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Les petits enfans sont superstitieux a?ant tont ; ils croient au diable et aux esprits bien long-temps arant de croire en Dieu. Devenus hbmmes , Dieu n'est pour eux que le grand Croquemitaine ; ils le prient pour quil ne leur fasse pas trop de mal ou pour qu'il les protège auprès du diable, avec lequel ils ne le croient pas aussi mal qu'on le prétend; c'^est même le plus grand mérite qu'ils lui trouvent. Bref, c'est à la peur que sacrifient les trois quarts des dévots de toutes les religions, et si Ton analysait leur dévotion, c'est le diable seul qu'ils adorent.
Partout la superstition mine ainsi la religion , paroe qu'elle en fait oublier le but, et qu'elle finit par en détruire l'esprit et nous faire perdre de vue jusqu'à Dieu lui-même.
La superstition n'est pas moins contraire à la morale et à l'humanité : le superstitieux est impitoyable, et pour son fétiche, il oublie père^ mère, femme, enfans, ou il les lui sacrifie sans pitié.
Malgré les efforts de la religion et de la saine philosophie pour détruire la superstition, elle survit ou die renaît sans cesse. C'est que si on la combat d'un côté, de l'autre on Tencourage. Les chefs des peuples ont cru y voir un moyen de gouvernement, et ce qui est pis, c'est que parmi les ministres de certains cultes, quelquesuns aussi y ont cru voir un moyen de religion. Les nns et les autres se sont trompés : un peuple superstitieux est en décadence, il tourne à ia barbarie ou à la corruption , car la superstition s'allie très- souvent à l'immoralité: presque tous les grands criminels sont superstitieux.
En France, il y a moins de superstitions qu'autrefois, mais il y en a encore. La croyance aux sorts et aox sorciers y est fort répandue ; on y croit à Paris oomne ailleurs , et dans les hautes classes comme dans les de^ nières. J'y ai connu une pythonisse qui a feit fortune avec
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les jeux de cartes. Toute friponne un peu intelligente Ireprendra le môme métier, s'enrichira comme elle, ni ces sorciers de l'un et l'autre sexe, il en est de onne foi et qui croient à leur propre pouvoir. Les *s , dans nos pays , passent tous pour avoir des ns avec le diable, et ils sont fort redoutes, souvent causé avec un vieux pâtre qui avait, à cet . une réputation bien établie, et possédait la dieutèle Jt le voisinage , même la mienne , pour guérir et iorceler les bétes malades. Ce digne homme n'avait e secret que quelques grimaces et force Pater, et sa pharmacie se composait d'eau bénite. C'était tal un sorcier fort inoffensif, mais il ne doutait pas Q savoir, et vous donnait ses prescriptions avec un Froid et une conviction imperturbables, ae suis pas bien convaincu que la sybille milliondont nous venons de parler n'ait pas Gni par croire ême à ses prédictions , car de ce déluge de lieux tuns que débitent les tireuses de cartes , il est im- )le qu'une partie ne se réalise pas, et il suffit de ues-uns de ces succès pour frapper Timagination sorcière elle-même.
îst une épreuve qu'on ne fait presque jamais subir
sa vans de l'avenir : c'est de les interroger sur le
. S'ils peuvent vous dire de ce passé ce que vous
avez, alors vous pourrez croire à leurs prédictions.
me souviens , dans ma jeunesse , d'avoir fait cette
niche à l'une de ces prophëtesses qui voulut éluder
estion ; mais je tins bon , et elle finit par ajourner
antre jour son oracle rétrospectif. J'en savais assez,
n'ai pas été chercher la réponse. CVst ainsi qu'on
ërirait soi-même de bien des superstitions, si l'on
it aller au fond des choses.
sprit superstitieux est plus nuisible à la religion
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SIS sus
que l'impiété (néme. Arrêtant partout Tessor de la uison, il a fait rétrograder rtiumanité et couvert b terre de bûchers et d'échafauds. C'est lui qui a inventé les sacrifices humains et qui les maintient encore chez nge partie des peuples de la terre. Le devoir de l'homme religieux comme de l'homme politique , est donc de le combattre partout.
SUSCEPTIBILITE. « Il n'est personne moins susceptible que moi, » vous dira l'homme susceptible; c'est l'ivrogne qui vous jure qu'il ne boit jamais.
Mais l'ivrogne ment quand il vous le dit.
Le susceptible ne ment p^s , il ne croit pas rétce;il se croit même le plus patient des hommes. Toute proportion gardée, peut-être Tcst-il. 11 voit toujt à la loupe, et nul ne peut remuer un doigt qu'il ne croie qu'il hû montre le poing.
L'homme susceptible mettra femme, enCans, forUme, honneur , probité , conscience ,- après son amour-propre. £t quel amour-propre! l'amour des coups de cbapeaftt car l'homme susceptible ne l'est pas dans les occasions graves. 11 vous en voudra à la mort pour une politesse oubliée, et vous pardonnera un coup d'épée.
La susceptibilité arrête bien des gens dans leur carrière , mêoie ceux qui auraient pu all^r le plu$ \m* C'est une impasse où ils restent , s'engluant dans leur morgue ou leur bouderie* Ne pardonnant pas les tprU qu'on leur fait , ils ne pardonnent pas plus ceux qu'on peut leur faire; ils en voient où nul n'en voit.. XQQt chemin est, pour eux, semé de ronqes et d'épiqes; aosjri restent-ils aQcrochés oii chacun voyagé libremei;it. f iqhem en affaires, ils y sont tq);ypurs djupos,, parce qu'ils màr j$.ent leurjs intérêts, ceux ^ le^ir famille, csux 4q i*Btat
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t ils sont les mandataires , à une formalité , à une
ise, à un mot.
.a vie de Thomme susceptible est toujours maussade,
ce que bientôt il sMsole de tout le monde. Il n'est ni
cercle, ni un club, ni une société dont il puisse long-
ips être : il ne voit que des indifférens, des critiques
des ennemis.
jits hommes de très-petite taille sont , plus que les
ures, disposés à la susceptibilité; ils croient toujours
'on leur parle de haut en bas , peut-être parce qu'ils
IIS parlent eux-mêmes de bas en haut.
Fen ai connu un de cet acabit qui, un jour, chercha
erelle à son camarade, officier comme lui, qui lui avait
mandé : « Comment se porte votre papa ? — Qu'ap-
lez-vous mon papa, lui dit-il furieux; me prenez-vous
ar un enfant? » Et il lui demanda raison de Tinsulte
e, selon lui, il avait voulu lui faire.
En administration, la susceptibilité est plus commune
rmi les subordonnés que chez leur chef. Le chef, s'il
croit blessé, s'explique immédiatement; il chapitre son
Knrdonné et il satisfait son humeur. Mais le subor-
imé susceptible garde sa rancune qui grossit dans
inbrc et se fortifie de toutes les bribes qu'elle ra-
sse. C'est ainsi qu'elle pourra dégénérer en une belle
bonne haine qui durera autant que la vie.
La susceptibilité, chez la femme, est facilement éveillée,
is facilement aussi elle s'appaise. La femme se blesse
se guérit toute seule ; l'homme est plus tenace dans
i humeur.
Chez certains peuples, la susceptibilité est nationale.
at Corse est susceptible , et les neuf dixièmes des
mes qu'il commet naissent de cette disposition. H
Dble que l'air de son île y contribue. Dépaysez-le , il
; susceptible encore, mais il l'est moins.