‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 64 sur 105 · SON 2J · texte numérisé non relu

SON 2J

vleodrait alors moins prodigue de mouvemens oratoires, ou si l'on veut, de contorsions . parlementaires.

QuoiquMI en soit, la sonnette e^t partout un signe de commandement : on la sonne dans les assemblées pour les faire taire, on la met aux portes pour les faire ouvrir, et dans les appartemens pour y mander nos sujets à la barre.

La mode des sonnettes , comme moyen d'appel , n'est pas très-ancienne ; autrefois, les maîtresses de maison se servaient d'un sifflet pour appeler leurs gens , comme aujourd'hui les maîtres d'e'quipage pour commander leurs matelots.

11 est encore des pays où le sifflet est d'usage habituel, je ne dis pas seulement au théâtre, mais dans les relations ordinaires de la vie. À Gènes, on s'appelle, on s'avertit, on converse en sifflant; aussi les enfans savent siffler avant de savoir parler, et siffler sans sifflet, tout simplement en alongeant les lèvres et en expulsant l'air, à rinstar des couleuvres , vipères , sansonnets et autres animaux sifflans.

Le serpent à sonnettes n'a pas de sonnettes , mais bien des écailles qui n*y ressemblent en rien quant à h forme et quant au son. Le serpent à sonnettes , qui Qe sonne pas , siffle comme tous ceux de son espèce : Qiusique de mauvais augure ordinairement suivie d'un geste qu'il est prudent de ne pas attendre.

La sonnette des vaches et des béliers est l'harmonie du paysage , et on Tentend toujours avec plaisir quand On se promène aux chaùips. C'est probablement la plus ancienne de toutes les sonnettes.

11 y a, dans les vieux logis, des sonnettes en quelque sorte vivantes et à qui il prend parfois fantaisie de sonner toutes seules : c'est sans doute par réminiscence d'une TieiUe habitude. J'en ai, chez moi, une.de cette ei^pèce. IV 11.

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