‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 42 sur 110 · SEP · texte numérisé non relu

SEP

merveilleuses qa'îl avait faites parmi les bichons et les carlins , dont toutes tes élégantes étaient pourvues à cette époque. Son remède était simple: il leur donnait peu de pain et beaucoup d'eau , et pour assouplir leurs mouvemens une dose raisonnable de coups de fouets ; le fouet était le plus positif de sa pharmacie.

Il y aurait fort à faire si nous voulions examiner toutes les espèces de renommées, depuis celle des bonnes matelottes jusqu'à celle des grands violons. Ce qu'il y a de certain , c'est qu'il n'y a ni poète , ni héros , ni saint , fli monarque même, dont la gloire ne pâlisse aujourd'hui devant celle de tel pianiste ou de certaine danseuse.

Voyez: Danseurs.

REPOS. De toutes les fatigues , la plus lourde, la plus intolérable, celle qui conduit le plus fréquemment au dégoût de la vie, au désespoir, au suicide, c'est la fetigne du repos, d'un repos incessant ou d'un bonheur toujours égal.

L'homme qui vit au jour le jour, qui passe d'une inquiétude à une inquiétude, du souci d'un besoin à celui d'un autre besoin , ne se suicide pas et jamais ne meurt de marasme ou- de spleen. Pourquoi? C'est que l'habitude du malheur a son espérance et presque son charme.

REPRÉSENTATION. Napoléon distribuait de grosses sommes à ses généraux poUr représenter; on fait encore ainsi à l'égard de nos diplomates.

Représenter c'est donner des soirées , des bals , des dîners, lesquels n'amusent jamais ceux qui les dounent, et pas toujours ceux qui les reçoivent.

Il est pourtant des gens qui représentent par goût; ils aiment à avoir la foule chez eux, non une foule d'amis, ne vous y trompez pas, car ils n'en ont peutêtre pas un seul, mais La foule de ces gens qui se trouvent moins bien chez eux que chez les autres.

Cet homme donne des fêtes magnifiques; il a, chaqae semaine, uu excellent dîner; il accable ses invités de prévenances; il jette Tor à pleines mains pour que rien ne leur manque , et il n'est pas un seul d'enlr'eux de k peau duquel il donnerait cinq centimes. Oui, il ne fierait que rire si on lui disait qu'ils viennent, en quittant sa table, d'être noyés ou pendus. Mais Tiffliphitryon aime les repas et ne les aime pas solitaires; ses.convives ne deviennent qu'une addition à la dinde truifée et au pâté de foie gras : ils ne sont là que pour en relever le goût, comme k persil pour orner le bœuf.

Ou bien encore, en les invitant v c'est une dette quUl acquitte ou un placement qu'il fait. Il les invite, parce qu'ils l'ont invité et qu'il veut qu'ils l'invitent encore* C'est un dîner qui lui en vaudra dix , qui Lui en vaudra vingt., ou bien qui lui procurera une place, une femme, qnet maîtresse, un cordon, une fourniture, peut*étre tput cela à la fois.

Chacun dit tout haut: c'est un homme extrêmement If^norable, et to^t bas: c'est ^n gourmand qui n'aime pas à manger seul, ou bien c'est un spéculateur égdiske qui travaille à sa fortune.

Au total, je ne blâme pas la représentation, bien au QOBttraire. Ge bal aura fait vivre- cent ouvriers pendant ^^ mois, et ce dîner À la Lucullus qui me procure une mauvaise digestion, en fait lairp.dâ très-bannes à vingt fi^chan4s de comestibles.

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