BEM
formera une masse commune destinée à assurer une pension à tout remplaçant qui aura servi pendant un temps donné, pension qui augmentera avec ses années de service.
Pour accroître le capital des retraites, les soldats, notamment ceux dont l'éducation militaire sera faite, pourront être employés à des travaux publics ou particuliers; ils recevront à cet effet un supplément de solde, dont une partie leur reviendra immédiatement, tandis que Feutre ira grossir le fonds des pensions.
Néanmoins ces fonds seraient loin de suffire si les armées demeuraient ce qu'elles sont; mais la misère croissante des gouvernemens et la banqueroute qui les menace les forceront tôt ou tard à réduire leur budget militaire. Alors une partie des sommes économisées étant employées à rétribuer convenablement les soldats restant au corps, leur position sera tolérable. Ils pourront s'attacher à leur service, y voir un état. C'est ce qui arrive te les pays où le recrutement forcé n'existe pas.
En attendant, pour suppléer à l'insufûsance du fond des pensions , vous pourrez réaliser en faveur des vieux soldats ce qui n'est encore qu'en promesse: leur conférer successivement et à mesure des vacances, ces petites places dites monnaie électorale, qui ne sont ordinairement données qu'à la faveur, à l'importunité ou à l'intrigue. [ Les travailleurs auront ainsi moins d'occasions de quitter kmrs outils qui souvent leur offrent plus d'aisance , plus d'oidépendance que ces emplois toujours supprcssibles ou réductibles; tandis que ces mêmes emplois, joints à la pension militaire , aideront à la subsistance des hommes qni, en vieillissant dans les camps, auront passé l'âge el l'habitude d'un travail manuel.
Avec cette certitude de ne pas aller, sur leurs lauriers « mourir à l'hôpital, bien des soldats, j'en suis certain, resteront sous les drapeaux*