‹ Hommes et chosesChapitre 86 sur 95 · DU · texte numérisé non relu

DU

DIABLE. Nous avons dit souvent : il n'y a pas d'athées; et pourquoi l'avons-nous dit et où en avonsnous trouvé la preuve? Nous Tavons trouvée dans ce que l'expérience nous a montré partout : c'est que ceux qui disent ue pas croire en Dieu ont peur du diable. Donc ils croient.

Le fait est qu'il n'y a pas eu de peuple qui n'ait eu son diable, et qu'aujourd'hui encore , il est pour quelque chose dans les affaires d'ici-bas.

Sans sortir de chez nous, je vous dirai que le paysan breton , quoique religieux , ne doute pas que le diable ne soit aussi puissant que Dieu. Or, c'est déjà une grande amélioration , car il n'y a pas un siècle qu'il le croyait intiniment supérieur.

Le diable a encore grand crédit en Espagne , et on l'y voit un peu partout. Les paysans espagnols prirent un jour les métamorphoses d'Ovide pour une bible anglaise. Un moine, qui n'était pas plus savant qu'eux, leur montrait les gra vibres en disant: voilà commentées chiens adorent le diable qui les change en bêtes.

En sa qualité d'Itahen , le cardinal Mazarin croyait au diable avant tout. Dans un divertissement que donna son émineuce, six diables devaient danser. U en parut un septième qui faisait des gambades plus étonnantes les unes que les autres. On voulut l'arrêter, mais il disparut» ce qui effraya beaucoup tout le monde et particuhèrement monseigneur.

Le diable a,, pendant six siècles,, occupé constamment nos parlemens et tous les tribunaux inférieurs, et il ne se passait guère d'année qu'ils ne condamnassent au feu quelque vieille femme pour s'être mise en relation directe avec le grand Lucifer. Celui-ci craignait, probablement, de se compromettre avec la justice, car il laissait toujours ses protégés dans la nasse et les voyait » sans

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