MADEMOISELLE AI SSÉ
nople, vît un jour, au marché des esclaves, une
petite fille de quatre ans exposée en vente. Elle
arrivait d'une ville de Gircassie, pillée et saccagée
par les Turcs. Elle s'appelait Aïscha ou Haïdée,
le l'béroîne de Byron, nom qui parut trop
;e en France, et dont on fit Aïssé. On l'avait
ie, disait-on, dans le palais d'un prince du
Plus tard, en effet, M"" Aïssé se rappelait
ment son enfance, et elle se revoyïût, comme
ire, dans un palais rempli d'esclaves empressés
jnouillés autour d'elle. M. de FeiTiol avait pris
œurs turques dans son ambassade ; il acheta la
fille, et l'envoya mûrir en France chez sa belle-
M"" de Ferriol : graine d'odalisque qui lui
;ttait une maltresse esclave, la plus délicieuse
fl que pût rêver un vieillard.
Aïssé grandit et devint charmante. On peut en
ses portraits qui nous la montrent dans sa
re fleur de jeunesse. C'est une tête candide et
! enfantine, éclairée par ces grands yeux in-
i, que les poètes orientaux comparent à ceux
elles. Le regard est resté circassien dans une
lomie devenue française par l'amabilité et par
iment. Contraste exquis et unique. Il y a de
e, de la vierge 'et de la houri dans cette
nuancée d'esprit, de langueur et d'ingénuité.
uriosité fut grande dans le monde d'alors,
M"* Aïssé y fit son entrée. C'était une véri-
pparition d'opéra que cette jeune princesse