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trefois on eut appelé la victime , ne s'en inqaiète pas plos que si un ivrogne lui eut , en passant , jeté une injure, et le public n'y attache pas plus d'importance.
Si, nonobstant celte indifférence du public, il est encore quelqû'homme politique qu'affecte une épigramme , il doit, pour consolation, se dire qu'il la mérite ou qu'il ne la mérite pas. S'il ne la mérite pas, le public en fait bientôt justice. S'il la mérite , c'est un avis qui peut lui être utile.
Au lieu ,de faire de la presse un flambeau pour éclairer , disent les ennemis de la presse , on en a fait une torche pour incendier. — Cçci a pu être vrai naguère. Aujourd'hui les choses ont bien changé : la presse, chez nous du moins, ne sert plus qu'à battre monnaie. Tout livre est une spéculation , tout journal une exploitation : le faire produire le plus possible , tel est le but. La gloire, la conscience, l'opinion ne figurent dans l'entreprise que comme conséquences très- secondaires. Quand la vérité y paraît, c'est donc qu'elle s'y est glissée inaperçue ou qu'elle rapporte un liard de plus que le mensonge.
L'opposition elle-même n'est qu'un rouage industriel. Quand l'écrivain a l'air de moraliser et de régenter le pouvoir, c'est que là encore il voit une chance de profit et qu'il espère se faire acheter plus cher.
De la moralité à l'immoralité d'un journal, de sa couleur blanche à sa couleur rouge, la différence n'est que dans celle d'un million à deux.
C'est cet exemple de la presse qui a, plus que toute autre chose, contribué à démoraliser, je ne dirai pas la nation , mais le gouvernement. U n'a plus vu que gens à vendre, il les a adietés. Mais, comme je le remarquais, isi la presse a ses inconvëniens, elle a ausâi ses avantages, et avec celui que j'ai indiqué ei-dessns, elle en a an plos