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lieux où il y en a ; cette canse ne peut ftre totinde ou comprise de tous les ëmigrans. Les plus jeunes ëmigreiit par imitation; ils suivent le torrent. Ge.sout les vieux qui guident les autres* 11 y a chez eux souvenir ou tradition ; à moins de suppo$er en eux une puissance de sens extraordinaire ou la faculté de voir ou sentir des objets éloignés de plusieurs centaines de lieues , ce qui n'est guère probable, quelle ^e soit la hauteur où ils s'élèvent.
L'imitation a aussi son influence . sur les passions des animaux. Qu'un chiep provoqué se mette en colère, qu'il assaille un passant,, tous les chiens qui surviendront en feront autant; ils aboieront, se ficheront et mordront le passant seulement par imitation, car ils n'ont pas été provoqués.
Le singe est partout considéré comme le symbole de rimitatton. Elle est chez lui à la fois un besoin et un plaisir. Sa nature l'y porte comme son goût. ^
Remarquez que oe sont les êtres supérieurs à luimême qu'il cherche surtout à imiter. Il imitera un .autre sioge plus gros, plus fort, plus leste, plus intelligent que loi. 11 imitera l'homme dj& préférence encore, et le plus souvent qu'il le, pourra; mais bien rarement il imitera le chien, et jamais l'âne, le mouton, le veau. .L'hpmme aussi n'imite que ce (|ui le frappe, l'étonné et offre à ses yeux une sorte de puissance, de supériorité , ou au moins d'agrément. Malheureusement, c'est qu'il trouve souvent ces qualités dans ce qui ne les a pas ou même dans ce qui a le défaut contraire; et c'est ainsi que l'imitation devient â souvent nuisible et rétrograde.
Nous avons parlé de l'impulsion imitative delà mode, sorte d'entratnement par lequel le caprioe- du premier veau qui se sect montré pendant deux lieiires sur un
fcoalefarâodune'ptoWen^e avec tin chapeau àgfand ou .petit bord, un Cdllet <f habit lar^ ou étroit, va gagner Paris, puis la France, puis I*Europe, et successivemeat toutes les autres parties du monde.
Cette fièrre d'imitation de mode s'ftend quelquefois aux choses tes pkis Inutiles, les plus absurdes, ajoûtoQs ks plus répugnantes.
Il passe un jour dans ta t^te de je 'ne sais quelle femme mal élevée de se faire apporter, à la fin d*un repas, une cuvette avec de fcau ti^ède, et là, sans quitter la table, de se rincer la bouche, puis '(es mains, au grand ëbahissement de tous les convives, la dame était jeune , ;jotie et à la môûe, on le. sou£Frit. Comment ne l*auraiton pas souffert, elle étAÏt chez elle; mats ailleurs oo en jasa comme d'une indécence et même quelque chose de pis. Bh! bien, six mois après, il n'y afvait pas en France un repas d'apparat à la fin duquel on ne vous apportât, sur la, table même, un feoc&l' d'eau éhande dont dinûnn, ^^il eût des dents ou qu'il n'en eût pas, se croyait obligé >de se servir pour se rincer la bouche avec un bifuit plus en moins prononcé, puis un haut-*1e^cerps et un vomissement dans le dit bocal, le tout à la face de 'chacun; et dtapois dix ans cela dui^e, et en ddrera peut-être dix encore.
le cite ceci cdmme Pun ^s exemples imitation que > -lai postérité Mfra le phis de peine à croire, tandis qti'au- :jobrd'hai bien des ^s ne iiiroiraietit 'pars que 'quelqu\in .y ait pu voir une Idconvenatlce.
On ne croira ]^HS davantage qif ii ait été de 'mode ,
néÉie parmi les plus joNès' femmes et 'les plus coquettes,
de se fourrer dans le nez une drogue noire et puante
ditettaèac en poudre ,* et d'ëlafbtir éfidsi* au^esstis de sa
niwsehe un cauiève përditftiétit.
Cette maie M pailla, «ntiis'lBMe a élé yeiMif)lac2e , eliez
les hommes^ psr une autre qui est {nre. La pipe» naguère Bamre abaudoiniée à la e&nailFe et ooiâidërëe coœaie le signe oaraeténstifiie des mteurs popiiladières, est devenue IHiB des attributs du bon ton. H n'est pas un romancier en vogue qui ne représente a&a héros le cigare à In Imlcbe, appelant banine et parfum ee qui, nn jour, sera nommé fumigation et employé seulement contre l'asthme et la pituite.
11 en est de même de la nourriture : la mode a fait manger avec délice, par les hommes d'une génération, ce que ceux de la génération précédente rejetaient avec dégoût. Les Grées et tes Romains achetaient au poids de Vw dès mets dont un oKndiaut affamé ne voudrait pas ai^aurd'hui.
Telle est ht ocnsëquence de Timitation ou de la mode; ^e fausse k réalité 'dies choses et jusqu'aux sens même, et nous fait trouver 'une saveur et une odeur douée et agr^bieà oe qtliifest que méphitique et nauséabond.
Haigrëla propension i rimitètion et la fedlité avec laquelle les modes et les usages /gagnent d'une contrée à mie outre, il nefaiit pas toujours en conclure que ce i^ai est semblable est imité. Il y a une imitation, etwitis 'l'avons déjà' citée, i^ai n'en est réellement pas une, puisque h volonté n'y entre p««fr rien. Par exemple : qu'un homme de Paris se promenant dans le bois de Boulogne et qu'un -MynésicM errant' dans 'k fotêt viorge se prennent le pied àons une «oucbe,' ils 'fer«otie même geste et la même * grimace, 'parce quUis annsnt. fo même oraînte , celle de iMBber sur le^nez; Eslnee ici de l'imitatîon? Mon, c^B$t «ke convalsioa* , 'Use <»lkitniGtidn nerveuse. L'imitation nMx réelle que lorskja^elte est voloaleire : hors de là, il y a analogie d'effet parce «qu'il y a 'identité de cause, -mais il'ify*alpas iniiMion*
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