‹ Hommes et dieux (volume 2)Chapitre 40 sur 42 · MADEMOISELLE AI SSÉ · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE AI SSÉ

nople, vît un jour, au marché des esclaves, une

petite fille de quatre ans exposée en vente. Elle

arrivait d'une ville de Gircassie, pillée et saccagée

par les Turcs. Elle s'appelait Aïscha ou Haïdée,

le l'béroîne de Byron, nom qui parut trop

;e en France, et dont on fit Aïssé. On l'avait

ie, disait-on, dans le palais d'un prince du

Plus tard, en effet, M"" Aïssé se rappelait

ment son enfance, et elle se revoyïût, comme

ire, dans un palais rempli d'esclaves empressés

jnouillés autour d'elle. M. de FeiTiol avait pris

œurs turques dans son ambassade ; il acheta la

fille, et l'envoya mûrir en France chez sa belle-

M"" de Ferriol : graine d'odalisque qui lui

;ttait une maltresse esclave, la plus délicieuse

fl que pût rêver un vieillard.

Aïssé grandit et devint charmante. On peut en

ses portraits qui nous la montrent dans sa

re fleur de jeunesse. C'est une tête candide et

! enfantine, éclairée par ces grands yeux in-

i, que les poètes orientaux comparent à ceux

elles. Le regard est resté circassien dans une

lomie devenue française par l'amabilité et par

iment. Contraste exquis et unique. Il y a de

e, de la vierge 'et de la houri dans cette

nuancée d'esprit, de langueur et d'ingénuité.

uriosité fut grande dans le monde d'alors,

M"* Aïssé y fit son entrée. C'était une véri-

pparition d'opéra que cette jeune princesse

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