‹ Hommes et dieux (volume 2)Chapitre 41 sur 42 · MADEMOISELLE AISSE · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE AISSE

asiatique , descendue du Caucase dans les salons de Paris. 1a jeune Grecque^ comme on l'appelait, tourna bientôt toutes les têtes. Le Régent eut un instan Tenvie d'en faire sa maîtresse. Mais l'esclave entendait garder la liberté de son cœur; elle déclara qu'elle se jetterait dans un couvent si ses poursuites continuaient. — Quelle femme semblait pourtant plus fatalement vouée aux servitudes de l'amour, que cette jeune fille née dans les montagnes où se recrute le sérail, marquée au front, dès son enfance, par le doigt de l'eunuque, et achetée au bazar par un vieillard libertin? Qui n'aurait prédit une éclatante vocation de courtisane à cette odalisque déguisée en Européenne, comme pour mieux intriguer le désir ? Sarace, son sang, son étoile, semblaient l'entraîner vers les mille et une nuits du plaisir. Vains présages , menteurs horoscopes ! Un amour unique, troublé par les regrets, purifié par le repentir, absous par la mort, devait être la destinée de cette novice des harems. Elle apparut, dès ses premiers pas, dans la modeste attitude de cette jeune princesse turque du Bajazet de Racine, qui cherche à se faire pardonner sur la scène son origine exotique, en redoublant de pâleur et de convenance.

On s'est demandé si M. de Ferriol, revenu dix ans après de son ambassade, jeta le mouchoir à sa captive, et si ce mouchoir fut ramassé. Il y a là doute et incertitude. Cependant, malgré le témoîgnaf d'une lettre équivoque, je suis de ceux qui ne pei

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