PRO 9S
différais, dans tontes les traditions, pouvait senle ouvrir une carrière à la volonté. Pour que l'homme conçût le bien, il fallait lui donner la possibilité du mal ; pour qu'il fût probe, il fallait qu'il pût ne Têtre pas; et comme il était unique dans la nature, que la terre entière et tout ce qui la couvrait était à lui , une restriction était nécessaire. Ainsi seulement, l'homme pouvait comprendre la propriété, puisque c'est par la privation qu'on mesure la jouissance et par la comparaison qu'on pèse les choses. Ce n'était que par cette double voie que son libre arbitre, sa raison et sa justice pouvaient s'exercer, et qu'il devenait un être pensant, raisonnable, et susceptible du bien moral ou de la vertu.
La première qui a été offerte à l'être est donc la probité. C'est aussi de celle-là que dérivent toutes les aatres ; toutes , si nous les approfondissons , sont des nuances de la probité, comme tous les vices ne sont que la modification de la qualité opposée. Un homme probe non-seulenv^nt ne dérobe pas, mais il n'est ni envieux , ni menteur , ni séducteur , ni fourbe , ni médisant, ni calomniateur, car il n'est aucun de ces caractères qui ne dénonce une attaque à autrui.
C'est l'improbité , le désir de posséder ou l'orgueil de conquérir, qui fait la tyrannie, c'est-à-dire l'emploi de la force contre la faiblesse. C'est l'improbité' qui nous empêche de sentir les droits de l'humanité ou qui nous entraine à en abuser lorsque nous les connaissons. C'est die qui fait la discorde, la guerre, enfin tous les maux de la terre. C'est la vertu contraire qui les guérit.
Nous résumons ce que nous venons de dire en définissant ainsi la probité:
C'est un sentiment plus ou moins développé, mais qui procède d'un principe égal dans tous les individus, et qui n'est mis en jeu que par le contact de plusieurs.
Réfléchie, réciproque, née en nous, conséquence de notre être , garantie de notre conservation , la prolnté fait partie du moi ou de cette ame qui dit: je suis. Or, la créature le dit dès qu'elle sent la vie, et elle la sent dès qu'elle s'agite pour la conserver.
Défendre ce qu'on a, c'est posséder, et de plus c'est savoir qu'on «possède. Si on le sait , on comprend par cela même qu'on peut cesser de posséder, ^et on en con* dut que quelqu'un peut nous enlever ce que nous possédons. Si nous admettons cette possibilité, et si nous avons senti le tort qu'il peut nous faire en nous dé* pouillant, nous sentons aussi celui que nous lui feiions en agissant de même envers lui.
La probité est donc la première combinaison de la nature , la première lueur de la conscience et de la raison, la première condition de la sociabilité, enfin la base comme le résumé de toutes les vertus, même de toutes les créations, car si elle est la source des biens, elle est aussi la toise qui sert à les» mesurer.
PROBLEMATIQUE. Ceci , en France et notamment à Paris , peut se dire des gens comme des choses : il est une foule d'individus dont l'existence, non moins qae la personne, est toute problématique.
Ces problèmes vivans ne sont pas exclusifs à une classe de la société; on en rencontre dans le salon dn ministre comme dans le cabaret du coin; seulement on les voit dans rélément contraire à celui dont ils paraissent émaner. Par exemple, ce n'est pas chez le ministre de la guerre que vous rencontrerez un colonel problématique , c'est chez le ministr-e des finances ; tandis que ce sera chez le ministre de la guerre que vous trouverez le financier problématique ou le financier sans finance.
Le lion problématique, espèce d'ailleurs des plus répandues, est le seul qu'on voit partout tant qu'il est de ce monde , car le lion vit peu , et chaque année la ménagerie parisienne s'en renouvelle.
Rien de mieux nommé ou de plus véritablement problématique que ces dandys : leur vie est un mystère que uni n'a encore pénétré. Ils n'ont ni nom , ni place , ni revenu , ni talent , ni esprit , et pourtant on leur voit dievaux, voiture, groom, appartemens de luxe; ils déjeûnent, dînent, soupent dans les cafés les plus élégans, et chose plus étrange , ils sont reçus dans la meilleure société. Cela dnre peu, sans doute; mais comment cela dure-t-il même un jour? Comment surtout cela commence-t-il? Là est l'énigme, et elle est grande. 11 est vrai que le bagne en est parfois la solution.
Je ne tenterai pas de passer en Yevue toutes les catégories d'individus qui, dans une sphère plus ou moins iMÎUante, vivent ainsi, à Paris, on ne sait de quoi ni comment. Le nombre en est si considérable , qu'on ne peut, à la lettre , foire un pas sans mettre le pied sur un problème. Trop heureux s'il ne vous saute pas aux jambes.
Les problèmes femelles sont peut-être plus communs encore. C'est sous la Restauration, si féconde en miracles, que l'on en vit le plus et des plus étonnans.
En voici un que tout Paris a pu admirer comme moi :
La femme d'un épicier-droguiste d'une petite ville de province, s'ennuyant un jour du bavardage des commères de son quartier, qui faisaient sa société habituelle, monta dans la diligence et vint descendre à Paris dans un modeste hôtel garni, avec quelques louis, fruit d'une longue et patiente économie. C'était peu pour devenir grande dame, mais elle voulait l'être : elle le fut.
Cette femme jadis belle, mais approchant la quaran-
taine, cette femme d'une éducation fort ordinaire, sans fortune , sans recommandation , roturière s'il en fut ; dix-huit mois après recevait, dans son salon, la fleur du faubourg St.-Germain, et chose plus étrange, des évéques et des ministres. Chaque matin, vingt personnes faisaient antichambre chez elle. Sa recommandation donnait des préfectures , des recettes générales , des régimens , et je connais trois ou quatre gentilshommes , dont un était naguère pair de France, à qui elle a fait épouser de belles et riches héritières.
Par quelle moyen M™« de St.-U***, car c'est le nom qu'elle avait substitué à celui plus que bourgeois de son mari, était-elle arrivée à ce grand crédit? G*est ce que je n*ai jamais pu savoir. *— Est-ce par sa parenté? J'ai dit qu'elle n'en avait pas. — Par son mari? Il n*a jamais quitté sa boutique. — Par son amant? On ne lui en a jamais connu. — Par Isa beauté? Elle n'en avait plus. — Par son esprit ou son instruction ? Elle n'en avait jamais eu. — Par son luxe? Tout était convenable dans sa maison , mais rien de plus ; si elle dépensait encore beaucoup d'argent, elle le dépensait sans désordre.
Tout le monde, le beau monde seulement, allait chez elle, et elle était reçu chez tout le monde. Là encore, et chez les plus fiers , on lui réservait une place d'honneur, on la choyait, on l'adulait: pourquoi? Personne n'en sait rien. Nul n'ignorait son origine et l'état de son mari. Chacun , in-petto peut-être , la considérait comme une intrigante, mais aucun ne le disait, et l'eût-il dit, il n'aurait su comment le prouver , car si elle recommandait elle n'intriguait pas, ne fatiguait pas de démarches trop répétées : elle demandait et obtenait, voilà tout.
Ceci a doré des années, et pendant ces années le droguiste , son époux , a continué à débiter ses drogues. —Venait-il à Paris? Nul ne Yy a vu.— Envoyait-il de
Fargent à sa femme? On ne le sait. Ce qui est certain, c'est qu^il ne s'est pas enrichi, c^est quMi ne s'est pas rainé, c'est que stm ëtat de fortune a paru toujours le même et, ce qui semblera plus singulier encore, c'est que personne n*a jamais dit qne M°*® de St.4J*** se fusait payer ses recommandations ni même qu'elle recevait des prësens. Qu'en conclure? C'est qu'elle était discrète et que ses protégés Tétaient aussi.
Après la révolution de Juillet, dès que le calme fut rerena, les habitués de M"« de St.-U***, qui n'avaient pas quitté Paris, allèrent s'informer de sa santé, mais ils trouvèrent son appartement occupa par un autre. La maison avait changé de propriétaire , puis successivement de portier et de locataires, de façon que nul n'y connaissait M™« de St.-U***.
Les plus persévérans de ses anciens protégés, ou si l'on vent les plus curieux, lui écrivirent dans sa petite ville, mais ils ne reçurent pas réponse; et depuis, ame qui Tivc n'a entendu parler de M™« de St.-U***.
Après ce fait, on n'en peut guère citer d'autres. Toutefois , je dois dire ici un mot de ces figures habitaées des promenades et des jardins publics de la capitale, figures que tons les Parisiens vivans aujourd'hui, quelle que soit leur vieillesse, ont vues à la même place depuis que leurs yeux ont commencé à voir, que probablement leors pères et grands-pères y avaient vues aussi, et qu'y verront encore leurs neveux et arrière-neveux.
Ces figures éternelles, ces représentans ou représentantes du Juif-Errant, car il y en a des deux sexes, sont généralement entre deux âges , ni vieux , ni jeunes, ni beaux, ni laids, ni riches, ni pauvres. Qu'ils soient
vivans, on n'en safirait douter, car ils vont et viennent «
marchent ou s'asseient. Mais d'où viennent-ils et où
Tont-ils? Nul ne le sait.
On ne peut dire davantage s'ils parlent, jamais on n'a entendu un son articulé sortir de leur bouche; jamais on ne les a vus dans la compagnie d'un être vivant.
Quant à leur costume, les hommes d'âge ont reconnu qu'il était sujet à des modifications, mais qu'elles n'avaient lieu qu'à des époques fort éloignées, dont le terme moyen était de vingt-cinq ans.
Lorsqu'elles s'effectuent, les plus indifférens s'en apperçoivent à l'ébahissement des voisins qui restent la bouche béante devant le chapeau neuf, la redingote refaite ou le châle renouvelé. Chez quelques-uns, c'est plus que de l'étonnement , c'est de la stupeur , car ils prétendent que c'est le signe certain d'une révolution.
La capitale ne renferme pas seulement des hommes et des femmes problématiques, on y rencontre aussi des animaux qui le sont : il y a des chevaux et même des ânesscs problématiques. Les chevaux sont ces êtres immobiles qu'on voit attelés à un fiacre ou à un cabriolet , attendant la pratique. Insensibles au bruit , insensibles aux mouches, on ne sait pas bien s'ils vivent et s'ils ne sont pas un prolongement des ressorts usés de la voiture.
Quant aux ânesscs problématiques, ce sont celles qui accompagnent dans les rues le lait qu'on veut administrer tout chaud aux malades; précaution prudente et pourtant qui n'a pas encore expliqué comment une partie de ces ânesses sont des ânes. Mais peu importe , si le lait chaud se trouve au fond du pot.
Je ne parlerai pas des monumens problématiques de Paris et je ne dirai qu'un mot de ses productions industrielles. La cuisine est au premier ranjg, et la quantité de mets incompris qui s'y consomment journellement, mets dont les efforts réunis de la chimie et de la médecine légales ne sauraient faire l'analyse, est presqu'incroyable;
et si Ton pouvait compter tout ce qui y entre, ou reconoattrait que jamais les trois règnes n'ont fourni pins (Tiogrédiens au grand-œnvre et à la pierre philosophale.
Heureusement que le vin de Paris, plus grand problème encore, est là pour faire digérer la cuisine. On a tant parlé de cette savante confection, toute spéciale à cette grande Tille, qu'il me reste bien peu de choses à en dire. Personne n'ignore comment elle a pu suppléer à Tinsuffisance de dos vignobles, et, par une habile application du campêche et de la Utharge, rendre inutiles remploi do pressoir et les labeurs du vigneron. En définitive, la îigne n'est plus aujourd'hui qu'un objet de pur agrément et seulement propre à nous approvisionner de chasselas pour nos desserts et de raisin de Corinthe pour nos poudings.
La bière pourrait donner lieu à plus de controverse. Bon sur sa qualité problématique, mais sur celle de son utilité comme boisson écononûque. La grande quantité de savon qu'elle absorbe, augmentant le prix de cette matière si nécessaire à la blancheur du linge et à la santé pabliqne , on s'est demandé s'il ne serait pas convenable de la faire mousser par tout autre procédé.
Nous pourrions maintenant passer aux sirops et ratafias problématiques, mais comme ils le sont tous, même ceux de ménage, on n'a rien à reprendre à une qualité qui tient à leur essence ou qui même la constitue.
Mais ce qui est réellement anormal et ce qu'on doit signaler comme un abus, c'est qu'à Paris l'air et l'eau 8(Hit aussi problématiques, c'est-à-dire qu'on n'est jamais sûr de respirer de l'air non respiré ou de l'eau de première main. Ajoutez qu'il y a aussi de la fausse eau; oui, de l'eau de fabri^be! que l'on confectionne à l'aide des gouttières et autres exutoires, quand la composition en est moins coûteuse que le transport de la fontaine au logis.
 tant de problèmes, j'en ai encore un à ajouter, et ce n'est pas le moindre : c'est un gouvernement problématique. — Mais il marche , dira-t-on. — Et voilà justement le miracle.
PROFOrmEUR D£ LA TERRE. L'homme qoi possède un terrain est propriétaire non-seulement de la surface , mais il l'est aussi du fond : ce terrain est à lui dans sa longueur, sa largeur, sa profondeur. Calculez alors jusqu'où cela peut aller.
Admettons que le globe terrestre ait deux mille huit cents lieues de diamètre: l'individu qui hérite d'un carré d'une perche n'en est pas moins le suzerain légitime d'une profondeur de terre, je ne dirai pas de deux mille huit cents lieues, mais bien de mille quatre cents, car il est juste de reconnaître le même droit au propriétaire antipode.
Dans une masse de terre de mille quatre cents lieues, que ne peut-il pas se trouver en or, argent, pierreries, sans compter les bitumes, les charbons et toutes les richesses historiques, géologiques, archéologiques, etc. Il n'est donc pas de si mince seigneur-terrier qui n*ait, enfouis sous ses pieds, plusieurs miUiards à lui appartenant: il ne s'agit que de les déterrer; il est vrai que la besogne est grande. Pourquoi ne l'y aiderions-nous pas? peut-être y trouverions-nous aussi notre compte. Nous dépensons des sommes énormes pour aller découvrir, au milieu de l'Océan, quelque îlot perdu, qui n'est et ne sera jamais habitable que pour les goëlands et ks oiseaux de tempête. Nous faisons plus encore , nous affrontons une mort presque certaine "pour atteindre à quelque Tombouctou, cité superbe, Babylone africaine, qui, riche de deux à trois cents huttes de boue, vaut
PRO lot
un peu moins que le dernier village de Normandie, et, en nous cotisant de puissance à puissance , nous n'avons pas un pauvre milKon pour reconnaître le sol qui est sous nos pieds. Nos découvertes souterraines vont tout au plus à une demi-lieue , et les Chinois qui passent pour les Christophes Colombs de ces voyages subterranës, nous ont à peine dépassés de quelques cents toises; et nous nous croyons des savans en géologie ! Que dirions-nous de celui qui se prétendrait anatomiste parce qu'il aurait examiné la peau d'un homme , et qu'en lui entr'ouvrant la bouche, il aurait découvert qu'il a des dents. Et pourtant, nous le répétons, quelle immense carrière d'études l'intérieur de cette terre ne nous offre-t-il pas, et que de choses n'avons-nous pas à y mesurer! C'est là seulement, que nous pouvons apprendre l'âge du monde. Déjà, dans cette première croûte, nous avons rencontré, avec les traces de quatre révolutions complètes, des ossemens d'animaux dont les types vivans n'existent plus et dont ks formes, variant d'une époque à une autre, sont entièrement dissemblables. Nous avons trouvé , jusque dans les zones aujourd'hui glacées , des empreintes de végétaux qui ne peuvent vivre que dans les latitudes torrides : il faut donc que ces révolutions complètes aient été atmosphériques.
Or, pourquoi n'y aurait-il eu que celles-là? Et s'il y en a eu dix, douze ou plus, comme déjà l'on commence à l'entrevoir, pourquoi n'existerait-il que ces quatre catégories d'êtres fossiles? Si nous les trouvons dans les deux cents premières toises, pourquoi n'en rencontreriona*nous pas tout autant dans les deux cents secondes, et ainsi de suite? Pourquoi ces mines si riches à la surface ne seraient*elles pas plus riches à Tintérieur?
Pourquoi même l'histoire n'y recueillerait-elle pas sa part et ne rencontt«rait^-elle pas , dans ces profondenn' ly 5
inexplorées, des traces d'une civilisation éteinte? Tout est-il connu ou prévu sur la terre? Non, presque rien ne Test encore; et à chaque découverte que fait la science, elle voit qu'elle n'a fait qu'un pas pour arriver à une autre.
On se récriera sur la difficulté et les frais de ces excavations: mais cette difficulté est-elle invincible? Ces dépenses sont-elles immenses? Sont-elles plus fortes qae celles que nécessitent la levée d'une armée, son équipement et sa nourriture? Et dans quel but? Pour aller détruire une autre armée. Et pourquoi encore? Pour conquérir quelques champs qui, peut-être, ne seront pas assez vastes pour y étendre tous les corps de ceux que nous allons tuer. En vérité, nous pourrions mieux employer notre argent et nos bras!
Employons -les donc à expérimenter le sol; étudions sérieusement la géologie; tâchons, enfin, de savoir quelle est cette terre sur laquelle nous marchons , dans laquelle nous reposerons, et n'appelons plus ses entrailles, la première pelhculc de son épiderme.
PROPRIETE {Mai 1848). La propriété, c'est l'homme.
Le sentiment de la propriété est le premier que l'enfant éprouve. Sa première exclamation, quand ses yeux s'onvrent , est pour demander ce qu'il voit ; son premier geste, c'est pour le prendre; sa première menace, c'est ponr le défendre quand il l'a pris. Oui, tout est à moi: c'est là sa conviction , sa première conscience ;. et cela est si vrai , que la moindre restriction à ce principe absolu excite sa colère , puis ses larmes , parce qu'il j voit un abus de la force et une suprême injustice.
Tout homme naît donc propriétaire, sinon de fait, da nK)ins en idée , en désir et en volonté , et propriétaire
unique ; car ce n'est que secondairement , par un sentiment qu'on lui inspire ou plutôt qu'on lui impose , qu'on lui fait admettre Pidée du partage. Abandonné à sa propre nature , si sa force répondait à son vouloir , ou si nn calcul fondé sur Texpcrience ne lui montrait pas un avantage à céder quelque chose , il ne céderait rien, car le moi humain est exclusif.
C'est ce sentiment de la propriété, quand il n'est pas modifié par l'éducation et la religion, qui pousse l'homme à tant d'excès , de violences et de crimes ; mais c'est aussi du sentiment de la propriété qu'émanent toutes ses qualité , toutes ses vertus. L'un est la conséquence de l'antre. Ainsi , de la propriété naissent Favarice , l'envie, la fraude, le vol, le meurtre; comme de la propriété émanent l'économie, la prévoyance, la charité, la générosité , l'ordre , la conduite , l'amour du travail , de la stabilité, celui de la famille et de la patrie. La presque totalité des qualités sociales et des vertus privées sont donc fondées sur la propriété.
La conscience elle-même ne se mesure et ne s'applique que par la propriété; car, qu'est-ce que la conscience? Le sentiment du juste et de l'injuste ; en d'autres termes, la connaissance du bien et du mal. Comment puis-je faire du bien à un homme? — En lui donnant une part de ce que j'ai. — Comment puis-je lui faire du mal? — En lui prenant tout ou partie de ce qu'il a. Mais cet homme n'a rien , et je n'ai rien moi-même. Cet homme existe , et je suis le plus fort; alors, je puis m'emparer de sa personne, la tuer, la vendre, ou faire de lui mon serviteur ou mon esclave. L'atteinte à la personne n'est donc véritablement qu'une attaque à la propriété. Rendez cette atteinte impossible, il en résultera l'impossibilité du maly et conséquemment du bien ; et par suite de cette double impossibilité, vous perdrez le sentiment de l'un et de l'autre.
Vous le voyez, l'idée du bien et du mal, ou rexîslence de rhomme moral, de l'homme penseur et raisonnable, est inadmissible sans celle de la propriété, ou du moins elle n'est pas applicable.
Nous avons supposé ici l'homme nu devant l'homme nu, mais ceci n'est qu'une supposition. La non-propriété absolue n'est réellement nulle part. Il n'est pas , sur la terre , un seul individu , quelque pauvre qu'<m le suppose , esclave même , qui n'ait quelque chose à lui , ne fût-ce que la pierre sur laquelle repose sa tête, ne fût-ce que le morceau de pain qu'on lui donne pour vivre. Ce pain, dès qu'il l'a reçu, devient sa propriété ; le lui re-r prendre , c'est un vol. Du plus au moins , là question est là. Aussi n*a-t-on pas encore rencontré de peuplade assez arriérée, assez sauvage , pour que la loi du tien et du mien lui soit entièrement étrangère.
S'il n'est aucun code, fût-ce même le code draconien, te code anthropophage, qui ne soit fondé sur ce principe, il n'est pas non plus de religion dont la propriété ne Soit la base , car toute religion , toute croyance à une autre vie entraîne celle des récompenses et des peines. T^nte récompense est un dou, une concession, un bien octroyé et garanti. Toute punition est le retrait de ce bien ; ou c'est un don encore , mais un don funeste : la mort , celle du corps , se donne comme la vie. Formulez donc une religion en dehors de la propriété présente et future , et vous verrez si quelqu'un vous comprend et si vous pourrez vous comprendre vousmême.
Nous avons dit : la propriété , c'est l'homme. Ot , tfu'entendons-nous par homme? Est-ce ce composé de sang , de chair et d'os , qu'un souffle fait naître , qu'un souffle tue? Non, ce qui constitue l'homme, c'est là fe- <Sfl!té de penser^ de vouloir*, d^agir et de croire: c'est son ame.
PRO HOJ^
Sar quoi sont fondés les actes de cette ame? Sur le désir d'avoir et de conserver. Or , l'idée de conserver est absolue ; elle comporte celle de l'éternité , conséqaemment celle de l'immortalité ou celle de Dieu même. Qu'est-ce que le matérialisme, qu'est-ce que l'athéisme? L'annulation de la durée , l'anéantissement de la vie , donc la destruction de la faculté de conserver, de croire, d'espérer : système désolant, contraire à la raison , contraire à la nature, et répulsif à tous ; car, qui a dit je suis a dit je serai, a dit je possède et je posséderai.
Oui, la propriété, c'est l'homme; ôlez-lui la possibilité d'avoir ou seulement de désirer, dès ce moment il est inerte; car, remarquez-le bien, l'individu, quel qu'il soit et dans quelque position qu'il se trouve, n'agit que pour satisfaire un besoin et une volonté , ou pour se défendre du besoin et de la volonté d'autrui ; or , le besoin , comme la volonté , n'a qu'un but : celui de prendre et de conserver. Que le but disparaisse , que rfaomme ne le voie plus ou ne le comprenne pas , tout s'éteint en lui : passion , désir , volonté , pensée même ; il ne reste rien qu'un cadavre.
C'est sur la propriété que repose l'avenir du travailleur et réciproquement; c'est avec ce qu'elle rapporte qu'on peut payer la main-d'œuvre qui la rend productrice. Que devient la richesse, quand la production s'arrête? Qu'on reste seulement une année, en France, sans travailler, et tout le monde y sera pauvre. La richesse est donc surtout dans l'emploi des brns de celui qui veut l'acquérir, car il n'a trouvé ni, sac de froment, ni bourse remplie d'or gisant sur le sol; il lui a fallu les en faire surgir. Donnez à un individu toutes les terres labou-r râbles de la France, s'il ne les laboure ni ne les fait labourer, s'il n'a pas de bras pour travailler ni de moyen
de payer le travail, il n'en mourra pas moins de faim
au milieu de ses terres. Ce n'est donc pas même le sol qui fait la richesse, c*est la volonté et le talent de ^exploiter.
On a dit que Thomme était fait pour travailler, c'est une erreur; il est fait pour posséder, et il ne travaille que lorsqu'il ne trouve pas d'autres moyens d'arriver à la possession. Otez-lni le d^sir de cette possession ou la certitude de la conserver, vous enlevez au travail son incitant, et au travailleur son courage. Vivant au joar le jour, il travaille juste autant qu'il faut pour satisfaire au besoin du moment; il ne garde rien ni pour lui ni pour ses cnfans, et encore moins pour son voisin.
En dehors de la propriété, il ne peut donc y avoir de charité efifective ; on peut vouloir faire le bien , mais cette volonté est stérile.
Par là encore ou par la non -garantie de l'avoir, vons enfantez la paresse et l'insouciance; vous tuez non-seulement l'industrie, mais vous tuez les arts; vons ramenez l'homme à un état pire que l'état sauvage; vous le conduisez à la barbarie, vous lui enseignez que la violence fait le droit; que la terre est non pas au plus méritant, au plus capable, au plus laborieux, mais au plus fort ou au plus fourbe.
Vous le voyez, la propriété est l'axe sur lequel se ment le mécanisme social ; partout l'avenir des peuples et lenr sécurité présente reposent sur l'inviolabilité de la vie. Supprimez-la ou rendez-la douteuse, vous ébranlez l*é^ dilice et vous en préparez le désordre et la raine. Toutes les convulsions populaires, toutes les révolutions politiques , quelques couleurs qu'elles déploient , quelque désintéressement qu'elles affichent, n'ont point d'autre but que la confiscation plus ou moins prompte, plus on moins déguisée de la propriété , ou son changement de main. On est révolutionnaire pour avoir quelque chose de plus que ce que l'on a , et une révolution est tou-
jours, quoiqu'on ^dise, la guerre de ceux qui veulent prendre contre ceux qui veulent garder. Qu'on étudie rhistoire des nations , on verra qu'il n'en est aucune qui n'ait péri par la destruction du principe de la propriété, destruction violente et immédiate commise dans la conquête, ou destruction lente opérée par le frottement politique, par l'usure gouvernementale, par le fisc, l'oppression ou l'ineptie.
L'ineptie ! voilà , je crois , notre mal présent. La médiocrité rapace ou ambitieuse a surgi partout; elle nous tue , nous mourons victimes des rhéteurs et de leurs paroles torpides. Nous marchons au rachitisme ; nous étouffons sous Téteignoir : c'est la consomption par la sottise. Décidément, notre époque est rétrograde.
PROPRIETE ET INDUSTRIE. Quelle est la différence de position entre celui qui possède et celui qui vit de ce qu'un autre possède? — C'est que la vie de celui-ci dépend d'un intermédiaire. Faites qu'elle n'en dépende plus , que cet intermédiaire soit tenu de le nourrir , «lors la possession n'est plus qu'une question d'orgueil et non d'existence.
Ce riche Romain des beaux jours de Rome avait des esclaves qui, selon leur éducation ou leur savoir, remplissaient toutes les fonctions de sa maison, jusqu'à celles de médecin et de précepteur de ses enfans. Ces esclaves, Qonrris , logés dans le palais , profitaient de la richesse du maître, comme en profitent encore nos domestiques; ils avaient leur part de sa magnificence, de ses joies, de ses folies.
Il est vrai que ces gens étant à lui , il pouvait les battre et les tuer; mais il vint un temps où il ne le pouvait plus, la loi le lui interdisait : il n'avait le droit
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que de les emprisonner , les donner ou les vendre. La situation de Tesclave était déjà moins fâcheuse.
Que l'esclave puisse se racheter en travaillant pendant un temps déterminé; que l'esclavage soit un contrai légal, un échange équitable de temps ou de liberté contre de l'argent, des vétemens, de la nourriture, alors la position de l'esclave différera peu de celle de l'ouvrier libre, du soldat ou du marin enchaîné à son atelier, à sou régi^ ment ou à son navire.
Sans doute cet esclave, ne travaillant que pour sa liberté , n'aura rien à lui ou ne sera pas ce que nous nommons propriétaire ; mais en ceci encore il diffère peu des cinq sixièmes de nos artisans qui, comme lui, sont esclaves de ceux qui les paient.
Qu'est-ce que la propriété? La première propriété de chacun est celle de son corps; toutes les autres n'en sont que la conséquence.
La terre est à Dieu qui l'a faite. Le premier homme qui y planta un arbre ou y traça un sillon, en fut, après Dieu, le premier propriétaire.
A lui donc est ce sol qu'il cultive, qu'il exploite, qu'il utilise. On ne peut, sans injustice, l'en expulser^ On ne peut davantage en expulser ses enfans, qui ne sont que la continuité de lui-même et qui, comme lui, tirent, par leur labeur, parti de cette terre.
. En ceci , nos lois sur l'hérédité sont d'accord avec nos mœurs , nos usages , nos convictions. Mais si nous examinons la question en dehors de nos habitudes, nous y verrons que chaque homme , dans le partage de la terre , n'a véritablement droit qu'à celle qu'il utilise ; et s'il ne fait usage , ni pour lui ni pour personne , do sol qu'il possède, il doit y être contraint sous peine de déchéance ou de tutelle, ou bien encore de transmission immédiate à ses héritiers.
PRQ 1Q9
Ce n'est jamais le prodigue ou le dissipateur qui devient nuisible à la masse. Coupable envers sa famille y il ne Test pas envers la société, comme Test le thésauriseur et plus encore celui qui laisse sa terre en friche. Celui-là est un ennemi public.
Lorsqu'il y a tant de pauvres en Europe, comment y. perd- ou tant de terrain , soit en le cultivant mal , soit en ne le cultivant pas du tout? Combien n'avons-nous pas encore , en France , de champs stériles ou qui ne prp^ duisent pas la dixième partie de ce qu'ils devraient produire? C'est que le siècle est tout entier à rindus-> trialisme ; c'est que tous les encouragemens , tous les honneurs , tous les profits sont pour le manufacturier ; c'est que le plus méritant, à nos yeux, est celui qui s'est enrichi le plus vite. Mais comment s'est-il enrichi? Au prix de combien de larmes et de vies d'hommes a-t-il conquis le titre de grand capitaliste et de grand fabricant? C'est ce que nous ne lui demandons pa&
Il est vrai qu'il pourrait nous demander à son tour: est-ce ma faute, ou celle de la concurrence illimitée qui ne rend la fabrique possible qu'eu lui sacrifiant la vie des hommes? Est-ce ma faute encore, ou celle de ce propriétaire de terrains qu'il ne cultive pas ou qu'il cul-i tive à moitié , et qui oblige ainsi l'habitant des cam^ pagnes à se rejeter sur les villes et à y chercher du travail à tout prix?
Est-ce même notre faute à nous, manufacturiers et propriétaires , ou celle des gonvernemens qui , au lieu^ de s'entendre pour faire vivre les peuples y. semblent) d'accord pour les faire mourir , de ces gonvernemen»! qui sont arrivés à faire regretter le servage et l'escla-vage, moins désastreux en résultat que ce qu'ils appelleiil aujourd'hui la liberté?
ITest-ilpas étrange, en effets que ce soient les Et^ts
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réputés les plus libres et où les droits sont censés égaux, qui présentent les positions les plus inégales et le contraste le plus frappant entre Fimmense fortune de quelques-uns et la dégradation et la misère de la multitude? Témoin l'Angleterre. A quoi donc lui ont servi son commerce, ses fabriques et la conquête de la moitié du monde , sinon à faire le peuple le plus pauvre , le plus malheureux, le plus écrasé d'impôts, dont l'histoire ait jamais oifert l'exemple?
Si l'Angleterre avait employé à l'agriculture la centième partie de l'or et du sang qu'elle a versés pour le soutien et l'extension de ses fabriques, il n'est pas un seul Anglais qui ne fût aujourd'hui propriétaire , et les trois royaumes oifriraient plus de familles heureuses que tous les Etats manufacturiers de l'Europe.
Que l'Angleterre, que la France à son imitation, persévèrent dans cette voie, l'Angleterre et la France périront, car tout peuple dont la richesse n'émane pas de son sol, tout peuple qui ne vit et ne veut vivre que par ses fabriques ou son commerce, tout peuple enfin qui n'est pas laboureur , n'a et ne peut avoir qu'une existence éphémère. Quelle que soit la forme de son administration, il succombera, tôt ou tard, sous le poids de la misère des masses.
La première garantie de durée pour un gouvernement, son premier moyen d'aisance et de moralité pour ses sujets, le seul peut-être, c'est l'agriculture. Que ce gouvernement ne perde donc pas de vue, dans la répartition de ses éloges et de ses récompenses , que l'homme le plus utile, l'homme qui fait le plus de bien à l'homme, est celui qui fait produire annuellement à son champ la nourriture ia plus saine et la plus abondante, et qui en nourrit le plus d'individus.
La ccfnséqoence de ceci, c'est que la misère de l'Eu-
rope a aujourd'hui pour cause, bien moins le non emploi des bras ou Fabsence de travail, que la mauvaise direction donnée à ce travail et Finique répartition de son produit qui , en enrichissant Tun , ne donne pas même à l'autre le paiÀ nécessaire pour le faire vivre.
La fabrique et Tindustrie ne pouvant enrichir que le petit nombre, ne doivent donc être encouragées que là où la terre est stérile ou la culture impossible , ou bien lorsque cette culture, en employant tous les bras qu'elle peut employer, a fait vivre tout ce qu'elle pouvait faire vivre.
Si ceci est Une vérité, le moyen d'extirper la pauvreté en France, en Angleterre, partout enfin où il reste des terres à cultiver, est de limiter la fabrique et d'étendre la culture.
Par quels moyens les gouvcrnemens européens arriveront-ils à ces résultats?
10 En réduisant successivement les droits de douanes ; puis , en arrivant, sans secousse, au libre échange pour les produits manulacturés , en commençant par ceux de luxe.
i9 En traitant, d'un commun accord, la question des salaires , et en les mettant en rapport avec les besoins de la vie.
30 En ne laissant au commerce et à l'industrie que les bras qui ne sont pas utiles à l'agriculture.
40 En combinant le tarif des céréales et de tout te qui sert à la .nourriture du pauvre , de manière à en maintenir partout le prix aussi bas qu'il peut l'être, sans décourager le producteur.
50 Eu employant tous les bras sans travail et, au besoin , ceux des soldats , au défrichement des terres non boisées , restées propriété de l'Etat ». et à la mise en culture de tous les champs laissés en friches par
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leurs propriétaires, sauf ensuite à compter avec ces propriétaires.
6<> En limitant, autant que £aire se peut, l'usage de l'eau-de-yie et de tous les alcools , qui sont une source de dépenses, de crimes et de maladies, notamment pour les classes pauvres.
Aucun de ces moyens n'est impossible, ni même bien difficile; il suffit de vouloir les employer. Le voudrat-on? Je ne le crois pas. Hélas! depuis des siècle», l'expérience nous prouve que les Etats puissans ne s'entendent et ne se coalisent que pour dépouiller les plus faibles et se partager leurs dépouilles. Heureux encore s'ils ne se les disputent pas et si les vainqueur^ ne s'entr'égorgent pas sur les cadavres des vaincus !
PROTECTEUR. Quand vous voudrez être protégé par un roi , un prince , un ministre , ne vous adressez ni à son père, ni à sa femme, ni à son frère, ni à ses enfans , ni à ses amis , mais bien à son médecin ; en Tabsence de celui-ci, à son dentiste; en l'absence de tous les deux, à son perruquier ou à son valet de chambre: et soyez assuré" que vous vous en trouverez bien.
PROVERBES. On s'étonne de ce qu'on ne fait plus de proveri)es, et l'on en conclut que nous avons moins de bon sens que nos pères. Les proverbes étant l'expression de 1-expérience et de la raison du peuple , le peuple qui n'en fait pas, a-t-on dit, n'a ni expérience ni raison^ L'arrêt est trop sévère. La vérité est q«e nous ne faisons plus de proverbes parce qu'ils ne sont pkis à liire ; en* d'autres termes , parce qu'ils sont fàitSb
S'ils Bo rétaient pifi , on les ferait certainemealrf II se
peot ménieqa'oD les ait faits plusieurs fois, c'est-à-dire que morts dans un siècle, ils soient ressuscites dans un autre.
11 est des indindus qui parlent toujours par proverbes, bien qu'ils n'en aient jamais appris. Les proverbes sortent d'eux comme les champignons sortent* des couches, sans qu'on sache d'où en vient la graine. 11 semble que leur cerveau en soit le nid. Chez eux , pas une pensée , pas on geste, pas une acclamation ne se manifeste autrement. Leur premier cri fut un proverbe, leur dernier râle en sera un.
Les bonnes femmes, celles que le vulgaire ignorant on jaloux appelle commères, y excellent entre toutes, et il est à croire qu'il n'est pas un seul proverbe célèbre qui n'émane d'elles. S'il en est auxquels des auteurs de renom ont mis leur signature et dont ils ont enrichi leurs ceuVres, indubitablement ils les leur ont volés.
Cest par des proverbes que les bonnes femmes dirigent leur ménage et élèvent leurs enfans. Leur confesseur, quand elles sont dévotes, pourrait en faire un beau recueil , car leur confession n'est qu'une suite de proverbes plus ou moins adaptés à la circonstance et qui défilent un à un en manière de péchés. C'est à lai à distinguer les gros des petits. Aussi peut -on eompter que c'est avec un proverbe à la bouche qu'elles aborderont le souverain Juge.
PUBLICITE 9 PRESSE. La liberté de la presse a UB avantage , même dans sa licence et sou injustice. Cest que ses calomnies paralysent toutes les autres* Lorsqu'une méchanceté n'est que verbale, lorsqu'elle n'est imprimée que dans un journal de province , lorsqu'elle M l-est pas à vingt millei d'<p^emplaires et répandue dtns toutQ TEorop^, çielui qui eiEi est le héros et qa'ay^