lie entre eux et à travers
tout la mère et le fils, nous en voudrions citer un trait bien puéril peut-être, mais qu*on nous permettra de raconter, car il s'est passé sous nos yeux.
C'était à une fête chez le prince Schwarzenberg ; l'archiduchesse Sophie et le jeune Empereur y assistaient.
L'archiduchesse portait une coiffure de velours cramoisi à nœuds de diamants. Or, dans un mouvement qu'elle fit en retournant la tête, un de ces nœuds se détachant tomba au pied de son fauteuil sans que la dame d'honneur, assise à côté d'elle, s'en aperçût.
Mais ce que n'avait point vu la dame d'honneur assise aux côtés de l'archiduchesse, l'Empereur l'avait vu, lui qui pourtant yalsait; la figure terminée, il vint à sa mère, ramassa le bijou tombé, et, après l'avoir remis à sa place avec l'agile dextérité d'une dame d'atour, il s'échappa vers sa danseuse et se reprit à tourner à deux temps.
Tout cela en moins d'un clin d'œil et le plus naturellement du monde.
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La tâche qui s'offrait à Factivité du jeune souverain était, nul n'en disconviendra, et bien grave et bien difficile. La révolution avait d'autant plus ébranlé l'édifice vermoulu de la monarchie, qu'on s'était davantage gardé, depuis des siècles, de rien entreprendre pour le réorganiser d'une façon quelconque. Or, de cette œuvre inévitable de la révolution, il s'agissait maintenant de conserver ce qui pouvait être vraiment utile, ce qui, sans amoindrir les forces du gouvernement, sans compromettre son unité d'action, pouvait servir à l'amélioration des vastes ressources du pays, à l'apaisement des diverses classes de la société. A ces difficultés, d'autres complications menaçaient de se joindre. La guerre en Italie recommençait; en Hongrie, l'insurrection éclatait de toutes parts, et les rapports avec l'Allemagne devenaient chaque jour plus inquiétants. De tous ces pé-
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rils, le moindre alors était en Italie, où le maréchal Radetzky s'appliquait à réparer ses brèches. Mais que faire vis-à-vis de la Hongrie qui se refusait à reconnaître le changement de règne et prétendait absolument se, détacher de l'Autriche ?
L'empereur François-Joseph se rendit au siège de Raab, leSS juin 4849.
Quand TEmpereur arriva, au plus fort de l'action, Farmée, engagée alors, le salua combe par une subite inspiration, en chantant l'hymne national autri'chien : « Dieu protège l'Empereur I {Gott erhalte den Kaiser). -» kce moment, Schlick venait de placer en ligne sept batteries, à l'aide desquelles, tout en continuant à gagner du terrain, il foudroyait la ville. Au bout d'un quart d'heure le feu cessa, les lignes extérieures étaient emportées, et le commandant en chef, prêt à donner l'assaut, s'approcha de l'Empereur et lui annonça que dans quelques instants Raab serait en son pouvoir. Le jeune prince déclara alors qu'il vpulait monter sur la brèche à la tète du bataillon désigné pour marcher le premier.
— Sire, reprit le général Schlick, c'est la première