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conclusions à la suite d'examens psychanalytiques pratiqués pendant les périodes dépressives (on conçoit qu’il soit assez malaisé d’analyser un agité maniaque), alors que les observations psycho-cliniques, assez indigentes du reste, mettent nettement en évidence, chez plusieurs malades, des tendances homosexulles pendant les crises d’excitation. La malade de l’observation III affirme alors qu’elle appartient au sexe masculin, elle se sent d’ailleurs vivement attirée par une jeune infirmière sur laquelle elle veut se précipiter. De même, dans l’observation IV, la malade en période d’agitation se dit un homme, elle a la conduite d’un homme et se montre, à cet égard, agressive envers le personnel féminin. Une autre malade (cas VI), également maniaque, importune tant son infirmière par ses propositions malhonnêtes que celle-ci doit la quitter. Ces remarques mises à part nous avons trouvé, dans ce travail, une intéressante contribution à l’étude des troubles endocriniens dans leurs rapports avec les psychopathies et l'homosexualité.
Laignel-Lavastine (63) a attiré également l'attention, ainsi que plusieurs de ses élèves, sur les manifestations de virilisme avec hirsutisme complexe que l’on observe fréquemment en psychiatrie.
Notre maître G. Petit (90), dans l’article que nous citons au début de ce travail, a montré, par l’analyse clinique d’observations de malades que nous avons nousmême connus et suivis (observations que nous exposons plus loin), que les phénomènes d’homosexualité rencontrés dans la manie et la cyclothymie pouvaient s’interpréter comme la conséquence des mêmes troubles somatiques et psychiques qui composent le tableau clinique de ces maladies. En premier lieu, il établit un rapprochement entre les manifestations de l’hypomanie et certains aspects du comportement juvénile et, d’autre part, entre les réactions du grand maniaque et l’activité du jeune enfant. Dans le premier cas, même excitation intellectuelle avec tendances pragmatiques et besoin impulsif de passer rapidement de l’idée à l’acte, même absence de doute et même sentiment de certitude, même surestimation présomptueuse et naïve de sa propre personnalité,
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et enfin, analogie dans l’hypomanie et la jeunesse de la faiblesse de l’auto-critique et les troubles profonds du jugement et du raisonnement. De même, il est difficile de ne pas rapprocher les réactions du grand maniaque du comportement du jeune enfant ; chez l’un et chez l’autre, même exubérance vitale avec insouciance de l’entourage comme du milieu, même vivacité des réactions, même impulsivité des tendances, des appétits et des instincts, même impossibilité à les réfréner, même impudeur et même exhibitionisme physique, moral et affectif, enfin même tendance à l’action inutile et le plus souvent nuisible ou destructive s’exerçant sans discernement sur le milieu environnant. Libéré de toutes les contraintes que lui imposaient son éducation et les nécessités sociales, le maniaque exprime naïvement et cyniquement ses émotions comme ses tendances et ses appétits à l’égal du jeune enfant, dont le développement incomplet se réduit encore au jeu des activités instinctives. Il n’est pas rare du reste de noter, chez les maniaques, outre un comportement de jeu tout à fait enfantin (découpage, poupées, etc.), des troubles de l’intonation avec voix puérile.
Il est, par ailleurs, d'observation journalière de constater chez les maniaques et les hypomaniaques tout un ensemble de troubles endocriniens qui semblent traduire une hyperactivité plus ou moins générale des glandes à sécrétion interne ; syndromes d’hyperinsulinémie (avec boulimie, amaigrissement rapide), syndrômes d’hyper ou dysfonctionnement surrénal (avec hypertension, épistaxis et, chez les femmes, virilisme et hirsutisme). Syndrômes d’hyperthyroïdisme à type Basedow plus ou moins accusé, syndromes d’hyperorchidie (avec priapisme fréquent) et d’hypérovarie (avec règles abondantes et fréquentes et parfois même réapparition des règles après la ménopause). C’est à cette exaltation endocrinienne, également de règle dans l’enfance et l’adolescence, que G. Petit rattache la régression « héboïde » de l’hypomaniaque et la régression <« pédoïde » du maniaque, établies plus haut dans le domaine psychologique.
L’excitation génitale de ces malades, également sous la dépendance de cette hypérendocrinie, ne reste pas
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toujours hétérosexuelle, comme le montrent plusieurs cas où l’auteur a observé, soit des tendances sexuelles ambivalentes, soit une appétence nettement et électivement homosexuelle. Plusieurs observations de virilisme maniaque, avec souvent association de virilisme morphologique et de virilisme psychique, complètent la documentation clinique.
De cette étude, l’auteur conclut qu’il faut attribuer au facteur endocrinien une importance prépondérante dans le déterminisme immédiat de ces déviations sexuelles et il remarque qu’il est intéressant de rapprocher des études psycho-sexuelles, qui ont nettement mis en évidence la notion d’indifférenciation sexuelle de l’enfance et qui considèrent l’homosexualité comme une fixation ou un retour à ce stade, le fait que, précisément, des tendances homosexuelles se manifestent dans des états psychopathiques où il existe une véritable régression du comportement psychologique vers des états analogues à ceux de l’enfance et de l’adolescence.