‹ Hommes et chosesChapitre 40 sur 95 · BUC · texte numérisé non relu

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ens? C'est une question que je me suis souvent faite. îs langues si harmonieuses , si poétiques , si savantes , îs langues d'une combinaison si profonde, dont il nous îste encore des lambeaux, dont l'origine au-delà de la lémoire des hommes présens et même de l'époque qu'ils ssignent à la création de la terre, se perd dans la nuit es temps, ces langues, dis-je, ne sont-elles pas les derières traces d'êtres intelligens et forts dont nous ne ammes que la dégénération?

BUCHE. C'est la logique de plus d'un. A un raisonement, ils répondent avec une bûche, et pour convaincre fi homme, ils lui brisent le front.

D'où vient qu'on appelle bûche un imbécile , un être lutile ou incapable?

Une bûche n'a pas beaucoup d'esprit, mais elle n'est >s incapable. Elle n'est pas non plus inutile, puisqu'elle *ul briser la tête d'un homme.

La guerre à coups de bûches est celle qui , militaireent parlant, mécanise le plus les héros. C'est celle que, rs d'une révolte, d'une révolution ou de la prise d'une lie, les bourgeois font de leurs fenêtres ou de leurs •ils, en jetant à la tête de l'ennemi tout ce qui leur >n)be sous la main : les tuiles et les pavés, les pots à îurs, sans compter les autres. C'est de cette manière j'en 1830 les Parisiens recouvrèrent leur liberté et lassèrent le tyran Charles X et son fils le Dauphin, qui s tenaient tous à la chaîne, comme chacun sait. La bûche n'a pas toujours été guerrière. Autrefois elle *enail rang après les docteurs et jouait un grand rôle 'OS les synodes et les conciles; car on brûlait quiconque ' voulait pas croire à leur infaillibilité. la consommation du bois est devenue nulle sous ce

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rapport. On ne brûle même plus en effile , passe-temps innocent qui faisait trépigner d'aise le bon peuple qai croyait voir brûler l'homme lui-même.

Sganarelle dit qu'il y a fagot et fagot. Il y a aussi bûche et bûche; et bien que la loi en fixe la dimension, il n'en est pas moins vrai que telle en vaut quatre en quantité comme en qualité. C'est donc une sottise, une véritable action de bûche d'avoir prescrit la vente du bois à la mesure au lieu de la mettre au poids. La mesure donne lieu à mille et mille fraudes, cl Dieu sait si ce sont les acheteurs qui en profitent.

La cherté toujours croissante du bois en bûche devrait fixer l'attention de l'autorité. On compte sur le charbon de terre, mais qui nous dit qu'on en aura toujours et qu'une combustion intérieure ou une infiltration des eaux (le la mer ne rendra pas l'exploitation des houilles impossibles ? Dans tous les cas , ne viendra-l-il pas un temps où cette exploitation , par la profondeur des excavations, sera si difficile, si dangereuse et dès-lors si coûteuse, qu'il faudra y renoncer?

Sans doute nous usons moins de bois qu'autrefois. La consommation qu'en faisaient les anciens pour brûler leurs morts était énorme. Dans les temps féodaux on ne croyait pas se chauffer si l'on ne mettait pas un chêne entier dans l'àtre : c'était une politesse qu'on croyait devoir à un hôte. Aujourd'hui encore , chez nos vieux parens, l'étiquette est de mettre une bûche dans le foyer chaque fois qu'on annonce une visite, et l'on y porte même la civilité jusqu'à calculer la grosseur de la bûche d'après l'importance de la personne qui arrive.

Ce n'est pas d'ailleurs de cette politesse que peut venir le renchérissement. H viendra de la consommation passée et du peu de soin qu'on apportera au reboisement.

Ne pourrait-on donc se chauffer sans bois ni charbon

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et parvenir , à l'aide de mélange ou d'un appareil convenable, à rendre combustible ce qui, jusqu'à ce jour, a été considéré comme ne pouvant l'être? A-t-on fait , à cet égard , des études et des expériences sérieuses ? L'électricité ne saurait-elle devenir à la fois un mode d'éclairage et de chauffage?

Pourquoi n'a-t-on pas, comme en Chine, des puits de feu? Il ne s'agirait que de creuser assez profondément et dans des localités convenables. Sans trouver de feu , on arriverait du moins à avoir de l'eau chaude.

La réduction du combustible dans les machines à vapeur ou l'emploi de matières moins chères que le bois et le charbon ont-ils été étudiés à fond? La consommation des usines , des voies de fer et des bâtimens à vapeur est énorme ; elle le deviendra plus encore. Ceci doit nous préoccuper.

A défaut de nouveaux combustibles ou de réduction dans la combustion, serait-il donc impossible d'en prolonger l'effet ou d'empêcher la trop prompte évaporalion de la chaleur?

On me répondra , comme d'ordinaire : tranquillisezvous. Si le mal est possible, il est éloigné, et quoiqu'il airive, nous avons du charbon pour des siècles.

Mais dans des siècles , il y aura des hommes : pour- <inoi ne songerions-nous pas à eux? Si nos pères avaient ï^isonné ainsi, où en serions-nous?

On voit donc que la question des bûches n'est pas anssi futile qu"*on pourrait le croire, et que nous ferons "ien de compter celles que nous mettons au feu.

Voyez : Chauffage, cheminée.

CABARETS ET CABARETIERS. Il est trois choses que rcxpérience démontre chaque jour et qui sont arrivées, on peut le dire, à un point d'évidence parfaite.

Ces choses, les voici :

10 Le vin et Feau-de-vie, enfin les alcools de toute nature sont, en France, la cause première de la misère du peuple, de ses infirmités et de ses crimes.

20 Les lieux où se débitent ces alcools , ces vins , ces liqueurs, lieux dits débits de liquides, cabarets, cafés, sont le théâtre de la plupart des querelles , rixes , voies de fait et crimes de toute nature , qui journellement nécessitent l'intervention de la police et de la force pubhque et l'action des tribunaux.

30 Les vins, eaux-de-vie, alcools vendus en détail par

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j débitans, cabaretiers, cafetiers, sont l'objet de fraudes de sophistications plus ou moins dangereuses et quellefois mortelles.

Ces trois causes de beaucoup de maux étant ainsi sées et reconnues vraies :

Comment n'essaie-t-on pas d'y remédier?

Pourquoi le nombre des débits, cabarets, cafés s'accroîtchaque jour?

Pourquoi , au lieu de chercher une garantie dans la )ralité de ceux qui les tiennent, les qualités de failli, îx-contrebandier et de repris de justice , semblentes les titres ordinaires de ceux qui briguent le priège des nobles fonctions de débitans de liquides et les isons qui déterminent le consentement de l'autorité? Il résulte que ledits cabarets, estaminets se transforment bouges , tapis-francs , mauvais lieux et repaires de ndits , dont le maître du logis devient l'ami, le conller , le receleur et le protecteur né , le tout avec tente et privilège?

Si tout ceci est vrai , n'y a-t-il pas de notre part , us gouvernans , négligence , incurie et une sorte de mplicité morale?

« Sans contredit, s'écrie un philanthrope, hâtez-vous; •mez tous les cabarets et n'achetez plus que du vin en os. Je suis propriétaire à Bordeaux, voici mon adresse. » Malgré ce conseil , ne fermons pas tous les cabarets , r s'il n'y en avait plus de publics , il s'en établirait ' clandestins qui présenteraient des inconvéniens non oins graves.

Mais puisque le gouvernement a mis en régie le tabac, lisqu'il nomme aux places de débitans de ce nar- ^ique , en exigeant d'eux un cautionnement et une irantie de moralité, pourquoi ne nommerait-il pas aussi IX débits de vins et de liqueurs sous les mêmes

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