‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 66 sur 105 · SOT · texte numérisé non relu

SOT

qui le foit : c'est la sottise qai guérit la sottise , qui la déracine et Tiinéantit. Mors, on devrait lui rendre grâce; mais par malheur, elle remplace toujours celle qu'elle tue , et comme elle ne Ta tuée que parce qu'elle est la plus forte , rhomme débarrassé d'une erreur se trouve sons le poids d'une plus grosse.

11 faut bien croire que ceci tient à la forme humaine, à la localité, à l'atmosphère terrestre qui renferme des molécules d'absurdité, comme les marais des molécules putrides. Si ers émanations marécageuses ne sont, ainsi qu'on le prétend, que des germes vivans, que des insectes microscopiques, acares veniuieux qui s'attachent à nos corps , qui les pénètrent par les pores, on peut en induire qu'il en est de même des miasmes assottisans: ces miasmes animalisent l'esprit et lui font tout voir avec les yeux de la stupidité.

Si cette explication ne paraît pas satisfaisante, ce qui est possible, si l'on veut que la matière et la santé ne soient pour Fien dans ce goût pour les sottises , nous dirons alors qu'il tient purement à la volonté et à un penchant pour tout ce qui est étrange. Or, la sottise, qui est une expression du faux, doit être étrange par cela même qu'elle est en contradiction avec ce qui est naturel et juste ; elle a toujours un air de nouveauté très-propre à mettre en goût les curieux.

C'est donc pour elle-même et pour ses agrémens que l'homme la chérit et lui reste fidèle. C'est une maîtresse au minais chiffonné , à l'esprit tortu et capricieux / qui a plus d'adorateurs et fait plus de passions que cette femme d'une beauté régulière. Pourquoi? C'est que celleci est comprise tout d'abord, elle est belle, elle est admirable, personne n'en doute ; tandis que près de l'autre on doute de tout, on est toujours à se demander: estdte jolie, est-elle laide? marche- t-elle droit ou va-t-elle

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