‹ Hommes et choses (volume 2)Chapitre 86 sur 105 · TEN · texte numérisé non relu

TEN

En demandant que Dieu écarte de nous la tentation, ions ne lui faisons pas non plus une demande absolue; 'oas allez voir pourquoi. Si la tentation du mal nous ïonduit au mal, c'est aussi cette tentation qui nous mène n bien. Qu'est-ce qu'une bonne action? Cest le choix le la bonne voie : or, pour choisir la bonne, il faut qu'il r en ait au moins une mauvaise.

Ce n'est pas assez : il faut que nous ayons non-seuement la liberté de nous engager dans cette mauvaise, nais même que nous en ayons le désir.

Pour que nous l'ayons, il est indispensable que celle mauvaise ait quelque chose de plus attrayant que la bonne. Sans tontes ces conditions , plus de désir, plus de tentation , plus de volonté , plus de choix : dès-lors , plus de bien ni de mal possible. Toute la vertu humaine ressort donc de la tentation, qui résulte elle-même des choses tentantes.

Les choses tentantes peuvent nous attaquer de deux manières : par elles-mêmes et leur propre nature , ou par la sauce qu'on y ajoute ; et dans la catégorie des sances, je comprends la gentillesse, la grâce et l'amabi- Ktd, ou à défaut, la coquetterie pure et simple.

Par exemple: quand Proserpine tentait saint Antoine, était-ce comme chose et matière qu'elle se présentait , on bien était-ce comme esprit , esprit de corruption s'entend , et agent provocateur? Bref , le saint était-il attaqué ici par le cœur ou par les sens?

n est évident que si la reine des enfers s'était présentée dans son costume officiel et sa robe infernale, sentant de vingt pas le soufre et le roussi, le bon ermite, bien loin d'être tenté, se fût bouché le nez, et que son compagnon, aussi peu séduit que lui-même, eut reçu la dame à coups de boutoir.

Bn vain elle ent prononcé les plus belles paroles et

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