‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 44 sur 110 · RÉP · texte numérisé non relu

RÉP

QuaDt à la part d'ectioa gouvernementale que la minorité régnante ne manque jamais , dans sa libéralité , d^octroyer à la majorité au nom de la fidélité si elle est monarchique , et de la fraternité si elle est démocratique, c'est celle de payer d'abord , puis de payer ensuite , enfin de payer toujours.

Elle leur accorde aussi Thonneur de mourir pour la patrie, c'est-à-dire pour eux, gouvernans, qui la représentent. En ceci, le gouvernement de tous ressemble encore à celui de quelques-uns.

Si Ton veut savoir ensuite ce que c'est que le gouvernement de tous, je répondrai que c'est celui d'un millier au plus, et d'une centaine au moins, pour une nation de trente-six millions d'ames.

Quant au gouvernement de qdelqnes-uns, on peut Testimer approximativement à une douzaine d'individus , nombre assez ordinairement réduit au quart par suite des non-valeurs , et souvent à moins ; car il y a grandement à parier que, dans un temps très^-limité » un des trois annulera les deux autres. 11 en résulte alors une République qui n'est plus ni démocratique ni sociale, mais impériale, sorte de gouvernement aussi paternel que libéral, comme ont pu s'en apercevoir ceux qui ont eu le bonheur d'en essayer: c'est, d'ailleurs, ce genre de République que l'on, restaure en ce moment, afin de nous Toifrir pour étrennes.

En définitive , pour peu que l'on sache les deux premières des quatre règles, on est forcé de rec<mnaître que , quels que soient le principe , le nom , la forme et l'intention .d'un gouArernement, ce n'est jamais, quoi qu'on veuille et quoi qu'on fasse , la volonté de la masse qui domine, pas même d'une partie notable de cette masse, /c'est toujours celle de la très-petite minorité. D'abord, parce que les femmes , les enfans , les adolescens , les

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