‹ Hommes et choses (volume 3)Chapitre 94 sur 110 · VAPORISATION, COMÈTES ET NEBULEUSES · texte numérisé non relu

VAPORISATION, COMÈTES ET NEBULEUSES

S^jl est des substances presqn'aëriformes qui se concentrent an point de former des masses compactes, ii en est qni , par un effet contraire , se dilatent jusqu'à se vaporiser et se perdre en poussière impalpable. Ces broaillards secs qui ont plusieurs fois atteint la terre et qu'on a dit être des queues de comètes, étaient peutêtre des résidus de globes ainsi pulvérisés.

Les comètes ne sont probablement que des mondes frappés de mort, s'anéan tissant peu à peu par cette dilatation ou toute autre cause de déperdition. On a remarqué, en effet, que la masse des comètes diminue; il semble que lenr noyan s'use. En perdant d'un cOté san^r recevoir de l'autre, elles doivent un jour disparaître complètement.

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Ainsi , les comètes seraient des astres approchant de leur terme et tombés en décrépitude , des astres ayant fait leur temps, des astres mourans, car aucun assemblage de matière n'est éternel, et tôt ou tard il faut que le jour de leur dissolution arrive.

Cette dissolution s'opère, soit par une dilatation agissant sur toute la circonférence , soit par une dilatation partielle. Dans ce dernier cas , cette dilatation ou cette déperdition aurait lieu seulement par quelque point, précisément comme dans un vase percé ou fêlé.

Cest cette déperdition de matière brûlante ou ces jets de vapeur qui forment la crinière ou la queue des comètes. Quand ces comètes ont plusieurs queues ou plusieurs crinières, c'est qu'il existe plusieurs bouches par lesquelles la substance intérieure de l'astre s'échappe par un courant horizontal ou par un jet ascendant, comme la lave, la cendre ou le limon par le cratère des volcans en éruption.

Ces exutoires amoindrissent l'astre en le minant intérieurement jusqu'à ce qu'il devienne creux. Alors, il peut se faire qu'il éclate, et que ses fragmens aillent se réunir à d'autres globes dans l'attractioii desquels ils sont lancés. S'ils se trouvent en dehors de toute attraction, ils forment eux-mêmes la base de nouveaux astres.

Lorsque le globe ainsi miné n'éclate pas , lorsque la déperdition continue jusqu'au bout sans choc ni convulsion, l'astre se dissipe tout entier en vapeur; et si des fragmens résistent, ils forment autour de quelque planète une ceinture d'aérolithes analogue à celle qui environne la terre.

On comprend que ce feu intérieur qui ronge l'astre et cette perte de matière doivent en réduire progressivement le volume et le poids. Mais cette réduction ne s'opérant pas également sur toutes les faces , l'astre perd

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peu à peu Féquilibre , ses révolations deviennent irrégaliè'res. Il peut ainsi, fante de contre-poids, être ballotté dans l'espace jusqu'à son entière dissolution : à moins qu'il ne s'y fraie une voie nouvelle.

Cependant, dans cette voie non encore frayée, le moment de sa dissolution peut être avancé , car il peut rencontrer un autre globe, s'y attacher, pnis s'y confondre ou se briser contre, ou bien encore le briser lui-même. L'espace est ainsi sillonné par ces débris qui nous apparaissent quand le ciel est pur et que le peuple nomme des étoiles filantes. Ce sont ces aérolithes dont nous venons de parler, et qui arrivent quelquefois jusqu'à nous. Mais la plus grande partie de ces détritus de soleils éteints , de ces fragmens de mondes en décomposition , se trouvent on dehors de toute attraction. Alors, épars dans l'espace, ayant, selon leur volume, une attraction qui leur est propre, ils attirent dans leur tourbillon les corps les plus faibles qui, eux-mêmes, se sont accrus de la poussière impalpable des astres pulvérisés. Ce sont ces milliards d'aérolithes tournoyant les uns autour des antres et s'agglomérant dans quelque région du ciel, qui forment ces taches transparentes d'abord , mais qu'on voit peu à peu devenir opaques, et que les astronomes appellent nébuleuses.

Si les comètes sont des mondes qui finissent, les nébuleuses sont des mondes qui commencent. Leur noyau se constitue par la concentration de ces aérolithes attirées vers un centre commun qui n'est autre que les plus grosses ou les plus attractives d'entr'elles.

Quelquefois les élémens de ces nébuleuses, réunis à d'autres débris qui circulent dans cette partie de Tespaee, se concentrent en un tout qui devient un astre isolé, énorme planète ou soleil immense.

D^autres fois , quand la matière surabonde , quand il

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y en a trop pour faire un seul astre on que Tattractioa extérieure ne le permet pas, cette concentration d'ëlémens, bien que formant un ensemble, se trouve répartie en fractions. C'est un système de mondes, un soleil avec ses planètes, ou bien Saturne avec sort anneau.

En ce qui concerne la terre, tout nous annonce qu'elle a été long-temps agitée par des convulsions terribles. Les cataclismes produits par le choc d'autres astres ont changé plus d'une fois sa surface et peut-être son volume. Ensuite» elle a été déchirée par les volcans dont nous voyons partout les traces ; ils se sont successivement éteints. Si un plus grand nombre d'ouvertures avaient permis, à la matière en fusion qui remplissait son intérieur, de s'échapper, cette terre se serait aussi transformée en comèie.

Lancée dans Tespace et s'affaiblissant peu à peu par cette perte de matière, die aurait fini par &ire explosion ou par s'évaporer en poussière après une dissolution lente, car il est des globes qui peuvent se dilater indéfiniment et se perdre ainsi dans l'espace.

Telles sont mes idées sur les nébuleuses et les comètes. Voiei maintenant celles des savans ; je copie :

« Il est des nébuleuses de deux espèces. Les unes sont composées d'une multitude d'étoiles, comme est la voie lactée qui n'est qu'une nébuleuse comme les astres, mais plus rapprochée de nous»

> Un système de monde planétaire devient une étoile; un système d'étoiles, nne nébuleuse;

» La seconde espèce de nébuleuses sont celles qui ne sent qu'une vapeur qui se condense ou qu'une poussière qui se resserre et qui se solidiGe.

» Si la terre, au lieu de se refroidir, venait à s^embraser, l'océan d'abord se changerait en vapeur qui entourerait le noyau de la terre, lequel aussi pourrait se

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vaporiser par une chaleur plus grande. La terre, alors, ne serait plus qu^nne nébuleuse.

> Les nébuleuses ont des rapparts avec les comètes , mais étant beaucoup plus éloignées, elles paraissent immobiles.

» Il est des nébuleuses qui ont uu centre lumineux, quelquefois deux et même quatre. »

M. de La place pense que le soleil, les planètes et leurs satellites ne formaient , dans le principe , qu'un grand tourbillon de matière tournant d'orient en occident autour du point oik est aujourd'hui le soleil. Mais peu à peu la matière se serait retirée vers divers noyaux, et de la nébuleuse seraient nés d'abord un soleil placé au centre , puis les planètes tournant autour de lui dans des orbites respectifs.

Quant aux comètes , leur volume ou leur partie solide, bien qu'énorme, est pourtant peu considérable proportionnellement aux astres.

Ce qui prouve que ce sont des corps durs et solides, c'est la chaleur où elles peuvent être exposées.

Les comètes fument en approchant du soleil, comme tous les corps humides qu'on approche du feu. C'est cette famée que Ton prend pour leur queue, barbe ou chevelure.

La comète de Halley passe tous les soixante-quinze ans, on du moins on le croit , car elle se montre toujours sous un aspect différent.

La comète de 1472 s'est le plus rapprochée de notre planète ; elle en a été à six cent mille lieues sans lui causer de dérangement. Celle de 1714 en est aussi passée fort près.

Si les grands cataclismes qui ont changé la surface de la terre viennent du choc d'une comète, il est assez probable que c'est par une conjonction de cette espèce que la terre périra.

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En 1680 , une -comète signalée par Newton , passa à environ vingt-cinq mille lieues du soleil, .ou à peu près au quart de la dislance de la lune à la terre. On peut juger de Timmense chaleur qu'elle a dû éprouver. On a calculé qu'elle devait être deux cents fois plus forte que celle d'un fer rouge, et vingt-huit mille fois plu^ ardente que celle que nous éprouvons dans les étés les plus chauds ; enOn , -que cette chaleur , si elle avait pénétré au centre de la comète , devait s'y conserver cinquante mille ans. Mais tout ceci n'est qu'hypothèse.

Les aéroUthes sont des astres en miniature ou des diminutifs de comètes.

Ces aérohthes sont , selon quelques-uns , une condensation subite d'élémens qui se trouvent dans Tatmosphère à l'étal gazeux.

Selon d'autres , elles ne peuvent se condenser dans l'atmosphère comme la grêle, car elles obéiraient, comme la grêle, aux lois de la pesanteur, et tomberaient en ligne droite ; tandis qu'elles ont une vitesse de translation horizontale comparable à celle qui emporte la terre autour du soleil, et suivent ainsi en tombant une direction oblique.

Ce seraient alors des émanations de quelqu'autre astre, de la lune par exemple ; ce qui est possible , car pour sortir de sa sphère d'attraction , il ne leur faudrait , d'après ces astronomes, qu'une vitesse cinq fois et demie égale à celle d'un boulet de canon.

Sortie de la limite d'attraction de la lune, Taérolithe devient un satellite de la terre jusqu'à ce qu'attirée dans l'atmosphère de cette terre, elle y arrive, grâce à la résistance de l'air, avec une vitesse qui n*est que celle des corps graves.

.. M. de La pi ace croit que ce sont les volcans de la lune qui envoient dans l'espace ces masses d'aérolithes. S'il en était ainsi, il serait à craindre que la lune ne finit

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