‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 87 sur 105 · V6 TBN · texte numérisé non relu

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déployé toute la grâce du monde, rien n*j ea| fùl. Au$si ne s'offrit-elle pas comme esprit, mai$ comme m^itière, matière appétissante, jeune, fraîche, sédiûsaute, sans phrase et sans diplomatie ; enfm ce n'était pas une tentatrice, majs une tentation. Aussi saint Antoine écbapp9t'il à grand' peine, non qu'il eut à soutenir un assaut contre la belle, mais bien contre lui-même. C'était la nature qui se révoltait contre le froc, c'était l'homme qoi se battait contre le saint. L'homme disait : elU e$t bdki le saint disait : c'est pécher. Bref, le saint l'emporta; m d'autres termes, les sens furent domptés par la rai$oa.

Nos sens: voilà quelle est h tentation. Notre raison; voilà notre ange gardien. Nos sens représentent la matiièrei. Notre raison représente l'esprit. Dans cette lutte incessante de l'esprit contre la matière on, de l'amour (te nous-même contre le droit d'autrui , est la double voie du bien et du mal moral, ou de ce qui constitue le vice et la vertu. Là , sont le saint et le réprouvé, ^m cette double action , sans cette <;onscience du juste et de l'injuste ou de ce qui est utile ou nuisible , sans la possibilité de faire l'un et l'autre, sans un douUe désir, celui d'être sage ou de ne pas l'être , celui d'écoutei Proserpine ou de ne pas l'écouter , celui enfin d'être Antoine le prédestiné, Antoine le chaste et le sç^iiit oh Antoine le viveur et le libertin , il n'y aurait m teor tation, ni conscience, ni liberté, ni volonté po$sible$. Ope volonté unique n'est pas une volonté , n'est pas mêiœ une possibilité. Pour qu'elle le soit, il en fout au m^ns deux, et deux qui $e contredisent. A cette cpndiliaa seule , l'être pense et agit , Têtre ej^iste ; il o'es^ plus mécanique, il n'est point matière.

Dans tout ceci, qu'aurait à faire aujourd'hvU un teotatcur? A quoi servirait-il à l'ensemble et à b marche

dfs choses? Ce» choses, nou;$ venons de le fUr^ sufbeot

TBS

de vfsie pour nons tenter, et ces tentitioiis sont si Mrqaeiitefl , si bien semées sur notre route , que nous ne pouvons pas faire deux pas sans en éprouver une, el qn^l n'est pas un homme , quelque faible et perverti qu'il soit, qui s'abandonne à toutes et qui, dix fois par joar, par calcul ou par peur, ne résiste à ce que ses sens, son oapriee ou sa perversité le poussent à faire.

S'il n'y a pas d'homme qui ne soit tenté , s'il n'y en a pas non plus qui cède toujours à ce qui le tente, il en est de même des animaux , car l'animal est tenté comme l'homme, et sait, comme lui et parfois mieux que lin, résister à la tentation.

Comme l'homme aussi, il fait avec délice ce qu'on lui défend. Cet âne , qui sait fort bien qu'il ne doit pas manger les choux qu'il porte au marché , trouve à la feuille qn^l peut attraper lorsque son conducteur a le dos tourné, un goût meilleur, un arôme plus fin qu'à «elle qu'on lui donne; et cette saveur du fruit défendu aeqnîert, pour son palais, d'autant plus de piquant que h défense est plus terrible ou qu'elle peut lui attirer « s'il est découvert, un plus grand nombre de coups. De Pane à l'homme, il n'y a ici de différence que dans les oreilles; encore pas toujours.

Si la tentation est nécessaire pour manifester la mo^ ralité de l'être en lui donnant le choix entre le péché et la résistance, elle l'est aussi pour faire apprécier le mérite des choses et môme pour leur en donner un qu'elles n'ont pas : c'est Tépice qui parfume le mets.

Nous avons dit qu'il n'était pas d'homme qui cédât à toutes les tentations; il n'en est pas non plus qui y résiste. Tous les saints ont été tentés, sinon ils ne seraient pas saints. Mais parmi ces saints, il n'en est pas un qui n'ait cédé quelquefois, ne fût-*ce qu'à boire deux verres d'eau fratohe quand un seul eut suffi pour appaiser sa

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soif, ou manger une noix de plus que ne le coinp(Mrte sa feim. Dans tout ceci encore, Proserpine n'était pour rien: la noix et le verre d'eau étaient les seuls tentateurs.

Comme on pourrait ne voir ici qu'un simple babillage, noiis allons en déduire quelques conclusions sérieuses.

Quand un homme a cédé à une mauvaise inspiration, que se dit*il à lui-même? — « L'entraînement était aodessus de mes forces ; je ne pouvais plus résister, l'ai cédé, parce qu'il était impossible que je ne oédâsse pas: la fatalité a tout fait. »

Je réponds : ia fatalité n'a rien fait , et tout ce dire est mensonger. La tentation que peut éprouver un être ne saurait jamais être au-dessus de ses forces. Si elle l'était, ce ne serait plus une tentation, mais une vioknee, un fait imposé et devenu pour lui, par cela même qu'il j n*a pu s'y soustraire, un acte purement mécanique; bref, ' il ne serait ici qu'un instrument passif.

Toute tentation comporte donc une volonté, un choix, une résistance. L'homme froid est sans doute tenté- moias puissamn\ent que l'homme ardent et passionné, mais celuici peut opposer une passion à une autre, c'est-à-dire la passion du bien à la passion du mal, car la pqissanee de l'un est toujours la conséquence de la puissance de l'autre.

Ajoutons que la tentation ne devient violente en nous que par l'habitude d'y céder. L'hodsme qui est tenté pour la première fois ou qui a toujours résisté, ne l'est point fortement tout d'abord ; et si l'on remontait aux circonstances qui ont signalé les débuts des plus grands coupables dans la carrière du . mal , on s'étonnerait da peu d'effort qu'il leur eut fallu faire pour se soustraire à ce premier entraînement.

Il n'en est pas de même lorsque l'habitude en est venue. Sans doute Vimpulsion n'est pas encore irrésis-

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tible, mais la balance n'est plus ëgale: le mal a pris le desaos, il est passé à Tétat de besoin. Dans le principe, ce n'était qu'un plaisir que nous voulions nous donner; aujourd'hui, c'est une nécessité que nous croyons satisfaire, nécessité fectice sans doute, mais qui n'en devient pas moins une cruelle privation.

La douleur est-elle moindre quand vous avez cessé de combattre? Non, vous souffriez en résistant, et vous souffrez encore en cédant:, blasé sur votre vice et par son excès même, vous en avez à la fois le dégoût et le remords. C'est alors que l'enfer commence. Oui, Tenfer est pour vous sur la terre lorsque l'habitude du mal vous attache à ce mal, même lorsqu'il n'a plus de charme pour vous , même lorsqu'il vous répugne et vous fait horreur. C'est ainsi que de faux pas en faux pas, d'aberration en aberration , les passions mauvaises nous conduisent à nous torturer nous-même et à devenir notre propre bourreau.

ITonblions donc pas que de toutes les pentes, la plus rapide est celle du mal , qu'une faute conduit à une inite, un crime à un crime. Mais souvenons-nous aussi qu'à cAté de cette pente , il est une voie toujours ouverte; oui. Dieu a mis en nous une puissance qui peut dompter jusqu'au mal même : c'est Ut volonté. Avec elle, Famé est toujours reine; et quelque profondément que nous soyons enfoncé dans l'abtme, à toute heure, à tout mstant elle nous en fait sortir, et toujours nous pouvons revenir au bien.

TERRE. Les anciens ont d'abord cru que la terre était ronde , puis ils ont voulu qu'elle fut plate. Elle n'est ni l'un ni l'autre : c'est un ellipsoïde ou un globe un peu alongé, quoique moins qu'un œuf.

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On la représente aussi pomme une apbèra légèreo^ applatie, dont 19: plus grande éiéyation est souf Xé^ teur et la mpindre squs les pôles.

Xi9 surface entière de la (erre est d'environ ^ wallons 800 mille lieues carrées « ou U8 millions d'^rpcn^t La terre a, selon les uns, 3^000 lieues, de diaipètre; selon les autres, 2,900 et même seulement 2,800. Le soleil en a 319 mille, et il est 1 million 400. mille fois plus gros. La terre n'est qu'une noisette à côté ^ coouno le soleil lui-même n'en est qin'une compar^itivement à d'avtres astres. Syrius est un million de fois plus gros que lui; et d'autres étoiles, bien que prises aussi parmi les plus petites , un millions de fois plus grosses que Syrius. Qu'est-ce donc que les grandes étoiles elles-mêmeS: aoprè» du soleil central ^utoui; duquel gravitent tous les autres soleils avec leur cortègei dje planètes !

Le rayon de la terre, contenu 23,504 {ois. dan$^ l'espace compris entre elle et le soleil, s'en trouve à 35 miUioitt de lieues. Sa rotation sur elle-même est uniforme, msis noi^ sa révolution autour du soleil. Sa marche se rsAentit à mesure qu'elle s'en éloigne, et reprend sa rapidité quand elle s'en approche. C'est ainsi qu'eUe fait par au, autour de cet astre, 416 millions de lieue», en taisjoa de 18 millions par mois ou 602,000 par jour , 25;,Q09 par heure, 416 par minute. C'est mieux que la vapeur, «vais pas si bien que rélectricité-

L'atmosphère de la U;rre tourne a^veQ elle. Ainsi, il n'y a pas de frottement, ou ce frottement existe non entre la terre et son atmosphère , mais entre cette atmosphère est ce qui est en dehors.

Si l'atmosphère de la terre ne l'accompagnait pas dans son mouvement» nons sentirions, après quelques heures, le parfum des roses de l'Asie.

On n'est pas fixé sur l'étendue de l'atmosphère de

la térte. 1>s*uAs lui dorment 4^506 toises, les autres 44,331 , qnelques'^uns 300 lieues. t)clalandc ne lui en accorde que 15. Cela prouve qu'on n'en sait rien.

Une colonne d'air de la hauteur de Tatmosphère pèse, dit-^n , autant qu'une colonne d'eau de 32 pieds. Or , Comment le sait-on , si l'on ne connaît pas l'étendue de cette atmosphère?

Ce qui fait peut-être qu'on est si peu d'accord sur cette étendue, c'est qu'elle est variable. Soumise, comme nos marées , aux actions combinées du soleil et de la lune, elle éprouve les mêmes déplacemens.

L'atmosphère qui environne la terre étant un fluide, les rayons du soleil qui le traversent s'y brisent. C'est ce qu'on appelle réfraction.

Kien, d'ailleurs, de plus utile qu'une atmosphère. Son existence est même , pour les habitans d'un globe , une question de vie on de mort.

Une chose non moins nécessaire à la terre, c'est sa dialcur interne, car celle du soleil ne lui suffirait pas, irt le refroidissement intérieur auquel nous remédions ettcore par des engrais, amènerait, avec la fin de la végétation , la mort de toutes les créatures. Nul doute que ce refroidissement ne s'opère, mais il est très-lent : c'est Une garantie pour les propriétaires. Newton a calculé qu'un globe de fer égal à la terre et rougi au feu, serait 52,000 ans à se refroidir. Combien, de ces 52,000 ans, avons^nous de fait? Sommes-nous a commencement ou à fin de bail, «t les premiers jours du monde n'étaient-ils pas des siècles?

Il faut bien reconnaître que comparativement à d'autres globes , notre position est assez médiocre : la terre est ^mme en exil dans on coin de l'espace. Sans doute le ftOkil n'en est qu'à 35 millions de lienes ; sa lumièi^ Botts parvient en moins 4e 8 minutes, et il ne foudrait

que 6 ans à un boulet lancé à toute ^tesse pour y arriver , mais c^est le seul voisinage que nous ayous, car je ne compte pas la lune qui n'est que notre compagoe de misère, ni les autres planètes qui, dans aucun cas, ne peuvent nous chauffer ni nous éclairer. Les étoiles sont les seuls soleils sur lesquels nous pourrions compter; mais la ressource est médiocre, car les plus rapprochées de la terre en sont 400 mille fois plus loin que notre soleil , ou à 3,566 milliards de lieues ; et leur lumière , celle de Syrius par exemple, en faisant 70,000 lieues par seconde , met 3 ans et 81 jours pour arriver jusqu'à nous. Jugez de la distance de celles dont les rayons ne nous parviennent qu'après quelques millions d'années.

Le grand éloignement des autres soleils a rinconvénient de ne nous donner de lumière que 12 heures sur 24, terme moyen : ce qui peut nous paraître d'autant plus dur que nous avons sous les yeux des globes qui, ayant 2 à 3 soleils à leur service, n'ont pas même idée de ce que c'est que la nuit. Il est vrai, si ce peut être ponr nous un motif de consolation , que les habitans de ces globes si bien illuminés doivent être faibles en astronomie et ne pas se douter qu'il existe d'autres astres que leur soleil. C'est à cette circonstance ou au demijour dans lequel est la terre, que nous devons tous nos astronomes grands et petits.

On pourrait donc, à la rigueur, se consoler de n'avoir qu'un soleil, et même prendre son parti sur les 12 heures de nuit, s'il n'existait d'autre inconvénient i mais il en est un des plus graves, c'est que ce soleil unique n'est pas lui-même très-solide, et bien qu'il soit 1 million .500 mille fois plus gros que la terre, il n'a pourtant, d'après les savans , que 250 mille fois plus de matière. Or , toute proportion gardée , la terre est donc 4 fois plus étoffée que lui , et conséquemment .4 fois plus

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iense. Si , maigre cette densité , elia ne passe pas pour :rès- forte , qu'est-ce donc du soleil? Ceci ne doit -il DBS nous donner à penser? Ces immenses macules noires iont nous l'avons vu plus d'une fois couvert et le re- Iroidissement des saisons qui en a, chez nous, été la mite, ne sont -ils pas un signe de décomposition et n'annoncent-ils pas «un astre malade? Quant à moi , je serais tenté de le croire.

Ajoutons qu'il y a des gens qui prétendent que ce soleil n'est lui-même qu'un prête-nom , un éditeur responsable, nn astre de paille enGn. Ils assurent qu'il n'est pas chaud par lui-même, que c'est un corps froid comme la terre, comme la lune, ou n'ayant qu'une incandescence interne qu'il garde pour lui seul : dès-lors, que la chaleur qu'il répand n*est que l'effet de celle qu'il reçoit, qui nous arrive à peu près comme la lumière de la lune par réflexion, ou bien par concentration comme dans un verre ardent.

Ils disent pis encore : le soleil ne serait pas même un astre de premier ordre, une tête de système, un globe directeur , mais le satellite d'un autre soleil , d'un vrai soleil dont il tiendrait son éclat, et qui le chaufferait à peu près comme on chauffe une chaudière pour faire marcher un wagon.

A l'appui de leur dire, ils soutiennent qu'il ne se connme pas, et que ce que nous prenons pour des taches sont des mers immenses qui, depuis long-temps, seraient réduites en vapeur si le soleil brûlait.

Mous n'aurions donc de la chaleur et du jour que de seconde main , et un jour suppgrté et ayant déjà servi à d'autres.

Ainsi, notre système solaire serait de fait un système ion solaire, n'existant que sous le bon plaisir d'un autre astre qui , au premier jigiie d'une réduction de lumière

et de chaleur dans ses satellites, prétendrait qae c'tstè nous, parasites, à nous en passer. .

Placée si loin des belles l'égioiis du ciel et eipoaée à tant de passe-*droit et de dangers, cette terre est utiâ vilain monde, un lieu si malsain, de si mauvaise eoift* pagnie , que personne , sauf peut-être quelques méchan reptiles, n*j resterait sans Tattractien qui vous y clooe comme à une croix ou comme Promëthée a son rocto.

Cependant, comme en toute chose il faut être é^itable et présenter le pour et k contre, nous ajoutéroDS que s'il est des gens qui ne veulent pas que la tetre ait un soleil à elle, il y en a qui assurent qu^elle en a deu faisant leur service tobr-à-tour, mais qui se resseoii>leit si bien, qu'on jurerait que c'est toujours le même. Cetti opinion , toute bizôrre qu'elle semble , était celle d'oo homme qui s'y connaissait, John Herschell, qui voyait dans notre soleil une étoile double , c'est-à-dire l'ane tournant autour de Tautre et exécutant sa révolution (A un grand nombre de siècles.

S'il en était oinsi, ce serait à fa fois nne consolation et une garantie , car si l'un manquait , nous auHott l'autre. Il n'y aurait à craindre qu'une ^eule chose, c'est qu'il ne leur prit fantaisie de se montrer tous les deox à la fois et de nous chauffer à toute vapear. On sait que les rayons du soleil ne tombent perpendiculairement sur la terre que sous la zone torride ou un espace et 47 degrés, séparés par l'équatenr en deux parties ^aier» le reste de la planète ne reçoit qu'obliqu^nent les'rayott du soleil : or, si tout le reste de la terre allait devenir zone torride et si cell^ci allait doubler de chaleur, «a ne sait trop ce qui pourrait en arriver et si loilleB let eaux du globe suffiraient pour éteindre l'incendié.

La lune étant une dépendance de la terre et l'an de ses dépattemens,' nous^cii pMiTons dire nB-iOiot

C'était la plus petite des planètes connues avant «elle que Ton a itoUYellement découverte ; elle n'a que 782 lieues de diamètre. C'est peu pour un monde, mais il est à croire quMl en est de bien moindres encore et que nous ne pouvons voir par suite de Tinsuffisance de nos yeux et de Timperfection de nos télescopes. Que Tart ée Topticien fasse de nouveaux progrès, et nous les verrons 'eotiume les voient sans doute certains oiseaux dont les «yeux valent toutes nos lunettes.

La lumière de la pleine lune est 300 mille fois plus «fiiible que celle du soleil qui , cependant , est 400 fois pins loin de la terre. La lumière de la lune, 'rassemblée ■au foyer du plus grand miroir, ne produit pas d'effet "sensible sur le thermomètre. Nous ne voyons, d'eiileups^, qu'un des côtés de cet astre. Les habitans de l'antre côté, Vil est habité, n'ont aucune idée de la terre.

La terre met 24 heures à peu près pour accomplir sa rotation sur elle-même. La lune fait sa révolution autour de la terre en 27 jours 7 heures 43 minutes, d'occident à orient; mais son mouvement n'est pas égal et va plus cm moins vite selon qu'elle se rapproche ou s'éloigne de nous. Elle ne décrit pas un cercle régulier, mais un ovale dont la terre , tout en tournant elle-même autour da soleil , occupe non le centre, mais l'un des foyers. Lb distauee de la lune à la terre varie ainsi de 80 à 91 mille lieues.

En vérité, ce n'est qu'un pas, et je ne désespère point ifju'on ne puisse un jour y arriver. Excellente position pour en faire un Botany-Bey, nn siège de déportation pour DOS condamnés ou de transportation pour nos prévenus.

Il est vrai que des gens malveillans, probablement ceux qui ne croient pas au soleil, prétendent que la lune n'a pas d'atmosphère; dès-lors, qu'elle n'a ni air, «niveau, IV 16

ni nuage , ni pluie , que c'est un monde éteint et mis au rebut, une masse glacée qui n'est ni ne peut être habitée, pas même par les mouches et les taupes.

D'autres , moins exclusifs ou plus généreux , lui accordent une petite atmosphère de 8,000 pieds. C'est tout autant qu'il lui en £aut pour y faire vivre ses habitans, et nous ne lui en demandons pas davantage. Aussi deux «avans allemands, le professeur Gruilhausen et son confrère l'astronome Schroeter, y ont-ils découvert des traces ile végétation et des signes évidcns du séjour d'êtres animés. Ils y ont vu, ils l'assurent du moins, de grands chemins tracés dans diverses directions , un édifice colossal et un ensemble présentant l'aspect d'une ville considérable. Si vous en doutez , lisez le Journal de Pari» du 22 octobre 1835 , n^ 2,898 ; et il ne s'agit pas m d'une mysliûcation comme dans la fameuse lettre datée du Cap, mais d'une assertion sérieuse et faite de bonne foi.

Malgré mon respect pour les savans allemands, je pense que leur découverte exige conGrmation , et jusque-là je m'en tiendrai à celles de nos lunettes, qui n'ont vu dans la lune que de vastes mers , des , vallées assez profondes et des montagnes d'une médiocre élévation , puisque la plus haute n'aurait guère que 2,800 mètres , ce qui est à peine le tiers des nôtres. D'ailleurs, à leur forme circulaire, toutes paraissent volcaniques, et l'une a été vue plusieurs fois lançant des feux.

Selon les mêmes astronomes, l'atmosphère de la lune serait respirable comme la nôtre; mais on y passerait brusquement d'une chaleur brûlante à un froid excessif, çt le thermomètre y descendrait à plus de 60 degrés audessous de zéro : triste séjour , comme l'on voit , mais qui nous consolerait un peu de celui de la terre, car la Sibérie , comparativement à la lune , jouirait d'un printemps perpétuel.

Ajoutons que c'est un astre lent et paresseux. On dira quMl parcourt 13 fois 1/2 son ellipse pendant que la terre ne parcourt qu'une fois le sien , et Ton en tirera la conséquence qu'il va 13 fois 1/2 aussi vite dans son cercle que la terre dans le sien. Tout ceci n'est que prestige, et en réalité, la lune ne fait que 14 lieues par minute, tandis que la terre en fait 418; et si la première semble marcher plus vite, c'est qu'elle n'a pas tant de chemin à faire ni un orbite aussi vaste à décrire.

Maintenant, le soleil, la lune et la terre sont-ils en état de croissance ou de décroissance? Pour les deux premiers astres, je dirai que je n'en sais rien. Quant à la terre , je crois et j*ai tâché de démontrer ailleurs qu^elle augmente de poids , de volume et d'étendue.

Cette croissance de la terre sera, je le sais, vivement combattue, et l'objection la plus puissante qu'on pourra inre est que si la terre avait augmenté de volume , le mouvement de la lune ou de son satellite aurait varié, et qu'ainsi la durée du jour sidéral ne serait plus la même; tandis qu'il est mathématiquement prouvé que depuis que les hommes ont tenu note des révolutions eâestes, il n'y a eu aucun changement.

Je répondrai à ceci par un article spécial sur la eonstitution du ciel; seulement, je ferai observer que les hommes qui tiennent ces notes sont nouveaux sur la terre, et que leurs observations rationnelles sont plus nouvelles encore.

Quant à ce qu'il adviendra, dans les temps futurs, de la terre comme du soleil et de la lune, je dirai : tous les astres ont commencé, tous doivent finir. Il n'y a rien d'éternel dans les œuvres dont les élémens font la base : t6t ou tard ces élémens se désunissent. Ainsi les seleils s'éteignent et les globes tombent en dissolution. L'ame aeule est éternelle, comme Dieu dont elle émane.

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THEATRE ENFANTIN. li se compose d'acteurs en bavette qui, pour le naturel et la finesse de lenr jen^ approchent des marionnettes, sans pourtant les égaler.

On dira que c'est une pépinière d'acteurs» Une pépinière n'est pas un . théâtre. Pourquoi voulez-vous des acteurs? pour vous ) muser Ou vous instruire. Alors, pourquoi en avoir qui vous ennuient et ne vons ap** prennent rien?

Puist si un théâtre est, cotnme vous le dites, une école de mœurs , doit-il blesser à la fois la mbrale , les convenances et la vérité? La jolie chose qu'un amoureux de dix ans débitant des fadeurs à une' amoureuse de huit!

Ou le gamin coriiprend\ Ou il ne comprend pas: s'il comprend, quel bienfait pour loi? S'il ne comprend pas, quel agrément pour vous?

Un spectacle enfaûUn ne peut et ne doit offrir qoé des scènes d'enfails, des scènes dont les personnages n'aieit pas dépassé l'âgé de ceux qui les représentent, des per^ sonnages surtout qui n'aient perdu ni la pudeur de Fadolescent ni la décence de l'homme. Hors de là, tous ces petits acteurs , noin-sculement ne m'aknnsent pas , mais me révoltent. J'y vois à la fois la perte de l'irt et celle de l'innocence , et en définitive , une école de détestables Comédiétis, parce que dès leur principe, faussés de cœur et d'esprit, ils joueront faux toute leur vie.

Ayez donc, si vous voulez, un consetvatqire ou dei écoles de déclamation , laissez vos acteurs s'y former à huis-clos, mais des théâtres enfantins j n'eo ayez tù à Paris ni ailleurs.

TIMIDITÉ9 FAIBLESSE, INDÉCISION. La tidd* dite est une espèce de peur qui n'est ni (5elle de h douleur pi i^Ue da b tnort: c'est la cràisie du ridièMe.

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