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qui effrayaient tant nos pères , s'approchent moins de notre planète. Les fcnx souterrains ne font plus surgir de nouvelles chaînes de montagnes, et les océans, retenus dans leurs limites, ont cesse d'engloutir ou de transformer en archipels de vastes conlinens.
La cause de ceci est peut-être moins dans Tassiette fi-ûnt prise les matières terrestres, que dans les pro* ^ que nous avons faits dans Tespace organisé et hors de la région des tempêtes ou de la voie que parcourent les mondes non posés , ces mondes sans systèmes et sans orbites.
Mais ce n'est pas assez que notre terre soit hors de knr atteinte, il faut que tout notre système le soit; et la rencontre de ces globes errans ou qui , n'ayant pas encore été saisis par l'attraction centrale, passent d'une attraction dans une autre, est toujours à redouter. Mais h n'apparaissent, comme on l'a vu, que sur la limite de la région du chaos , et s'ils s'en écartent , ce n'est jamais à une très-grande distance.
Si nous les voyons apparaître autour de nous, si les oorps de notre système et nous-mêmes en avons été atteints, si nous pouvons l'être encore, c'est, je viens de le dire, parce que nous sortons à peine de cette région inorganisée , et peut-être que nos co- planètes ii*en sont pas encore sorties.
L'existence et la durée d'un monde ne sont donc entièreraent assurées que lorsque le système dont il fait partie est entré tout entier dans l'attraction du soleil <ieQtral , et qu'aucun des mondes qui le composent ne touche à la région ténébreuse. Tous les globes d'un système se tiennent : ce sont comme les fruits d'un même arbre ou les membres d'un même corps; et le (hoc qui atteindrait l'un dérangerait l'harmonie, des autres.
Mais dès que cette attraction a enveloppé le système tout entier, dès qu'il a pris rang dans ce mouvement d'ensemble, c'est ordinairement pour n'en plus sortir, car de jour en jour s'éloignant du danger , il se ra|>proche du centre.
Ainsi, avec le temps, les rayons du grand astre central s*unissant à ceux de notre soleil , alongeront nos jours, adouciront nos frimas et donneront à nos saisons une régularité dont nous sommes loin de jouir.
L'épuration successive des élémens en bannira aussi les substances délétères dont les émanations funestes empoisonnent l'atmosphère et produisent les épidémies qui frappent tour-à-tour les hommes, les animaux et les végétaux même.
Qu'elles soient déjà moins fréquentes, moins homicides qu'autrefois , c'est ce qu'il est permis de croire : les ravages du choléra ne sont point comparables à ceux de la lèpre et de la peste. Cette amélioration en annonce d'autres.
Nous nous résumons ainsi:
Au centre de l'univers organisé est l'axe de la création ou le point de départ du mouvement, de la lumière, de la chaleur, de l'attraction, de l'électricité, enfiu de toutes les grandes causes et des grands effets de la nature.
Tous les globes de l'espace sont soumis à une loi générale qui les porte vers le centre.
Ce centre est aussi celui de l'âme et de la vie. C'est donc là qu'est Dieu, Dieu qui de là s'étend dans l'im' mensité , mais qui a là sa base et son point d'appui ^ parce qu'il est le père de l'œuvre et qu'il vit.
SOLITUDE. Pourquoi tel homme aime-t-il à être seul? C'est qu'il trouve de lui à lui une coDversatioo
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lus douce, plus savante, plus spirituelle peut-être, que quMl trouverait de lui à un autre.
SOMMEIL. L'être dort d'nutnnt plus qu'il est plus aible intellectuellement, ou d'un rang plus iiifiuie dniis a création. La plante dort plus que Tanimal , ranimai dus que riiomme. Parmi les hommes , Tonfaut et le ieillard dorment plus que Tadulte ; l'homme de g<^nie noins que l'homme qui u*a que de l'esprit , et oelui-ci Boins que l'idiot.
Si les fous dorment peu, c'est qu'ils ne sont pas idiots, M s'en faut; c'est qu'ils ont bi'aucoup de penst^os, souvent trop , et que c'est toujours la pensée qui nous BiBpécbe de dormir. Ajoutons que c'est aussi la pensée ijtti détermine la folie et qui la continue.
Les songes prouvent, jusqu'à certain point, que Pâme ne cesse jamais d'agir. Si l'on admet que la pensée peut s'arrêter, un homme qui dort complètement U'» peut plus rôvor. Mais ce qui est plus probable, c'est que l'ame ne peut jamais dormir d'une manière absolue, car ce som- Dieil ne différerait en rien de la mort.
Le sommeil de l'ame , qui a pu durer des siècles , ^ millions de siècles et qui dure encore pour des (Myriades de créatures, n'est qu'un assoupissement pouvant cesser à tout instant , parce qu'il comporte une ^nsibilité toujours présente. Mais cette sensibilité n'étant Qu'une sensation uniforme, l'ame ne peut s'apercevoir si ^le a dormi une minute ou un siècle , car ce sont les ^vénemens et le changement de position morale on la <liversité des pensées qui nous donnent la mesure du ^mps.
La durée n'est donc pas dans le temps lui-même, mais ^ ce qui s'y passe et dans le contraste des vibrations
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que uous en recevons. Si nous n'en ressentions' dacime, ou même si la sensation était unique ou ^g«ilenient ré^ pétée , nous ne pourrions juger du temps écoulé. Cette appréciation n'a lieu que par comparaison, et pour comparer , il faut au moins deux choses.
C'est aussi ce que nous éprouvons dans 1è soonnei^ ordinaire. Est-il profond , nous ne savons pas , en nous éveillant, s'il a duré long-tempB, ou plutôt nou^ croyons toujours qu'il a été très*conrt. Bst-il agité, bourrelé à*\ftquiétudes, il nous paraît long.
Il est des individus , ceux qui travaillent beaneofiir de corps ou d'esprit , qui dorment presque à volonté : il leur sufGt de se mettre dans une position pour s'endormir.
Dans la douleur morale, quand le sommeil nous a fait oublier un malheur irréparable, l'instant qni suit le rëvdl est toujours douloureux : notre imagination r^ft'aîcbie BOUS montre notre perte avec toute la violence du premier instant.
Dans la félicité, le sommeil a également renouvelé notre joie. Elle est t>lus sentie au réveil, elle est plus vive on plus douce.
Le coupable attend et redoute à la fois le sommeil. Ses rêves sont affreux et son réveil terrible. Dans les prisons, on a souvent profité du sommeil pour connaître la Vérité et suivre les impressions d'un criminel. En lui révâant ses songes, l'on obtenait quelquefois un aveu.
Il ne faudrait pourtant point admettre comme preuves ces révélations du sommeil ; et tel mari qui a jugé sa femme coupable sur de semblables indices , a ptt se* tromper.
Parmi les animaux , même différence que chear Is hommes ; les plus intelligens sont ceui qtii dorment le noioftt ou éooi le.:soiiiQieil est i« pioB lé^r^ L» ciMft
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dort souvent , mais il 3e réveille i tout instant et ou moindre bruit, l^e chat dort peu, oialgrë l'apparence, el a aussi le sommeil 1res- léger.
n est des espèces que le froid engourdit et qui ont un somweil consécutif de plusieurs mois , mais ensuite ils restent presque toujours éveillés : tels sont les ours, les marmottes, les loirs, etc. Ces animaux sont loin d'être stopides.
L'obscurité est en général favorable au sommeil.
n est pourtant des races qui ne dorment que le jour : tels sont tous les oiseaux et tous les insectes de nuit. Parmi les mammifères carnivores, notamment ceux do ^nre leo , beaucoup rôdent pendant la nuit , non par ;oût pour Fobscurilé, mais parce qu'ils ont plus de fa- ^ité pour surprendre leur proie.
D'autres quadrupèdes qui , dans l'état de nature on lans les forêts, ne veillent que le jour, ont été contraints le changer kurs habitudes à cause du voisinage des lommes : tels sont les rats, les souris, qui courraient le iour et dormiraient la nuit si on les laissait faire à lear ^ise.
Chez les hommes, comme chez les animaux, il est un sommeil anormal qui est la suite d'un état maladif. Pendant mon séjour ea Bretagne, j'ai entendu citer une jeune fille de Brest qui , endormie depuis plusieurs années , .ne se réveillait qu'une fois par vingt-quatre heures et se rendormait immédiatement après avoir pris un peu.de nourriture. Elie avait alors dix-neuf ans, était fraîche, assez grasse, et ne semblait nullement souffrir.
Le sommeil des cataleptiques , des somnambules , des magnétisés n'a pas encore été bien défini, ou plutôt «e Ta pas été du tout. Personne n'a étudié la question de sang- froid et pour elle-même. On l'a abordée, non pour s'éclairer et pour se former une opinion, mais pour ien
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donner une aux autres , pour leur dëmontrer que tout f^tnit ou que rien n'était , et jamais pour voir ce qni était.
Ce nVst pns moi qui tenterai de résoudre le problème, car je suis parfaitement ignorant sur ce point comme siir beaucoup d'autres. Je ne puis ici que citer un fait, parce que je Tai vu. Etant fort jeune et revenant assez tard de la campagne, je me trouvais à proximité d'un lieu qu'on disait hanté par uu fantôme, et je songeais aux récits divers que j'avais entendu faire , quand je crus, à travers les arbres, voir quelque chose de blanc. Je m'arrêtai et vis distinctement un corps qui marchait.
C'était à la fîn de l'automne, et il faisait un froid assez vif. Aussi, le fantôme s'étaut rapproché, ne fûs-je pas peu surpris de voir qu'il était en chemise; et la lune s'étant montrée, je reconnus distinctement, malgré Tétrangeté du costume , un homme , M. N***, ancien magistrat , qui ne passait nullement pour un coureur de nuit. D'ailleurs, le costume était peu de saison, et il ma^ chait gravement, les bras croisés, à petits pas et comme quel(]u'uu qui se promène dans sa chambre.
Il passa et repassa près de moi sans me voir , et à mon grand étonnemeut, il ne paraissait nullement souffrir du froid.
Je ne doutai pas qu'il ne fût somnambule , et je me décidai à l'aborder. Je le touchai , il s'éveilla immédiatement et parut moins surpris que je n'aurais pu croire, de se trouver dans cette position. Il me reconnut et me pria de le ramener chez lui, d'où il était sorti dans un de ses accès, parce que, me dit-il, son domestique avait oublié de fermer la porte de sa chambre.
On m'a dit que , dans ma petite enfance , je courais aussi la nuit tout endormi; je ne me le rappelle pas. Mais plus tard , quand la manie poétique me tenait , il
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D'est arrive, en rêvant, de faire des vers dont au réveil B me souveniiis en partie. J'en ai inséré quelques-uns ans ini*s œuvres.
Millevoye le poète m'a raconté qu'il avait aussi fait ra vers en dormant. Il ajoutait même en avoir écrit et ïtrouvé le matin sur sou chevet ou sa cheminée. Tout le monde connaît le songe de Tartini et la sonate ne le diable, posé sur son lit, lui avait jouée une cerline nuit , puis re'pété sur sn demande. Ce rêve l'avait llement impressionné, qu'il soutint jusqu'au bout que itte célèbre sonate n'était pas de lui. Au surplus, il est peu de personnes qui, en dormant, aient cru entendre une musique délicieuse et même la imposer et l'exécuter.
Dans ces pensées du sommeil et ces actes de l'ame , )nobslant IVngourdissement des organes, il me semble i*on peut entrevoir quelque chose de la vie d'outre^ >mbe, de la vie en dehors de l'enveloppe et fonctionmt sans l'intervention des sens. La vie de l'ame et celle 1 corps sont deux choses distinctes. Ce qui assoupit me peut ne pas assoupir l'autre, et dans aucun cas ne nrait l'annihiler.
La mort, ainsi que le sommeil, n'est qu'un repos moentané de la vie , repos qui a aussi ses rêves , rêves mx ou pénibles, et qui sont une récompense pour les mn , une peine pour les médians , et toujours une éparation pour Favenir.
Voyez : Innées.
SONNETTES. Le serpent de notre paroisse en était
ssi le sonneur-carillonneur. Les plaisans l'appelaient
serpent à sonnettes, et le brave homme faisait digne-
ent marcher ces deux musiques , dont l'une était ta
compensation de Tautre: s'il vous endormait le jour avee son serpent, il vous réveillait la nuit avec ses sonnettes.
Son carillon se composait de petites cloches avec lesquelles il jouait faux à ravir , depuis le Mcigni/ieat jusqu'à la Parisienne, qu'on pouvait facilement confondre dans la même harmonie. Mais que Dieu lui fasse paix, car il est mort.
Il n'en est pas de même des sonnettes ; dles vivenL encore.
Je connais une jeune femme qui n'a pas de talens dit^ d'agrément, sans doute par antithèse, et elle n'eunui^ jamais son mari en soupirant la romance ou en tapotai^ % les touches d'un piano. Cependant elle n'est pas étram.^ gère à la musique , et il est un instrument non moins insipide qu'elle touche du matin an soir, instrument qtif se tire et qui , sans être aussi bruyant que beaucoup d'antres, exprime peut-être mieux l'impatience, la colère, bref, toutes les phases convulsives d'iin cerveau fantasque et hargneux. Cet instrument est la sonnette, meuble M des bonnes et des valets, et non moins détestable poiff les voisins: sonnette qui, jour et nuit, trépigne et carillonne, et semble avoir des crispations ou des attaques de nerfs. Aussi à ce son, chacun en proie au cauchemar, ▼oit non-seulement le cordon , mais la virtuose pendue «a bout.
La sonnette n'est ici qu'un accident privé , agacement intérieur et fléau particulier; n»ais elle devient quelquefois une calamité publique dans les assemblées délibérantes , moins parce qu'elle sonne trop que parce qu'elle ne sonne pas assez quand elle devrait souner toujours.
On dira qu'elle n'y pourrait suffire. Alors , an liea d'une , il en faudrait une douzaine. Peut-être serait-il bon d'en mettre une au cou de chaque député qui de-