TIT
science répugne à ce débit de riens, chl bien, laissezrles à qui en 'veut prendre. Quand tout le monde en aurt pris, personne n'en voudra plus. Dônnez'-nous, du moins, la liberté des mots quand ils ne blessent ni la décence, ni la morale , ni le droit d'autrui ; quand ils rentrent enfin dans ces non-valeurs qui forment le domaine public. Ces titres conTèrent-ils quelque privilège, quelque exemption d'impôts, de réquisition ou de garde? Assarément non. Dès-lors, il ne doit pas être plus défendu d'appeler son iils marquis , que de nommer son chien milord. <
Gens de Lacédémone, je ne puis trop vous le redire, faites chez vous la part des cnfans , car ils y sont en majorité. Si vous ne la leur faites pas , ils se la feront eux-mêmes. A quoi vous servirait d'ôter les titres de nos lois, s'ils restent dans nos mœurs? Un peu plus tôt, un peu plus tard , ces mœurs les remettront dans les lois.
Voyez toutes les Républiques qui nous ont précédés: Rome, Gênes, Venise; voyez la Suisse; n'ont-elles pas leurs oripeaux et leurs pompons de toutes couleurs?
Les Américains n'en ont pas , direz-vous. — Attendez, ils y viennent. S'ils sont encore à l'aristocratie des dollars et si les quartiers de noblesse s'y comptent, comme en Hollande, par les tonnes d'or, cela ne durera pas, soyezen sûrs. Les dollars se transformeront en panaches. Les femmes ont commencé, les hommes suivront.
La nature humaine est partout la même. Souffrons ce que nous ne pouvons empêcher. Donnons quelque chose à la gloriole : c'est la reine du monde.
A tout prendre, elle vaut mieux que la .gloire. Celle-ci se nourrit de sang ; celle-là se contente de fumée. Qu'on lui en serve.