‹ Hommes et chosesChapitre 6 sur 95 · AU · texte numérisé non relu

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quoi ! cette maison où sont nés mes pères , où ils sont morts ; quoi ! ces monumens , l'orgueil d'une ville , ces roonumens inscrits à toutes les pages de son histoire tomberont devant la décision d'un démolisseur ignare ou intéressé à leur destruction !

Et sur quel prétexte , grand Dieu ? Sous celui que sa façade dépasse de dix centimètres celle de la baraque de boue qui est à côté ! Eh ! malheureux , fais avancer la baraque et laisse le palais à sa place.

Mais la rue doit être élargie. — Pourquoi élargie? Est-ce que nos pères ne l'ont pas trouvée assez large ? Il y a six siècles qu'elle est ainsi. Qu'alors on l'eut faite large, cela eut mieux valu, sans doute; mais puisqu'elle ne l'est pas, puisqu'elle perdra en grandeur, en beauté , en souvenir, en durée ce qu'elle gagnera en largeur, laissez-la donc telle qu'elle est. Est-ce que les rues de Gênes sont larges? Est-ce que celles de Venise le sont? Et Gênes et Venise en sont-elles moins de uobles cités, et leurs monumens en sontils moins vantés ? Tandis que Londres, l'idéal de la ligne droite, l'as-tu jamais entendu honorer du titre de superbe?

Crois-tu que les huttes, les niches, les cages que tu nommes des maisons,, en seront plus belles parce qu'dles seront plus distancées? Ne comprends-tu pas qu'on ne les verra que mieux, et que plus on les verra plus on dira que tu n'es qu^un massacre et un gâcheur?

Si l'alignement te semble si beau, que ne décides-tu qu'il aura lieu en haut comme en bas? Pourquoi ne demandesrtu pas que toutes les maisons soient réduites à deux étages et toutes les cheminées à un mètre? L'ensemble en sera régulier en tout sens, et la vue ne sera plus choquée de ces tours , de ces clochers qui dérangent l'harmonie de l'uniformité.

A quoi servent ces plaintes? La bureaucratie n'est-elle pas là pour les étouffer? En ccntinuera-trcUe moins à

ift lAhii

tàmrë'U t>ioéhë ^a^toiit '6hHi ^ tidti è édifier, màfà à îÉWtruîrt?

Qa'ÉJlé l'y ûietfe donc, 'et pdsse-t-élte eti Vlftadhèr une •pierre 'ftàez ^téké pt^vtt (^cràsét la sqttfse.

Voyez : Vandale, vandalisme^, géfiU civil et Mlitàité.

ÀtJlHÀN'ÂiCHà*. En irsso. dli eb iS3ô, h'îm'pbrie, un honnête marchand dé (idrës, h'sAbitâtit un village dont on ^ê dit p^ le ntnttV tUMaît isa^lfe", et tië potivàht hiViter ila noce toosà^s' Vbisitis, lëti^ fit^rfeéilt ihih de ^és élèvèk, lé phts béarf, c'ést-i-dlre te pWs ^rtis fte sefe étables. Là Bête fut ftéj^eaée et partagée ét(u\ltitb\eiûéùt entre une îHtlgtaftte dte pàiiyYiés''rtiértagei^ qui 'bieti s'en l'ëgrftèretit, t^niè ôft péftsc, ëàlr îefct'poré était vfàïtaettt bon et beau.

Ceci ie passait feù jafhrïèr du ftvrifer^ et \m 25 décembre 'hnêteiî'ailnëe, àtt rie t)rii*ïàft Cncdte èatts te village que rfe fV^ellefMe du't)dt*c et de ta'gënëi'é^té du doiJâtenT'. Mais k cette éî^b<}ttè', tés chtifsés châti^èt^èM de face r le colpdrtetir ailtKidl du ïiatijééày^ifit'pà^^ bV^c sk piâédtliïe dfdfhaire 'tfe (hètceriés fib'és et dë^ lilfë^atdréS 'Sifei^se^, Il islrrlvâ que Tôïtoartâch notrfeët rtootttàît la pitolyëBle TiîstoJre â^tie i^cYk titi\ryibid\it par xm tihiet!, pûh Vertdùe à la bott- 'iiféiie, sfVMt ddnùë fe tafge à tbtts èëùis: quFén ârtaiettt gôftté.

Cet accident Idîtitafa h'ëut sàtis dbntepta^1!>éMoup éiiHi tes. îribi^ti^ dtf viHHgë , Vît tf^l^ît Verm à l^éprtt du 'tlC!tîtp6réhér,'tthHii'jéyrtietnttrt, ijttï'àfràît'titié'dent cb!rti*e 'toti» Së^ tbisidâ p6\if les 'tfès-j[ùstës tdri^ectiotis ^'it ëa '«n'ait tlBçtffev'*^ cî^nte^ ^teM Ijute ébh 'ftôtlrgèbis ifv^t âbifrtid fe jtoéb parce 'tiùMÏ bfe le ^pduv^U vëiidw?; ^e TbniU^l'âVâie éiii ènié^i'lllordd et ^b'if eu était moit.

*Vtk elàifM^méKiMefëâèik^'^mû^

MlitL tt

A celte notÉVëne , le b^dkau fil observer qu'en réalUë persoiitie ne Vû^ait vii tàer; qu'il ôvait, il est vrai, une grande ùntefïëté à h gorge, mâî^ qu'elle pouvait avoir été faite par la gueule â*«ih chien, eoitiAse par le couteam d'on bodchér.

Le lendettiain, toiit le village disait que le porc qu'on avait trouve si bon était mort de (A tagOi Le surlende^ main, pibs de trente kabi^mé de tout âgé ^ de tout sexe secrefirient à l'Meure du trtépa^ : dix avaient ies tranchées, hnit des eontnIsrotfS', six éeumaient, tons se moi^daient lés doigts, et pas un ne voulait boire une goutte d'eau ni approchët- de son f^itèbn de la rivière.

CéuAl une élA^oyâlnle tn««tir dans la commune* Le g&Hde chntnpëtre avaM (a4s 1(*s armes; le conseil mukiicip»! élaîl en pëtmsaeMei, «in exprès avsët été envoyé au sonsjjitëeîy D^ mitve a<i préfet, enfin nil troisième au médecin des épidémie^ et à la cmomissioin sanitaire. Les plils pnAem ^titm tés Aetablesi, de ceux bien entende qui a'àvavent pasiMnirgédu pfôfc suspect /paHaient d'étouffer, MoÉ Fûsâge ^tilique, tous les malades entiie denx matè&as.

Des accident gravés ou de ij/mrs remèdes anfraient pu sarvenif et d'étie >fliàiitaflse patele faik-e m mauvais cas, si le difrorgiéb àù Heu» homiide de bon sens, n'eut fès fUffmté un topiqfue iandogue à la circoàstance; et avec un peu de gMémugm el^^belrnooiiip dé saint Hubert, il guént faut le nJMVde.

Iléannoins^ *lé.8Ui|etiiefdtfpas:perdii ^onr les ahnanac^ et les aiQuvsiisiés 'tenues. «L^aninëe 'd'après Oh colportait dans tmite 1» Fvailae, pour additidn an faitt "de la vabhé, le terrible vki% '^e ii mort ftnbite de eeilt cinquante peilsomies décédéssidaiB d?lKivfîblés^ouffpaiaeës« par la fétodivé d'iÉi «nrcliRilHl :dér fiorto qui Imt «mit 'foit «langer use iiéta lénràgée.

'Bièà fue èem hteiericiie «it ilair id'un liailiÉialgey eie

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est pourtant toute vraie. Nous^ en pourrions citer les acteurs, qui vivent encore , et dont pas un n'est capable de mordre même un. enfant. La conséquence qu'on peut en tirer, c'est qu'jil n'est pas de sornettes que les almanachs n'accueillent « et, qui pis est, ne fassent croire, et qu'un almanacb menteur n'est pas un petit mal, parce qu'il peut en çiMiser beaucoup d'autres.

<!e sont les almàuacbs qui tant de fois, en prédisant la fin du monde , ont pendant des mois , des années , tenu des familles , des populations en émoi et presque en démence.

Ce sont eux qui , chaque printemps , découragent le cultivateur en lui annonçant des épizooties, des grêles, des tremblemens de terre, des inondations, et l'empêchent de songer utilement à ses affaires et de se montrer actif et soigneux. Pourquoi élever des bestiaux qui vont mourir? A quoi bon cultiver le champ qui doit être ravagé ou inondé on consumé par le feu du dd? Dans quel but conserver quelque chose pour l'année prochaine, si l'on doit finir avant la fin de celle-ci? Ce que l'annonce de la fin du monde a £ût de prodigues et d'ivrognes ; ce qu'aujourd'hui encore les fausses prédictions de tempêtes, de dévastations créent dans les campagnes d'insoucians et de paresseux serait long à énumérer. 11 est pourtant facile de sentir que si les éclipses, certaines comètes et toutes les révolutions de la sphère céleste , qui sont la suite d'un mouvement fixe et invariable, peuvent être exactement indiquées, il n'en est pas de tnême des accidens qui tiennent à des causes subites et par conséquent imprévues.

Quoiqu'il en soit, cette croyance aux astrologues ou aux prédictions de Nostradamus , si elle n'est que trop commune encore, n'est pourtant plus générale. Nous convenons que les almanachs ne sont plus aussi absurdes qn'ils l'étaient, que les prodige8«et'les énormités n'y

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foiinnillent pas comme naguère: car toot s'ase, même la sottise , et avec la meilleure volonté et toutes les dispositioDS possibles, on ne peut toujours en dire, en faire ou en croire. Mais si les almanachs sont moins niais, ils sont devenus plus méchans; ils ont abordé Pépigramme et entrepris la calomnie.

Or, la calomnie de Talmanacb est de la pire espèce; elle est presque incurable quand elle devient populaire et traditionnelle, parce qu'alors ni le raisonnement, ni Févidence ne peuvent plus Feffacer. S'il avait, passé par la tête d'un faiseur de complainte d'insérer dans son livre à deux sous que saint Vincentr-de-Paul ramassait les petits enfens pour les manger , aujourd'hui le peuple de France et peut-être de la moitié de l'Europe n'en douterait pas: il ne verrait qu'un ogre dans celui qui fut le bienfaiteur des hommes.

Que d'honnêtes magistrats et de savans respectables, 90e de grands citoyens n'ont-ils pas été ainsi jetés aux Mtes ou signalés à la haine populaire par l'inconséqneoce et la stupidité 1 Combien d'années , combien de siècles peut-être ne s'écouleront- ils pas avant que la macule de l'almanach ne disparaisse , que la vérité ne surgisse et que justice enfin , justice entière leur soit rendue.

Mais si l'almanach peut beaucoup de mal, il peut aussi beaucoup de bien ; et , nous le répétons , il présente, depuis quelques années , des améliorations sensibles. S'il s'y glisse encore des fadaises , il n'y en a guère plus que celles qu'il faut pour la consommation journalière et pour satisfaire ce bon public qui, naguère encore ^ ne croyait à une vérité que lorsqu'elle était encadrée de deux fobles. Or, si l'on est arrivé à la faire passer a l'aide d'une seule, c'est déjà cent pour cent de gagné. Nous ne sommes donc pas assez ennemi de la joie publique pour

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bannir entièreimetit les piuffs de Talmanafth , ïûûxé nous désirons Seulement qU'oh en mette moins.

Nous ne dirons pas la même chose de la èhansonnette, nous en voulons beaaeoop ^ 6ar d'est la partie obligée des almanaebs \ et quand elfe est gaie sans cesser d'êir«! décente, elle ne gâte rien nulle part.

Elle éassi ferait nti bien infini si efle remplaçait , dans la bouche du peuple ^ ces Refrains ordùriers dont l'oreille des t)assdns il*est que trop soaveùt offensée. Mais c^esit que ri«n n'est pli» diftleile en France que de rendre une ehatison populaire , quand elle est bonne , s'entend « car c'est tout différent quand elle est mauvaise ; et si elle tnanque à la fois de rime et de raison ^ son Succès est as^Ui'é.

Si l'on pouvait déterminer les classes ouvrières à cbailter des tlmes hdnnêtes oo du moins à ne pas chanter des saletés, on leur rendrait un vrai service; et Oe sont les adnianachs qui le peuvent.

On leur ferait non mioini de bien eti les dégoûtant de ces histoires autopsiiquest de ces complaintes cadavéreuses dont le peuple de tous les pays et de toutes les classes est BÉalhenrèttsemebt si friand. Lé récit de ces crimeis bi^arres^ de ces actes sans nom , fassent-ils v^ais, ne peut pfoduit^ tfMitre i-ésttftàt que ôt dotiiier à des cerveaux malades l'idée de les commettre.

le âmts cimtaiiicu que la plitpatt des aoéès de mono- Mnie iMmfcidé sont déterminés par cèâ contés i^angltttts. Ke perdcms pa$ de vtie «fae fe senliméftt d6 rfmitatioVi est cm d^ fHAs |)iïi!SsaAS de la nature huiHaitie, et que^ des «mitiHdes si ëbsui^dëi et même si midtès ^«i ti^attg^Ksé les sièdes, &m qu'il n'y a pM de tyranniié ^iiis diffidle à Vhimn que déllë d;^ tVXëmple. ff eât donc de la pluis grande impotmm ^ M liv^éa popuMi»!» n'en donnent que de

BU pairiënt dieë ihObAtteë, il tte f^t p^ ùëgligèH^ ks

choses, et là encore it feùt tfii'cMx jtn!K(^rétax. Uil cérfeiin nombre de page^ doit ëtrt téserré aux questions qtri toachent à la science. On peut même s'aventurer de temp^ à antre jusqu'à lia science élle-mênïe : géologie^ archéologie, lrid<!yfre, éitt^it!( présenter de tharrifîère à trouteî' déslectectrs dàtis ti^irtes' lés clauses', (fe^t^-dfreà instruire issez sans ennuyet trop.

On y joindra quelques? préceptes d'hf gîène et beaucoup' de concile sur féconomie dom^ique, sur la réduction des dépenses" ftintfles (fà dangereuses, sur le véritable prix des denrées où de touls^ \ëè objets de cotisommatîon usuelle; entn sur les iWôyéns , sînbn de prévenir entièrement là nritôre , du rUôins eut f afdoucir et de la rendre moins profonde, moins acerbe, moins désespérée. Ici l'association* et le boh slécord entre felmUle^, entre voisins, entre habitais tfcme même rue, d^ntt même village, seront fortement recommandés.

Due àéric d'àrtiBeS iWîî«rté^ cônére-annonees seraient destinés à mettre le peuple en garde contre les réclames trompeuseNi^ deir cbarlatâbs-. Par compensation, les découvertes^ daiM les arts, dan^TTffdusirie, les pe^feclionRemens* et taèitiç les simples ès^iî^, quand ils pourront condnire à un résultat profitable aux- masfies , devront être cités. Le# noms dîes hommes àtiîei* seront ihts avant ceux même des hommes célèbre^', atititin^ent dit^ gt^êê kommës, car ks

mis nous f&tit ât bfén et lés émites i^'ont sofivent aoqtii!^ letu' céiébW té qu'au prit du meilleur de notre sang.

Quant à fer politique, nowtt n'en dirons mot. le voudrais que lesr litres des^nê^ aux leeinres de fauiriNe ne fussenK d'atitun parti : les dôillëi/fs dites politiques ne sont trop ioutent qu'un ma^nfe p6iir okivrir les i»anTaises pas^ flions. Qiié licH 8h)iaMabhSn^»dopt«kii d'hypocrisie d'auenUe nuancr, qu'ils ne ^ietit M4 r^hstes, ni républicains, pas même ministériel^^ ^qu'ils téAieht jkiuplei mais peuple safe

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et travaillcHir, peuple religieux et penseur, et eomme teU qu'ils fassent une guerre active à la paresse, à l'ivrognerie, à la brutalité.

Alors, gare au buveur éhontë qui dépense au cabaret le pain de sa famille; gare au fainéant, au vagabond, qui, du matin au soir, bat le pavé au lieu de travailler ; gare à celui qui maltraite sa femme et abandonne ses enfans, il trouvera sa figure dans Talmanach. Mais aussi le bon ouvrier, le bon mari, le bon père y trouvera la sienne.

Quelques portraits, quelques esquisses morales devront ainsi terminer chaque volume qui sera, s'il est possible, adapté à la localité ; car je ne verrais pas un mal à ce que chaque département, chaque arrondissement, chaque ville même eût son almanach chantant et moralisant. Mais il faudrait à la tête de cette grande armée de petits volumes une directi(Hi d'ensemble, et puisqu'il y a la société des annonces , on pourrait bien créer celle des almanachs : c'est un moyen comme un autre de conquérir des âmes au bon sens.

Qu'on ne fasse pas d'ailleurs de ceci une spéculation d'argent ; c'est seulement comme œuvre de conscience et de charité que je propose cette fondation , c'est comme moyen d'instruction et d'action moralisatrice.

n ne faut pas se dissimuler que la tâche est difficile. Nous avons déjà dit qu'on doit écarter de ces petits livres non-seulement le faux et le laid, mais le douteux et le médiocre. Aussi, n'est-ce pas précisément de nouveautés que nous les composerons, mais en partie d'extraits des bons auteurs de tous les temps et de tous les pays. C'est le moyen de populariser le beau et le vrai, qui serait pour ce pauvre peuple encore de la primeure ; car, en fait de littérature, on l'a toujours cru moins propre à vivre de farine qu'à manger du son: aussi lui en a-t-on servi sous toutes les formes et à toutes les sauces.

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