ROM 1S
Pourquoi cette inconstance de la gloire ou du public? Cest qu'apparemment on peut faire un bon roman sans foire une bonne chose ni même une belle chose , et qu'en littérature ce qui n'est ni beau, ni utile, passe vite. Quand un roman survit à la saison , quand il dure des années et atteint son demi-siècle, vous pouvez affirmer que ce n'est pas un roman. Gil Blas et Don Quichotte n'en sont certainement pas, et la preuve, c'est qu'on y trouve à la fois du naturel et du bon sens. Allez donc chercher la raison dans les romans du jour, vous l'y trouverez comme l'exactitude historique.
Et pourtant il y a des faiseurs de romans qui seraient capables de faire autre chose. N'est-ce pas pitié de voir des hommes qui auraient pu laisser un bon livre, un livre utile, perdre leur vie à ce pitoyable métier. Sans doate leur gazouillage amuse, mais pas plus que celui de telle ou telle linotte qui charme aussi le voisinage.
En lisant ces belles choses, à quoi donc reconnaît-on Faoteur? A la signature. EfiFacez-la , et vous les croirez toutes de la même main; faites mieux, supprimez les titres, et vous pourrez y voir toujours la suite d'un même conte. C'est que parmi ces mains qui tiennent la plume, il y a vingt pattes de singes.
Lorsque, par fantaisie ou pour plaire à sa cousine, Qn peintre célèbre a peint un éventail; huit jours après, vous voyez cinq cents éventails , œuvres d'autant de barbouilleurs : chacun a voulu faire le sien , et l'un vaut riautre. N'importe , il n'en est pas un seul qu'on n'attribue ab grand maître.
Les romans-feuilletons sont aujourd'hui un des grands élémens du succès des journaux. Dignes pendans des annonces et réclames, ils en ont toute la conscience et Futilité. C'est à qui des deux industries nous fera avaler le plus de boulettes et de drogues. Cependant des deux