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mante qui pouvait éprouver et apprécier TefFet de l'air.
Les poumons et les formes qui les enveloppent ont, indubitablement, été créés d'après la nature de l'air existant. Si cette nature changeait, si l'atmosphère oh nous vivons s'appauvrissait d'oxigène et devenait ainsi impropre à la respiration, Thomme disparaîtrait de la terre; ou ['organe de sa respiration , et conséquemment sa forme changerait d'aspect en changeant de destinalion.
Voyez: Formes: de leur accord avec la localité.
RESURRËGTIONISTES. C'est une classe d'industriels qui, en Angleterre, approvisionne les chirurgiensdocteurs , ou leurs amphithéâtres , de cadavres , qu'ils Yont prendre Dieu sait où. Ce n'est pourtant pas d'eux que nous voulons parler ici, mais de leurs analogues, oa de cette espèce de savans qui s'occupe, en France, à fouiller les bibliothèques et les archives pour y découvrir, non pas les bons auteurs , mais les mauvais.
«Est-il plus mal de déterrer des os que des sottises, disait lord Byron, et vaut-il mieux, pour Tame d'un panvre homme, être en un in-8o, mis au pilori dans QDe boutique, que d'être pendu en chair et os à un gibet placé dans un champ ? •
Il est, en effet, passablement étrange que lorsqu'il parait tous les jours tant de sots livres , il y ait des gens qui croient qu'il n'y en a pas assez , et qui, toute leor vie , suent sang et eau pour en exhumer encore.
Ces savans rétrospectifs ont surtout un faible pour les auteurs incompris, et quand ils ont le bonheur d'en trouver un que personne n'a lu et pour cause , et qu'ils peuvent le mettre au jour, ils en sont aussi fiers que si eux-mêmes avaient fait le volume.
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Ceci donne de Fespoir à toot le monde; et nh' savant de Fan 2300 pourra , un jour aussi , déterrer messîairs tels et tels pour en faire une seconde e'dition, à moÎDS qu'en cherchant bien, il ne retrouve intégralement la première.
ROMAN. Pourquoi y a-t-il tant de romans? C'est qu*îl n'y a pas d'homme, quelque médiocre qu'il soit, qui ne puisse faire un mauvais roman et même un bon , sMI a de la chance. Le roman se fait tout seul ; il suffit que celui qui Feutreprend soit sujet à rêver éveillé et sache assez d'écriture pour mettre sur papier ce qu'il rêve. Le français ici n'est pas même indispensable; c'est Faffaire du prote : d'ailleurs le roman est de toutes les langues.
Ensuite, que ce rêve soit gai ou triste, amusant ou ennuyeux, peu importe; un roman se Kt quand même; il est toujours bon pour quelqu'un; s'il ne Fest pas ponr l'antichambre , il Fest pour la cuisine ou pour le corn* missionnaire du coin. En règle générale, le livre qui ennuiera Fhomme d'esprit amusera Fimbécille: la preuve, c'est que les romans les plus appréciés des portières, les mieux goûtés des soubrettes, sont toujours les moins bons, et le degré d'admiration qu'il leur inspire est invariablement établi sur celui de leur insignifiance.
Qu'importe encore! Est-ce qu'un bon roman dure plus qu'un mauvais? C'est souvent le eontraire, et jamais roman qudque vanté , vendu et lu qu'il puisse être , ne survit à la saison qui Fa vu naître. Célèbre en janvier, il est complètement oublié en août ; et Fon pourrait faire un joli volume du nom des romanciers aujourd'hui parfaitement inconnus, qui ont, depuis trente ans, joiâ tour- à-tour y pendant leur semestre, d'une rëpuiatÎMi européenne.