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moins besoin. Le pauvre onvrier n'exige qae peu on point de dot. 11 en est biea récompensé , car il ment de faim ; mais il & nne femme , c'est-è-dire un objet animé qn*!! pent battre on tuer, selon son bon plaisir.
Sous l'ancien r^me, q[«and on voulait finre nn ihié, on obligeait ses sœurs à entrer dans nn cloître, et c'est on des motifo qui ont déterminé Fabolition du droit d'aînesse. La raison «st bonne, mais arvrec qndqne modilication elle eût été meilleure , car le réfermatenr a iô confondu Tabus avec la chose même ; et oet abus est possible aujourdliui , comme il l>était autrefois: seulenent, il est moins fréqnent.
En déGnitive, qu'ont gagné les Glles au partage égal? De se marier plus richement. Remarquez bien que si teUe eut été Tintention du législateur, il se fût mis en contradiction avec lui-même, puisqu'au lien de diviser les fortunes, il eut aidé à les agglomérer. Mais les filles se marient-ellps plus fréquemment quand elles ont une grosse dot ? Oui , parce qu'il y a peu de grosses dots. Nais admettez que toutes les filles aient cette grosse dot, il m se mnrieroit encore que celles qui auraient les plus grosses.
Supposez , maintenant , qu'aucune fille n'ait de dot: pensez-vous que pas une ne se marierait? La vérité est quMI s'en marierait tout autant, parce qu'en définitive, il faut bien qu'on se marie. H est même probable qu'il s'en marierait davantage : beaucoup ne se marient pas aujourd'hui , parce que les hommes conservent toujoars l'espoir de se pourvoir richement. Riches , ils finissent par rester garçons. Si vous en doutez, demandez-le anx célibataires : la plupart conviendront que tel est le véritable motif de leur célibat.
La part égale donnée aux filles n'a donc nullement aidé à leur placement; elle a plutôt, si l'on prend la question dans son acception générale , produit l'effet opposé et
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réduit le nombre des mariages , dans certaine classe, à la pesure du nombre des dots, considérées comme partie essentielle du sacrement. De là, pas de dot, pas de mari. Preuve : c'est que , proportion gardée , il y a plus de célibataires parmi les riches que parmi les pauvres.
Je crois qu'une loi utile à la morale , comme à la population , serait cdOle qui supprimerait les dots et ne réserverait aux filles une part qu'en cas de célibat ou de veuvage.
Mais , d'un autre côté , il faudrait frapper d'un impôt les célibataires qui auraient dépassé certain âge. La mesure serait juste : ils jouissent de tous les droits des citoyens pères de famille et n'en ont pas les charges. On rétablirait ainsi l'équilibre.
Voyez : Mariage,
DROIT D'AINESSE ET MORCELLEilENT. On
a beaucoup applaudi à la suppression du droit d'aînesse et au partage indéfini de la propriété foncière. J'y ai applaudi comme les autres , et pourtant devant ce qui se passe, je suis aujourd'hui à me demander si l'un et l'autre sont véritoblement dans l'intérêt des gouverne* mens et des gouvernés.
Pour avoir une solution à ceci , il faudrait savoir d'abord :
Si un Etat quelconque, despotique, monarchique, constitutionnel ou républicain, a une durée probable sans la famille.
Si la famille elle-même est possible sans une base, un centre, un pivot.
Quels doivent être cette base , ce pivot et ce centre , et s'ils n'ont pas été ébranlés ou détruits par la suppression du droit d'aînesse.
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Voir si cette suppression , en annulant , par la pauvreté , le prestige du nom de Famille , ne tend pas à annihiler celui du nom de nation , et si elle est compatible a?cc Tamour du sol ou de la patrie.
Décider si un signe représentatif de la famille, signe inaliénable et transmissible de premier-né en premier-né, n'est pas indispensable pour maintenir à la fois Tesprit de famille et Tesprit de nation.
Déterpniner , en outre , si le partage indéfini n'amène pas la destruction de tout monument artistique et méuie de tout grand établissement agricole ou industriel qui ne sont pas propriété publique.
Examiner si cet état de choses n*a pas ponr résultat de ne laisser dans l'Etat qu'un seul grand propriétaire, le souverain ou sa famille; ou, si FEtat est républicain, le gouvernement lui-même.
S'assurer enfin si cette richesse des gouvcmans, en présence de la pauvreté des gouvernés, pauvreté qui ne permet ni lutte ni résistance, ne conduit pas naturellemont au despotisme, prélude de l'anarchie, comme celle-ci l'est de la barbarie.
Notre intention n'est pas de répondre à ces questions: elles sont trop graves pour ce petit livre. Nous allons seulement y ajouter quelques réflexions que nous soumettons a ceux qui voudront traiter ce sujet.
La division des grandes propriétés a été un des bienfaits de la Révolution ; mais aujourd'hui que cette division est faite, n'est-il pas à craindre que, si elle se subdivise encore, elle n'en vienne jusqu'à l'émiettement? Un journal annonçait qu'en 1845, lors d'un partage de famille, les copartageans avaient abandonné, chacun pour un lièvre, leur portion de terrain. Chaque portion avait à peu près la grandeur de la peau de cet animal et n^aurait pu produire assez pour le nourrir pendant huit jours.
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Cet exemple prouve Fabus du morcellement, et la loi aurait dû le prévoir. 11 faudra bien qu'elle en vienne là et qu'elle rende indivisibles certaines parties du territoire. De là au majorât, il n'y a pas loin, et je suis eonvaincu qu'un siècle ne s'écoulera pas sans que l'inégalité des partages, ou quelque chose équivalant au droit d'aînesse, ne soit rétabli.
Sera-ce un bien ou un mal? Cela dépendra de l'application et du but qu'on se proposera. Si ls( mesure tend à améliorer le sort des masses, elle sera bonne. Si elle n'a qu'un intérêt de minorité à satisfaire^ elle sera mauvaise.
Chose assez bizarre, c'est que , nonobstant la loi , le droit d'aînesse n'a pas cessé d'exister dans certaines provinces de France, et qu'il y a bien rarement donné lieu à des réclamations : preuve qu'il lèse moins les intérêts des cadets qu'on pourrait le croire, et que ce qu'ils perdent d'un côté ils le retrouvent de l'autre, dans le maintien de la famille et dans l'influence qu'elle conserve.
En effet, l'enfant favorisé succède en quelque sorte au père; il demeure le protecteur-né de ses frères, il les aide à se pousser dans Tadministration , dans Tarmée , dans l'industrie ou le commerce.
S'ils ne sont qu'artisans ou manouvriers, il leur procure de l'ouvrage , et ceci souvent sans démarche et par la seule influence de sa position , parce qu'entre deux ouvriers on préfère , à mérite ^gal , celui dont la famille est connue et qui présente ainsi une garantie : le chef de famiUe en cautionne moralement tous les membres.
On voit donc que Tabandon fait à Taîné d'une part plus forte n'est pas un don purement gratuit et que, dans bien des eas, l'avantage est r^^que.
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Aq surplus , s*il «st uHfte de détruire, chez nne nstion, lotîtes les <)istinetions IvérécKtaires , si l'eristentie d'une noblesse on méffle d'une bourgeoisie y est ub mal, si Vtm veut que chacun soit peuple à son tour, on y arrivera infuilliblenienl par Tégalité des partages. Il aVst pÉs ôé milHonnaire aujourd'hui ni dé race historrqoe dont, en moins d'un siècle, les descendans ne soient des artisans.
Avec fëgalité des paits, il ne peut y avoir de grand» fortunes que celles qui sont individnellemettt acquises; «t celui qui Vie doit pas son aisance à son père ne croit pas la devoir à ses enfans.
Vif&ée du tnorcellemeni s'oppose à «elle des constractions durables , et en général , de toute entreprise qui n'olfre pas un avantage iiumédiat. A quoi bon bâtir ee qui, à peine bâti, sera Vendu ou démoli? Auss ne fefton plus que ^es châteaux dé -tiarte et des hôtels #e qu^antc ans de durée. Le père mort, la famille est morte : chak^un emporte sa pierre pour fonder sa chaumière et recommencer une autre famille qui va également se dissoudre après lui, sans laisser ni berceau ni sépulture.
Le partage égal et le morcellement sans terme , en voulant donner à tous, finissent par ne laisser rien à personne. L'évidence en ressort de cette comparaison : un homnore possède une pièce de drap , il la divise 'entre ses quatre fris, et chacun en a assez pour «m habrt. L'un d'eux n'ayant pas d'habit à ftirre faire, se dit : imitons mon pèi^ et partageons aussi ce drap ■entre mes enfans. La division faite , il arrive que ni les tils ni le père n'ont d'habit.
^ous traitolts ici la question eki écartant les incfdens, (f'est-à-dffe les fotlnrtes qu'ont pu faire, soit par allianoe, soit par leiir t|^vail) les membres de œtte famille : ces
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fofttm^ sont des exceptions; «t dains Tordre ndtnrel^ les choses doÎTvnt se passer comme nous Tindiquons. Légalité ièes partages, en favorisant une génération, est, "ûe fatt, préjudiciable à toutes les autres, puisqu'il arrive un temps où, de toutes ces parts, il n'en reste aucune; tandis que dans le cas d'inégalité, il serait resté une part et un chef de famille.
Qu'un gouvernement Hbéral et même un gouvernement quelconque soit long-temps possible avec ce nivellement des richesses, c'est ce dont nous avons douté. 11 se peut que des citoyens trop riches soient dangereux dans un Etat, tnais fabsence de ces citoyens est plus dangereuse encore, car en enlevant tout contre-poids au pouvoir, elle le conduit à en abuser.
' A mes yeux , la conséquence la plus fâcheuse de la suppression de la part privilégiée ou du droit de chef de famille , est la destruction du nom et l'atteinte qu'elle porte au respect ^es souvenirs. Remarquez que ce respect est dans la nature et que l'hérédité^ du titre pialemel, on si l'on veut, l'immortalité de la paternité* car c'est ainsi que lé droit d'aînesse doit être envisagé, a toujours existé chez les hommes. Quand ils oublient ce respect ou renoncent i cette hérédité , c'est toujours pour peu de temps, et l'on peut être certain que quel que soit le gonvemement, cet état anormal ne durera pas.
Aussi, ce droit de prfmogéniture on cdui qui le remplace, Tcftfoptton , n'est pas étranget aux peuplades sauvages ; c'esft même !à qu'il a pris le plus d'extensiota. Témoins les Nouveaux-Zélandais où le fils , le frère, le néveû du chef devient chef à son tour. A défaut de mâle, c'est sa femtne, ou sa fifle, on sa nièce.
€hez le peuple, même succession privilégiée. A l'aîné, la hutte , les armes , le canot. Il doit combattre pour
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ses frères, trop jeunes pour se défendre; il doit chasser ou pécher pour eux; il doit enfin remplacer le père.
Ceci a lieu encore aujourd'hui chez la plupart des nations européennes. La législation française est, à cet égard, à la fois une nouveaiUé et une exception, comme Test aussi celle du partage indéfini de la propriété.
Nous avons dit que ce partage qui , en principe , était un bien , est devenu un mal , parce qu'on ne s'est pas arrêté à temps et qu'après avoir divisé on a morcelé, puis haché, puis émietté le sol. Nous sommes donc arrivés ici aux dernières bornes du possible : force est de nous arrêter et de limiter la division des terres dans des proportions rationnelles. Or, cette délimitation conduit nécessairement à l'aliénation de l'immeuble à paN tager ou à l'inégalité dçs parts.
Devant le principe de l'égalité des hommes , cette inégalité des biens est sans doute une injustice. Mais l'égalité des hommes est-elle un mythe ou une réalité? Fût-elle vraie , l'injustice cesse s'il est démontré que le priviJègp tourne moins au profit de celui à qui od raccorde qu'à l'avantage de la famille en général.
En définitive , toute la question se résume dans les propositions relatées plus haut, qu'on peut encore simplifier en les formulant de cette manière :
La suppression du droit d'aînesse , ou l'égalité des partages, a-t-eile augmenté l'aisance des familles?
A-t-elle contribué a leur moralisation, à leur progression sociale , à lexir influence , à leur considération , à leur durée?
En brisant le tronc, n'en dessèche>t-elle pas les rameaux? Ne matérialise-t-elle pas la vie en la limitant au présent? En effaçant le passé, ne d^lore-t-elle pas l'avenir?
Cette égalité est-elle compatible avec un gouvernement quelconque, et en détruisant tout pouvoir intermédiaire entre le gouvernement et le peuple , ne doit-elle pas conduire, tôt ou tard, à la tyrannie et de la tyrannie à l'anarchie?
En amenant la division indéfinie des propriétés, cette égalité n'est-elle pas contraire à l'exploitation de la propriété et à toute grande fondation?
Est-elle favorable aux arts et en général à tout ce qui demande une avance de temps, d'argent « de travail et d'étude ?
Voyez : Dot, propriété, etc.
DURËE DE LA VIE HUMAINE. Le terme moyen en est de trente-trois ans selon les uns , de vingt-huit selon les autres. Comment établit-on ce terme moyen? On prend les enfans qui meurent à un jour et les vieillards qui meurent à cent ans, les soldats que tue le canon, les matelots que noie la mer , les ivrognes que brûle l'eau-de-vie, les libertins qu'empoisonne la débauche, les désespérés qui se suicident, et ceci dans une localité, c'est-à-dire dans un Etat, une province, un département, une ville. On additionne, on divise, et voilà le terme moyen.
C'est absolument comme si Ton prenait le chiffre total des gâteaux de Nanterre qui se fabriquent dans l'année; que Ton comptât ceux qui s'écrasent sous le rouleau du pâtissier , ceux qui se calcinent dans le four , ceux que Ton mange quand ils en sortent, ceux qui se transportent à Paris pour y être consommés le jour même, ou le lendemain, ou le surlendemain, compte auquel on ajouterait ceux qu'on a oubliés huit jours dans sa poche et qu'on en tire pour jeter à son chien, ou bien encore qu'on a
taissés six mois dans une armoire «t que les soahs y ^grignotent à loisir.
Addition et division faite de ces darées diverses, on ^ira^ la vie moyenne du gfttean de Nanterre est de quatre jours, six heures, vingt-deux minutes, quatre secondes ; calcul parfaitement juste et surtout éminemment utile.
Que prouve donc celui du terme moyen de la vie iHimaine? Qu'on meurt à vingt-huit ou trente-trois ans. Nullement, pas "plutôt qu'à tmgt-sept ou à trente-sept, et certainement moins qu'à huit jours ou à quatre-vingts ans. La seule vérité que j'aperçois id, c'est qu'on menrt à tout âge, à toute heure, depuis la naissance jusqu'à la décrépitude. Les chances de mort augmentent quand, de l'ige d'homme fait, on chemine vers celui de vieillard; tnais ces chances ne sont pas plus grandes que dans les firemiers jours de la vie: il meurt proportionnellemoit plus d'enfens d'un jour à xm an que de vieillards de soixante à soixante-dix.
Pour consoler de la mort ceux qui aiment la vie, nous rappellerons cette réflexion que nous avons faite ailleurs : Thomme se plaint de la nécessité de mourir, mais il se plaindrait bien plus et avec plus de raison, s'il ne pouvait pas mourir. Qu'on se figure un être inlirnie, cacochime, souffrant de corps et d'esprit, obligé •de demeurer éternellement dans c€?l état : l'idée seule en fait frissonner.
DURÉE DU PLAISIR. Bst-ce le plaisir qui fait le bonheur? — Je ne sais. Mais les gens qui passent leur vie à courir de plaisirs en plaisirs, ne m'ont jamais para très-he^ireux. S'ils le sont , ils ne s'en vantent guère , Car ils se plaignent toujours.
— Pourquoi?
— C'est qu'il n'y a pas de plaisirs , même de ceux qu'on nous donne,, qu'il ne faille acheter, et souvent payer d'avance et payer encore après. Puis, sur dix de ces plaisirs, il y en a neuf des quels nous disons: c'est trop cher.
Si le bonheur ne se compose pas de plaisirs, de quoi se compose-t-il donc?
Ici encore je réponds : je ne sais.
Si les plaisirs constituent le bonheur, combien en fautil pour rendre un homme heureux?
Quand vous en aurez déterminé le nombre , je vous poserai cette question : combien dure un plaisir? Est-ce un jour, une heure, une minute?
Si vous l'ignorez, je vous demanderai : combien dure une douleur? Quant à ceci, vous le savez, si vous êtes un habitant de la terre. Alors ne faites pas de rapprochement, ne comparez rien, car vous ne voudriez plus du plaisir : vous voudriez à peine de la vie.
Qui donc nous fait aimer la vie et le plaisir?
L'attente.
L'attente a donc sa douceur?
Oui, et souvent plus qoe le plaisir même.
Qui fait le bonheur ici-bas?
Le plaisir qui dure.
Et quel est ce plaisir?
Uespérance,