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Nous avofis dit que le but de tout gouFernement nlionnel devait être le progrès. MainteDant, nous ajoutons: pour aider au progrès, tous les moyens sont bons, ^mA ils ne blessent ni le bon sens, ni la morale , ni le droit d'autrui. Dans ces conditions, je ne dédaigne pas même les hochets , et je les préfère volontiei*s à autre ehose , quand on peut se les procurer à meilleur compte.
Je me serais donc bien gardé del supprimer les titres, et vous avez eu, selon moi, grand tort de le fiire. : D'abord, parée que vous n'en aviez pas le droit. Qu^on Fait reçu de TEtat pour récompense ou de son père pour héritage , un titre est une propriété qu'il n'eâ pas plus licite d'enlever à son possesseur légal que de lui prîsndre son champ, sa naaison ou sa bourse.
C'est' une distinction, dires^-vous. — Distiiictiop si vous vouiez; trouvez-moi autre chose dans vos Etats monarchiques ou républicains. Les qualifi estions de président, de général , de colonel , de capitaine , de directeur , de chef, de sous^hef, de monsieur, de oitoyea, etc., ne sont-'eUes .pas aussi des distinctions, cpnséquemment des titres? Supprimez-les donc.
.. 'D'atlleurSt est-^e en défendant de les porter qu'on les supprime ? C'est le contraire. ^ lendemain de votre ordonnance , il y en avait plus que la veille. Pour raviver le goût d'une chose en France, il suffit de la prohiber.
Si vous voulez absolument détruire les titres, je connais un moyen bien meilleur : c'est d'en faire, comme on a fait des croix en 1830 et en 1848 , une récompense politique ou un souvenir de la guerre des rues; bref, c'est de créer ducs tous vos décorés.
.'Mais encore une fois, il ne f^tit pas détruire les titres; il faut , au contraire , ea entretenir soigneusement la mode, comniie voos entretenez celle des draps fins et des soieries de Lyon. Alors, vous en ferez autant dé
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lettres de change à tirer sur la vanité, au profit de qui de droit.
Ce n'est pas le seul profit que j'y vois : vous y trouverez encore un mode économique de payer des services rendus ; et au lieu de les acquitter en rentes ou en argent dont vous n'avez pas trop , vous en serez quittes pour un morceau de parchemin enjolivé de vos signatures et d'un beau cachet de cire rouge ou veite, au goût du consommateur.
C'est donc, je le répète, à. mon grand regret que ces amorces diamantées, que ces miroirs à alouettes ont été rejetés de votre écrin politique ; ce sont des valeurs réelles que vous avez gâchées, une excellente monnaie que vous avez retirée de la circulation , et dès-lors un nouvelle brèche que vous avez faite à nos finances.
Mais les finances valent- elles un principe! L'égalité avant tout: il ne doit y avoir, en France, que des citoyens purs et simples. Les légionnaires eux-mêmes ne 9ont plus chevaliers, ils sont membres. Mais les grands officiers, mais les grand^ croix et les grands aigles, que seront^ils? Les appellerez-vous grands membres? Non. H faudra bien pourtant qu'on les distingue des petits.
En vérité , je crois que mot pour mot , joujou pour joujou, les anciens valaient mieux. D'ailleurs, ils étaient tout iails : vous y auriez du moins gagné la façon.
Rendez -nous donc nos marquis, nos comtes et nos ducs; ne laissez pas même de côté les vicomtes et les barons. Seulement, soignez le tarif, afin qu'on n'en fasse pas litière. M'en vendez pas trop à la fois. Sachez parer la marchandise. Ce sera un bon revenu, vous dis-je, nue 9orte d'impôt progressif qui vaudra l'autre, un vrai mil- Uird tiré sur les riches. Dites , maintenant , que je ne suis pas communiste.
Si vous ne voulez pas de ce commerce, si votre con- IV 16.