‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 22 sur 110 · QUA · texte numérisé non relu

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quartiers en parlant des pliis belles rues d'une ville, ou bien s'il n^y en a que de laides, des raes habitées par les belles dames ou à défaut par les riches.

Pour plus d'un citadin, son quartier est sa patrie; il haïra ou méprisera Thabitant du quartier voisin ni plus ni moins qu'un Turc méprise un Grec, ou qu'un Bas- Breton hait un Anglais. Pourquoi? 11 ne vous le dira pas et pour cause.

Une armée prend ses quartiers d'hiver, ses quartiers de rafraîchissemens; c'est là qu'elle va se refaire après la campagne.

Demander quartier, c'est demander la vie, quand, à la suite d'un combat, l'adversaire nous tient l'épée sur la gorge ou le pistolet au front.

Qu'on ne fiasse pas de quartier, dit un général qui prend l'offensive et va s'emparer d'assaut d'une ville assiégée; alors on tue tout: hommes, femmes ^ enfans. C'est ainsi qu'on devient illustre et qu'on obtient des statues et presque des autels.

Le quartier est aussi le terme échu, celui où l'on doit payer son loyer : époque de discorde et de guerre.

Quartier était jadis un terme de blason: c'est la partie d'un écusson qui porte des armoiries différentes. Le premier blason de Fécu, à droite du côté du chef, s'appelle frano-quartier.

Pour être reçu chevalier de Malte, il fallait huit quar* tiers ou huit générations de noblesse.

On dit aussi y sur nos marchés et dans nos halles, un quartier de fromage, un quartier d'agneau, etc.

Dans nos régimens , il y a des quartiers-oiaîtres. Veuton dire par là des quarts de maîtres ou des maîtres de quartiers? Non, ici la partie est plus que le tout. Un qnartier-maîlre est aujourd'hui un officier, tandis qu'un maître , en terme de marine , est un sous-officier :

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maître d'équipage, maître timomer, maître calfet; c*est qu'en France chaque état, chaque arme, chaque administration a son argot ou un patois qui lui est propre : vrai moyen de s'entendre.

Les collèges mêmes n'en sont pas exempts: le maître de quartier y est le maître d'études, ou le pion comme disent les écoliers.

Un quartier est aussi une caserne: je rentre au quartier, dit le soldat.

Quartier a encore bien d'autres significations, mais qui tiennent plus aux localités qu'à la langue.

QUELQUES QUESTICNVS. (Avril 1848). pbemiebe QUESTION. La concurrence sans ordre, sans entente, la concurrence poussée à l'excès n'est-dle pas dommageable a l'industrie et au consommatenr, et ne serait-il pas utile de la régulariser?

S'il y avait danger à limiter la concurrence quant à la production, à la fabrication et à la vente en gros, ce danger existerait^l pour la vente en détail? La ré~ duction du nombre des débits, notamment de ceux de liqueurs, de café, d^épioeries, etc., n'aurait-elle pas un résultat utile?

Moins nombreux et vendant davantage, ces établisser mens ne vendraient-ils pas à un prix moins élevé?

La surveillance des ventes étant plus fecile, les falsifications et les fraudes dont le pauvre est victime , ne seraient^elles pas plus rares?

Enfin la misère, les infirmités, les rixes et les crimes qu'amènent les cabarets, ne diminneraient-ils pas dans une proportion égale à la réduction de leur nombre et des occasions de s'enivrer?

DEUXIÈME QUESTION. La cause de la misère en France

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vient-elle de la sarabondance de la population ou de la mauTaise répartition de cette population?

Est-elle dans l'absence du travail ou dans la distance qui sépare le travailleur des localités où Ton manque de bras?

Le mode le plus efficace de réduire la misère ne seraitil pas de mettre le travail à la portée du travailleur?

Pour arriver à ce résultat, les maires ou les conseils municipaux ne pourraient*ils établir, de mois en mois» la liste des individus de leur oomamne qui manquent d'ouvrage et qui en cherchent?

D'un aub-e côté, les cultivateurs, les manufacturiers, . entrepreneurs de travaux, cheEs d'ateliers ne pourraientiis déclarer à leur mairie le nombre et Tespèce d'ouvriers qu'ils prévoient pouvoir employer?

Ces renseignemens étant réunis à chaque chef- lieu d'arrondissement, ne serait-il pas à propos d'y ouvrir un bureau où tout maître irait demander des ouvriers, et tOBt ouvrier réclamer du travail?

Ces bureaux d'arrondissement ne pourraient-^ils correspondre entr'eux et diriger les travailleurs sur les points qui en seraient dépourvus?

Le gouvernement ne devrait-il pas se charger de cette répartition des brqs ou tout au moins de la publicatign par quinzaine ou par mois, des demandes d'ouvriers et du tarif des prix offerts?

Ne pourraivil faciliter l#déplacement de ces ouvriers, soit en leur délivrant des feuilles de route, soit en SfS réservant dans les concessions de lignes de fer, un nombre de places qui seraient données, à titre gratuit ou à tfès-bas prix, auic pauvres ouvriers voyageurs ?

 défaut du gonvernem^nt., me société charitable ne pourrait-elle arriver à ce résultat, procurer do. tcavail à ceux qui en manqaeot et. pourvoir à leor traas|)ort d'un lieu à un autre?

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Enfin, faute d'un mode purement gratuit, une agence établie sur une grande échelle et dont le tarif serait annuellement déterminé, ne pourrait -elle, à un prix modique , pourvoir au besoin mutuel des n^aîtres et des ouvriers en les mettant partout en rapport et en les préservant, ainsi d'un chômage ruineux , d'emprunts usuraires , et surtout de Fintervention coûteuse des bureaux de placement ou des agens d'affaires?

Si ces facilités données aux travailleurs ne procuraient pas des ressources à tons, n'y aurait-il pas quelqu'autre voie d'y suppléer et de rétablir l'équilibre entre le travail et le besoin, équilibre que tend tous les jours à détruire le perfectionnement des machines? Cette voie ne serait-elle point dans la meilleure répartition des ressources de la charité, ou dans l'aumône faite avec discernement?

Les aumônes telles qu'elles sont appliquées aujourd'hui diminuent- elles la misère d'une manière sensible, et la continuité de cette misère vient-elle de leur insuffisance ou bien de leur mauvais ettiploi , c'est-à-dire de leur application aux individus qui n'en ont pas besoin, au détriment de ceux à qui elles sont nécessaires?

Ne serait-il pas possible en réunissant ces aumônes, d'en faire un moyen de travail permanent , ou , du moins , une prime d'encouragement, non à l'oisiveté, mais au labeur?

En outre des établissemens coloniaux, le gouvernement ne devrait-il pas avoir, sur Avers points de la France, des fabriques, des ateliers de constructions et. de défriohemens, des exploitations agricoles, refuges toujours (mverts aux individus sans travail?

A l'aide de ces établissemens multipHës jusqu'à l'extinction complète de la misère , ne pourrait-il pas devenir le régulateur du prix des journées, et avoir un fond de réserve afin que ce prix pût toujours être établi sur celui du pain?

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