‹ Hommes du jourChapitre 26 sur 26 · ANECDOTE ÉPISODIQUE · texte numérisé non relu

ANECDOTE ÉPISODIQUE

de s***, approuva fort ce projet de retraite, à condition qu'il serait dispensé de Fexécuter.

Resté seul, je m'emparai du château, et, mon ima<« gination aidant, je me donnai à moi-même les plus belles fêtes. Chaque soir, à nuit close, j'arpentais cette immense enfilade d'appartements, un flambeau à la main, comme don Juan reconduisant la statue, et il ne m'en fallait pas davantage pour voir à l'instant ces escaliers se peupler à mes yeux de tout un monde enrubanné, brodé, pailleté, galonné, qui va et vient, monte et descend, s'agite, se trémousse et pirouette, le talon haut, la tête poudrée ; celles-ci jouant de l'éventail en vraies bergères de Watteau, ceux-là se dandinant dans leurs splendides uniformes et secouant leurs jabots de maline d'une main indolente où brille un solitaire valant mille pistoles.

L'intendant de l'endroit s'occupait à dresser un catalogue de la galerie de tableaux, travail, à ce qu'il me parut, fort embrouillé pour les ressources de son entendement, et dont ce digne homme ne pouvait venir à bout.

Un matin, je le trouvai en proie à la plus vive agi-

tation et jetant bas la besogne d'une semaine entière. Je ne Tavais point vu encore si échauffé. Sa calotte verte voyageait incontinent d'une oreille à l'autre.

— Il faut que le diable s'en mêle I s'écria-t-il comme j'enu^ais. H. le comte a son catalogue à Vienne, moi» j'ai le mien ici, et les deux ne s'accordent jamais en^ «semble. Comment cela finira, je l'ignore; mais, à tout hasard, m'est avis que je ne ferais point mal de consulter la sorcière.

— Une sorcière, dites-vous? ici, dans ce château? £t le bonhomme de me raconter qu'en effet une

vieille fille, parente de son mattre, avait élu domicile <lans une étroite pièce du château, appelée jadis le ^id aux Amourettes^ à cause de l'abri écarté que les couples galants y trouvaient, et que là se brassaient toute sorte de mystères et d'occultes manœuvres qui ne manqueraient pas de révolutionner le voisinage, si le voisinage pouvait en savoir quelque chose.

— Mais, motus I lasybille ne quitte jamais son trou (le muraille, où deux chats borgnes et sourds assistent seuls à ses conjurations !

On devine à quel point cette histoire était faite

ANEGDOTS ÉPISODIQUE. 303

pour piquer ma curiosité. Avant tout, je voulais être présenté ; Fintendant me promit d'avertir la dame et de me ménager une entrevue.

Au coup de trois heures, je frappais à la porte du Nid aux amourettes^ et l'on me répondait : « Entrez, » d'une voix vieillotte et chevrotante.

J'aperçus alors une longue et sèche personne, affublée de hardes surannées et dont les yeux me regardaient, à travers leurs lunettes vertes, avec une expression passablement falote.

La conversation alla son train, mais lentement et sans grand intérêt, sinon sans effort. Elle ignorait la plupart des gens dont je lui parlais; ses premières années s'étaient passées à Paris pendant la Révolution; elle avait beaucoup connu madame Roland ainsi que madame de Staël, et me raconta que pendant sa jeunesse, elle avait fait, en compagnie de madame de Genlis, un voyage à Hambourg, où vivait Klopstock, qui fut le premier homme à qui elle eût tiré les cartes.

Ceci nous amena assez naturellement à parler né-cromancie, et je la priai de vouloir bien me dire ma bonne aventure.

— Pas aujourd'hui, répondit-«lle d'un air très-résolu, je ne m'y sens point disposée; mais il se peut que cette humeur change, et dans ce cas je vous ferai prévenir.

Au bout de huit jours, arriva l'invitation promise, et cette fois je trouvai la Pythonisse en costume de cérémonie : ch&le de cachemire rouge sur les épaules, bras nus, et la tête drapée d'un turban d'étoffe lamée d'or d'où s'échappaient de longues anglaises de faux cheveux.

— Que voulez-vous que je vous dise? — me demandait-elle un moment après en me décochant pardessus ses lunettes un regard interrogateur.

— Mais ce qu'il vous plaira : quelque chose dlnsigniflant pour commencer.

— Il n'y a rien d'insignifiant en ce monde.

— Ainsi, vous croyez à l'art que vous exercez?

— Sachez d'abord, monsieur, que je n'exerce aucune espèce d'art. Je fais les cartes comme d'autres font de la tapisserie ou du crochet ; et s'il m'arrive ici et là de toucher juste, c'est le secret du hasard, non le mien. Je vois que cet imbécile d'intendant

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m'aura dépeinte à vous comme une manière d'Hécate fatidique, mais je lui pardonne volontiers ; ii y a longtemps que j'ai appris à ne tenir aucun compte de Topmion des hommes. J*ai beaucoup vécu, immensément lu et retenu, et mieux vaudrait peut-être nous occuper de mes livres et de mes manuscrits que de ce que vous appelez mon art de lire dans l'avenir.

— Ah ! vous possédez aussi des manuscrits?

— Quelques-uns ; un de mes oncles eut de constantes relations avec la plupart des savants et gens de lettres du dernier siècle et principalement avec les encyclopédistes. Je vous montrerai toute une liasse de lettres de l'impératrice Catherine, ainsi qu'un ouvrage inédit de Diderot. Malheureusement, l'ouvrage est du genre impie et graveleux et ne saurait convenir à votre époque qui, me dit-on, a des mœurs et de la religion.

Cette digression terminée, je revins à l'expérience prophétique, et priai la bonne dame de vouloir bien me dresser tout simplement la liste des divers souverains qui, à quinze ans de là, jour pour jour, régneraient en Europe.

306 houImes du jour.

Remarquez bien que ceci se passait en 1844.

La sibylle prit aussitôt ses cartes en main, et, tandis qu'elle instrumentait, j'écartai discrètement le rideau d*une étagère où se trouvaient en effet divers volumes de manuscrits français que je me mis à feuilleter, oubliant peu à peu et Thôtesse et son grimoire.

Soudain, une horloge lointaine sonne cinq heures ; tout est silence et solitude, et déjà commence à se répandre je ne sais quel pressentiment du monde mystérieux 1

— Étrange! s'écria subitement la devineresse en reculant ébouriffée devant les révélations du Destin. — Ces nomsl ces personnes! impossible I II est impossible que les mêmes événements se reproduisent de la sorte; que nous revoyions ainsi ce que nous avons vu. Voilà que tout me reporte au temps de ma jeunesse. Singulière année, en vérité, ce sera, que celle de 18591

Si loin que ma curiosité littéraire m'eût entraîné hors du cercle magique, j'y rentrai, comme on pense, à cette bizarre exclamalion, et demandai à la Voyante de me dire plus clah'ement de quoi il retournait.

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— De quoi il retourne? reprit alors là prophétesse; mais regardez vous-même. Ne demandiezvous pas à savoir les noms des princes qui, dans quinze ans d*ici, occuperont les divers trônes de l'Europe? Ces noms, tenez, les voilà, juste les mêmes que déjà Une fois nous avons vus :

En France, Napoléon;

En Russie, Alexandre ;

En Autriche, François;

En Prusse, Frédéric-Guillaume;

A Rome, Pie!

Il faut bien avouer qu'en 4844 la prophétie avait de quoi surprendre, et; j'en ris beaucoup, ainsi que de moins sceptiques eussent fait.

— Vos cartes se moquent de vous, dis-je à ma Cassandre, et vous rabâchent ces vieux noms, parce q nielles n'en savent pas d'autres. Voyez plutôt, à commencer par la France, Louis-Philippe y règne dans la plénitude de la vie; rien n'indique qu'il doive mourir ou tomber du trône, et môme, en supposant une catastrophe, qufe ferez-vous de sa race, de toute cette illustre lignée de jeunes princes ?

— C*cst possible, mais voici la carte qui représente le grand Corse !

— Et rAutriche ? Que deviennent dans votre système l'empereur Ferdinand et son héritier présomptif ? Passe encore pour la Prusse et la Russie, quoique l'empereur Nicolas jouisse d'une assez robuste constitution et que Frédéric-Guillaume paraisse avoir devant lui plus de jours que vous ne lui en accordez.

A ces mots, lasybille jeta les cartes sur la table en s'écriant d'un ton exaspéré :

— Quand je vous le disais, qu'il valait mieux causer littérature! Ce que les cartes m'annoncent, il faut, bon gré, mal gré, que je le révèle. La Pythie, une fois sur son trépied, ne peut rien taire, et quand elle le pourrait, elle ne le doit pas, car ce serait offenser le dieu qui parle par sa bouche

Quelques jours plus tard, je quittai le château, et comme j'arrivais à Stuttgard, je reçus une lettre de l'intendant qui m'annonçait que la sybille était morte.

AUSTERLÏTZ ET SOLFERINO

Tout arrive, disait M. de Talleyrand. Nous dirions volontiers tout ré-arrive, et sans vouloir prétendre que Thistoire ne fasse que rabâcher, n'est-il pas permis de voir dans certains événements, dans certaines situations, qui se déroulent sous nos yeux, une sorte de reproduction plus ou moins exacte des situations et des^événements auxquels ont assisté les générations qui vécurent sous le premier Empire? Ainsi, pour ne citer que deux grands exemples, que de points de ressemblance entre les deux batailles â*Austerlitz et de Solferino !

Le 2 décembre 4805, Tannée austro-russe, forte de quatre-vingt-quatre mille hommes, quitte sa position d*Olschan pour s'avancer en cinq colonnes sur Austerlitz où elle rencontre Tarmée française qui compte quatre-vingt mille hommes. Napoléon avait, dès la veille, conçu le plan de la bataille et promis la victoire à ses troupes. Les alliés, par leurs lenteurs et leurs indécisions, avaient laissé à Napoléon, jusqu'au 4®' décembre, tout le temps nécessaire pour se fortifier, et trouvaient ainsi parfaitement prêt et disposé au combat Tennemi qu'ils croyaient surprendre, absolument comme h Solferino ^

Par une retraite simulée. Napoléon attire Taile gauche des alliés dans une position désavantageuse, la disperse et la taille en pièces, tandis que Bernadette assure la victoire en foudroyant de son artillerie les Autrichiens qui forment le centre.

Même chose à Solferino !

1 Voir la proclamation de Napoléon III, 25 juin 1859: «L'ennemi croyait nous surprendre et nous rejeter au delà de la Chiese et c'est lui qui, etc., etc.

Les alliés (comme les Autrichiens à Solferino) opèrent leur retraite en bon ordre, et le 4 décembre ils passent la March. Les Russes perdirent douze mille hommes; les Autrichiens, au nombre de vingt mille avant la bataille, essuyèrent, tant en blessés que prisonniers et morts, une perte de cinq mille neuf cent vingt-deux hommes. La perte, du côté des Français, fut de quatre mille cinq cents hommes. Ils firent en revanche vingt mille prisonniers et s*emparèrent de quatre cent cinquante pièces de canon. Il est vrai que ce sont les bulletins qui parlent ainsi, et que les Autrichiens et les Russes ont toujours prétendu contester ces bulletins; car, disent*Us, ces canons n'ont pas été conquis, mais retirés des marais où ils étaient restés empêtrés. Nous avons entendu faire la même observation à propos des pièces d*artillerie qui figuraient à la fête du 45 août, et qu'on prétendait être des canons de forteresse, enlevés tranquillement à des places abandonnées, — comme si un pareil argument pouvait signifier quelque chose, et si une place forte avec tout son contenant en était

moins conquise, parce que Tennemi s'était enfui devant les vainqueurs au lieu de la défendre!

On a maintes fois soutenu que la bataille eût été gagnée par les Russes si elle avait pu être livrée, soit avant le <•' décembre,— c'est-à-dire avant la jonction de Bernadotte et de Davoust avec le gros de l'armée française,— soit après le 45 du même mois, époque à laquelle Tarchiduc Charles se serait avancé à la tète de quatr^vingt mille hommes, tandis que douze mille Russes, arrivant de la Haute-Silésie, sous le commandement de Bennigsen, auraient appuyé son mouvement. En outre, cent quatre-vingt mille Prussiens et Saxons étaient là, l'arme au pied, — prêts à envahir la Franconie et à couper les lignes de notre armée,— en exécution du traité de Postdam {3 novembre 4805], par lequel le roi de Prusse s'engageait à entrer dans l'alliance austro-russe, au cas où l'empereur Napoléon n'accepterait pas, avant le 4 4 décembre, l'intermédiaire de la Prusse dans les termes posés par la paix de Lunéville. Nous ne parlons pas de quatre-vingt mille hommes^ tant Prussiens que

Russes, Suédois, Hanovriens et Anglais, qui menaçaient au nord de rAUemagne les frontières des Pays- Bas.

N'étant à vrai dire vaincue qu*à moitié, ayant en< core à coippter sur l'assistance de l'Europe presque tout entière, forte d'une armée de plus de cent vingt mille hommes et tenant pour ainsi dire à sa disposition trois cent mille hommesde troupes auxiliaires,— rAutriche, pendant la première heure qui suivit Austerlitz, — TAutriche, à Fétonnement universel, n'en tendit pas moins les mains k la paix. Dès le 3 décembre, le prince Jean Liechtenstein paraissait au quartier général de l'armée française, et le lendemain l'empereur François avait avec Napoléon, dans un moulin près dfc Starutschûtz, une conversation de deux heures, où les deux monarques réglaient un armistice et posaient les bases de la paix^

1 S'il faut en croire les rapports da temps, Fimpression que produisit Napc^éon sur l'empereur François dans cette circonstance fut môme des plus défavorables. « L'empereur François, raconte Gent2 dans ses mémoires, vint à ce rendez-vous simplement accompagné de son aide de camp général le comté

3U HOMMBS DU lOUR,

Après cette entrevue, l'aide de camp de Napoléon, le général Savary, accompagna l'empereur François à son quartier général pour s'informer si c'était Tintention de l'empereur Alexandre de prendre part à la négociation. L'empereur Alexandre ayant repoussé toute offre de ce genre, Bertbier et le prince Liechtenstein conclurent, le 6 décembre, un armistice en vertu duquel l'armée française, continuant à occuper la Haute et Basse-Autriche, Venise, une partie de la Bohême et de la Moravie, et aussi Presbourg, Tarmée russe devrait, à des délais fixés, vider le territoire des États de Sa Majesté Impériale, Royale, Apostolique, où, sans en excepter la Hongrie et la Bohême, aucune force étrangère ne stationnerait.

Napoléon frappa en outre les Éta}s autrichiens

Lamberti; il trouva Napoléon environné de toute la pompe de sa cour militaire, et jouant au vainqueur plein de condescendance ! » L*empereur François eut l'âme si navrée de cette fastueuse mise en scène, qu'il sortit de là en disant : « Maintenant que j'ai vu cet homme, je sens que je ne pourrai jamais le souffrir! )) Ce qui n'empêcha pas le Habsbourg, quelques années plus tard, de regarder comme un bonheur de donner sa fille pour femme à cet homme»

AUSTERLITZ BT SOLPBRINO. 315

d'un impôt de guerre de cent millions de francs.. Alexandre, pour obtempérer au vœu de Tempereur d'Autriche, retira ses troupes et les plaça en Silésie et dans la Haute-Saxe, à la disposition du roi de Prusse. Les Russes occupèrent aussi * dans la Dalmatie les Bouches-du-Cattaro abandonnées par l'Autriche à la France.

La trêve d'Austerlitz paralysa d'un coup toutes les forces militaires de la monarchie autrichienne et la sépara de ses anciennes alliances. La conséquence immédiate de cette politique fut la complète dissolution de l'empire d'Allemagne.

Le S6 décembre 1S05 l'Autriche souscrivait aux rudes conditions de la paix de Presbourg, qui nonseulement lui enlevait un territoire de onze cent quarante-un mille mètres carrés, plus de deux millions de sujets et un revenu de treize millions et demi de florins, mais encore coupait ses communications avec

^ k mai 1806.

346 HOMMES DU JaUB.

la Suisse et Fltalie et lui enlevait toute influence en Allemagne. La suprématie de Tempereur Napoléon en Italie était fondée; les princes de TAUemagne du Sud devenaient ses vassaux et la Prusse isolée pouvait prévoir d'avance la catastrophe de 1806.

Cette succession d'événements vous revient à la mémoire en présence du traité de Yillafranca si rapide, si instantané, et qu'on le veuille ou non le parallèle s'établit.

Alors comme aujourd'hui l'Autriche était entamée, non vaincue; alors comme aujourd'hui de puissants voisins étaient au moment de lui venir en aide, et l'empereur François faisait la paix dans une entrevue particulière avec Napoléon I«% comme aujourd'hui l'empereur François-Joseph, dans des conditions presque identiques, traite directement avec Napoléon III.

A Texception de la campagne de 1 81 5, la nouvelle guerre d'Italie aura été la plus courte de toutes celles qui ont éclaté en Europe depuis la Révolution française, point de départ de Thistoire de la stratégie moderne.

Commencée en avril 1 792, la première guerre de coalition contre la France finit le 18 août 1797 par les préliminaires de Léoben, auxquels succède le traité de Campo-Formio.

Elle avait donc duré cinq années révolues.

La seconde, où l'Autriche et la Russie se partagèrent, s'ouvre en décembre 1798 et se termine le 9 février 1801 parla paix de Lunéville, c'est-à-dire

deux ans et trois mois plus tard. Le 27 mars 4802 TAnglelerre signe la paix d'Amiens pour reprendre les armes dans l'année môme. Sur le continent, rAulriche et la Russie re(;ommencent, en septembre 4805, contre la France, une troisième guerre, que quatre mois après (26 décembre) la paix de Presbourg vient interrompre.

La guerre de Napoléon contre la Prusse et la Russie débute en septembre 4806 et voit sa fin le 7 juillet 4807) à la paix de Tilsitt^ — ayant ainsi duré dix mois.

La guerre de 4809, dont on peut dire que Fécrasant fardeau pesa tout entier sur TAutriche, s'étend du 8 avril au 42 juillet, ce qui fait un espace de^ plus de trois mois.

La lutte gigantesque de Napoléon contre la Russie d'abord, puis contre l'Europe entière coalisée, date du passage du Niémen par l'armée française, 24 juin 4842 au 7 juillet 4845, «t occupe ainsi une période de trois longues années.

C'est alors que s'ouvre pour TEurope cette grgtnde trêve d*armes à laquelle au bout de quarante ans succède, en octobre 1853, la guerre d'Orient, laquelle se termine par la paix de Paris, le 30 mars 4856. Cependant, comme les puissances occidentales ne furent guère à Vœuvre qu'en 4854, et que dès janvier 4856 l'armistice avait lieu en Crimée, on peut calculer que les hostilités se prolongèrent à peine deux ans.

Quant à la dernière campagne d'Italie, les Autrichiens l'inaugurent le 28 avril 4859 en franchissant le Tessin, et le 42 juillet l'entrevue de Villafranca amène son dénoûment.

Du 28 avril au 42 juillet, deux mois et demi! Et dans ces deux mois et demi cinq victoires et pas un seul échec I

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